Deux fêtes de lumières : Hanoucca fête juive et Divapali fête indienne

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Deux fêtes de lumières : Hanoucca, fête juive et indienne de Dipavali

HANOUKKHA et DIPAVALI : Deux Fêtes des Lumières

L’une des grandes Fêtes Nationales de l’Inde s’appelle DIWALI ou DIPAVALI, ces deux mots d’origine sanskrite veulent dire la même chose : une rangée de lumières, communément appelée Fête des Lumières. Tous les ans elle est célébrée entre le 15 octobre et le 15 novembre. La date de Diwali est variable. Elle marque la naissance de la Nouvelle Année dans le calendrier lunaire des Hindous.

En 2020 l’Inde et la Diaspora indienne à travers le monde ont célébré la Fête de DIPAVALI le 14 novembre. En 2021 le 4 novembre. Cette Fête de l’Inde antique donc très, très et très ancienne prend sa source dans la source profonde de la religion hindoue. Au fil des siècles elle est devenue, me semble-t-il, une Fête qui pourrait être célébrée par presque tout le monde.

C’est une Fête fraternelle, conviviale, joyeuse. Les civilisations, les religions, les spiritualités, les philosophies et les poésies du monde entier ont toujours chanté, honoré et même vénéré la Lumière. :

Que la Lumière soit, Genèse.

C’est Toi, Seigneur ma Lampe, Mon Dieu éclaire mes ténèbres, David.

De l’obscurité, conduis-moi à la Lumière, le Véda.

Quand le monde est en flammes, enveloppé de ténèbres, pourquoi ne cherches-tu pas la lumière ? Bouddha.

Je suis la Lumière du monde, Le Christ.

Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa Lumière a pour symbole une niche où se trouve une Lampe. Le Prophète Mohammed.

Dans Le Zoroastrisme ou le Mazdéisme, une religion née dans l’ancienne Perse, bien avant l’ère chrétienne, les Temples étaient et sont toujours dédiés au Feu.

Le Feu purifie les Guèbres et les Zoroastriens, appelés les Parsis en Inde, les éclaire de sa divine Lumière et les réchauffe de sa sainte dilection. Baha’u’llah, fondateur de la Foi Baha’ie demande à ses disciples d’être « Une lampe pour ceux qui marchent dans les ténèbres…Une lumière qui brillera au firmament de ta génération ».

Dans toutes les religions les lumières sont le soleil la lune et les étoiles de la Foi. Elles éclairent le chemin spirituel. Pour le Mahatma Gandhi : « La foi est une sorte de sixième sens qui s’exerce là où la raison n’est plus compétente ». (Tous les hommes sont frères, trad. G. Vogelweith page 122)

L’humanité a toujours été fascinée par les lumières.

Elle se mit à fabriquer des lampes. Les Mésopotamiens utilisaient comme lampes de simples coupelles remplies d’huile.

La mèche, une fois allumée, faisait leur bonheur. Un bonheur indescriptible.

Les Sumériens eurent l’idée de sélectionner des grands coquillages pour en faire des lampes. Le feu dans les traditions anciennes, avaient une valeur purificatrice.

Dans le îles Marquises, Atéa est la princesse de la lumière. C’est Pô qui engendre la lumière en Nouvelle-Zélande.

Les six vestales, à Rome, étaient chargées d’entretenir le feu sacré sur l’autel de Vesta, déesse du feu éternel et du feu domestique. L’homme est le seul animal qui fasse du feu affirmait l’écrivain Antoine de Rivarol (1753-1801) célèbre pour son « Discours sur l’universalité de la langue française ». La lumière symbolise parfaitement la supériorité de l’intelligence sur la sottise, de la poésie sur le prosaïsme, de la sagesse sur l’ignorance, de l’espérance sur le néant.

L’Inde est une terre où sont nées une myriade de fêtes (mélas en sanskrit) attachées au cycle des saisons, des moissons souvent nées et grandies autour des mille et une légendes qui toutes affirment la supériorité du bien sur le mal.

Certaines fêtes ont lieu tous les ans, tous les quatre ou cinq ans. D’autres deux fois par siècle.

La célèbre fête de Maha Kumbha Mela a lieu tous les douze ans.

