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Les fêtes
juives |
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Extrait de Conversation avec les Jeunes N°229, Adar 5733
LE MIRACLE DE LA BOMBE
Parmi les Pourim spéciaux qui ont été
célébrés par des communautés juives différentes
en souvenir d'une délivrance miraculeuse, il y en a un que célèbre
la communauté israélite de Fossano. Cette petite ville d'Italie
septentrionale est située au pied des Alpes, non loin d'un col reliant
ce pays à la France.
L'histoire que nous allons vous conter eut lieu au printemps de l'an 5556 (1796).
Epoque troublée par la guerre. La France vivait sa grande révolution,
et l'Italie était le champ de bataille où s'affrontaient les armées
française et autrichienne.
Un jeune général de 27 ans, Napoléon Bonaparte, avait été
nommé commandant en chef de l'armée française d'Italie
On espérait qu'il donnerait un regain de vigueur à cette campagne;
et l'on ne se trompait pas, car sous l'impulsion de ce nouveau chef, les Français
ne tardèrent pas à remporter victoire sur victoire.
Juste
avant Pessa'h, ils mirent le siège devant Fossano qu'ils commencèrent
à bombarder. Il en résulta des dommages considérables et
un grand nombre de blessés. Mais, bien que la situation fût plutôt
désespérée, la ville ne se rendit pas.
Vint Pessa'h. malgré le siège les Juifs étaient résolus
célébrer leur Fête de libération dans la joie. Pessa'h
était toujours une période d'anxiété pour les Juifs;
même en temps normal la haine de leurs voisins chrétiens montait,
l'occasion était propice à toutes sortes d'accusations aussi violentes
que fantaisistes dont la plus grave celle du meurtre rituel, rendait les Juifs
responsables d'utiliser du sang chrétien pour leurs Matsot Tous les prétextes,
même les plus ridicules, étaient bons pour déclencher les
attaques d'une populace déchaînée. Cela n'empêcha
pas les Juifs de célébrer, comme il se devait, cette fois aussi,
les deux nuits de Sédère et les deux premiers jours de la fête.
La colère de leurs compatriotes non Juifs ne connut pas de bornes. N'était
ce pas là la preuve la plus irréfutable que les Israélites
se réjouissaient des succès de l'ennemi? Le bruit courut aussitôt
qu'ils sympathisaient avec lui; peut-être même l'aidaient-ils en
secret,
Conscients du péril, les chefs de la communauté Juive firent appel
à la protection des Doyens de la ville Mais ceux-ci étaient trop
absorbés par les soucis qu'occasionnait le siège; de plus, ils
ne pouvaient soustraire pour protéger le ghetto aucun des soldats chargés
de la défense de Fossano.
Réfugiés dans la Synagogue
Vint la seconde nuit de 'Hol Hamoède. L'ennemi reprit ses bombardements,
mais il semblait le faire, cette fois, avec une intensité accrue Malgré
cela, aucune bombe ne tomba sur le ghetto juif. Il faut préciser que
c'était une rue longue et étroite, proche des murs extérieurs;
les projectiles meurtriers volaient par-dessus et allaient tomber plus loin
sur la ville le prétexte était ainsi tout trouvé le ghetto
épargné, ceci ne pouvait s'expliquer que par la trahison des Juifs.
Il est vrai que la victoire sur les Français, aucun homme sensé
ne l'aurait espérée. Sur les Juifs sans défense, elle était
autrement plus aisée...
Brandissant
toutes sortes d'armes, la populace se rua sur le quartier juif. Elle n'y rencontra
aucune opposition; les Israélites avaient abandonné leurs foyers
et s'étaient réfugiés dans la Synagogue où, bien
que plus faibles en nombre, ils étaient résolus à se défendre.
Ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance de I emporter sur leurs assaillants,
ils se mirent à prier afin qu'un miracle survînt, qui les sauverait
du massacre
Entre temps, la populace avançait dans le ghetto, brisant les portes
des maisons et des boutiques, pillant et détruisant ce qu'elle ne pouvait
emporter. Mais pour que sa satisfaction fût complète, il lui fallait
couronner toutes ces violences par l'effusion de sang juif les assaillants progressaient
le long de la rue, au bout de laquelle se trouvait la Synagogue.
La Bombe Salvatrice.
La Synagogue était située au premier étage. Un escalier
étroit menait à un petit vestibule qui la précédait.
Là, au fond, la petite communauté juive s'était entassée
dans l'attente de l'assaut inévitable les assaillants déchaînés
se pressaient déjà sur les marches de l'escalier; certains d'entre
eu avaient même atteint le vestibule.
Soudain, on entendit le bruit assourdissant d'une violente déflagration
Une bombe lancée par les assiégeants français avait traversé
le mur de la Synagogue et avait explosé dans le vestibule, juste devant
les assaillants. Frappés de terreur, ils tournèrent les talons
dans une bousculade indescriptible. Beaucoup d'entre eux, ne pensant qu'à
sauver leur peau, lâchèrent le butin qui les embarrassait et ralentissait
leur fuite. Pour les Juifs de Fossano, ce fut un merveilleux miracle qui les
sauvait d'une mort certaine. Peu après, la ville tombait aux mains des
Français, ce qui éloignait tout danger pour les Juifs Les chefs
de la communauté juive décidèrent que le second jour de
Hol Hamoède Pessa'h serait observé chaque année par les
Juifs de Fossano en l'honneur du Tout Puissant pour célébrer l'extraordinaire
miracle de la bombe De plus, il fut décidé que le trou béant
fait par celle-ci dans le mur ne serait pas bouché, mais qu'on le transformerait
en fenêtre, autour de laquelle une inscription hébraïque en
lettres d'or attesterait ce qu'on appela désormais "le Miracle de la
Bombe".