Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Photographe juif : James Friedman, « Pleasure and terrors of kissing »,

James Friedman, « Pleasure and terrors of kissing », voir site du photographe

James Friedman

James Friedman, « Pleasure and terrors of kissing », voir site du photographe

James Friedman, « Pleasure and terrors of kissing »

James Friedman, « Pleasure and terrors of kissing », voir site du photographe.

Après avoir revisité les camps de la mort (« Memories Effects ») dans son avant dernière série, James Freidman avec la nouvelle permet une digression fantaisiste mais plus sérieuse qu'il n'y paraît.

Il propose des baisers à sourire, des baisers à pleurer d'émotion, des baisers malices, des baisers de lune ou de soleil, des baisers au pain d'épice, des baisers à regards, des baisers labyrinthes.

Les baisers sans bémol ou parfois avec fausse note, des baisers poivre et sel, des baisers paysages, des baisers à combustion intime (ceux qui mettent le feu), des baisers solubles ou énigmatiques, des baisers de ciné, des baisers qui préfèrent l'ombre à la lumière, des baisers qui n'ont pas la langue dans leurs poches, des baisers gâteaux et ceux plus légers qui font monter au rideau.

James Friedman,

James Friedman,

Il y a aussi des baisers chauves et ceux qui portent des tresses; des baisers dans le brouillard et souvent un voyeur rôde dans les parages. Mais de tels baisers qui ne se quittent même si on en ignore tout. . A chaque spectateur d’en faire l’usage qui lui plaira..

Ni absurde félicité ni abus de confiance, la photographie parce qu'elle n'a plus besoin de nier ou d'affirmer reste la seule réponse que l'on donne à l’unions que le baiser engage.

Il ne faut donc pas chercher ce que l’œuvre cache, mais juste se laisser prendre à perte de vue en sa propension à donner existence à un espace temporel fugace soulevé par sa flamme, sa folie, son suspens, son vertige. Par elle surgit l’adhérence étroite à ce qu'il en est de désir, sur ce que l’on ignore de lui et qui n’a pas de nom.

Sarah Moon : métamorphose des poncifs

Sarah Moon : métamorphose des poncifs

Photographe juive ,Sarah Moon : métamorphose des poncifs

Photographe juive ,Sarah Moon : métamorphose des poncifs

Sarah Moon : métamorphose des poncifs

Sarah Moon, Now and Then, février 2016, House of Photography, Hambourg

Sarah Moon permet d’atteindre ou de pénétrer ce qu’il en de la féminité “ comme à la limite de la mer un visage de sable ” (Michel Foucauld) .

Son style reste très personnel. Une sorte de simplicité préside à la sophistication.
Par moments provocatrice (mais subtilement) l'artiste sacralise le corps féminin tout en lui conférant un certain érotisme "flou".

Le glamour n'est qu'un des angles pour "lire" de telles images. Il existe toujours chez Sarah Moon un désir d’approcher, par delà le vêtement, la peau au plus près. Et si elle enveloppe ses “Héroïnes” fragiles dans des robes de luxe, c’est pour mieux saisir leur beauté et un peu de leur intimité. D’autant que la photographe laisse ses modèles jouer avec le décor et les accessoires.

En repassant de formes dites savantes ou purement discursives à des formes "simples" la photographie ne se contente pas de simples variations sur les découvertes de son art. Supplément d'image d'un côté, supplément de réalité : il s'agit d'une appropriation où divers thématiques se croisent et où le champ esthétique se déplace vers d'autres.

Les marques du débordement, du franchissement prouvent que les photographies de Sarah Moon ne sont pas là pour décliner du réel mais le métamorphoser. Aux marges des images privées, de la mode et de l’érotisme la photographe poursuit une quête paradoxale puisque par l’apparat des êtres-icônes de notre temps elle détourne ses clichés.

Le football juif en Allemagne sous le nazisme

Le football juif en Allemagne sous le nazisme

Le football juif en Allemagne sous le nazisme

“Jewish Football Clubs in Nazi Germany, Looking for Traces” à partir du 19 février 2016, Jewish Museum, Berlin

Le football juif en Allemagne sous le nazisme

Le football juif en Allemagne sous le nazisme

Très vite après la prise du pouvoir par le Parti National Socialiste en janvier 1933, les clubs de football allemands excluent systématiquement de leurs équipes tous les juifs. Pour continuer à pratiquer leur sport ceux-ci durent organiser leurs propres équipes, ligues et championnats. A l’ombre de la terreur et de la persécution ils surent créer un système parallèle et solide, témoin d’une forme de résistance.

