Droits de l'homme en Chine : il reste "beaucoup à faire", admet Hu Jintao

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obmhu.jpgArticle paru dans "Le Monde"

Le président Obama accueille son homologue chinois, Hu Jintao, sur les pelouses de la Maison Blanche.REUTERS/JASON REED

La visite d'Etat du président chinois, Hu Jintao, accueilli en grande pompe par son homologue américain, Barack Obama, a été l'occasion d'évoquer la délicate question des droits de l'homme. M. Obama a d'emblée évoqué un sujet de contentieux entre les deux pays. "L'histoire a montré que les sociétés sont plus harmonieuses, qu'elles prospèrent davantage et que le monde est plus juste quand les droits et les responsabilités de tous les pays et de tous les peuples sont respectés", a-t-il rappelé, mercredi 19 janvier.

"J'ai été très franc avec le président Hu sur ces questions", a dit M. Obama, critiqué pour sa timidité sur les droits de l'homme lors de sa visite en Chine en 2009. "J'ai redit au président Hu qu'en tant qu'Américains nous avions des idées solidement ancrées sur l'universalité de certains droits – la liberté d'expression, la liberté de religion, la liberté de réunion –, droits que nous pensons très importants et qui transcendent les cultures", a-t-il dit.

M. Obama a notamment demandé à son homologue de dialoguer avec le chef spirituel des Tibétains en exil, le dalaï-lama. Le président chinois a reconnu qu'il restait "beaucoup à faire" dans le domaine des droits de l'homme, même si son pays avait accompli "d'énormes progrès" en la matière.

Jeudi, M. Hu doit se rendre au Capitole pour rencontrer les dirigeants du Congrès, avant de prononcer un discours devant le Comité national pour les relations sino-américaines puis se rendre à Chicago.

FAIRE DU YUAN UNE MONNAIE INTERNATIONALE

La visite de M. Hu intervient après une année marquée par de fortes tensions entre les deux puissances, principalement économiques. Les Etats-Unis mettent en particulier en cause la politique monétaire chinoise, accusée de favoriser indûment ses exportations.

La rencontre entre les dirigeants chinois et américain mercredi "n'a pas modifié pour l'essentiel" la politique monétaire de la Chine, a fait savoir le ministre adjoint des affaires étrangères chinois, Cui Tiankai. M. Cui a précisé que la politique d'appréciation graduelle du yuan resterait en vigueur, alors que Washington demandait d'ajuster le cours du yuan, qui reste selon lui sous-évalué. Le communiqué officiel sino-américain précise que les Etats-Unis "soutiennent les efforts de la Chine" destinés à faire du yuan une monnaie de réserve internationale.

Malgré tout, Pékin est devenu ces dernières années, au-delà d'un concurrent, un partenaire économique impossible à ignorer pour les Etats-Unis. Ce qui a permis aux deux pays de conclure des contrats d'une valeur totale de 45 milliards de dollars (33 milliards d'euros). Ces commandes permettront de faire exister 235 000 emplois aux Etats-Unis. L'essentiel de ces commandes porte sur des avions Boeing.

Le groupe General Electric a signé pour sa part cinq contrats avec des partenaires chinois. La veille, le producteur d'aluminium américain Alcoa avait annoncé avoir signé un protocole d'accord de coopération avec le chinois China Power Investment Corporation portant sur des "investissements potentiels de 7,5 milliards de dollars sur plusieurs années". "Nous avons un intérêt énorme au succès de l'autre. Dans un monde interconnecté, dans une économie globalisée, des pays comme les nôtres seront plus prospères et plus en sécurité quand nous travaillerons de concert", a estimé le président américain.

UN ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE EN VUE

Selon un responsable américain, le président des Etats-Unis et son homologue chinois vont aussi annoncer la conclusion d'un accord sur la construction d'un centre de formation conjoint en Chine dédié à la sécurité nucléaire. Financé par la Chine mais bénéficiant d'une expertise technique américaine, il aurait pour but de former les Chinois à la sécurité dans les installations nucléaires et, in fine, d'éviter la prolifération des matériaux fissiles, l'une des dominantes de la politique étrangère du président Obama depuis sa prise de fonctions.

Les Etats-Unis ont par ailleurs mis en avant la coopération de la Chine ces derniers mois sur deux programmes nucléaires sensibles, ceux de la Corée du Nord et de l'Iran.

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