Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Mahmoud Zahar reconnait implicitement le droit d'Israël à l'existance

     Mahmoud Zahar reconnaît implicitement le droit d'Israël à l'existence

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Le chef de la diplomatie palestinienne et un des chefs du Hamas, Mahmoud Zahar, a reconnu implicitement et pour la première fois le droit d'Israël à l'existence, dans une lettre adressée mardi au secrétaire général de l'Onu.

"Nous souhaitons, comme tous les Etats du monde, vivre en liberté et en sécurité, et que notre peuple puisse jouir de la paix et l'indépendance, côte à côte avec nos voisins dans ce lieu saint du monde", affirme M. Zahar dans sa lettre à Kofi Annan.

Sans mentionner explicitement le nom d'Israël, M. Zahar évoque pour la première fois l'idée d'une solution à "deux Etats" pour régler le conflit au Proche-Orient.

Les "initiatives d'Israël dans les territoires occupés vont mettre fin à tous les espoirs de parvenir à un règlement final et pacifique sur la base d'une solution prévoyant deux Etats", a-t-il dit.

M. Zahar a affirmé que le gouvernement palestinien était prêt à entamer un dialogue avec le Quartette sur le Proche-Orient.

Composé des Etats-Unis, la Russie, l'Onu et l'Union européenne, le Quartette propose une Feuille de route pour un règlement du conflit israélo-palestinien basé sur la création d'un Etat palestinien viable aux côtés d'Israël.

"Notre gouvernement souhaite sérieusement travailler avec le Quartette pour un dialogue sérieux et constructif avec l'Autorité palestinienne et son nouveau gouvernement".

Jusqu'à présent le Hamas, arrivé au pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne, a toujours refusé de reconnaître l'Etat d'Israël.

Un responsable du ministère palestinien des Affaires étrangères a en revanche démenti que M. Zahar ait reconnu le droit d'Israël à l'existence.

"C'est exact, M. Zahar a bien envoyé une lettre à M. Annan. Mais il n'a pas reconnu Israël et n'a fait aucune mention du droit d'Israël à l'existence, ni l'a suggéré", a ajouté ce responsable qui a requis l'anonymat.

Apple lance un logiciel pour installer Windows sur ses Mac

      Apple lance un logiciel pour installer Windows sur ses ordinateurs Mac

 

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Apple, le fabricant américain d'ordinateurs et de logiciels Mac, a lancé mercredi une application permettant d'installer sur ses ordinateurs le logiciel Windows de son grand rival et leader du monde informatique Microsoft.

Baptisé "Boot camp" ce logiciel existe pour l'heure en version expérimentale et fera partie de la prochaine version du système d'exploitation Mac OS X d'Apple, "Leopard", dont les grandes lignes doivent être dévoilées en août, a indiqué Apple dans un communiqué.

Cette première version de "Boot camp" est téléchargeable sur
www.apple.com/macosx/bootcamp.

Elle s'adresse aux usagers d'ordinateurs Mac de dernière génération, qui sont équipés d'un processeur du fabricant de puces Intel.

"Boot camp" permet non seulement d'intégrer Windows XP sur un Mac via un CD d'installation de Microsoft, mais laisse ensuite le choix à l'usager de faire fonctionner son ordinateur sur le système d'exploitation de son choix, les deux produits coexistant sur le disque dur.

A la Bourse de New York, l'action Apple s'envolait de 5,08% à 64,28 dollars et celle de Microsoft prenait 0,65% à 27,82 dollars lors des échanges électroniques avant l'ouverture (13H10 GMT).

"Apple n'a pas envie ni l'idée de vendre ou de soutenir Windows", a précisé la marque à la pomme, "mais plusieurs de nos consommateurs ont exprimé le souhait de pouvoir faire fonctionner Windows sur nos ordinateurs qui fonctionnent désormais avec un processeur Intel".

En juin dernier, Apple avait créé une petite révolution dans le monde informatique en décidant de rompre ses liens historiques avec le fabricant de microprocesseurs IBM pour se tourner vers Intel, dont le nom a toujours été associé à Microsoft.

Microsoft équipe près de 9 ordinateurs sur 10 dans le monde.

Ehud Olmer chargé de former le nouveau gouvernement en Israël

                          Ehud Olmert chargé de former le gouvernement en Israël

 

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Ehud Olmert doit être chargé officiellement ce jeudi de former le nouveau gouvernement en Israël et s'est engagé à mettre en place rapidement une large coalition qui oeuvrera pour une plus grande justice sociale et la paix.

Le président Moshé Katzav a décidé de confier la charge de la formation du gouvernement à M. Olmert, dont le parti centriste Kadima a remporté les élections du 28 mars, et il le recevra à cet effet jeudi à 12H00 locales, a indiqué mercredi la porte-parole du président.