Dans l’histoire du football et du sport allemands cet épisode de l’ère nazisme est resté longtemps caché. Mais avec l’aide de la « Fondation culturel du football allemand » cette époque sort enfin de l’ombre.

Les historiens Lorenz Peiffer et Henry Wahlig ont fait des recherches dont les éléments majeurs sont réunis au musée de Berlin. Ils prouvent comment les footballeurs juifs ont continué à pratiquer leur sport jusqu’au pogrom du 9 novembre 1938. La couleur sépia de nombreux documents refait vivre cette période. Face à l'avalanche qui soufflait les sportifs tentaient de croire pouvoir faire basculer leur sort du monde d'un côté à de l'autre des filets avant qu'un grand portier ou un goléador fou mettent fin à leurs espoirs.

Auteure juive :Julie Safirstein la lumineuse "Le Jour, la nuit tout autour"

Julie Safirstein la lumineuse

 

Julie Safirstein la lumineuse

Julie Safirstein la lumineuse

"Le Jour, la nuit tout autour", Editions Hélium – Actes Sud

Julie Safirstein vous dira que son nom est difficile à prononcer, mais que cela signifie « pierre de saphir » en hébreu , alors c’est quand même très beau.
Beaux et poétiques le sont aussi ses dessins minimalistes, qu’elle simplifie jusqu’aux limites de l’abstraction.

« J’aime que la forme évoque quelque chose mais qu’elle ne le figure pas complètement. »
Reproduisant ses croquis en les déchirant dans du papier, elle crée des pochoirs qu’elle peint à la gouache dans des couleurs lumineuses.

Fidèle à la culture du livre Julie Safirstein passe à la métamorphose des mots afin de donner aux enfants (d’abord) l’envie de les lire. Ses peintures leur accordent une autre dimension (et non un reflet). La parole n’est pas dans ses œuvres un prétexte : les images les fait lever dans un univers solaire mais qui n’ignore rien de la nuit.

Remontant à des formes simples, profondes, colorées l’artiste exhume l’être de son état d’oubli et de détresse. Détricotant les notions de figuration et d’abstraction elle donne forme à un secret qui se fomente entre la peinture et les mots, entre le réel et le surréel en accordant un possible à l’innommable et l’invisible

L’œil n’est plus noyé dans l’obscur. La peinture évolue entre ici et là-bas, aujourd’hui et hier. Une intensité primaire la porte vers l’élan d’un face à face espéré avec tout ce qui reste d’espoir muet à l’être. Bref la beauté des images offre un présent inédit et porteur d’espoir que seul peut-être une femme est capable de propose parce qu’elle est porteuse d’un «rayon de la lumière divine » selon le poète Djalâl-od-Dîn que l’artiste a contribué par ses images à sortir de l’ombre.

Auteure juive :Corinne Valton Une Sacrée gamine

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Corinne Valton : Une Sacrée « gamine »

Corinne Valton, « Pendant que les mulots d’envolent », Paul & Mike, Paris, 190 p., 2016
Les nouvelles du premier livre de Corinne Valton sont des révélations. Elles n’excluent jamais la peur mais recèlent un profond humour. Elles provoquent parfois, en leurs fragments, une fascination panique. L’être peut s’engager au dedans car elles sont des parties destructurées de lui-même. C’est pourquoi l’humain et le quotidien se « découvrent» d’une façon paradoxale.

Celle qui est tombée à sa naissance dans la culture de livre ne traite pas l’écriture par-dessus la jambe. S’en dégage une puissance étonnante de dérivation. Le monde est plutôt sombre pour rappeler aux êtres le peu qu’ils sont mais dans un style fidèle à Pérec dont elle devient l’héritière Corinne Valton donne au quotidien, dans « ses trucs et ses machins » une hybridation et une injonction vitale en résonnance avec son alacrité et sa jeunesse.

D’emblée l’auteure s’impose comme une valeur des plus prometteuses de la littérature. Elle nous plonge dans des familles « classiques » mais qui semblent tout autant des communautés étranges. Yahvé, Nabuchodonosor les hantent au milieu des jeans et des T-shirts carmin. Ne subsiste aucune sollicitude sécurisante et pas plus une tranquillité apaisante. Restent des invitations au voyage au cœur d’un réel qui demeure enjoué et pesant de son poids de « chair » par les effets de matière.

