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Les
fêtes juives |
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Aimer son prochain.
Reb Mendel
Puterfass raconta un jour l'histoire suivante pour illustrer ce qu'est l'amour
de son prochain.
Son beau-frère, Reb BenTsion Chemtov était un "dangereux activiste"
en Russie soviétique. Entendez que sur les conseils de Rav Yossef Its'hak
Schneerson, le précédent Rabbi de Loubavitch, il consacrait
sa vie, je dis bien, il, à diffuser la Torah auprès des Juifs
opprimés par le régime communiste, et notamment auprès
des jeunes enfants, afin que la Torah puisse se perpétrer auprès
des jeunes générations. Une dangereuse activité "subversive",
qui lui valut plus d'une fois la prison et des menaces constantes sur sa vie,
sa famille. Mais nous avons bien dit qu'il "consacrait sa vie", au pied de
la lettre.
Il fut une fois jeté en prison, un certain temps avant Pessa'h. Tous
ses compagnons d'infortune étaient des juifs, intellectuels, membres
du mouvement sioniste, et mis en prison pour leur activité sioniste.
Par exception au principe qui voudrait que l'ennemi de mon ennemi soit mon
ami, ces gens là partageaient avec les communistes une haine du religieux
véhémente. Comme les communistes juifs de l'appareil d'état,
qui vouaient aux juifs religieux en général, et aux 'Hassidim
adeptes du Rabbi de Loubavitch en particulier une haine féroce.
Reb Mendel savait de quoi il parlait. Lui-même avait écopé
de plusieurs années de goulag et autres camps de travail sous le régime
stalinien, et une année, la Matsah que lui avait envoyée sa
famille fut retenue jusqu'après Pessa'h par les cadres juifs de l'inquisition
communiste. Juste de quoi laisser mourir de faim un prisonnier gênant,
dont on savait qu'il ne mangeait que du pain durant toute l'année,
et rien d'autre que de la Matsah et quelques patates durement économisées
durant huit jours. Lorsqu'il avait reçu son colis à la fin de
la fête, il avait mis les Matsot de côté pour l'année
suivante, malgré les fouilles, contrôles et menaces.
Reb BenTsion fit tout ce qu'il put pour recevoir de la Matsah avant la fête.
Il ne voulait pas rater la Mitsvah de manger de la Matsah, et d'un autre côté
savait qu'il ne pourrait rien manger d 'autre.
D'un autre côté de la cellule, ses compagnons ne l'entendaient
pas de cette oreille. Ils le mirent en garde que s'il recevait de la Matsah,
ils se feraient un plaisir de l'écraser et en détruire même
les miettes, afin de l'empêcher d'accomplir une Mitsvah! Il n'était
pas question de se plaindre aux autorités de la prison, ce serait leur
souffler à l'oreille une façon de plus d'opprimer les juifs
religieux.
Reb BenTsion savait qu'il pouvait compter sur eux pour mettre leur menace
à exécution, mais fit tout ce qu'il avait à faire, tant
et si bien qu'il fut libéré à quelques jours de Pessa'h.
Il allait fêter la fête de la libération … libre.
Mais il n'oublia pas ses compagnons d'infortune. Il se hâta d'acheter
des Matsot, du vin cacher, et toutes sortes d'autres bonnes choses cachères
pour Pessa'h, si l'on peut parler de bonnes choses dans les conditions économiques
d'alors, et les fit parvenir aux prisonniers.
Ceux là même qui l'avait menacé de lui souffler son Pessa'h!
Reb Mendel racontait cette histoire pour illustrer ce qu'est l'amour d'un
autre juif, selon la définition donnée par le Sefer HaTanya:
(Chapitre 12)
"Dès qu'il peut lui venir à l'esprit quelques sentiment de
haine, de jalousie, de colère, de mécontentement, il ne les
entérine pas, ni dans son intellect, ni dans son cœur. Et au contraire,
son intellect doit dominer le ressentiment qu'il a, et lui intime l'ordre
de faire exactement le contraire, de se comporter avec l'autre avec bonté,
affection, de supporter de sa part les pires choses sans se mettre en colère
contre lui. Et bien sûr de ne pas se comporter avec lui de la même
façon, au contraire, et lui rendre le bien pour le mal".