Peintre :Nicolas Poussin et Moïse. Histoires tissées par Alon Hemert.

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Poussin_Moise.jpgPour la première fois depuis leur exécution entre 1683 et 1685, la série de tapisseries dite « Tenture de Moïse » est exposée, après la villa Médicis de Rome et le musée des Beaux-Arts de Bordeaux, à la galerie des Gobelins de Paris, jusqu’au 15 décembre 2012.

Artiste français considéré comme l’égal de Raphaël, Nicolas Poussin, qui peindra sur une période de trente ans dix-neuf scènes de la vie de Moïse, a très largement puisé ses principaux sujets dans l’antiquité et la mythologie (Vénus endormie avec l’Amour, L’enfance de Jupiter…), mais aussi dans les Ancien et Nouveau Testament (La mort de la Vierge, Le Massacre des Innocents, Moïse sauvé des eaux…).

A deux reprises – en 1641 puis en 1665, il fut question de réaliser des tapisseries à partir de huit de ces dix-neuf œuvres, mais des événements ont contrariés ce projet, qui ne sera finalement réalisé qu’une vingtaine d’années après la mort du peintre.

Ce sera sous la forme d’une commande d’Etat passée par le marquis de Louvois, successeur de Colbert, désireux de redynamiser ce savoir-faire français, qu’une série de dix tapisseries sera commandée à partir de 1683, illustrant les scènes les plus importantes de la vie de Moïse, de sa naissance en Egypte à l’Exode du Peuple hébreu.

La « tenture de Moïse » se compose de huit tapisseries réalisées d’après des peintures de Nicolas Poussin, et deux d’après des peintures de Charles le Brun (Le buisson ardent et Le serpent d’airain), alors Premier peintre du Roi.

Mesurant environ quatre mètres sur six, elles sont réalisées dans un mélange de laine et soie, et rehaussées d’or. Si pour certaines d’entre elles, une utilisation excessive et de mauvaises conditions de conservation ont altérés leurs teintes – il ne faut pas oublier qu’en-dehors de leur rôle principal qui était de magnifier le monarque, elles avaient de multiples usages, à la fois en tant qu’élément de décoration ou de cloisonnement, mais servaient aussi à lutter contre le froid, elles n’en demeurent pas moins exceptionnelles.

En plus d’expliquer aux visiteurs le processus d’élaboration de ces tapisseries, l’exposition les confronte également avec certains originaux de Nicolas Poussin – tableaux, dessins préparatoires ou gravures. A noter que le Mobilier National conserve un grand nombre de modèles peints à la taille d’exécution, et ayant servi au tissage de ces tentures. Ces derniers ont fait récemment l’objet de deux expositions, à la Manufacture des Gobelins, ainsi qu’au château de Fontainebleau.

Nicolas Poussin et Moïse. Histoires tissées. Galerie des Gobelins, du 22 mai au 15 décembre 2012. Tarifs, horaires et réservations sur le site de la Galerie des Gobelins.

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