Les nouvelles restent néanmoins légères dans leur manière de tordre le réel en soulignant son ambiguïté « bipolaire » . L’auteure sait déplacer nos points de vue en inventant de nouvelles incarnations de la vanité humanité comme de sa vérité à travers des fragments et aussi échappées d’âme. Le corps en ses parcelles devient le lieu qui inquiète la pensée. Le premier cependant situe, enveloppe, touche, déploie la seconde.

Il devient donc l’abyme de la pensée ou ce que Maldiney nomma « aître de la pensée, état naissant de la langue ». Dans la dynamique intrinsèque à la création de Corinne Valton demeure toujours visible un vie bien plus qu’organique au seins de portions, de « mutilations » et de coupures.

Par différentes moments en écho s’érige une réflexion plus générale sur ce que le langage peut rameuter. Cette dialectique spirituelle et matérielle est un régal. L’archéologie du réel ne va pas sans celle du sujet. Chaque nouvelle consiste donc à fouiller dans la mémoire de la chair, de la pensée, de descendre dans le cerveau. Le corps devient le lieu physique où peut se toucher de la pensée - même si toucher n’est pas saisir, ni posséder.

Artiste juive : Laura Nillni poétique de l’espace

Laura Nillni artiste juive

 

Laura Nillni artiste juive

Laura Nillni artiste juive


Laura Nillni poétique de l’espace

Laura et Ricardo Nillni, « Les lumières de la ville » , Galerie Lélia Mordoch, Paris, 5 février – 12 mars 2016

Selon divers types de médiums (vidéos, sculptures, peintures, art numérique, impressions, installations architecturales, etc.) Laura Nillni articule le système des images selon divers labyrinthes et zone de passage.

En un vocabulaire dépouillé (points, lignes, carrés, croix, portées) elle dépasse le simple quadrillage en un imaginaire coloré et festif qui donne à l’espace une possibilité de déconditionnement et au regard sa liberté.

Laura et Ricardo Nillni, « Les lumières de la ville » , Galerie Lélia Mordoch, Paris, 5 février – 12 mars 2016

Laura et Ricardo Nillni, « Les lumières de la ville » , Galerie Lélia Mordoch, Paris, 5 février – 12 mars 2016

Les bords rigides deviennent en quelque sorte mouvants selon diverses propositions crées au départ avec l’aquarelle ou le numérique. L’artiste joue sur des matières qu’elle architecture de manière polyphonique et poétique. Des îlots visuel se transforment en des espace de temps est organise sans crainte des blancs.
A la manière de Cage le cheminement d’une idée ou d’un processus créatif peut venir verticalement aussi bien qu’horizontalement.

Tout dans l’œuvre est question de flux et de courants selon des « Reflected Waves » (La Casa) qui combinent échelles, langues, matières et leur « musication ».

C’est à partir d’un réservoir d’éléments et formes premières que la créatrice construit une œuvre au sens particulier : non dans la perspective de progrès qui était celle- par exemple - d’un Lautréamont mais pour obéir à l’exigence fondamentale. d’un circulus, le cycle des flux en un espace donne en un art où « l’oubli de soi » est essentiel. Il n’est plus seulement une auto-expression : il devient une auto-altération.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Artiste juif :Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Ron Jude , « Lago », Mack, Londres

Lago  Artiste juif :Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Lago Artiste juif :Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Ron Jude aime à citer la phrase de John Dernielle dans « Wolf in White Van » : « Je sais ce qui m’est arrivé et j’ai assez d’information pour tout reconstruire mon histoire mais la personne à qui c’est arrivé et désormais tellement loin de moi : je sais seulement qui elle est quand je vois mon visage - c’est le seul dont je me souvienne ». Cela correspond parfaitement à son livre « Lago ». Le photographe est retourné photographier le désert californien où il a grandi.

Comme un détective il y recherche des clés de son identité à travers 54 photographies prises entre 2011 et 2014. Le langage de l’artiste est fidèle à ses caractéristiques fondamentales : la narration passe par la quête de choses banales (euphémismes) et parfois d’angles de vue qui cachent (volontairement) plus qu’il ne montre.

Lago  Artiste juif :Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

Lago Artiste juif :Ron Jude : quand l’insignifiant fait sens

On se souvient de sa superbe série « Executive Models » où Wall Street (ou ce qui en tient de lieu) était montré de manière symbolique et subtilement engagée uniquement par les costumes vus de dos des banquiers ou traders.

