
L'accueil

Tu
ne te déroberas point de ton proche...
La
demande d'Ethel
Rabbi Akiba Eigger écouta l'amère histoire que lui racontait cette maman brisée, minée par le malheur de son fils. Il conclut doucment
Rabbi Akiba Eigger répéta plusieurs fois sa sentence. Déjà,
le visiteur suivant se présentait devant le Sage, et Ethel quitta
la pièce.
Elle
se précipita chez elle, et raconta précipitamment à
son mari, Rabbi Hirsch Leïb, les paroles du Rav, sa suggestion quant
à la cause de l'ignorance de leur fils, et son conseil pour l'avenir.
-
"Et comment as tu fait, toi la femme vertueuse pour laisser notre fils
consommer une nourriture interdite ?" s'exclama Rabbi Hirsch Leïb
avec indignation.
- "Comment
peux tu t'imaginer une telle chose! éclata Ethel.
Dans
la maison du Cho'het
Maintenant Rabbi Hirsch Leïb savait que son fils avait effectivement mangé une nourriture en dehors de la maison. Mais quoi donc ?
"C'était
il y a trente ans, commença-t-il, quand Yekoutiel Halpert divorça
de sa première femme Ra'hel à Rouwné. Je ne sais quel
Beth Din a procédé au Guett (divorce religieux), mais quelques
semaines après, des rumeurs circulaient sur la validité du Guett.
D'éminents Rabbins invalidèrent successivement le divorce, et
interdirent à Ra'hel de se remarier. Des années durant ce divorce
fut l'objet de discussions dans les Beth Hamidrach, jusqu'à ce que
l'affaire s'oublie.
La
lettre du Baal Hatanya
Maintenant Rabbi
Hirsch Leïb savait tout. Enfin presque tout. Il aurait bien voulu voir
la lettre du Baal Hatanya, le Rabbi Chnéour Zalman. Le cho'het, lui
ne souhaitait pas tellement la lui montrer; l'évocation de cette lettre
lui était déjà pénible, et il redoutait de la
revoir. Si près du but, Rabbi Hirsch Leïb ne se laissa pas décourager,
et le cho'het finit par admettre qu'ils iraient voir la lettre chez le vieux
'Hassid. Mais il habite loin d'ici, dans un petit village à plus de
vingt milles de Lomzhe. Comment irons nous ? gémit-il. En un
clin d'oeil, Rabbi Hirsch Leïb avait entraîné son ami dans
la rue, accosté une diligence, et les voilà en route. Le cocher
se dirigea rapidement vers la sortie de la ville, et le long voyage commença
sous une pluie battante qui ne les quitta pas jusqu'à leur arrivée,
quelques cinq heures plus tard, dans la nuit du petit village.
C'est dans un
nouvel univers que Moché Noa'h plongea dès son arrivée
à Jérusalem. Après quelques jours passés dans
la maison de Rabbi Yaacov Koppel, il était déjà imprégné
de sensations nouvelles qui bouleversaient son monde. La maisonnée
de ses parents était pourtant loin de tout luxe, et chacune des dépenses
quotidiennes y était mûrement débattue; elle pouvait cependant
passer pour un palais à côté de ce qui se voyait chez
Rabbi Yaacov Koppel. On était vraiment à des milliers de kilomètres
de ce qui se passait à Lomzhe.
La pierre précieuse
Moché Noa'h comprit de suite l'allusion. Mais était ce bien à lui de s'en occuper ? En était il même capable? Comme lisant dans sa pensée, son maître et compagnon d'étude lui suggéra d'aller rendre visite au Rav de la ville, le Gaon Rabbi Chmouel Salent.
Une semaine plus tard, face au Rav, toutes les appréhensions de Moché Noa'h s'effacèrent: conquis par l'étendue des connaissances du jeune homme et sa vive intelligence, le Rav sera lui même le Chadkhan, (marieur, ancêtre de nos agences matrimoniales.). Et quelques jours plus tard, on célébra les fiançailles de Moché Noa'h avec la fille du Tsaddik Rabbi Yossef Kovner, de Jérusalem.
Dans la lettre qu'il adressa à ses parents à cette occasion, Moché Noa'h écrivit:
"A mon cher Père, mon Maître, et à ma chère Mère,
Ce n'est que maintenant que je prends la mesure de ce que vous avez fait pour moi, alors, en me forçant à me séparer de vous et de mes frères et soeurs, car de n'est que la Torah que j'ai apprise ici, dans la difficulté, qui m'a sauvé, et qui sera mon seul mérite durant toute ma vie, ici à Jérusalem où je souhaite habiter avec la future épouse que D.ieu m'a donnée. Soyez rassurés et reposés, et que D.ieu ne vous donne que du bonheur de moi et de tous vos enfants, en tous temps.
Votre fils, Moché Noa'h."
Lorsque cette année là, Rabbi Chmouel Salent dut sortir du pays pour visiter les communautés de l'exil au profit des institutions de Jérusalem, il passa également à Lomzhe, et visita les parents de Moché Noa'h, Rabbi Hirsch Leïb et sa femme Ethel. Il leur annonça la bonne nouvelle:
"c'est une pierre précieuse, un trésor inestimable, que vous avez dans la Ville Sainte".