Sur cette fête quelques lignes de l’ancienne Première Ministre de l’Inde Madame Indira Gandhi : « Venus de toutes les parties de l’Inde, des millions de pèlerins se rendent, une fois tous les douze ans, à Prayag, rebaptisée Allâhâbâd par l’empereur Akbar, au Triveni Sangam, là où se rejoignent la Gangâ, la Yamunâ et la rivière mythique, la Sarasvati. Au moment propice ( muhûrta) de quatre heures du matin, la croyance veut que ceux qui se baignent au sangam atteignent l’immortalité ». (Jean-Louis NOU, INDE Hommes, Rites et Dieux Texte de Madame Indira Gandhi. Edita-Vilo Suisse 1978)

DIPAVALI est une Fête qui invite l’humanité à choisir les bonnes pensées en éliminant les mauvaises pensées dans le cœur, à admirer la beauté des lumières, à rejeter la noirceur des ténèbres, à cultiver la paix dans le cœur pour anéantir la discorde.

DIWALI est l’une des plus belles, plus grandes, plus attendues des Fêtes indiennes.

Cette Fête est dédiée à la déesse Lakshmi, divinité féminine hindoue de la prospérité.
Des monuments et des chaumières, dans la nuit de DIPAVALI-DIWALI accueillent respectueusement, silencieusement, affectueusement les lumières clignotantes des millions et des millions de lampes à huile et celles un peu trop bruyantes des feux d’artifice.

Pour les Sikhs Diwali est l’une de leurs Fêtes : Ils célèbrent la sortie de prison au XVIIème siècle de leur sixième Guru. Les Jaïns accueillent Diwali pour célébrer l’éveil de leur Mahâvira né au VIème siècle avant J.C.

Toute l’Inde devient tout au long de la nuit un Triangle lumineux de la fête, de la paix, de la rêverie. Le Philosophe Alain définit admirablement la fête :

« Et sans doute il n’y a rien de plus dans la fête que ce concert de joie…. De là une égalité ; car tous les messages de joie se valent ; un visage heureux a puissance sur vous, et la foule heureuse encore plus. La forme humaine suffit bien ; on ne lui demande pas ses titres ». (Propos II 8 mars 1930 Page 812).

Diwali fait penser à la Fête Juive Hanoukkha. Ce mot signifie en hébreu « Inauguration ». Toutes les deux sont des Fêtes des Lumières. Elles sont nées dans deux civilisations incontestablement très anciennes, très riches et toujours vivantes.

Ce sont des Fêtes qui offrent de la Lumière Divine et des lumières de la Terre, avant tout, au dialogue interreligieux et interculturel, à la paix mondiale et à la solidarité internationale, à la convivialité et à l’amitié. Elles ont une dimension transcendante. Une Fête des lumières existe également en France. Tous les ans en décembre la Ville de Lyon est jolie sous des éblouissantes lumières électriques.

Autrefois cette Fête fut dédiée à l’Immaculée Conception, c’est-à-dire, à la Vierge Marie. Aujourd’hui une fort éblouissante Fête des lumières électriques ! M. Edouard HERRIOT, Maire de Lyon de 1905 à 1957 écrivait dans ‘ La Triple gloire de Lyon’ : « Ainsi, sur notre chère et vénérable terre de Lyon s’éveillent les idées et les images. Je les vois surgir dans cette enceinte, comme jadis, au seuil du temple abandonné, des vols d’oiseaux sacrés montaient sans fin vers la lumière ».

La présence des Juifs en Inde est très ancienne, surtout dans le Kerala d’aujourd’hui, dans le sud-ouest de l’Inde dont la côte continue d’être arrosée depuis des siècles par les vagues de la Mer d’Arabie appelée également la Mer d’Oman.

Un trait d’union entre l’Orient et l’Extrême Orient ou l’Asie. Il est inutile de préciser que les Juifs n’ont jamais été persécutés sur le sol natal de Siddhârtha Gautama (Le Bouddha, cinquième siècle avant l’ère chrétienne), de Gourou Nanak, fondateur du Sikhisme, de Mohandas Gandhi(1869-1948) devenu un Mahatma(une grande âme)du Swami Vivekananda (1863-1902),disciple de Sri Ramakrishna(1836-1886) et fin connaisseur du Vedanta, du Philosophe spirituel du Yoga intégral Sri Aurobindo(1872-1950) de l’humaniste, Président de la République de l’Inde et éminent scientifique d’origine tamoule Abdul Kalam(1931-2016) et de tant d’autres hommes et femmes appartenant à l’harmonie universelle.