M. Olmert, qui a réuni peu après cette annonce son parti Kadima au Parlement, s'est engagé à faire "tous les efforts pour boucler rapidement les tractations en vue de former une coalition. J'ai l'intention de former un gouvernement de coalition aussi large que possible".

Aux termes de la loi, M. Olmert disposera, après sa désignation officielle, d'une période de 28 jours pour former une coalition et d'une période de 14 jours supplémentaires si nécessaire.

"Mon gouvernement se préoccupera de deux dossiers centraux, la poursuite du processus de paix (avec les Palestiniens) et la nécessité d'instaurer une plus grande justice sociale", a ajouté M. Olmert.

"Les grandes lignes du programme de gouvernement le souligneront (...) et nous n'écarterons aucune formation qui acceptera de s'y rallier", a-t-il dit.

M. Olmert ambitionne de réaliser avec ou sans l'accord des Palestiniens un plan dit de "regroupement", visant à des retraits unilatéraux de Cisjordanie, associés à l'annexion d'importants blocs de colonies dans ce territoire palestinien occupé.

"J'estime que le gouvernement sera formé rapidement et s'appuiera sur une base telle qu'il fonctionnera durant quatre ans", soit jusqu'au terme de la législature, selon lui.

Le chef du Kadima, après le ralliement des travaillistes, peut désormais tabler sur une majorité de 73 députés sur 120 à la Knesset.

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Par ailleurs, le ministre palestinien pour les affaires de Jérusalem, Khaled Abou Arafeh, du mouvement radical Hamas, a été arrêté jeudi par la police israélienne dans les faubourgs de Jérusalem, a indiqué le Hamas.

M. Abou Arafeh a été arrêté à un barrage routier installé à l'entrée d'Al-Azaria, un faubourg en Cisjordanie de Jérusalem-est, ont indiqué des sources du Hamas et des témoins.

Les policiers l'ont fait sortir sans ménagement de la voiture à bord de laquelle il circulait avec deux autres personnes avant de l'emmener dans une jeep vers le commissariat central à Jérusalem, selon les sources.

M. Abou Arafeh, 45 ans, fait partie des 24 ministres du nouveau cabinet palestinien dirigé par le Hamas qui a pris ses fonctions le 29 mars.

Il avait été détenu en Israël à plusieurs reprises par le passé.

La police l'accuse d'être "entré illégalement dans une zone sous contrôle palestinien", ont affirmé les sources du Hamas.

Selon la radio militaire israélienne, l'arrestation de M. Abou Arafeh vise notamment à empêcher toute activité politique du Hamas à Jérusalem-est ou dans ses environs immédiats>.

Israël, dont le Hamas prône la destruction, boycotte le gouvernement palestinien dominé par le mouvement intégriste et affirmé que ses ministres ne jouissent d'aucune immunité.

Le chef du gouvernement israélien par intérim Ehud Olmert avait même affirmé le 10 mars que le Premier ministre palestinien issu du Hamas Ismaïl Haniyeh n'était pas à l'abri d'une opération de liquidation s'il devait être impliqué dans des "attentats terroristes".

M. Olmert avait toutefois affirmé deux semaines plus tard que M. Haniyeh n'était pas une cible pour Israël bien qu'il soit "un ennemi".

Ensemble Kasbek

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Carte blanche MCM / Grande Halle de la Villette - les 4, 5 et 6 juin 1999 EUROPE ORIENTALE

Samedi 5 juin à 20h3O, Espace Café
Dimanche 6 juin à 16h3O, Salle Boris Vian.
pour tous renseignements
tel : 01 45 44 72 30
http://www.mcm.asso.fr
ENSEMBLE KASBEK Musique Klezmer Quel est le point commun entre un médecin, un architecte, un journaliste et un pasteur ?
La musique klezmer ou encore l'ensemble Kasbek, avec des rythmes plein d'allégresse, des romances, des complaintes et des chansons humoristiques russes et ukrainiennes où se mêlent humour, dérision et fatalisme.


