Stéphane Freiss :Le parrain du Festival du Cinéma Israèlien au micro de Laurent Bartoleschi

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C’était hier soir au Cinéma des Cinéastes à Paris que s’est tenu l’Ouverture de la 14ème Édition du Festival du Cinéma israélien. 

Un rendez-vous incontournable pour tous les inconditionnés de ce cinéma. Pour ouvrir les festivités, le second film d’Emmanuel Nakacche, Kidon, a été projeté en avant-première. Une comédie d’espionnage pas comme les autres sur le Mossad.  


Le metteur en scène n’était pas présent, car il avait comme mot d’excuse, tout simplement, la préparation de son mariage en Israël, dans les prochains jours. (Mazel tov, souhaitons lui !). Le film possède un sacré casting : Tomer Sisley, Hippolyte Girardot, Elodie Hesme, Sasson Gabay, pour sa première fois au cinéma, Bar Rafaeli (!) et Lionel Abelanski.  



« Il était bon de tourner à Tel Aviv et de se sentir israélien durant deux mois. Faire une comédie sur la théorie du complot fut très passionnant » dira-t-il. Le film sortira en France le 14 mai.   


fepavot.JPG« Ce festival demeure ô combien important aujourd’hui, où le boycott envers Israël grandit. Il permet de maintenir une visibilité sur la force de la culture de ce pays », conclura Charles Zrihen, fondateur du Festival. Au programme, 15 longs métrages des documentaires, des courts-métrages issus de l’Université de Tel Aviv, et une rétrospective de la filmographie d’Avi Nesher seront présentés d’aujourd’hui, au mardi 8 avril au Cinéma des Cinéastes, 7, avenue de Clichy Paris 17ème. Plus de renseignements www.isratim.co.il



Spectateur assidu de ce cinéma, de par sa qualité, que par sa diversité. « Il reste le premier à s’autocritiquer », nous dit son parrain Stéphane Freiss. Il a accepté de répondre à quelques questions pour Alliance. Interview.

L.B: Vous avez été le Parrain du Festival Israélien de Marseille, il y a deux ans, parrain pour la 14ème Édition à Paris, que représente pour vous ce cinéma ?


Stéphane Freiss : Pour moi le cinéma israélien a beaucoup de sens. J’ai tout d’abord un attachement un peu particulier avec ce pays, autant affectif que de fascinant. Il y a quelque chose de « sanguin ». Puis, il existe très peu de cinémas à travers le monde qui racontent mieux leur pays. Il se trouve que lorsque je vais voir un film israélien, le metteur en scène m’emporte, que la trame soit réaliste, soit surréaliste (ce qui est souvent le cas).


 

Mais, le point commun entre ces deux écritures réside dans le fait que je reconnais automatiquement les gens de là-bas. La force de ce cinéma prouve qu’il n’a besoin de personne pour être « psychanalyser ». Il s’autocritique. Et ces réalisateurs le font très bien. Finalement, je me disais, on le remarque à travers tous ces films, aussi bien dans les comédies que dans les drames. Que ce soit récemment Bethléem (de Yuval Adler), un thriller, Ajami (de Scandar Copti et Yaron Shani), un drame ou même Ushpizin (de Giddi Dar), un film « religieux », la dérision reste permanente.  


L.B: Pourquoi ?


S.F : Tout simplement parce que ce pays est sans cesse dans l’exigence. Israël se lance constamment des défis. Malgré tout, maintenant, la qualité d’écriture me touche, voire me bouleverse profondément.


L.B: Y aurait-il des titres qui vous aurez marqué davantage que d’autres ?


S.F : Étrangement, j’ai du mal à en dissocier. Pour rester sur les titres cités plus haut, Ajaami, par exemple possède une puissance scénographique proche de Robert Altman (!) ; Ushpizin reste un film qui m’a marqué pour des raisons personnelles car autour de moi, j’ai des gens qui appartiennent à des milieux religieux orthodoxes, donc de par ce fait, j’ai réussi à décoder certaines choses dîtes dans le film. Le directeur des Ressources Humaines, Tu marcheras sur l’eau



Une Jeunesse pas comme les Autres, les Citronniers. Ceux-là font preuve d'une étonnante finesse. A travers les évènements qui vivent au jour le jour, les réalisateurs parviennent à décrire un pays, une société, un système démocratique, avec ses qualités, mais aussi ses failles et ses défaillances absurdes.


L.B: Recherchez-vous quelque chose de précis dans chacun des films ?

S.F : Entre chacun des films que je vois, je me retrouve en chacun d’eux. Et même parmi les fictions les plus décevantes, ce qui est rare il faut l’admettre, me donnent quand même à rêver. C’est la force du cinéma israélien. Lorsque l’on sort d’une quelconque projection d’un film, on en prend une claque ! Et j’aime ça !


L.B: Un dernier mot pour conclure avant d’ouvrir le 14ème Festival ?


S.F : Ce que j’aime, lorsque je vois un film israélien, je me dis « il va se passer quelque chose ». En tout cas, si j’ai accepté d’être le parrain de cette 14ème Édition, c’était pour avoir une bonne place dans la salle pour la Cérémonie d’ouverture (Rires) !  .



En tout cas, j’y vais presque chaque année et j’y fais de très belles rencontres. Je lui souhaite un succès. Le fondateur passionné en la personne de Charles Zrihen y est pour beaucoup ! 

Charlie représente l’âme de ce festival. Il est « israélien ».

Tout se résume à cet adjectif ! Je pense que les internautes d’Alliance pourront comprendre ce dont je veux parler, si je le définie ainsi.



 

Laurent Bartoleschi

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