Les enfants d’Israël ont été accueillis et aimés par les Indiens comme leurs frères et sœurs. Il est à noter que la principale et la remarquable disciple spirituelle de Sri Aurobindo s’appelait Blanche Rachel Mirra Alfassa(1878-1973) de confession israélite.

Elle fut à la tête de l’Ashram de Sri Aurobindo et fonda Auroville à Pondichéry, chef-lieu des anciens cinq comptoirs français en Inde.

Elle est connue, respectée et estimée dans presque toute l’Inde et à travers le monde sous l’honorable et vénérable vocable de Mère Alfassa.

Dans le livre de Moché Catane intitulé ‘Les Juifs dans le monde’ édité en 1962 par Albin Michel j’ai récupéré aux pages 234 et 235 ces quelques lignes qui fournissent des renseignements sur le Judaïsme en Inde : « Dans l’immense territoire grouillant d’êtres humains qu’est l’Etat indien indépendant, les Juifs ne peuvent se prévaloir, étant à peu près 20000 sur 370 millions d’aucune importance numérique…. Ils ignorent toute persécution ou raciale.

C’est peut-être cela qui a attiré dès le XVIIIème siècle des Juifs de Bagdad …. Aujourd’hui il y a environ 4000 Bagdadiens, 3000 à Bombay et 1000 à Calcutta, mais leur influence dépasse de beaucoup celle que leur nombre devrait leur attribuer…. Les descendants des plus anciennes populations israélites de l’Inde, dont l’origine remonte peut-être à la destruction du Second Temple, sont les Juifs de Cochin, qui ne sont plus qu’environ 300 ».

Les relations diplomatiques entre la République indienne et l'état d'Israël existent fort heureusement depuis plus d’un quart de siècle.

Le 17 octobre 1995 M. Orpa Slapak, Conservateur-adjoint du Département d’ethnographie juive m’a répondu cordialement en ces termes : « Votre lettre adressée au Musée de la Diaspora nous est parvenue avec beaucoup de retard et nous vous prions d’excuser le délai mis à vous répondre. Le Département d’ethnographie juive du Musée d’Israël a monté une exposition sur les trois communautés juives de l’Inde : les Bené Israël, les Juifs de Cochin et les Juifs originaires de Bagdad. Cette exposition où figurent des objets de la culture matérielle de ces communautés a été inaugurée en juin 1995 et se tiendra jusqu’à la fin de l’année ».

Plusieurs milliers de Juives et de Juifs, originaires de l’Inde et surtout du Kerala, région située sur le sud-ouest de l’Inde, vivent à présent sur le sol israélien.

Dans le Monde des Religions du mai-juin 2019 M. Clément Pouré dans son article consacré aux Juifs de Cochin écrit : « Les Juifs, pourtant, ont une longue histoire avec le sud de l’Inde.

« Le Kerala est le foyer de la plus vieille communauté juive à l’est de la Perse », écrit Nathan Katz, Professeur émérite à l’Université de Floride et spécialiste des communautés juives en Inde ».

Il existe un hospice indien depuis plusieurs décennies à Jérusalem. Le Mensuel « L’Inde, Perspectives »de Juin 2005 nous apprend que « Depuis 1992 le Gouvernement de l’Inde continue d’accorder une assistance financière à l’hospice permettant ainsi de rénover et d’assurer l’entretien de ce Monument historique et religieux.

Plusieurs dignitaires et pèlerins venus de l’Inde ont visité l’hospice ». Leur présence fortifie et embellit cet indispensable pont sur lequel circulent les bonnes idées entre les deux peuples dans le domaine philosophique, politique, économique, culturel, scientifique et spirituel.

Les Fêtes de HANOUKKA et de DIPAVALI, je le pense, brillent de toute leur majestueuse, mystérieuse, chaleureuse clarté, tous les ans, dans le cœur et dans le ciel de toutes les personnes qui aiment La Lumière du Ciel et les lumières de la Terre.