4 extraits du Cd en Quick Time

pour les écouter il suffit de téléecharger si ce n'est deja fait Quick Time 6

1 Zilberne Khasene (Trad.) 2'11'
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2 Kasbeck (Trad.) 3'46'
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3 Kishinever bulgar -Shtiler bulgar (trad.) 3'39
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4 Kolomayer badkhen- Lebedik un freylehk 6'09
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AVEC Frieder Breitkreutz, violon Andreas Karpen, balalaïka Christian Müller, balalaïka basse Uwe Sauerwein, chant et guitare
Le nom de l'ensemble ne vient ni du mont Kasbek dans le Caucase, ni de la célèbre marque de cigarettes soviétique, mais du titre d'un morceau, version instrumentale d'un chant d'inspiration caucasienne de la Vieille Russie que l'on pouvait encore entendre dans les restaurants russes des années 50. Dans les années qui suivent l'érection du Mur, Berlin-Ouest n'a d'oreilles que pour les musiques d'outre-Atlantique. Même le folk, très à la mode, est dominé par les musiques anglo-américaines. Les fondateurs de Kasbek, alors étudiants, entreprennent donc d'ajouter une bonne dose "d'est" à la vie musicale berlinoise. Le succès de leurs premiers concerts de rues se confirme dans les folklokale et les pubs musicaux de la ville, suivi de tournées en Allemagne et en Europe. Leur répertoire, essentiellement composé de chants et de danses des peuples de lUnion Soviétique et des Rom va s'élargir grâce à de nombreux contacts avec des musiciens des Balkans. En 1984, Kasbek consacre la majeure partie de son répertoire au klezmer, ce qui lui vaut d'être le seul ensemble local invité à se prod u 1 re a u x Jo urn ées de la culture jui ve (Berlin) aux côtés de stars internationales comme Brave Old Norld, le clarinettiste Giora Feidman ou les Klezmatics. DISCOGRAPHIE Kasbek - Klezmer à la russe Collection INEDIT, Maison des Cultures du Monde, distribution Auvidis réf. W 260066 Bagels & Bublitschki - Kasbek Raumer Records réf. RR 11897
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Se consacrant depuis une trentaine d'années aux musiques juives d'Europe orientale, Vensemble berlinois Kasbek fait également preuve d'une grande originalité en choisissant d'interpréter les musiques à la balalaïka, au violon, à la guitare et à la balakaïka basse. Invités par la Maison des Cultures du Monde en 1986, les musiciens interprétèrent un style de klezmer "à la russe" avec allégresse ou nostalgie des kazacjok, kolomyjka, krakowiak, polka, bulgar, hora, sirba, czardas et valses, ainsi'que des romances, complaintes et chansons russes et ukrainiennes où se mêlent humour, dérision et fatalisme. Frieder Breitkreutz est né en 1944 dans la ville de Gubin (aujourd'hui polonaise) et a grandi à Berlin ; il est pasteur. Après avoir appris le violon classique dans son enfance, il se tourne vers les musiques traditionnelles et participe à des orchestres et ensembles de musique des Balkans. Andreas Karpen, né en 1943 à Berlin, est médecin. Musicien autodidacte, il joue depuis l'âge de seize ans. Il découvre la musique populaire russe auprès de ses parents et de la communauté russe émigrée. Il parle le russe et plusieurs langues slaves ainsi que le rom. Il fait partie de nombreuses formations musicales d'Europe de l'Est et du Sud-Est. Christian Müller, né en 1945 à Berlin, est architecte. Il découvre les musiques d'Europe orientale grâce à des organisations de jeunesse, des orchestres d"immigrants et des voyages à l'étranger. Guitariste et joueur de balalaïka, il découvre son instrument actuel chez un brocanteur. Il joue avec des orchestres de musique populaire grecque, turque, azerbaïdjanaise et russe. Uwe Sauerwein, né en 1959, est journaliste. Il a grandi à GieGen près de Francfort. Acteur de seconds rôles au théâtre, il se rend à Berlin en 1980 pour y étudier la musicologie. Il participe à divers orchestres folk, monte des spectacles de chants et d'histoires yiddish, et se produit en concert avec des klezmorim américains..

Ari fait son spectacle

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Ari sera à l'Olympia le 31 Janvier 2000, sur M6 le 4 janvier à l'emission guili-guili, vous pourrez le voir aussi sur Alliance en video grâce à son impresario David Marouani .
Ari nous a reçu dans les bureaux de l'office du spectacle à Paris , fief de la célèbre famille Marouani.
Pour les auditeur de Bet El Vallee et ceux d'Alliance voici quelques extraits de cet entretien en audio , nous regrettons la qualite médiocre de l'enregistrement mais nous assurons à nos fidèles lecteurs prochainement des sketches d'Ari réalisés en studio.


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Pour écouter Ari télécharger Quick Time

Pour plus de renseignements concernant son spectacle contacter :
01 64 68 23 49
 
 
Qui est Ari ?
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Préparation de l'Olympia

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L'humour tunisien ... le meilleur 🙂

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Parcours de Ari grâce à Michel Boujenah

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L'Olympia, je meurs de peur tous les jours !
 
