L'Alyah comme sur des roulettes : Guerre et Paix, le remake israélien

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Depuis plusieurs jours que mon père est atteint de la Covid-19 dans un hôpital gériatrique parisien où le protocole est "de ne rien faire" tant que l'infection n'a pas déclenché l'emballement inflammatoire, je passe mon temps à lire, à questionner des médecins et des groupes sérieux français sur le sujet.

 

Je me rends compte de l'étendue des tragédies que tant de personnes traversent dans le silence. Chacun regrette de ne pas avoir davantage insisté auprès du corps médical tant pour le traitement que pour voir leurs proches afin de leur dire adieu. D'autres témoignent des conséquences gravissimes de leur covid. Il leur semble être handicapé à vie et lutte de tout le peu de force qui leur reste pour retrouver un jour une vie digne pour ne pas dire "normale".

 

La polémique sur le vaccin fait rage. On assiste à une sorte de prise d'otage de la pensée. Ceux qui émettent un simple doute quant aux conséquences futures du vaccin sont taxés d'anti-vax, tandis que leur carnet de vaccination est à jour, de complotiste (le nouveau mot à la mode), de meurtrier... Et tant d'autres inepties. Quant aux pro-vaccins, ils sont accusés par certains de commettre une nouvelle Shoah, de dictature... Déshumanisation. Les deux camps se fustigent l’un l’autre, et ce, jusque dans les hautes sphères scientifiques et politiques.

 

Les pistes sont brouillées pour qui souhaite faire de véritables recherches. Tout est son contraire est publié sous couvert de document authentique et faisant foi auprès des communautés scientifiques, jusqu'à ce qu'il soit décrié par une voix qui s'insurge et distille de nouveau le doute dans les esprits fatigués et tourmentés du commun des mortels.

 

Je découvre que tous les médecins qui en Israël se sont élevés contre la vaccination de masse, et en particulier contre celle des femmes enceintes, ont perdu leur licence d'exercer. Les chiffres de la morbidité montrent une nette baisse et enfin l'espoir d'une sortie de crise. Tandis que la France se "re-confine dehors", en Israël, la vie a repris son cours naturel. Les gens sortent et fêtent cette liberté retrouvée. Les masques tombent et l'air respiré à l'odeur suave de la Libération.

 

J'entends des spécialistes israéliens s'inquiéter de l'émergence de la “variante vaccin” qui serait créée par des foyers de concentration de personnes vaccinées. Le virus risque de s'adapter et de muter pour être plus virulent que jamais et décimer toute une population... Alors qu'en sera-t-il des non-vaccinés ? Ils n'auront pas la moindre chance de survie ? Autant se vacciner donc ?!

 

Les maladies auto-immunes sont largement pointées du doigt comme la conséquence à long terme du vaccin. Mais rapport risques/bénéfices, il n'y aurait pas photo selon nombres d’experts. Et la vaccination apparaît comme la seule solution raisonnable. 

 

Dès que l'on trouve un traitement efficace contre le virus, la nouvelle s'évapore dans l'air pour laisser toute la place au débat sur le vaccin. Il faudra bien rester crédible aux yeux de la nation et tenir les cahiers de compte. 

 

Les gens se déchirent, les opinions affluent de toute part, et même les études apparaissent comme des tissus de mensonges basés sur du vent.

 

Sur le site américain Pfizer, il est écrit noir sur blanc que le vaccin demeure à l'état expérimental et qu'il est interdit aux moins de 16 ans. Pourtant, on entend déjà parler de vaccination chez les enfants, et qu'ils ne pourront plus voyager eux aussi sans leur passeport vert. 

 

Les vaccinés pensent que les non-vaccinés constituent un danger majeur pour eux.

Or, si je comprends bien entre les lignes, les personnes vaccinées sont protégées des formes graves de la Covid-19 et de la seule variante anglaise. Mais ils continuent à véhiculer le virus et peuvent le transmettre aux non-vaccinés et aux enfants. En cela, il me semble que les vaccinés constituent un risque majeur pour les autres, d'autant qu'ils ne jugent plus la nécessité de se protéger. Et pourtant, ce n’est un secret pour personne que les variantes sud-africaine, brésilienne et new-yorkaise circulent toujours… 

 

Entre vaccinés, ils forment une nouvelle caste de la société qui s'enorgueillit d'avoir vaincu la crise sanitaire. Et la fête bat son plein. C'est tout naturel.

 

Et pourtant, une petite voix me dit qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ; cela me rappelle le retour de bâton que BiBi s’est pris de plein fouet l’année dernière quand il était plébiscité pour avoir été le seul à enrayer la première vague en un temps record.  J'en conviens également qu'il est nécessaire d'avancer et de prendre position. Cette stagnation n'est plus envisageable. 

 

Ma voisine de palier, Rachel, qui a plus de 90 ans, n'a, depuis le début de la crise, jamais voulu porter le masque. Et aujourd'hui, elle refuse le vaccin. Elle a la tête dure de ces Israéliens qui ont traversé tant d'épreuves et qui refusent la soumission. Elle se fiche du pouvoir en place qu'elle juge grotesquement politicien, une mafia qui ne sert que ses propres intérêts. Toute cette mascarade l'ennuie et ne la perturbe pas.

