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Site
des fêtes juives
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Matsah Chmourah
"Ouchmartem ett Mitsvotaï", vous garderez mes Mitsvot, est la source
du commandement "Ouchmartem ett Matsotaï", vous garderez mes Matsot.
Par ce verset, la Torah nous recommande de consommer à Pessa'h une
Matsah "réservée". C'est çà dire une Matsah faite
à l'intention de la fête de Pessa'h, avec une farine conditionnée
depuis la récolte à l'intention des Matsot de Pessa'h. La farine
doit être pétrie puis cuite ne quelques minutes pour éviter
toute fermentation ('Hamets).
Le blé est récolté par temps sec, stocké dans
des sacs neufs, ou dans des containers soigneusement inspectés pour
qu'il ne s'y trouve pas du blé d'une récolte précédante
qui aurait pu avoir été mouillé.
Le blé est ensuite moulu dans un moulin dont les meules ont été
préalablement démontées, nettoyées, séchées.
Certains préfèrent même moudre dans des meules à
bras, plus petites et plus faciles à vérifier.
La farine est ensuite entreposée dans des sacs neufs, à l'abri
de toute humidité qui pourrait la faire gonfler ou fermenter.
Rare sont aujourd'hui ceux d'entre nous qui peuvent cuire eux-mêmes
leurs Matsot la veille de Pessa'h dans l'après-midi. Les Matsot sont
alors consommées encore tièdes lors du Séder. Il faut
pour cela avoir un four adéquat, du temps, et surtout un tour de main
alliés à des connaissances précises des lois concernant
le 'Hamets. La plupart d'entre nous s'en remettront à des galettes
de pain azyme cuites dans les jours, les semaines sinon les mois précédants
la fête.
La cuisson des Matsot doit se faire en moins de 18 minutes, depuis le mélange
de l'eau à la farine jusqu'à la sortie du four. En effet, tout
contact de 18 minutes avec de l'eau rend le grain coupé, ou la farine
"levé" ('Hamets) et interdit à Pessa'h. Il est à noter
que le blé vendu aux minoteries par les agriculteurs est considéré
comme 'Hamets car il est fréquent que les grains aient été
traités en atmosphère humide pour leur garder la teneur en eau
légale autorisée.
C'est donc ce rythme de 18 minutes qui cadence la fabrication des Matsot avec
plus de constance que le thé de 5 heures à Londres, ou nos 35
heures gauloises.
Nous allons visiter ensemble une fabrique de Matsot, Albany Street à
Brooklin. Ne faites pas attention aux cars scolaires garés devant l'atelier,
à la queue des acheteurs qui se poussent pour acheter leurs azymes.
L'entrée des visiteurs nous amène dans un atelier tout en longueur,
sévèrement compartimenté, arpenté sans cesse par
un contremaître doublé d'un surveillant rabbinique. La logique,
qui n'a rien à envier aux contrôles de qualité modernes,
est celle d'une marche en avant depuis le mélange eau et farine jusqu'à
la sortie du four et l'entreposage des Matsot.
A l'entrée, trois cellules contiguës. Dans la première,
le préposé à l'eau. Il dispose d'un tonneau d'une eau
préparée depuis la veille, dont il puise un broc d'eau rempli
au centilitre près.
Un guichet le sépare de la cellule intermédiaire, qui n'est
ouvert qu'en temps voulu.
En face de lui, un second "cachot" pour le préposé à
la farine, qui s'affaire entre ses sacs de farine "réservée"
et un grand bol posé sur une balance. La farine est préalablement
finement tamisée avant de remplir le bol. Là encore, un guichet,
qui ne sera ouvert que sur demande du contremaître: le bol est vidé
dans un grand saladier, d'une propreté irréprochable, qui trône
dans la cellule intermédiaire, puis le guichet est refermé avant
l'ouverture du guichet "eau": le broc est déversé rapidement
sur la farine (et de loin pour éviter les éclaboussures), puis
réintègre son "trou" pour préparer la prochaine jetée.
En
quelques minutes, le premier mitron mélange eau et farine et livre
un pâton rudimentaire (près d'un kilo et demi) au second mitron
dans le second compartiment de l'atelier. En quelques instants, ce second
pétrissage livre un "boudin" de pâte (50 à 60 cm) à
un répartiteur au milieu d'une longue table où une vingtaine
de femmes reçoivent chacune une petite mandarine à aplatir
avec un rouleau.
Elles livrent ensuite une fine galette (30 à
40 cm), tendue sur leur rouleau à un collecteur qui en saisit plusieurs
sur un long rouleau pour les déposer sur une troisième table
où elles seront rainurées.
Ces rainures ont pour effet d'éviter
le gonflement de la galette lors de sa cuisson, et la formation de bulles
avec des défauts de cuisson.
Les
galettes sont ensuite alignées par quatre ou cinq sur un long rondin
de bois, habilement manié par le maître mitron dans le compartiment
suivant de l'atelier. Ici ne pénêtre aucune personne ayant touché
la pâte, afin de ne pas laisser de traces de farine ou de pâte
sur les matsot qui sortiront du feu.
Il les enfourne et les étale dans le four
ou brûle un feu vif, à mille degrés.
Chaque fournée contient une quinzaine de Matsot, retirées du
four 20 à 30 secondes plus tard toutes dorées
avec une longue pelle.
Les galettes ont été mises dans un bac recouvert de papier,
où elles se refroidissent, perdent leur humidité finale, s'il
en est, puis seront soigneusement triées. Les galettes pliées,
cloquées, ou trop irrégulières sont écartées,
parfois données à goûter aux visiteurs.
Depuis la mise en eau, il ne s'est écoulé que 3 minutes! Durant
ce temps, on a à nouveau pétri, étalé, rainuré
la fournée suivant qui déjà se presse à l'entrée
du compartiment final.
Entre chaque fournée, les longs rondins sont nettoyés,
inspectés, parfois grattés pour en ôter toute trace de
la pâte précédante.
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Avant
la fin des 18 minutes, tous les travailleurs se retirent pour une pause
bien méritée, durant laquelle les gants en plastique (non
amidonnés!) et les papiers des tables de travail sont changés,
les rouleaux échangés contre des rouleaux fraîchement
passés sur une ponceuse à bande, la rainureuse nettoyée
ou changée. De temps en temps, le four est réactivé en remettant du bois ou du charbon, puis "balayé" de ses braises rejetées sur le côté dans le plus pur style "four à pizza" et même passé au jet d'eau pour que les braises ou cendres ne se mêlent pas aux Matsot. |
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Un
tout petit film visible sur la fabrication des Matsot: http://www.col.org.il/show_news.rtx?artID=37143 |
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Chaque année, une fabrique de matsot modèle est présentée en France, en région parisienne mais aussi dans les grandes villes de province, par des élèves de Yéchivah, sous l'égide du Beth Loubavitch de Paris. Elle est ouverte aux enfants des écoles juives et aux familles, sur rendez vous. |