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Projet de cinéma avec Philippe Clerc
 
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Le non de Klara

« J'ai dit non à tout avec un oui je serai morte, physiquement morte. »

Extraits choisis
Réservations
Photos de la pièce
Articles dans la presse et liens
Emission radio de Bethel-Vallée

Nous sommes rentrés dans cette salle semi-obscure, rapidement le silence s'est installé à son tour, quelques instant plus tard, une voix off presque chantante s'est emparée de ce silence, et soudain ,une autre voix répond, aux consonnances métalliques qui heurtent les murs et nos oreilles, nous sommes descendus dans le monde de Klara, cette poupée à l'aspect de graphite, noir grise comme la cendre, Auschwitz est mise en scène, par cette voix qui martèle chaque syllable comme le bruit des wagons sur les rails, l'accent gutural allemand frappant avec un fouet lorsque ce n'est pas en l'arrêtant nette avec une balle en pleine tête.
Le ton est donné, Klara dit non , elle raconte le chemin de son choix, son chemin de croix.
Nous sommes suspendus, toute pensée personnelle est arrêtée, la priorité lui ai donné,nos sens sont dressés en quête du coup fatal, les larmes achèvent cette attente, Klara nous a tout dit....
Claudine Douillet

Au lendemain de la Libération, Klara, jeune juive allemande qui a été déportée à Auschwitz, rejoint sa belle-sur Angélika à Paris après une déambulation de plusieurs mois à travers l'Europe dévastée. Angélika retrace ce retour dans le journal personnel qu'elle tient de juillet à septembre 1945. L'histoire de Klara et l'enfer du camp nous parviennent à travers son regard.

Face à l'horreur absolue et parmi les armes contre l'oppression que sont le rire, la croyance et le refus, Klara choisit le « Non ». Son parcours ne fait pas d'elle « une belle figure de victime », mais un archétype de la résistance. Klara est devenue un espace humain dévasté qui peut rester abandonné ou devenir le lieu d'une construction nouvelle, selon les formes que prendra son refus.

Le Non de Klara est le premier roman publié de Soazig Aaron. Pour ce livre unanimement salué par le public et la critique, elle a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix Emmanuel-Roblès 2002, le prix Amnesty International Belgique 2003, les prix des villes de Carhaix et de Limoges et la bourse Goncourt du premier roman 2002.

Morceaux choisis

Dimanche 29 Juillet 1945

Klara est revenue. Voilà, c'est écrit. Il faut que je l'écrive pour que ce soit plus vrai et pour y croire. Depuis trois jours, je ne suis certaine de rien. Klara est revenue.
Nous parlons, oui. Nous parlons. A deux, à trois.
Alban, moi.
Klara, moi.
Alban, Klara.
Alban, Klara, moi.
Il n'empêche. Tout m'échappe.
Klara est revenue. Dans les dernières. Klara est revenue.
Klara, Klara, Klara.
Ce nom à dire et à redire pour savoir que c'est Klara, l'amie Klara, mon amie Klara, Klara la femme de mon frère, Klara la mère de Victoire.
Depuis vendredi, nous nous relayons auprès d'elle, Alban et moi, ici rue Richer. Elle refuse de voir Victoire sa fille, et aussi Agathe qui a nourri et sauvé Victoire en Juillet 42.

C'est tout de même étrange que je sois passée jeudi au Lutétia. Il n'y avait plus beaucoup d'espoir, ils sont presque tous revenus, mais je me trouvais près de la rue de Sèvres, je me suis dit que je pouvais faire un saut, « on ne sait jamais ».
Quand je suis entrée dans le hall, je n'ai plus pensé. J'ai senti que Klara était là... elle est là. Je ne la vois pas, mais elle est là. C'est bizarre. J'ai une bouffée de chaleur, mon coeur s'emballe, mes mains tremblent, je ne peux pas les arrêter.
Il n'y a que deux femmes assises et un jeune homme debout, un drôle de petit homme, au large dans une veste très boutonnée, un pantalon noir assez fripé tombe sur des chaussures de montagne et une toute petite valise rouge entre. A côté, par terre, il y a comme un animal noir, un chien couché. Le garçon a les cheveux blonds très courts, il a des joues creuses et imberbes et d'immenses yeux, souvent ils ont de grands yeux. En tout cas, ces grands yeux me regardent. C'est Klara. Elle ne bouge pas. Je me souviens de ses yeux. Fixes.
Je dois dire Klara, Klara, c'est tout. Cela pourrait être bête, ridicule même, je peux me tromper, et lui, le jeune homme ne rien dire, me prendre pour une folle. Mais Klara dit,"Bonjour Angélika, comment vas-tu".
Alors, elle se baisse pour prendre la petite valise rouge et le chien. C'est un gros manteau noir. Elle dit, "on va partir". Je dis, " il faut prévenir à la réception". Elle, " laisse tomber, ils m'ont emmerdée assez".
Moi : - On va prendre un taxi, on rentre à la maison, tu te sens bien ? Tu veux que je porte quelque chose ?
Elle : - Non. Oui ça va. C'est quoi la maison, tu n'habites plus comme avant.
Moi : - Tu as été chez moi rue Richer ?
Elle : - Oui. Il n'y avait personne. Les choses sur les fenêtres étaient mises.
Moi : - J'habite avec Alban et Victoire au Trocadéro, dans l'appartement des parents d'Alban. Victoire est grande, elle est adorable, elle va te plaire je suis sûre.
Elle : - Non che ne feux pas .
Moi : - tu veux qu'on parle allemand ?
Elle : - non, ça non plus, plus jamais, et che ne feux pas foir l'enfant , che ne feux pas foir cette enfant. »