Revenant sur les lieux arides ( à tous les sens du terme) de sa jeunesse Jude en fat remonter les araignées venimeuses en renonçant à toute pornographie de façade.

En ce sens sa manière de photographier le désert n’est pas sans rappeler les visions équivalentes dans le « Kill Bill 2 » de Tarantino. Les objets dérisoires créent une archéologie poétique qui n’a rien d’insignifiante.

L’artiste ne cherche pas à en tirer un sens, une morale ou une synthèse : il crée des modélisations et des rythmes visuels à la recherche d’une harmonie qui évoque à la fois la hantise et la puissance des lieux. Jude en compose un « cairn » et fait de nous non des voyeurs (puisqu’il n’a pas grand chose à voir) mais des correspondants clandestins.

Artiste juive: Télescopages et transpirations de Jeanne Borensztajn

Journal Extime, 2015, vidéo réalisée dans le cadre de « J’ai mal ! J’ai peur ! » organisé par la galerie Vivoequidem, Paris, février 2016.

Télescopages et transpirations de Jeanne Borensztajn

Journal Extime, 2015, vidéo réalisée dans le cadre de « J’ai mal ! J’ai peur ! » organisé par la galerie Vivoequidem, Paris, février 2016.

Journal Extime, 2015, vidéo réalisée dans le cadre de « J’ai mal ! J’ai peur ! » organisé par la galerie Vivoequidem, Paris, février 2016.

Journal Extime, 2015, vidéo réalisée dans le cadre de « J’ai mal ! J’ai peur ! » organisé par la galerie Vivoequidem, Paris, février 2016.

Jeanne Borensztajn cherche différents types de contact entre diverses images à partir du papier. Elles sont délavées, coupées, collées en divers jeux de transparences, de reflets, puis déplacées en des installations, photos, vidéos, dessins ou textes.

L’envers et l’endroit se rencontrent et font apparaître de nouvelles interfaces, marges, filtres, intervalles. Par exemple ses Télescopages sont des collages fortuits trouvés dans les pages du journal Libération.

Deux tranches de deux photos différentes se trouvent apostées en un montage intempestif. Les photographies de « Trans-parutions» sont créées en interposant une page de journal près d’une source lumineuse : recto et verso s’y superposent par transparence.

L’information est toujours transfigurée, déformée pour un nouveau message ou dialogue. L’artiste le crée aussi en « imageant » des dictons ́ proposés selon des installations composées d’éléments hybrides ou qui se répondent : à trois dessins dans des cadrans d’horloges murales (un artichaut, une clémentine, camembert) répondent, sur le sol, des vrais morceaux de telles denrées.

Pour l’installation Journal Extime un texte est à l’écran tel un journal écrit en blanc sur noir. Il peut se lire à diverse vitesse comme s’il s’agissait d’un prompteur. L’artiste le récite. Le texte est un mélange de donnée intimes ou collectives.

Une nouvelle fois l’interface est recherchée afin de créer un passage de frontière par une surface capable d’imprimer et d’exprimer. La vidéo de l’expérimentation permet à l’artiste d’exprimer ses angoisses face à la gravité du monde.

Le système est imparable : le trouble personnel que suscitent des catastrophes qui ont épargné l’artiste, lui rappelle qu’elle n’en est pas à l’abri. L’histoire et l’actualité rencontrent donc l’expérience intérieure de la créatrice.

Elle s’inscrit ainsi au cœur du monde à travers ses interrogations et angoisses. Une telle re-présentation l’aide à vivre et l’œuvre se veut un partage de ce qui tient d’une confrontation et d’une catharsis.
Jean-Paul Gavard-Perret

Livre juif : A la trace de Carole Zalberg

Carole Zalberg, A la trace,livre juif

Photo de l’auteure : Melania Avanzato

Carole Zalberg,  A la trace,livre  juif

Carole Zalberg, A la trace,livre juif

Carole Zalberg, « A la trace », Intervalles, 2016, 85 pages, 12 €

Le livre - sorte de fiction générale en gestation - de Carole Zalberg (issue d’une famille polonaise exilée en France à la veille de la guerre de 1940) répond à un « projet de fiction inspiré de la vie de trois cousins germains nés là-bas ».

