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Les fêtes
juives |
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Extrait de Conversation avec les Jeunes N°254, Adar 5735
POURIM BASRAH, 1770.
Basrah est, par son importance, la seconde ville
d'Irak, après Bagdad. Ce royaume arabe est situé dans la partie
sud-ouest de l'Asie, et qu'on appelait jadis la Mésopotamie - "le pays
d'entre les deux fleuves", le Tigre et l'Euphrate. (Dans le 'Houmach elle a
nom Aram-Naharaïm ou Paddam-Aram). Dans la partie septentrionale de cette
région, au temps de notre Patriarche Abraham, florissait le puissant
empire babylonien. Là, à Our, en Chaldée, Abraham naquit.
Et quand il commença à s'attaquer aux idoles locales et à
proclamer l'existence d'un Dieu unique, il fut jeté dans une fournaise,
dont il sortit, miraculeusement, sain et sauf. La Mésopotamie a aussi
été le lieu de naissance de nos "Matriarches" Sarah, Rivkah, Rachel
et Léah.
La ville de Basrah fut fondée par les Arabes en l'an 636, il y a plus
de treize siècles. Elle est située à 120 kilomètres
au nord du Golfe Persique, et à environ 160 au sud de l'ancienne ville
de Suze, mieux connue sous le nom de Chouchane, capitale du roi A'hachvéroche
(Assuérus). Suze fait actuellement partie du royaume d'Iran {anciennement
la Perse).
Les Juifs s'établirent à Basrah dès les premiers temps
de sa fondation, et une communauté israélite importante s'y développa
bien vite. L'épisode que nous allons vous conter eut lieu il y a 200
ans. Il s'acheva sur une délivrance si miraculeuse que les Israélites
instituèrent un Pourim spécial en souvenir de cette issue providentielle,
un Pourim qu'ils observèrent chaque année le second jour de Nissan,
l'appelant "le Jour du Miracle". La Méguilah spéciale (Méguilath
Parass) composée en l'honneur de ce jour en fait le récit.
On était au temps de Soliman Pacha, qui
gouvernait Basrah avec justice et droiture, et traitait les Juifs avec bonté.
La communauté israélite de cette ville prospérait sous
la direction éclairée de son chef, le Nassi Rabbi Jacob ben Aharon.
Puis un jour du mois de Nissan, en l'an 5531 après la Création
(1771), arriva Karim Khan, vizir du Chah de Perse, à la tête d'une
puissante armée, et mit le siège devant Basrah. Soliman Pacha
essaya de résister. Mais la famine eut raison des défenseurs,
et le 27 Nissan, la ville tomba. La soldatesque de Karim Khan se livra au pillage
et commit les pires abus; des femmes furent enlevées. Beaucoup de Juives
se jetèrent au feu et moururent, pour ne pas tomber aux mains des envahisseurs.
Le jour de Roch-'Hodèch. Iyar, Karim Khan établit son pouvoir
sur Basrah. Des indemnités très lourdes furent réclamées
à la population, et particulièrement à la communauté
juive dont on prit les chefs comme otages. Rabbi Jacob ben Aharon, sa femme
et ses enfants furent envoyés comme prisonniers au Chah à Chiraz,
en même temps que Soliman et sa famille. Pendant que Karim Khan et ses
hommes célébraient leur victoire par d'abondantes libations, !a
ville de Basrah était au désespoir!
Les Juifs de la ville se rassemblèrent dans la synagogue et proclamèrent
un jeune de repentance. Ils pleurèrent et implorèrent Dieu qu'Il
les délivrât des envahisseurs. Le Tout Puissant entendit leurs
prières. Et comme le Cœur des rois et des gouvernants est entre Ses mains,
il durcit le cœur de Karim Khan et l'incita à rechercher encore plus
de conquêtes et de gloire. Ce dernier alla combattre contre les tribus
arabes voisines, mais il essuya une sanglante défaite, et dut battre
en retraite à Basrah après avoir subi de très lourdes pertes.
Il rassembla une nouvelle armée et marcha à nouveau contre les
Arabes. Mais ceux-ci le firent tomber dans une embuscade, Les troupes de Karim
Khan s'empêtrèrent dans les eaux des fleuves en crue. Les Arabes
en profitèrent pour tuer un grand nombre d'entre eux. Karim Khan échappa
de justesse à la mort, et ramena à Basrah les débris de
son armée. Le vizir persan, il qui les deux précédentes
défaites n'avaient rien appris, réunit en hâte une autre
armée; il voulait prendre sa revanche sur les Arabes. Mais ses soldats
n'avaient plus le cœur à combattre; ils complotèrent pour se débarrasser
de lui. Le 27 Adar, Karim Khan fut trouvé mort. Ses propres serviteurs
l'avaient empoisonné.
"Yom Haness, le jour du miracle" .
La nouvelle de la mort de son vizir et de la défaite de ses armées
parvint au Chah. Il ordonna à ce qui restait de celles-ci de quitter
Basrah à la faveur de l'obscurité, et de retourner en Perse sans
que personne s'en aperçoive.
Le second jour de Nissan, en l'an 5535, les Juifs de Basrah se levèrent
le matin pour découvrir que pas un seul des hommes de Karim Khan ne restait
dans la ville. Leur joie fut grande; être si vite délivrés
d'un ennemi si implacable tenait du miracle. Ils se rassemblèrent dans
leur synagogue, rendirent grâces à Dieu pour ce dénouement
providentiel, et décidèrent de célébrer chaque année
ce jour comme "le Jour du Miracle".
Or,
à cette époque un saint Rabbin et Kabbaliste de Terre Sainte,
vint en visite à Basrah. Il était envoyé comme messager
spécial par la communauté israélite de 'Hébron afin
de demander une aide financière pour les pauvres et le besogneux de cette
ancienne et sainte ville. Il se nommait Rabbi Jacob Elyachar. (Il fut le grand-père
de Rabbi Jacob Saül Elyachar, 'Hakham Bachi (Grand-Rabbin} de Jérusalem,
et auteur de nombreux Ouvrages et Réponses). Rabbi Jacob Elyachar composa
une Méguilah spéciale pour les Juifs de Basrah, Méguilath
Parass, qu'ils réciteraient dans la synagogue en ce "Jour de Miracle",
et feraient suivre d'une Fête spéciale comportant des cadeaux aux
pauvres, comme au jour de Pourim, Les Juifs de Basrah acceptèrent avec
enthousiasme toutes ses suggestions, et les incorporèrent aux traditions
de la communauté. Depuis, ils n'ont cessé d'observer le deuxième
jour de Nissan comme un Pourim spécial, le Pourim de Basrah, ou Yom Haness.