Jeudi 9 Août 1945 Barbery

C'est bon de se retrouver ici. Il est tard. Tout le monde dort. Victoire a voulu dormir avec moi. Elle est sur le lit en petite culotte et maillot tellement il fait chaud. Dommage que Klara ne la voie pas, elle est si belle notre Victoire.
Au dîner on a parlé de Klara évidemment. Adrien était très curieux. Il posait des tas de questions. Je ne pouvais pas répondre à tout.
Antoine : Mais Klara n'a pas fait un voyage d'étude Adrien !
Adrien : On entend tellement de choses sur les camps, alors quelqu'un qui en revient, c'est forcément plus sûr.
Adeline : Je ne suis pas d'accord. Est-ce que tu sais tout, toi, sur la résistance, et pourtant tu en étais. Klara doit savoir ce qu'elle peut sur Auschwitz, et peut-être même pas tout si c'était si grand.
Antoine : Nous, en 14, on connaissait juste notre tranchée, on ne savait même pas que c'était la guerre de 14/18. En face non plus probablement. C'est après qu'on l'a su !
On a beaucoup ri. C'est si bon de rire.

En parlant l'autre jour, Klara a redit le nom de Pazuzu, et ce soir, j'ai demandé aux autres s'ils s'en souvenaient. Antoine a été chercher un carton avec tous nos dessins de Pazuzu. C'est Adrien qui avait appelé Hitler Pazuzu. Adrien : Le dieu assyrien, Pazuzu le cruel, le complice des tempêtes qui se servait de ses ailes pour semer le mal partout. Ca c'est Hitler, on ne peut pas trouver mieux !
Donc, Pazuzu et un concours de dessins. Il y en a de toutes sortes, grimaçants, hideux, noirs, en couleur, avec des griffes, avec des palmes, avec des moustaches et sans, avec des mèches, avec des ailes immenses et pour Rainer, des ailes repliées sur un tout petit sexe " pour cacher ce qu'il n'a pas ". Nous étions pleins d'inventions enfantines pour juguler nos peurs.
Nos dérisoires défoulements, comme lorsqu'on riait tellement des écrits antisémites, surtout de Céline. Seul, Alban nous trouvait horribles. " Vous devenez antisémites, c'est affreux. " On n'en pouvait plus de rire. Pourtant, un jour Klara a dit en parlant de Hitler, « le salaud ! on est en train de devenir juif. »
Ils m'ont rappelé ce soir que je les forçais à m'écouter chanter Deutschland bleiche Mutter, alors on ne riait plus, et Rainer disait, " Lika, tu nous emmerdes avec ton Brecht ! "
Quand j'y repense, oui, ce qu'on a pu rire à cette époque, ( en dépit de l'époque ) de Pazuzu, des pamphlets de Céline, etc. jusqu'à ce que Klara se fasse recenser en décembre 41. C'était de la folie.

14/8 Mardi

Nous faisons en sorte que tous les jours Klara me parle de comment c'était à Auschwitz. Au début, il faut la solliciter, elle ne le fait pas toujours d'elle-même. Pour Alban, pour moi, elle choisit des aspects différents. Sans doute nos questions sont-elles différentes aussi.
Cette après-midi, je lui ai demandé si parfois elle avait ri.