Passant un mois près d’eux l’à Tel-Aviv l’auteure y transcrit son journal de voyage au sein d’une chronique de la rencontre et des retrouvailles. Il propose un maillage nostalgique de remémoration au sein d’une terre qui reste pour Carole Zalberg l’ « ancrage » capable de résister aux incertitudes des lendemain.

Dédié à sa tante et sa mère qui furent toutes deux cachées pendant la guerre afin d’échapper à la Shoah ; de livre fait suite à « Chez eux » où l’auteur imaginait les douleurs des séparations. Sa tante a choisi dès 1946 de partir pour Israël et de participer à fondation d’un des premiers kibboutz de Galilée.

Sa mère préféra rester en France pour donner à sa fille une vie moins austère que celles inhérente aux pionniers. Le livre met l’accent sur les malentendus inhérents à ces choix de vie de famille que l’exil rapproche et éloigne.

Revenant en Israël trente ans après son dernier voyage la Parisienne » qui passait ses vacances dans le kibboutz de sa tante prolonge sa réflexion à la fois sur sa judéité et sur son second pays.

Elle y retrouve des sensations de sa jeunesse, rencontre non seulement sa famille mais des écrivains. Mais plutôt que dérouler à sa main la géopolitique du temps elle scrute ce qu’elle nomme des « géographies intimes » qui en s’éloignant des problématiques « classiques ».

L’auteure se « contente » (mais c’est ce qui fait le prix de son témoignage) d’offrir sa vision impressionniste toute en pudeur et modestie. En émanent des sentiments diffus et opposés ; la confiance butte sur le désarroi, la joie se mêle à la détresse à travers un récit d’émotions et la beauté des paysages.

Carole Zalberg poursuit l’évolution de sa pensée et de son être tiraillés par l’éclosion progressived’une hybridation née l’exil et de la disparition, de la trace des morts dans le vivants.
Une tel livre représente un « work in progress» où la diversité, la complexité et un certain mystère nourrissent moins la résilience (ce mot valise) que la transmission.

Y planent aussi ce qui est souvent tu : la présence de Tsahal et la rapport que le jeunesse mais aussi les parents entretiennent avec l’armée et des guerres jugées parfois justes parfois absurdes.

Pour beaucoup d’entre ceux qui ont cherché refuge en Israël pour se reconstruire voir leurs enfants exposés à la mort n’est pas une simple affaire et suscite bien des interrogations dont les questions ne sont pas simples.

artiste juif :Michel Braun et les leçons des ténèbres

artiste juif :Michel Braun et les leçons de ténèbre

Michel Braun et les leçons des ténèbres

Galerie Alexandre Mottier, Genève

Avec Braun aucune image n’est image mais elle donne plus que son reste. Et celui qui la fomente n’est que son propre « ghostpainter », nègre blanc d’abracadabrantesques  des cendres en un frôlement d’imprévisibles élytres et avec obstination du sage.

artiste juif :Michel Braun et les leçons de ténèbre

artiste juif :Michel Braun et les leçons de ténèbre

Par empreintes, tachisme et différents types de report Michel Braun n’élargit pas le chaos. Mais il ne cherche pas plus à le réduire. Par divers type d’impressions et de surimpressions surgissent des agglutinements de textures et les taches qu’ils laissent.

Existent d’étranges mixions , structures et incidentes qui sont autant, pour reprendre des mots de Beckett des « foirades » et des « sarabandes »ou encore des haillons sans personne dedans.

L’oeuvre semble répondre à ce que Valère Novarina demande (ironiquement) à l’art « pas de être, juste des vêtements ». Comme lorsque l’étoile jaune sur une veste voulut effacer l’être et le joindre au néant.

Discontinuité, éboulis, interférences deviennent, plus que des corpus de reliques étranges, des formes hallucinées et grouillantes. Une telle œuvre en appelle à l’émotion. Nul besoin de code ou de codex juste des griffures reports pour monter dans son « carrousel » du temps et de l’horreur que celui « entend » à travers l’histoire. Chaque tache est une mise en trop dictée par la terreur des pestes brunes.

Braun ne cherche pas à en boucher les trous. Au besoin même il les élargit pour donner à chacune de ses œuvres une sorte de transparence et de la transe lucidité dans la déclinaison des noirs pour seules apparitions. C’est l’expédient ni des enfers ni des paradis mais d’un territoire du temps que l’on peut paraphraser ainsi « back is a black, is a black to black » selon une martingale infinie mais en espérant que l’histoire ne bégaie plus. Mais Braun n’en est pas convaincu.

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