Il vaut mieux demander à la plume d’un spécialiste d’écrire ici HANOUCCA ou Fête des MACCHABEES ou des LUMIERES : « Le Hanoucka ou fête des Macchabées arrive le 25 Kislev. Les Juifs l’appellent aussi la fête patronale, elle fut instituée par Juda Macchabé sous le titre de Dédicace en mémoire et en reconnaissance du rétablissement du temple et de l’autel qui avaient été profanés par Antiochus….mais en somme on peut dire que cette date passe aux yeux des étrangers quasi inaperçue ».( Edouard Coypel Le Judaïsme Esquisse des mœurs juives Mulhouse Imprimerie Brustlein et Cie 1876 pages 224 et 226).

Les Juifs en Inde sont peu nombreux mais présents dans presque tous les domaines.

Trois personnalités d’entre eux méritent d’avoir leur place ici : L’écrivain de langue anglaise Nissim Ezekiel (16 décembre 1924- 9 janvier 2004) qui fut à la fois poète, acteur, dramaturge, critique d’art. Ses livres en anglais : Time to change ; Sixty poems ; Hymns in darkness et bien d’autres. Artiste-peintre, historienne de l’art David Esther née le 17 mars 1945.

Elle est l’auteure de : La ville en ses murs ; le livre de Rachel ; Shalom India Résidence.

Le Général Jack Farj Rafael JACOB (2 mai 1921-13 janvier 2016) qui joua un rôle de premier plan en 1971 dans la guerre de libération du Bangladesh puis il fut Gouverneur de Goa et de Punjab.

Les Juives et le juifs originaires de l’Inde se sentent cent pour cent indiennes et indiens et cent pour cent juives et juifs.

Elles et eux vivent pleinement leur indianité et leur judaïté aussi joyeusement dans le pays de leurs ancêtres. Un clin d’œil sur le renforcement des relations étatiques entre le Gouvernement de l’Inde et celui d’Israël : Le 29 janvier 1992 le Premier Ministre d’alors Monsieur Narasimha Rao du Parti du congrès décida d’officialiser les relations diplomatiques entre son Pays et Israël.

Auparavant existait à Bombay et non à New-Delhi un discret consulat d’Israël.

En 2003 le Premier Ministre israélien Monsieur Ariel Sharon (1928-2014), pour la première fois, se rendit en visite officielle en Inde. Pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire des relations diplomatiques israélo-indiennes, Monsieur Narendra Modi, en 2017 comme Chef du Gouvernement indien foula le sol israélien où il fut accueilli par un peuple enthousiaste.

A son tour le Chef du Gouvernement israélien en janvier 2018 Monsieur Benyamin Netanyahu avec son épouse posa le pied à New-Delhi.

Ainsi les relations entre les deux Pays furent cimentées dans le domaine de la politique, de la science, de la haute technologie, de la culture. Surtout le dialogue entre les cultures sont vitales pour la paix mondiale. L’Unesco ne s’était pas trompée et ne se trompe pas : « Le problème de la compréhension internationale est un problème de relations doit surgir une nouvelle communauté mondiale de compréhension et de respect mutuel » (L’originalité des cultures. Son rôle dans la compréhension internationale »).

Les Indiens et les Israéliens savent qu’ils appartiennent à deux Nations très anciennes mais à deux états bien jeunes qui veulent regarder dans la direction de l’Avenir.

L’Inde et Israël ne sont indépendantes politiquement que d’un peu plus de sept décennies. L’une depuis le 15 août 1947 et l’autre depuis le 14 mai 1948. Leurs racines historiques sont ancrées dans l’histoire mondiale.

Les Poètes de tous les coins de notre Planète ont souvent écrit sur La Lumière divine et humaine. Il serait extrêmement difficile de les citer tous ici. J’en citerai quatre : Hugo était convaincu que « Tout est lumière et tout est Dieu ». Alain pensait « Que la nuit de Noël nous invite à surmonter quelque chose. Car sans aucun doute cette fête n’est pas une fête de résignation ; toutes ces lumières dans l’arbre vert sont un défi à la nuit qui règne sur la terre ». Lamartine avec son cœur de poète  chantait son amour ainsi : « Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière !/Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière/ Ma vie et ton amour ». Rabindranath Tagore(poète indien 1861-1941), Prix Nobel de littérature en 1913, avec son pinceau mystique et poétique peignait les vers suivants : « Lumière, oh ! où est la lumière ! Eveille-la au feu brûlant du désir !/ Il tonne et le vent s’élance en hurlant à travers l’espace./ La nuit est d’un noir d’ébène. Ne laisse pas les heures s’écouler dans les ténèbres. / Allume la lampe d’amour avec ta vie ».

