Israël: l'ultranationaliste Lieberman claque la porte du gouvernement

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      Israël: l'ultranationaliste Lieberman claque la porte du gouvernement

JERUSALEM ,le 15/01/08- Le ministre israélien des Affaires stratégiques, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, a quitté mardi le gouvernement pour protester contre les négociations en cours avec les Palestiniens, ouvrant une ère d'incertitude pour la coalition d'Ehud Olmert.

"J'ai informé Olmert que nous quittions la coalition et le gouvernement", a affirmé au cours d'une conférence de presse le chef du parti Israël Beiténou, qui dispose de onze députés au Parlement.

"J'ai dit que s'il y avait des négociations sur les questions clés (du conflit avec les Palestiniens) nous ne ferions pas partie" du gouvernement, a ajouté M. Lieberman, également vice-Premier ministre.

"Tout le monde sait que ce processus ne mènera nulle part. Le principe de la terre contre la paix est une erreur fatale qui est difficile à comprendre", a-t-il encore dit.

Cette démission ne menace pas dans l'immédiat le maintien au pouvoir de la coalition dirigée par M. Olmert.

L'entourage du Premier ministre a ainsi souligné que celui-ci pouvait toujours compter sur une majorité "stable" avec 67 députés sur les 120 de la Knesset.

De plus, M. Olmert pourrait toujours rallier de nouvelles formations, comme le parti religieux du Judaïsme Unifié de la Torah, voire Meretz (gauche laïque).

Toutefois, la coalition s'effondrerait si le parti ultra-orthodoxe Shass (12 députés) venait à mettre à exécution sa menace de l'abandonner pour protester contre d'éventuelles négociations sur le sort de Jérusalem.

Le départ de M. Lieberman survient deux semaines avant la publication du rapport final de la commission d'enquête sur les ratés de la guerre menée à l'été 2006 contre le Hezbollah au Liban, susceptible de mettre en cause M. Olmert personnellement.

Dans un communiqué publié après la démission de M. Lieberman, le bureau de M. Olmert a affirmé qu'"il n'y a aucune alternative à des négociations de paix sérieuses".

"Le Premier ministre est déterminé à poursuivre les pourparlers qui offrent l'unique chance de garantir la paix et la sécurité pour Israël", a-t-on ajouté de même source.

M. Lieberman, 49 ans, avait rejoint le gouvernement Olmert en octobre 2006 et avait été chargé notamment du dossier du nucléaire iranien.

Pour lui, le président palestinien Mahmoud Abbas ne peut pas être considéré comme un partenaire crédible dans le processus de paix car il contrôle uniquement la Cisjordanie depuis que la bande de Gaza est passée sous la coupe du Hamas islamiste en juin 2007.

Israéliens et Palestiniens ont entamé lundi des négociations intensives sur les questions clés du conflit, dans la foulée de la visite en Israël et en Cisjordanie du président américain George W. Bush, pour qui un traité de paix est possible cette année.

Membre du cabinet de sécurité, M. Lieberman prône des échanges territoriaux avec les Palestiniens et un transfert partiel des Arabes israéliens, une communauté de 1,3 million de personnes, vers les territoires palestiniens, ce qui lui a valu d'être traité de "fasciste" et "raciste" par des députés arabes.

Lors de sa conférence de presse mercredi, il a cité deux députés arabes israéliens, Ahmad Tibi et Mohammad Barakeh, affirmant qu'ils étaient à ses yeux "plus dangereux que Khaled Mechaal (le numéro un du Hamas) et Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah)".

Il avait fait scandale il y a quelques mois en déclarant qu'Israël devrait s'inspirer de l'île divisée de Chypre pour procéder à une séparation entre Juifs et Arabes.

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