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Site
des fêtes juives
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Tous connaissent
le récit de ces quatre fils attablés au Séder, chacun avec ses questions spécifiques
sur ce que fut la sortie d'Egypte et en fin de compte sur ce que représente
notre attachement à D.ieu au travers de l'accomplissement de ses Commandements.
Le sage, le méchant, le simple, et celui qui ne sait pas parler…
En attendant vos propres commentaires sur ces quatre personnages, je vous
livre une bonne vieille recette pour les saisir, que m'a confiée un ami de
Jérusalem il y a bien longtemps, et qui est toujours d'actualité.
Le Sage. Nous l'imaginons avec sa barbe et ses péot plus ou moins blondes
ou bouclées, ses questions pertinentes … De fait, son père était comme ça.
Son père avait toujours été attaché à la Torah, telle qu'elle est écrite,
commentée, mais surtout telle qu'elle se vit, de génération en génération.
Il était le digne descendant de générations entières attachées à conserver
la tradition des ancêtres, sans changer un iota (un Youd?) d'une pratique
dont les origines transcendent la raison et dont l'accomplissement perturbe
la logique de nos sociétés d'aujourd'hui. Pour rien au monde, ils n'auraient
mangé des Kitnyot à Pessa'h, et même s'ils l'avaient fait en tant que Séfarade,
ils n'auraient jamais envisagé d'aller visiter une église, fut elle un chef
d'œuvre d'art.
Parce que.
Parce que ça leurs ancêtres ne l'avaient jamais fait, parce que c'est contraire
aux volontés du Bon D.ieu, exprimées par le Choul'han Aroukh et la tradition
de leurs pères. Mais ce n'est pas le sujet de l'histoire.
Le père de notre sage, était un juif lettré, pratiquant, pratiquant les Mitsvoth
de son mieux. Par exemple, il mettait chacun des six jours de la semaine deux
paires de téfilin: ceux de Rachi et ceux de Rabbénou Tam.
Le sage, lui, est bien différent. Il a étudié. Il pense même avoir compris.
Il pratique de son mieux, c'est à dire qu'il s'efforce d'accomplir avec ferveur
et intelligence tout ce que demande le Choul'han Aroukh. Mais pas plus. D'ailleurs,
il ne met que les téfilin de Rachi, la seconde paire étant pour lui une affaire
non exigée par le smic halakhique. Toute son existence est empreinte de cette
volonté de donner à D.ieu ce qu'il demande et rien de plus, et il n'hésite
pas à se plonger dans de grands livres pour prouver que le Bon D.ieu ne demande
que ça et pas plus.
Vient
le méchant. Pourquoi l'appeler comme ça du reste. Lui aussi a étudié, s'est
approfondi sur la pratique juive et son évolution au fil des générations.
Il a d'ailleurs décidé de faire comme son père. Papy met deux paires de téfilin,
papa n'en met qu'une, et je fais comme mon père, je supprime une paire de
téfilin. Monsieur ne met pas le téfilin, et a accordé le reste de sa vie avec
cette sagesse acquise de son père: moins que moi tu meurs…
C'est ce qui arrive à son fils, le simplet. Il voit son papy, le sage qui
a des réminiscences de judaïsme, qui met les téfilin, son papa le méchant
qui fait tout pour en gommer les effets. Et il reste au milieu, avec ses questions
et ses hésitations quant au Bon D.ieu et ses manifestations dans le monde.
Le fils qui ne sait pas poser de questions n'a pas de questions à vrai dire.
De son grand père, dit le méchant, il n'a rien vu de judaïsme. De son père,
le simple, il n'a rien appris sinon qu'à rester en retrait des affaires du
Bon D.ieu. Il n'a vu ni tefilin, ni séder, ni Chabbat.
Tout ça à cause d'un fils intelligent qui a cru que la Torah est une affaire
d'intellect et que la raison suffit pour nous mener dans les voies du Bon
D.ieu.