France: appels au calme après des attaques contre des synagogues

Antisémitisme/Racisme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Les attaques au cocktail molotov contre deux synagogues, à Schiltigheim (Bas-Rhin) et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ont été fermement condamnées par les communautés juive et arabe qui multiplient les appels au calme pour éviter la contagion du conflit israélo-palestinien.
Discussion: Israël-Palestine

Déjà la semaine dernière, une voiture en feu avait été lancée contre une synagogue de Toulouse, un acte qualifié unanimement d'"irresponsable".

Dans la nuit de dimanche, des cocktails molotov ont laissé des traces noires sur la façade de la synagogue de Schiltigheim. Neuf ont été lancés contre le centre communautaire juif Ohr Menahem et la synagogue à Saint-Denis dont deux ont provoqué un début d'incendie dans la cafétéria.

Il n'y a pas eu de victimes mais ces événements ont été fortement condamnés, notamment par le président du Consistoire central de France Joël Mergui. Il a exprimé "sa colère face à ce nouvel acte antisémite, qui fait suite à une succession de menaces et d'actes dangereux contre la communauté juive à travers toute la France".

Quatre collégiens de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) ont été mis en examen jeudi après l'agression d'une adolescente juive à qui ses agresseurs ont reproché le comportement de ses "frères juifs" dans la bande de Gaza.

Le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, Sammy Ghozlan, a dénoncé "la recrudescence d'actes hostiles commis contre les personnes et les biens de la communauté juive de France". Il dit avoir recensé une "trentaine" d'actes "hostiles" depuis le début de l'opération israélienne contre Gaza et estime qu'il faudrait fermer momentanément les synagogues si les manifestations hostiles à Israël se multipliaient, une idée à laquelle Joël Mergui se dit totalement opposé.

L'agression contre les lieux de culte juifs est également dénoncée par le Conseil français du culte musulman (CFCM), la Grande Mosquée de Paris, le Mouvement de la Paix et de nombreuses associations de défense des droits de l'homme, qui appellent à la modération.

"Ne laissons pas le conflit du Proche-Orient arriver en France", demande l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) associé à l'Union juive pour la paix (UJPP) a réaffirmé avec force que ce conflit n'est ni religieux ni communautaire. Sa réponse doit se trouver sur le seul et unique terrain politique avec des armes de la justice et du droit". Ils vont organiser des réunions de quartier pour les deux communautés pour éviter "les dérapages racistes".

Les autorités religieuses s'appliquent à calmer le jeu sur le terrain. En Seine-Saint-Denis, par exemple, on indique de source policière que les prêches du vendredi dans les mosquées ont été très modérés même si à la sortie des prières les débats étaient plus passionnés.

Les pouvoirs publics veulent éviter tout dérapage, comme en témoigne le déploiement de forces de l'ordre qui a entouré la manifestation de samedi en soutien à Gaza (3.800 hommes selon la Préfecture de police).

Lundi soir, Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, reçoit plusieurs associations pour les sensibiliser à cette question. En fin d'après-midi, le président de la République Nicolas Sarkozy doit présenter ses voeux aux représentants des religions, une occasion solennelle de rappeler chacun à ses devoirs à l'égard de la République.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi