Sarkozy au Rwanda pour sceller la réconciliation Paris-Kigali

Non classé - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

sarkozyrwanda.jpgNicolas Sarkozy est arrivé jeudi à Kigali pour une courte visite qui marque l'aboutissement du processus de normalisation des relations entre la France et le Rwanda après des années de brouille.

Premier président français à se rendre dans ce petit pays d'Afrique des grands lacs depuis le génocide qui a fait plus de 800.000 morts, pour la plupart dans les rangs de la minorité tutsie, en 1994, il a été accueilli par son homologue Paul Kagamé.

Il arrivait du Gabon via Bamako, où il a effectué une escale nocturne pour rencontrer l'ex-otage français du Mali, Pierre Camatte, libéré mardi après avoir passé trois mois aux mains du groupe armé Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Prévue à l'origine pour durer à peine plus de trois heures, cette visite a pour but, selon Paris, de tourner la page d'années de polémiques sur l'enchaînement des événements qui ont conduit aux massacres.

Venant après le rétablissement récent de relations diplomatiques qui avaient été rompues fin 2006 par Kigali, elle doit permettre "d'acter la volonté des deux parties de se tourner vers l'avenir sans pour autant oublier le passé", a-t-on déclaré dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

Son moment fort sera un dépôt de gerbe au mémorial des victimes du génocide.

Le Rwanda a toujours accusé la France d'avoir une responsabilité dans les événements tragiques de 1994 par son soutien au régime du président Juvénal Habyarimana dont la mort, dans l'explosion de son avion, avait déchaîné les milices hutues contre la communauté tutsie.

Kigali avait rompu avec Paris après l'émission par la justice française de mandats d'arrêts internationaux contre neuf proches de Paul Kagamé, en lutte armée en 1994 contre le pouvoir, dans l'enquête sur la mort du général Habyarimana.

L'Elysée a exclu par avance que Nicolas Sarkozy présente au nom de la France des excuses que son homologue rwandais, qu'il a rencontré à deux reprises depuis 2007 en marge de réunions internationales, ne demande pas, assure-t-on.

"RESPONSABILITÉS ÉCRASANTES"

La présidence fait valoir qu'il s'est déjà exprimé clairement sur le sujet lors d'un sommet Europe-Afrique à Lisbonne en 2007 en déclarant "qu'il y a eu une responsabilité collective de la communauté internationale" qui n'a pas su intervenir pour empêcher le génocide, et que "la France a eu sa part" dans cette responsabilité.

Dans un appel, plusieurs organisations de gauche et des personnalités comme le diplomate Stéphane Hessel ou le philosophe Edgar Morin ont estimé que la visite de Nicolas Sarkozy serait "une injure aux victimes du génocide si elle ne marque pas une étape dans la reconnaissance des responsabilités françaises dans ce génocide".

"Les responsabilités de la France dans ce drame apparaissent de plus en plus écrasantes aux yeux des historiens spécialisés, mais ceci reste un tabou profondément établi, à l'intérieur de nos frontières ", estiment-ils.

Les entretiens entre Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé, qui briguera un nouveau mandat présidentiel en août, porteront en priorité sur le contenu des nouvelles relations entre Paris et Kigali, notamment sur le plan économique.

Les questions régionales seront également évoquées, dont le projet cher à Nicolas Sarkozy de conférence des bailleurs de fonds des pays d'Afrique des grands lacs, une région déstabilisée par plusieurs conflits ces dernières années.

"L'idée c'est que, si on veut aider à surmonter les clivages politiques, les conflits dans cette région, il faut favoriser la coopération et l'intégration régionale, donc développer des projets communs entre ces pays notamment en matière économique, dans le domaine de l'énergie, dans le domaine du développement agricole et d'autres, l'exploitation forestière", dit-on à l'Elysée.

Dans l'état actuel des choses, la France espère organiser cette conférence au niveau ministériel en juin après en avoir évoqué les contours avec les chefs d'Etat et de gouvernement en marge du sommet France-Afrique de fin mai à Nice.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi