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Les fêtes juives Un dossier Alliance Réalisé par Aharon |
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La septième année
(Cette année, 5768, est une année de Chemitah).
J'ai fait partie d'un groupe de trente jeunes gens qui ont fondé le village
agricole de Komemiyout, dans le sud d'Israël en 1950, après que
nous ayons achevé notre service militaire. Il y avait aussi parmi nous
Rav Binyamin Mendelsohn, de mémoire bénie: c'était une
autorité rabbinique reconnue et il était originaire de Pologne.
Au début, nous habitions dans des tentes plantées dans un paysage
sauvage. Les localités les plus proches étaient des Kibboutzim
affiliés au mouvement "Hachomère Hatsaïre", le mouvement
de jeunesse communiste athée: Gat, Gilone et Negbah. Certains d'entre
nous "survivaient" en travaillant au Kibboutz Gat; les autres travaillaient
dur dans nos champs pour planter du blé, de l'orge et différents
légumes et céréales. Moi-même je conduisais un tracteur.
Nous vendions le produit de nos récoltes à des boulangeries et
des usines.
A cette époque, l'alimentation en eau n'était pas encore assurée
dans notre village. Tous les deux ou trois jours, nous nous rendions à
20 km de là, au Kibboutz Negbah pour remplir de grands containers d'eau.
La seconde année, 5712, automne 1951, c'était l'année de
la "Chemitah. Durant la septième année, la Torah nous demande
de nous abstenir de tout travail agricole. Nous étions l'un des rares
villages en Israël à l'époque à observer scrupuleusement
les lois de la "Chemitah". Donc au lieu de travailler dans les champs, nous
concentrâmes nos efforts sur la construction de logements permanents.
Notre village se développa, de plus en plus de familles vinrent s'installer
et à la fin de l'année nous comptions déjà 80 personnes.
A la fin de l'année de Chemitah, nous fîmes des préparatifs
pour l'année suivante. Il nous fallait des graines mais nous ne pouvions
utiliser que des anciennes graines de la sixième année, et non
celles qui avaient été produites la septième année.
Nous cherchâmes dans les villages alentours mais en vain.
Tout ce que nous trouvâmes, c'était un stock de vieilles graines
véreuses qui, pour des raisons pas très claires, traînait
dans un hangar abandonné du Kibboutz Gat. Aucun agriculteur sensé
n'aurait envisagé d'utiliser des graines aussi pourries. Les habitants
de Gat éclatèrent de rire quand nous nous déclarâmes
prêts à racheter ce stock.
"Si vous le voulez vraiment, prenez-en autant que vous voulez, même gratuitement.
Bonne chance pour vous et bon débarras!" dirent-ils en riant.
Nous demandâmes conseil à Rav Mendelsohn. Il nous dit de le prendre:
"Celui qui a dit au blé de pousser à partir de bonnes graines
pourra aussi lui ordonner de pousser à partir de graines véreuses!"
De toutes manières, nous n'avions pas le choix. Nous chargeâmes
donc sur la charrette tout le tas de graines que le kibboutz nous avait offertes
gratuitement.
La loi de la Chemitah nous interdit de labourer et retourner le sol avant Roch
Hachana de la huitième année. Ce qui fait que nous ne pûmes
vraiment semer qu'en novembre, c'est-à-dire deux ou trois mois après
les autres agriculteurs.
Mais cette année, la pluie tarda. Tous les habitants des villages alentours
scrutaient anxieusement le ciel: mais celui-ci restait désespérément
bleu et calme.
Finalement la pluie se mit à tomber. Quand? Justement le jour où
nous avions terminé de planter nos terrains avec cette semence véreuse:
l'eau tomba à flot, saturant la terre desséchée.
Les jours suivants, nous attendîmes avec impatience le résultat
mais décidâmes de nous attacher à renforcer notre confiance
en D.ieu.
Il ne fallut pas longtemps pour que la main du Tout-Puissant se révèle
aux yeux de tous: ceux qui avaient procédé au labourage et aux
semailles en temps normal ne récoltèrent que de maigres et rares
épis. Tandis que nos champs, plantés de semences à moitié
pourries, et bien après le temps prévu, étaient recouverts
de pousses de blé, plus belles, abondantes et vigoureuses que de coutume.
Le récit du "miracle de Komemiyout" se répandit rapidement. Des
agriculteurs de toute la région se déplacèrent eux-mêmes
pour voir de leurs yeux ce qu'ils n'arrivaient pas à croire.
C'est alors que les habitants de Gat, le premier moment de surprise passé,
se réveillèrent et réclamèrent, ni plus ni moins,
qu'on leur paye la charrette de graines dont ils avaient été si
heureux de se débarrasser!
De plus, ils décidèrent de porter leur réclamation devant
un Beth Din, un tribunal rabbinique, sous l'autorité, ni plus ni moins,
de Rav Mendelsohn. Il était clair qu'aucun autre tribunal n'aurait accepté
une telle requête!
Toujours est-il que Rav Mendelsohn accepta leur plainte, la jugea très
sérieusement et décida que nous devions payer. Il expliqua qu'à
priori, ils nous les avaient données gratuitement, pensant que ces graines
ne valaient rien mais que l'expérience avait prouvé qu'elles étaient
excellentes! Nous étions abasourdis par cette décision mais nous
nous exécutâmes scrupuleusement.
Toute cette histoire devint un grand "Kiddouch Hachem", une sanctification du
Nom de D.ieu. Tous remarquèrent que c'était là la réalisation
de la promesse divine: "Six années tu planteras... mais la septième
année sera un Chabbat pour l'Eternel... Et si tu demandes: que mangerons-nous...?
Je commanderai Ma bénédiction sur vous..." (Lévitique 25).
(Le village de Komemiyout est maintenant célèbre pour abriter
une grande usine de Matsot Chmourot, pour Pessa'h).
Dov Weiss, Sichat HaShavua #721
traduit par Feiga Lubecki