 

Elle rigole quand elle me voit rentrer les mains chargées de courses et désinfecter chaque paquet. Et j'avoue qu'elle me renvoie une image risible de moi-même et que je ris volontiers avec elle. On se fait des petits cadeaux, des petites attentions. J'aimerais l'inviter à boire le thé à l'intérieur, mais je m'en tiens à nos discussions de palier. Mais j’aimerais connaître sa vie de A à Z. Ce petit  bout de femme aux cheveux blancs coiffés à la garçonne, au regard rieur et belliqueux à la fois me fascine. Elle parle le français comme vous et moi quand je peine à formuler trois phrases justes d'affilées en hébreu. 

 

Même le jour où un feu a été déclaré dans l'immeuble, je la croise dans les escaliers en train d’envoyer un message sur son téléphone. Je lui assène un : " vous descendez avec nous tout de suite". “Oui oui” me dit-elle sans même relever les yeux sur moi ...

La fumée commençait déjà à nous étouffer et nous ne savions rien de l'origine ni de la localisation du feu. J'espérais une seule chose, que l'on puisse descendre les 7 étages sans encombre. La fumée devenait de plus en plus opaque et l'odeur toxique. Accompagnée de mes enfants en chaussons, de mon chien et de mes chats que je m'étais tuée à chercher partout dans l'appartement, elle restait plantée là sans vouloir bouger. Quelle tête brûlée. Je descendis en trombe avec ma ménagerie et mes enfants apeurés en informant les pompiers que Rachel était restée là-haut. Elle était rentrée dans son appartement et ignorait le vacarme des cris et des ambulances. 

 

Le feu venait de l'immeuble d'à côté. Un court-circuit sur le panneau central extérieur d'électricité de l'immeuble plus aux normes. 

Un grand classique a TLV malheureusement. Tout le monde était sain et sauf et les équipes de secours redoutables avec le feu.

 

Dans l'Histoire des épidémies, rien à part le feu avait pu venir à bout des villes infectées. L'eau était un vecteur de transmission. Les confinements ne suffisaient pas. Seul l'exode vers les campagnes, le temps et le feu pouvaient en venir à bout.

 

On peut lire aussi que tous les 70 ans environ, une épidémie ou autre catastrophe vient réguler notre population mondiale.

 

On peut lire tant de choses que l'on en perdrait notre Latin.

 

J'ai entendu dernièrement à mon intention : " tu réfléchis trop". Et je dois bien reconnaître que plus par plus égal moins, que l'inertie est contre productive. Car il faut avancer. Il faut se décider et assumer son choix. La vie est plus simple quand on court. L'action est le moteur de l'humanité. Et pourtant un système de pensée non-conventionnel, une habitude fâcheuse à tout analyser persiste en moi.

 

J'hésite entre patience et action. Et de cette dualité émerge un mal qui me ronge. Et pourtant, quelque chose me dit qu'il faut encore un peu de patience.

 

Ici, je suis devenue un parasite de la société. En cela la France me manque. Je sais que là-bas, j'aurais eu la paix d'avoir le choix de penser à mon rythme.

 

Non pas que la marginalisation m'inquiète, mais je ressens une forme d'oppression à ne pas avoir accès au droit de penser différemment.

 

Les restaurants et les lieux bondés ne me manquent pas. Je me suis habituée à une forme de solitude qui était déjà présente dans mon caractère de type "sauvage" comme on dit pour caractériser les gens qui se sentent bien seuls avec eux-mêmes.

 

Attention, j'aime les gens, mes ami(e)s dont je respecte totalement les choix et les idées. Ils me manquent. Mais je suis encore un peu capable de vivre en marge, le temps de savoir si je m'exile définitivement ou si je mets le pied à l'étrier, comme tous ceux qui ont fini par céder sous la pression. La liberté est trop précieuse et chacun a conscience que rien ne pourra stopper cette politique vaccinale de masse. 

 

Nous sommes tous conscients que quel que soit les résultats de ces quatrièmes élections fantoches (une fois de plus, personne n’est dupe), le passeport vert vaccinal demeurera la norme. 

La liberté de vivre, de travailler, de se socialiser… de voyager est au prix d’un vaccin (peut-être) “inoffensif” et “protecteur” mais qui nous a été présenté comme une injonction gouvernementale digne d’une dictature déguisée en démocratie qui a muselé les bouches des dissidents, leur retirant leur licence d'exercer. 

 

Je ne pensais pas avoir signé pour ça en faisant mon Alyah en 2015. Et encore moins me faire reprocher de “réfléchir trop” ou d’être traitée de "meurtrière''. 

 

Je le répète, c’est la propagande digne d’un régime soviétique qui me trouble davantage que la question du vaccin lui-même. 

 

Et c’est en tant que non-vaccinée, marginale, parasite de la société israélienne que je vais aller voter (pffff allez savoir ce que l’urne m’inspira à ce moment-là tant je ne souhaite qu’une chose pour notre pays, une révision complète de notre système politique), affublée de mon masque et de mes lunettes de soleil, s'écartant des gens qui s’approchent trop de moi. 

 

Et si je demandais à Rachel de m’accompagner… je suis sûre qu’elle en a de belles à me raconter encore… 

Hava Mélanie Oz

Blog sans langue de bois sur l'Alyah Dailymel 

 

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