Klara : - Oui, au début. En arrivant, de août à novembre 42, j'ai été dans un commando de terrassiers. C'est là que j'ai été amie avec l'amie de Praha.
Les deux premières semaines, on a réussi à rire. Contre le cafard on riait, et toutes les deux nous étions enragées, toutes les deux, la colère.
Un jour, oui au début, une Polonaise a dit, " tu as eu de la chance d'avoir été en France, nous ici, on disait, heureux comme Dieu en France " alors j'ai dit, Dieu s'est fait rafler en France, il est ici à Oswiecim, il part en fumée tous les jours, on est les premiers à le savoir. On a ri. On a ri pendant des jours, on disait, bien fait pour lui, quelle idée d'aller en France, même Dieu s'est fait avoir. Plus de résurrection pour Dieu... aux nouvelles qui demandaient ce que c'était que cette odeur, on disait c'est Dieu qui brûle, il s'est fait rafler en France, elles disaient ça pue, on disait oui, oui, quand Dieu brûle, ça pue aussi, cette idée. Nous, les gens sans croyance, nous étions les plus nus, mais pas les plus démunis parce que nous étions sans illusion. Etre sans espoir sans toutefois désespérer, voilà le fil mince sur lequel il a fallu tenir. Moïse n'est pas venu ni son frère l'avocat. Pas de Moïse, pas d'avocat. Dieu était un caporal autrichien.
Nous avons souffert pour rien, notre savoir des extrêmes ne sera d'aucun secours. C'est un savoir intransmissible, et qu'est-ce qu'un savoir qu'on ne peut transmettre c'est rien
Alors oui, le rire... il faudrait des séances de rééducation pour les muscles du rire, du sourire... c'est encore possible... je ris déjà...
Moi : - Non, tu ne ris pas Klara, tu ricanes...
Elle : - Ah... mais je crois, rire je pourrai encore, pleurer, non. Pour refaire fonctionner les glandes des larmes, je ne vois pas ce qu'on peut faire, si même c'est nécessaire, c'est une carence de vieux.
Moi : - Et toi, tu le regrettes ?
Elle : - Oui. Moi, j'ai la nostalgie des larmes. Des miennes... de toutes les larmes...

Mercredi 29

Klara dit qu'elle va partir, qu'elle va disparaître, qu'on ne la reverra plus. En attendant, elle est là. En attendant, elle parle. En attendant, j'aimerais aussi être en vacance de Klara. A son contact, je me sens vieille. Elle m'use.
Sa voix raconte posément des choses brûlantes qui se refroidissent en sortant d'elle. Elle parvient, je ne sais comment, à exprimer sa haine froidement. Presque légèrement.
Cynisme, gloussements, rire de Klara comme une herse. On ne peut pas rire avec elle.
Je m'inquiète de la dose de cruauté qu'elle me goutte à goutte. Klara la douce, dont je n'avais aucune raison de me méfier me tue à petites doses. Je vais tenir jusqu'à son départ. Maintenant, oui, je le désire : Qu'elle parte.


Réservations

Le Non de Klara

de Soazig Aaron
Bourse Goncourt 2002 du Premier Roman
Prix Amnesty International Belgique 2003

Adaptation de S. Aaron et C. Drouelle

Mise en scène Carole Drouelle
Théâtre de l'Acacia

Avec Delphine Cheverry et Philippe Suberbie
Décor et marionnette Morgan, conseil en manipulation Monique Scheigam
Lumières Gérard Gillot, Costumes Judith Genot

Du 25 novembre au 7 décembre à 20h30
(le dimanche à 16h30)
(relâche lundi et mercredi)

à la Grange Dîmière
Ferme de Cottinville - 41, rue Maurice Ténine - 94 260 Fresnes

Tarif : 11 € (réduit : 7,50 €)
Location : 01 49 84 56 91

Coproduction : théâtre de l'Acacia ­ Ville de Fresnes,
avec le soutien de l'institut français de Casablanca et du Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi

Aide à la création du Conseil Général du Val-de-de-Marne

Le non de Klara (articles de presse)

Article de presse du journal-laterrasse.com

Le non de Klara

L'excellent roman de Soazig Aaron sur le retour d'une jeune femmme des camps de la mort adapté par le théâtre de l'Acacia de Carole Drouelle.

Klara, jeune femme juive allemande émigrée à Paris, est revenue des camps de la mort. Elle est accueillie par Angelika sa belle-sur et amie. C'est cette dernière qui raconte l'histoire de ce difficile retour dans l'excellent roman de Soazig Aaron, que le théâtre de l'Acacia, spécialisé dans les écritures contemporaines, a décidé d'adapter avec la collaboration de l'auteur. Klara " la souvivante ", qui ne veut plus voir sa petite fille, a pu rester en vie parmi des milliers de personnes assassinées. " L'Europe est le lieu de ma défaite, le lieu de mon assèchement. " dit Klara. La pièce raconte la terrible souffrance, la vie au quotidien dans les camps, devant les proches effrayés et si émus de la retrouver. Tout passe par le regard d'Angelika dans la pièce, qui inclut des marionnettes, permettant de mettre en scène le récit dans une distanciation nécessaire. Monique Scheiban, qui a travaillé au sein de la compagnie Philippe Genty, intervient auprès des comédiens pour la manipulation. La comédienne Delphine Cheverry sera Angelika qui vit le présent et raconte, et représentera Klara par sa voix et la manipulation de la marionnette. Un texte nécessaire, très beau, où l'humain se débat avec toute sa petite force, englouti dans un univers d'une totale inhumanité, qui ne connaît aucune limite.

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Le non de Klara de Soazig Aaron, adaptation Soizig Aaron et Carole Drouelle, mise en scène Carole

Drouelle,à la Grange Dîmière de Fresnes


Article dans le Nouvel Obs pour le livre de Soazig Aaron

Un récit de Soazig Aaron

Merci, Klara!

Par Jorge Semprun
Je n'avais pas entendu la voix de Klara depuis longtemps. Une voix semblable, je veux dire. Une vraie voix de revenante: hachée, fragile, impérative, violente, pleine de tendresse, à l'orée toujours du silence, inépuisable. Une voix de survivante d'Oswiecim (Auschwitz, en allemand: la voix de Klara, aujourd'hui, comme celle à laquelle je pense, ancienne, masculine, préfère le nom originaire), voix évanescente comme la fumée des fours sur la plaine de Pologne; coupante, aiguë comme une lame affûtée, un diamant de larmes à jamais asséchées.
Klara, donc, est revenue. Elle a une allure étrangement garçonnière, là, dans le hall de l'hôtel Lutétia, «drôle de petit homme, au large dans une veste très boutonnée... Le garçon a les cheveux blonds, très courts, les joues creuses et imberbes et d'immenses yeux, souvent ils ont de grands yeux».
Elle a raison, Soazig Aaron, auteur de ce récit, don du ciel, merveille de l'écriture, approximation insolente et fertile à l'insoutenable lourdeur de la mémoire: ils ont souvent eu de grands yeux, les revenants.
Klara marche sans cesse, captant de son regard inusable les scènes minimes de la vie retrouvée. «Une vision, une corde tendue entre deux arbres et du linge qui se balance, il se balance pour la seule utilité d'être propre, de sentir bon et de sécher La paix pour moi a été cela, à ce moment-là une prairie et du linge qui sèche tranquillement»
Mais Klara parle, parfois. Il lui arrive de parler.
Je n'avais pas entendu une voix semblable depuis longtemps. Depuis un dimanche de février ou mars 1945, à Buchenwald, un jour de bourrasques de neige. Un communiste allemand avait convoqué un petit groupe de militants dans la baraque des contagieux de l'infirmerie ­ évitée par les SS comme celle des latrines du Petit Camp ­ pour que nous entendions le témoignage d'un survivant du Sonderkommando d'Auschwitz. Ce dernier, juif polonais, disait Oswiecim, lui aussi.
Le Sonderkommando, on s'en souvient sans doute, était le détachement des déportés qui avaient en charge les chambres à gaz: leur entretien, leur nettoyage, le transport des cadavres jusqu'aux crématoires. Pendant quelques heures, jusqu'à la nuit tombée, nous avons écouté le témoignage du survivant juif du Sonderkommando. Nous l'avons écouté dans un silence glacial et gluant, l'âme chavirée, révulsée.
J'ai retrouvé le ton de cette voix, sa froide détermination, sa violence radicale, sa lucidité impitoyable, désespérée, en lisant «le Non de Klara». Le récit de Soazig Aaron, pourtant, n'est pas un témoignage, c'est une fiction. C'est là que se situe le miracle. C'est là que s'enracine et que prolifère le bonheur abominable et lumineux de cette lecture. C'est ce qui en fait le prix incalculable.
J'attendais depuis quelque temps un récit comme «le Non de Klara». Je ne m'attendais pas à cette qualité, elle est inespérée. Mais j'attendais une fiction, une prise de pouvoir romanesque sur la mémoire des camps.
Car nous sommes à l'orée de la disparition des témoins, de l'évanouissement de la mémoire directe, charnelle, oserai-je dire, de l'expérience du Mal radical dans les camps nazis. Après, il y aura les travaux des historiens, des sociologues. Nécessaires, mais insuffisants. Si la fiction ne s'emparait pas de cette mémoire, celle-ci s'évanouirait. Cesserait, du moins, de se renouveler, de se ressourcer, de redevenir actuelle. Rien ne permettrait plus aux lecteurs des nouvelles générations d'imaginer cette réalité. Seule la fiction ­ c'est le paradoxe, le mystère de la littérature ­ pourra bientôt non seulement faire vivre, mais aussi enrichir cette mémoire.
Aux premiers temps de la littérature concentrationnaire, David Rousset avait eu l'incroyable audace de donner une allure de roman à son livre, «les Jours de notre mort». Cela lui avait permis de tirer profit de la liberté, de la complexité de la forme narrative. Mais l'essentiel de son propos visait à présenter une description documentaire, synthétique, de l'univers des camps. La forme romanesque n'en était qu'un moyen.
Rien de tel dans «le Non de Klara» où le récit ne vise pas à la reconstruction d'une vérité documentaire mais à la création d'une réalité spirituelle. De ce point de vue, et parce que nous sommes dans la fiction, Soazig Aaron ose faire dire et penser à Klara des vérités intimes que nous autres, êtres de chair et de sang, n'avons pas osé dire, ni même penser: que nous nous sommes retenus de faire, en tout cas, évitant de passer à l'acte.
Refus du monde, délire de fuite, incompatibilité morale avec la société établie, inépuisable colère, certitude d'être mort (de vivre en rêve, du moins, depuis le «retour à la vie»): toutes ces pulsions brutales, solitaires, non solidaires, auxquelles il faut sans cesse opposer des arguments, parfois même des arguties de la raison critique, pour survivre, pour rester dans le mouvement flou et mou de la vie, même dépourvue de véritable sens, Klara nous purge de tout cela, nous en libère, en allant jusqu'au bout de sa négativité lumineuse.
Merci, Klara! J. S.
«Le Non de Klara», par Soazig Aaron, Maurice Nadeau, 198 p., 16 ¤.

