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Les fêtes
juives Réalisé
par Aharon Altabé |
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Pourim contemporain: Nuremberg 1946.
Trois mille trois cent ans après la révélation de la Torah sur le Sinaï, nous sommes encore penchés sur les textes, à en chercher et à en découvrir le sens profond. Des événements contemporains peuvent parfois jeter un éclairage nouveau sur certains textes, en montrer le caractère prophétique qui ne peut être dû qu'à Celui Qui fait toutes choses.
Ainsi, la Méguilah d'Esther
(chapitre 9) nous apprend que le 13 Adar de cette année là furent
défaits les ennemis des Juifs qui fourbissaient les armes depuis de longs
mois pour les exterminer. Les dix fils de Haman sont pendus, comme leur père
quelques mois plus tôt. Le soir même, le Roi demande à Esther
si elle est satisfaite du cours pris par les événements et ce
qu'elle souhaiterait de plus pour faire avancer la cause des Juifs. La reine
demande que les Juifs de Chouchan, la capitale Suze, soient autorisés
le lendemain encore à poursuivre leurs ennemis, et de façon surprenante
à ce que les dix fils d'Haman soient pendus. Or ils ont été
pendus le jour même au cours des bagarres!
Une autre énigme de la Méguilah permettra de donner une réponse
à cette question.
L'énumération des fils d'Haman, à l'occasion de leur pendaison
est l'objet d'une curiosité graphique:
| Le Tav de Parshandatah est écrit en petit caractère. | |
| Le Chin de Parmashtah est écrit en petit caractère. | |
| Le Zayin de Vayztah est écrit en petit caractère. | |
| Le Vav de Vayzatah est écrit en grand caractère. |
De telles irrégularités
graphiques, qui sont légion dans la version hébraïque
de la Bible, appellent une explication. Voyons la ensemble.
Il est connu que le nom de D.ieu
n'apparaît pas dans la Méguilah. Nos Sages l'explique par le
voilement de D.ieu, qui reste omniprésent mais fait agir personnages
et éléments sans révéler son intervention. D'autres
explications rajoutent que la présence divine est mentionnée
constamment en allusion dans les termes "le Roi". "Le Roi Assuérus"
désigne effectivement Assuérus, tandis que "le Roi" désigne
le Roi des Rois, D.ieu.
Lorsque Esther demande au "Roi" de pendre les dix fils d'Haman, elle demande
de fait à D.ieu de faire pendre dix complices d'un Haman à
venir demain. Quels sont ils?
La guématria, étude des valeurs numériques des lettres
attribue aux neuf premières lettres de l'alphabet (aleph, beth, guimel,
daleth, hé, etc) une valeur de 1 à 9, les suivantes ont pour
valeur 10, 20, jusqu'à 100, puis 200, 300, 400 pour le Tav qui en
est la dernière lettre. Diverses combinaisons permettent d'arriver
à 900, et 1000 sera désigné à nouveau par le
aleph, 2000 par le beth.
Nos lettres irrégulières Tav, Chin, Zayin ont ainsi pour somme
707. Le grand Vav désigne la valeur de 6000. Au cours du 6ème
millénaire (de 5001 à 6000), durant la 707ème
année, 5707, que s'est il passé?
Là encore, une disgression toute apparente vers un texte du Zohar:
(Vayikra, 31b):
"le septième jour de Soukkot, le jugement des nations est prononcé.
Les sentences sont délivrées par le trône céleste,
et les Jugements sont exécutés le jour même".
Pour nos générations, le souvenir maudit de Hitler (tout comme
celui de Staline) est du même acabit que celui d'Haman et d'Amalek.
Or c'est le septième jour de Soukkot 5707, 16 Octobre 1946, que furent
pendus dix "dignitaires" nazis à l'issue du procès de Nuremberg.
Ils
étaient douze, dont l'un parvint à s'échapper (Borman),
l'un (Goering) se suicida la veille de son exécution. Dix "fils d'Haman"
passèrent à la potence ce septième jour de Soukkot.
Voyons ce qu'en dit le Newsweek Magazine (October 28, 1946, Foreign Affairs
Section, page 46):
"Seul Julius Streicher faillit à la dignité. Il fallut le
tirer de force, hurlant "Heil .." avec un regard féroce. Arrivé
à l'échafaud, il s'écria "maintenant je vais chez D.ieu".
Il se tourna vers l'assistance et cria "Pourim 1946"!"
Quel est cette conscience soudaine de cet ennemi du peuple Juif de vivre
à nouveau un Pourim en cette année 1946, je ne saurai le dire.
Il est à
noter que le verset qui énumère les dix fils d'Haman répète
pour chacun la conjonction "ve-ett", alors que "ett" aurait suffit. Une
règle veut que ce recours au Vav de "ve-ett" prenne le sens d'un
ajout par rapport au sens simple. "Tel fils, et encore tel autre dans l'avenir,
tel fils, et encore tel autre dans l'avenir…" Il nous aura fallu 2300 ans
pour saisir encore plus le sens de la Méguilah …et en mesurer l'actualité.
Texte rédigé
à partir d'une étude sur le sujet parue dans
http://www.ujcvp.org/adath_jeshurun/vortify/5757/vayikra.html
et http://www.ad2004.com/Biblecodes/Hebrewmatrix/nazistrial.html