Hommage à Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois un an après sa mort

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Hilan.jpgSAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS  - Un an après la mort d'Ilan Halimi, un hommage a été rendu mardi au jeune Français de confession juive à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), à l'endroit où il avait été retrouvé agonisant après avoir été torturé pendant trois semaines.

Cette cérémonie, décidée la veille, s'est déroulée en présence du maire de Sainte-Geneviève-des-Bois Olivier Léonhardt (PS), qui a assuré de son soutien la famille d'Ilan Halimi, qui n'était pas présente. De nombreux journalistes et quelques personnes ont assisté à cet hommage.Le président de SOS Racisme Dominique Sopo a pris la parole pour rappeler "la nature antisémite" de ce crime, rappelant la polémique soulevée à l'époque et soulignant "le grand danger à banaliser les dérives".

Après avoir été attiré par une jeune femme, Ilan Halimi avait été kidnappé, séquestré et torturé dans une cave à Bagneux-sur-Seine (Hauts-de-Seine) par des membres du gang dit des "Barbares". Les organisateurs du rapt avaient demandé une rançon à sa famille et avaient proféré des menaces de mort. A ce jour, trente personnes, dont des jeunes femmes, ont été mises en examen. Parmi elles vingt, dont le chef présumé du groupe Youssouf Fofana, sont incarcérées. "Ceux qui ont participé à cette équipée particulièrement sauvage et sanglante auront à répondre de leurs motivations" lors du procès, a ajouté M. Sopo. "Lorsqu'il y a des failles dans le +vivre ensemble+, personne n'est jamais gagnant", a déclaré M. Sopo, qui a ajouté: "Les valeurs de la République ne peuvent pas s'accomoder de tels actes (...)

Il y a un "manque de clarté et de fermeté de la société française" face aux "préjugés" antisémites. M. Sopo a appelé les candidats à la présidentielle à prendre "des actes forts, notamment sur l'éducation au +vivre ensemble+ au sein de l'école". "On ne peut pas se permettre de perdre la bataille de la fraternité (...) au sein des jeunes générations". Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'était fait représenter par sa conseillère pour la justice.

 L'ancien président de SOS Racisme Malek Boutih représentait quant à lui la candidate du PS Ségolène Royal. Il a appelé à "faire le serment de ne jamais oublier". L'écrivain Marek Halter a quant à lui évoqué sa peur de "l'apathie": "les voisins qui voyaient qu'il se passait quelque chose n'ont rien dit, n'ont pas appelé la police", a-t-il dénoncé. "Quand une société est malade, tous les microbes, fascistes, nazis, se développent", et a souhaité "un sursaut de la France". Benjamin Abtan, président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France), a pour sa part dénoncé une progression de l'antisémitisme "invisible", des préjugés, qui "appelle moins à la mobilisation mais n'en est pas moins dangereux", contre cet antisémitisme qui ne se voit pas dans les statistiques. Il a ainsi plaidé pour des programmes d'éducation de prévention pour "déconstruire les stéréotypes et les préjugés", qui sont en "nette progression" selon lui.

Des bougies ont été allumées, et une gerbe de fleurs déposée au pied d'un arbre planté en hommage à Ilan Halimi (dont le prénom signifie arbre en hébreu), en bordure de la voie ferrée où il avait été retrouvé.Marek Halter a évoqué son souvenir du ghetto de Varsovie, où "l'on déposait les cadavres le long des voies ferrées". "La symbolique est là".



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