DIPAVALI et HANOUKHA ne peuvent pas être considérées comme des Fêtes strictement religieuses. Je le pense. Elles sont avant tout deux grands Symboles qui chantent lumineusement la victoire du bien sur le mal ; la supériorité de la clarté sur l’obscurité ; la puissance de l’amour sur la haine. Elles restent toujours gravées  dans le cœur des civilisations indienne et israélienne.

Les paroles de l’écrivain français d’origine italienne Lanza Del Vasto (1901-1081) sont lumineuses : « N’est-il pas écrit du Verbe lui-même… qu’il était la lumière vraie ? La lumière créée est donc le reflet de cette lumière de Lumière. De même que la lumière ne peut voir les ténèbres parce que tout ce qu’elle regarde est éclairé, de même l’homme bon ne voit bonté autour de lui ». (Lanza Del Vasto. Œuvres Complètes II Commentaires Bibliques Ed. Denoël 1968). Les médias français, il est vrai, négligent, ignorent ou oublient ces Fêtes. C’est dommage ! Paris a vraiment besoin des Fêtes des Lumières. Ne s’appelle-t-elle pas la Ville-Lumière ?

J’aimerais terminer en copiant ici les belles phrases de deux amoureux d’HANOUKKHA : « Hanouca et Noël, quelle que soit la diversité de leurs origines, ont toutes les deux évolué pour devenir des fêtes de Lumière, célébrés à peu près au même moment.

"Le temps lui-même, la mi hiver, est quelque chose comme une constellation archétypale…Et si les analogies entre les deux Fêtes sont purement accidentelles, elles n’en sont pas moins significatives »( R.J. WERBLOWSKY Revue de l’histoire des Religions N° 145 Paris 1954).

« Les soirs d’hiver…Je regarde sur la cheminée/ Il y a d’un côté la lampe de Hanoucca/ Elle conserve encore la cire fondue des bougies du huitième jour/ Il y a deux chandeliers du vendredi soir/ et de l’autre côté le poste de T.S.F. » (Emmanuel EYDOUX- Sept Litanies- Deuxième version- Paris 1972.

Hanoukkha Sameah qui veut dire « Bon Hanoukkha ». Après avoir allumé les lumières de Hanoukkha il faudrait dire : « Ces huit lumières de Hanoukkha sont sacrées, ne doivent servir à aucun usage profane, mais seulement à être contemplées afin de rendre grâces à Ton grand nom et de te louer en faveur de Tes miracles, de Tes merveilles et de Ton salut ».

DIPAVALI en France

Jadis la Fête de Dipavali fut célébrée dans les familles hindoues et Sikhs installées en France.
En 1950 Dr Gopaljee SAMBBOO, originaire de l’île Maurice fonda l’Association et la Revue trimestrielle « FRANCE-INDE », fit briller les lumières de Dipavali dans une salle en compagnie des personnes de l’Ambassade de l’Inde à Paris, des étudiants indiens de Paris et des familles hindoues et françaises de Paris. En 1954 (ou 1955 ?) L’AFI (Association des Français de l’Inde vit le jour.

Son Président-Fondateur fut le dynamique, le sympathique et le dévoué Monsieur Joseph Bellegarde. Je pense que c’était la première Association Franco-Indienne sous le ciel parisien. Dipavali comme une Fête de la convivialité eut lieu dans le local du siège social de l’Association. Puis d’autres Associations franco-indiennes comme Tamijiakam permirent aux Dipavalis d’être présentes dans la région parisienne et à travers la France. Dans le Mensuel édité en octobre 1998 par la Ville D’Orly se trouvent gravées les mots suivants : « Dipavali est avant tout une fête, c’est-à-dire, une inoubliable réunion familiale,amicale et internationale. Elle s’ouvre sur les beautés de la vie. Bonne fête de Dipavali célébrée avec la projection du film de Rajan Khosa La Danse du Vent. Organisée par l’Association Tamijiakam (Amitiés Franco-Pondichériennes) et le Centre Culturel. Samedi 24 à 18h ».

