Les Arabes israéliens et Annapolis

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
                                      Les Arabes israéliens et Annapolis

Article paru dans "Aroutz7"le 29/11/07

Les Arabes israéliens ont de plus de mal à jouer les équilibristes entre leur soutien ouvert à la cause palestinienne, et leur volonté intéressée de rester citoyens israéliens.

Dernièrement, le Comité de Suivi des Arabes israéliens (Vaadat Maakav), très actif et influent, avait édité un nouveau document, en prévision de la conférence d'Annapolis, dans lequel il répétait son opposition à la définition d'Israël comme Etat juif. Réponse cinglante de Tsipi Livni: "L'Etat palestinien à venir constitue la solution nationale pour tous les Palestiniens, qu'ils vivent en Judée-Samarie, dans les pays limitrophes, à l'étranger ou même à l'intérieur des frontières israéliennes" Autrement dit, "si vous n'êtes pas contents…..". Cette sortie inhabituellement ferme de la ministre des Affaires étrangères avait fait sortir de sa tanière Rhaleb Madjaleh, ministre de la Culture, qui lui faisait savoir que "les Arabes israéliens ne sont pas partie prenant du conflit. Il faut les laisser en dehors de tout cela!" (sic) Déclaration contradictoire et surprenante, lorsqu'on voit à tout bout de champ des déclarations et prises de positions de plus en plus extrêmes de la part de la population arabe israélienne et de ceux qui la représentent.

Il est donc intéressant de savoir ce que pense la rue Arabe israélienne à l'issue du sommet d'Annapolis. Le Centre Arabe de Recherches Sociales Appliquées a entrepris de sonder la population à propos de ce qui s'est dit dans la capitale du Maryland.

Il ressort déjà qu'une immense majorité des personnes interrogées estiment "qu'Abou Mazen n'a pas de mandat pour négocier en leur nom" Confirmation de l'affirmation de Madjadleh sur une séparation transparente entre Palestiniens et Arabes Israéliens ? Certes non. Les autres données de cette étude montrent clairement que les Arabes israéliens, tout comme le Hamas, estiment "qu'Abou Mazen est dangereux pour eux, car il risque de céder sous les pressions israéliennes et américaines".

Sur les sujets fondamentaux en jeu, les résultats du sondage sont sans appel: 65,8% estiment que les la direction palestinienne ne doit pas accepter l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif, 79% refusent toute concession sur le "droit au retour", (seuls 6% estiment qu'il faut les reloger dans des pays arabes), et 81% s'opposent catégoriquement à céder sur Jérusalem. De même, sur une question qui touche de plus près la population arabe israélienne, les "échanges de territoires", les résultats sont également sans ambiguïté : 73% contre. Rappelons que selon cette théorie, les zones à forte densité arabe, seraient annexées à un Etat palestinien, sans que les populations ne soient forcées à quitter leur lieu de résidence. Ils seraient tout simplement soumis à l'Autorité palestinienne, et plus à la loi israélienne.

Il est intéressant également de voir quels sont les différents arguments invoqués pour ce refus d'être administrés par ceux qu'ils soutiennent pourtant si ouvertement: 57% estiment qu'ils ne sont pas de "pions dans un jeu d'échec", 62% pensent que cela leur fera perdre leur citoyenneté israélienne, 56% ont peur que leurs conditions économiques se détériorent, et 56% considèrent l'AP comme corrompue. (ndlr pour les spécialistes en calculs: des personnes ont évoqué plusieurs arguments à la fois!!)

Ce refus surprenant de passer sous administration palestinienne dévoile clairement les intentions réelles des Arabes israéliens: rester citoyens avantagés d'un Israël dépouillé de sa qualité d'Etat juif, en attendant que la démographie fasse le reste.

Dans l'année qui vient, Israël va donc se retrouver seul face à de nombreux fronts qui vont faire pression sur lui, ensemble et chacun séparément, afin de "régler une fois pour toutes cet abcès proche oriental" comme chacun l'imagine: le front des pays arabes, celui de la Communauté européenne, de l'Autorité palestinienne, de l'Iran, des Etats-Unis, dans une certaine mesure, et des Arabes qui vivent en son sein.

Comme le dit une chanson hassidique: "…et nous n'avons pas où nous appuyer, si ce n'est sur notre Père qui est au Ciel".

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi