L'humour juif pour repousser les ténèbres

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L'humour juif pour repousser les ténèbres

La simha, la joie, est une notion au coeur du judaïsme. Véritable commandement, elle anime la pratique religieuse autant que l’instinct de survie.

L’humour juif est l’enfant adultérin de la science talmudique et de la sagesse populaire », reprend Adam Biro dans son Dictionnaire amoureux de l’humour juif – citation qu’il attribue sans certitude à Gérard Rabinovitch. Quel meilleur outil que le rire pour combattre les calamités et bousculer les normes ?

Les cultures juives sont traversées par un humour transgressif présent dans les contes hassidiques de Martin Buber, chez les Marx Brothers dont on parle dans le magazine Alliance .

Mais le rire n’est pas qu’autodérision, il possède aussi une dimension spirituelle.

Car rire, c’est montrer de la joie, la simha, une notion essentielle qui apparaît dès la Genèse. « Elle est présente quand Dieu regarde sa création et “vit que cela était bon” ainsi que dans différentes littératures éthiques et mystiques, précise l’historien Jean Baumgarten, spécialiste du hassidisme. Selon la cosmogonie juive, la conception du monde a instauré une séparation entre la droite, qui relève du bien, du positif, et la gauche qui symbolise les forces du mal. En étant joyeux, on renforce le camp du bien. Certains textes mystiques disent même que Dieu se réjouit de la joie des humains. »

Qu’on prie, qu’on étudie la Torah ou qu’on assiste à un mariage, la simha est un commandement. « Vous appellerez le shabbat la joie », lit-on ainsi dans Isaïe.

Même faire l’amour permet d’atteindre le divin par la satisfaction des corps.

Le rire a également une fonction quasi messianique, il préfigure ce que sera la société une fois le Messie venu, à savoir un monde de félicité et de joie.

Morosité et tristesse favorisent au contraire les forces du mal. L’existence de tendances ascétiques dans la Pologne du XVIIIe siècle a suscité le renouveau d’un courant spirituel ancien, le hassidisme.

Son maître spirituel, le Baal Shem Tov, professe alors que « le seul fait de vivre dans la joie constitue l’accomplissement de la volonté du créateur ».

Aujourd’hui encore, ses adeptes, les hassidim, dont les Loubavitchs, favorisent tout ce qui peut déclencher la joie par la danse, le chant, la musique. Leur ferveur peut aller jusqu’à l’extase. Le Baal Shem Tov incitait ses disciples à prier jusqu’à «dissoudre les portes de leur synagogue » raconte le rabbin Marc-Alain Ouaknin. « Cette manière de s’associer au divin permet aussi de se délester de toutes les pesanteurs humaines et terrestres qui nous accablent », selon Jean Baumgarten, qui a consacré une biographie au Baal Shem Tov (Albin Michel, 2020). Au quotidien, poursuit ce dernier, « cultiver la joie est une posture, une morale personnelle qui consiste à ne pas tomber dans la victimisation, à commencer la journée du bon pied et reconnaître que le rire est salvateur ».

Adélaïde Robault

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