Au XXIème siècle cette Fête des Lumières prit son gracieux envol. Commençons par la carte d’invitation de la Mairie de Paris : « Bertrand Delanoë, Maire de Paris, Pierre Schapira Adjoint au Maire de Paris chargé des Relations Internationales et de la Francophonie, Député au Parlement européen, Khédidja Bourcat, Adjointe au Maire de Paris chargée de l’Intégration et des Etrangers non communautaires vous invitent à la réception organisée à l’occasion de la Fête indienne des lumières « Diwali » le mercredi 2 novembre 2005 à 17heures 30 dans les salons de l’Hôtel de Ville ».

Le 4 novembre de la même année une soirée Dipavali fut organisée en présence du Député-Maire Jean Tiberi à la Mairie du Vème arrondissement de Paris par l’Association Friends of India Society International- France.

Son Excellence l’Ambassadeur de France en Inde Monsieur Dominique Girard a eu le plaisir d’écrire une lettre au Président de cette Association : « Monsieur le Président, Monsieur l’Ambassadeur de l’Inde en France et cher collègue, chers amis, Joyeux Diwali à tous. La fête des Lumières est bien entendu à sa place dans la Ville-Lumière et je suis sûr que pour les Indiens de France et tous les Français indophiles, ce Diwali 2005 sera placé sous le signe de l’éclat du développement des relations entre la France et l’Inde, symbolisé par la brève mais en tous points remarquable visite du Dr Manmohan Singh, le Premier indien…C’est donc pour moi un grand plaisir et un honneur de vous adresser, au nom des Français de l’Inde, toutes nos félicitations et nos vœux pour une magnifique célébration de Diwali, dans le bonheur d’être réuni, et aussi de pouvoir écouter et voir les merveilleux artistes indiens qui vont éclairer de leur talent votre soirée ».

Depuis quelques années Diwali-Dipavali offre ses sourires fraternels et étincelants à tous les habitants de la Réunion, des Antilles Françaises et de la Guyane Française.

Les voyageurs et les écrivains français avaient écrit eux aussi dès le XVIII siècle des textes sur Dipavali. Du Bois De Jancigny : « Le Diouâli est une fête générale, où tous les temples et toutes les maisons sont illuminées…Bénarès, vue du Gange le soir, présente alors un magnifique spectacle. Pendant tout le mois qui amène cette fête, on allume chaque soir, dans les villages et même dans les maisons particulières, des lampes qu’on élève quelquefois si haut avec des bambous, qu’à première vue on serait tenté de les prendre pour des étoiles » (Ed Plon Paris 1991 Pages 183-184).

…Et tandis que les uns passent la nuit entière occupés à faire les cérémonies du pouja, les autres s’amusent jusqu’au matin à des jeux de hasard. » ( Notice sur les fêtes populaires des Hindous, d’après les ouvrages hindoustanis par M. Garcin de Tassy- NJA- Tome XIII- 1834).

Et en 1991 dans le livre intitulé « Le roman du Gange » de Bernard Pierre Diwali se présente ainsi : « Diwali, festival des lumières ! D’ailleurs le mot est une corruption du sanskrit Dipawali :’ rangée de lumières ‘…le festival réunit dans une même joie riches et pauvres.

Alors maisons et demeures, cours et jardins, murs et portails hommage à Lakshmi, déesse de la richesse qui se couchent à l’horizon ». (Inde par Dubois De Janciny Aide de Camp et par Xavier Raymond, Attaché à l’Ambassade de Chine MDCCCXLV ).

De M. Sonnerat : « La veille de la nouvelle lune est la fête de s’illuminent de milliers et de milliers de lampes à huile, de bougies, d’ampoules électriques. La raison de tant d’éclats ? Le triomphe de Rama sur Ravan, le démon, la victoire de la lumière sur les ténèbres, et donc du bien sur le mal.

Diwali n’est pas seulement l’illustration de ces symboles : elle rend aussi DIVVALI, qui se fait en réjouissance de la mort d’un géant Rachadin, nommé Naraga-Chourin que Vichenou extermina, parce qu’il faisait beaucoup de mal aux hommes.