http://www.nouvelobs.com/articles/p1951/a14057.html

Le non de Klara (interview et photos de la piece)

Pour écouter cette interview il vous suffit de télécharger gratuitement
Quick Time 6 en cliquant du l'icône:

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Emission de radio de Bethel-Vallée

 

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Entretien avec Souazig Aaron auteur du livre "Le non de Klara" et Carole Drouelle metteur en scène de la pièce de théâtre, à l'émission de Bethel-Vallée 89.6 FM,

Animée par Nathalie Zylberman et Claudine Douillet le 30 Novembre 2003.


Nathalie Zylberman
Vallée F.M 96.6
Émission Beth-El Vallée
2 bis, rue du Parc
77 185 Lognes
Tel 06 19 92 15 75
Fax 01 64 68 23 49
Email : michel.zylberman@oreka.com . A l'attention de Carole Drouelle

Le non de Klara
Soizig Aaron
Carole Drouelle

Il existe des instants dans la vie que l'on ne peut effacer de sa mémoire, Le non de Klara en est un !

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Comment expliquer ou bien traduire l'émotion présente lors de la première représentation de cette uvre magistrale à Fresnes. La salle n'a pas bougée, pas une respiration, pas un regard vers les autres. Une grande réflexion et une admiration pour ces moments sans doute trop brefs mais intenses ; car nous avons été et nous serons à tout jamais tous des Klara.

Il est vrai que nous ne pouvons qualifier cette adaptation de magnifique parce que le mot n'est pas adéquat, il serait plus judicieux de dire que la pièce nous transcende, nous dépasse, nous émeut, nous claque au visage et nous surprend.
Il était très difficile de faire vivre Klara sous une apparence humaine, après mure réflexion, elle est devenue une marionnette aussi vivante que vivace. Elle crie, elle hurle, elle gesticule, elle souffre, elle encense, elle respire, elle tremble, elle parle si peu mais avec une telle véhémence, qu'elle finit par faire peur et mal. Klara est la voix de là-bas, elle est de couleur cendre, elle nous montre l'autre côté du miroir, celui qui nous gâche la vie et qui nous fait souffrir.


2_Klara.gif Il est vrai que l'on peut parler de Klara pendant des heures, mais il faut reconnaître le travail d'artiste accompli par Carole Drouelle. Dans une mise en scène extraordinaire et dans le plus simple apparat, elle nous offre le récit d'Angelika et d'Alban, interprétés avec justesse et rigueur par deux comédiens (Delphine Cheverry et Philippe Suberbie), elle fait vivre Klara sous nos yeux ébahis et conquis, tantôt grâce aux comédiens, tantôt grâce à des attitudes si réelles qu'on la croirait en vie !

Cette oeuvre est un chef d'oeuvre sur la mémoire, un vrai bijou d'émotion et de vie.klara3.gif
Avec un décor dénudé qui nous rappelle les corps des déportées; des êtres bâtons imaginaires colorés qui nous entraînent dans la vie réelle ; des cendres qui resteront à tout jamais enfouis dans la terre d'Auschwitz et ces tables qui représentent à elles seules le dur chemin de la vie dans lequel nous avons tous notre place, faut-il seulement en comprendre le sens !

Vous l'aurez sans doute compris, Le non de Klara, n'est pas une pièce anodine, c'est une merveille et un moment de sensibilité si intense, qui nous transporte et nous enivre pour que nous ne soyons plus qu'Un, Klara et nous !

 

 

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Ouvrage présenté dans le cadre de l'émission du 30/11/03
Nathalie Zylberman