Cette fête n’est célébrée que dans les maisons et elle ne consiste qu’à se laver la tête avant le lever du soleil : elle fut instituée par Vichenou lui-même qui dit que tous ceux qui feraient cette ablution auraient le même mérite que s’ils se fussent baignés dans le Gange.

Le reste de la journée se passe en divertissements ; c’est une des plus grandes fêtes du Guzerate ». (Voyage aux Indes Orientales à la Chine, fait par ordre du Roi, depuis 1774 jusqu’en 1781,- Tome premier Paris M.DCC.LXXXII).

Le Nouveau Journal Asiatique nous apprend que « Cette fête dure depuis le huitième jour de la quinzaine obscure de Kârtic jusqu’au second jour de la quinzaine lumineuse…Quoique la fête de Diwâli soit hindoue, les Musulmans ne laissent pas d’y prendre part. La nuit du Diwâli est célébrée chez tous les habitants de l’Inde ; on fait venir chez soi des jongleurs et des magiciens ».

(NJA- Tome XIII- 1834). Sous le regard académique d’une Indianiste Jeanine AUBOYER : « Dipâ veut dire lampe et vâli rangée. D’où le nom donné à cette fête qui est l’une des plus belles parmi celles de l’Inde…d’innombrables petites lampes « dîpa » en terre cuite remplies d’huile où trempe une mèche qui vont être, la nuit venue, l’élément essentiel de la fête…

C’est aussi la période précoce pour s’adonner aux jeux de dés ou de cartes : gagner est un signe de chance pour toute l’année. Des pétards éclatent, tout le monde circule dans les rues- et l’on s’endort fort tard. Dès le lendemain, les commerçants ouvrent un nouveau livre de comptes qu’ils utiliseront jusqu’à la prochaine fête des lampes, un an après ». (Inde Jeanine AUBOYER Photographies Jean-Louis NOU Ed. Nathan 1986).

Les meilleurs vœux d’un homme fort célèbre connu mondialement comme un remarquable Premier Ministre de l’Inde et en 1961 comme l’un des talentueux membres-fondateurs du Mouvement des Pays Non-Alignés. Bravo ! vous vous souvenez de lui. C’est Monsieur ou le Pandit J. Nehru(1889-1964) : « Mais si nous avions à allumer quelques lampes, alors notre vie n’aura pas été sans valeur. Il y a une phrase : toute l’obscurité du monde ne peut éteindre la flamme d’une seule bougie... Quand viendra donc le temps où existera une sorte de Deepavali partout en Inde et, en fait, dans le monde entier ? Il ne surviendra nulle part au travers de la haine, de la violence ou de la guerre froide, et si un conflit armé se déclenche, il mettra fin jusqu’aux perspectives d’avenir que nous nourrissons ». (J.NEHRU 16 oct. 1959 Lettre aux «  Chief-Ministers) ».

Cet article, il est vrai, est long. Il aimerait vous inviter à regarder, à admirer, et à aimer la beauté des lumières de Dipavali et de Hanoukkha. J’ai voulu l’embellir avec des citations et même avec beaucoup de citations. J’en suis conscient.

Permettez-moi de vous dire que mon rêve c’est de rendre ces citations semblables aux petites lampes à huile de Dipavali et aux chandeliers de Hanoukkah qui éclairent, illuminent et ornent tous les ans les maisons des pauvres et des riches, les émerveillements des enfants et des adultes et les silences des uns et des autres.

Toutes les Civilisations, toutes les Cultures et toutes les Nations aiment, respectent et vénèrent le feu et la lumière. Le penseur présocratique (V.520-V.480 Av. J.C.) Héraclite ne s’était pas trompé en disant que « le feu est le premier principe de tout l’Univers ». Le poète Alfred de Musset (1810-1857) pense poétiquement que « Le mal existe, mais pas sans le bien, comme l’ombre existe, mais pas sans la lumière ». N’oublions jamais de fêter Dipavali, Anoukkha et Noël. Toutes les trois sont des Fêtes lumineuses de l’année qui s’achève dans l’assurance d’accueillir l’aube de la nouvelle année.

 

Dêva KOUMARANE

 

 

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