Mise
à jour le
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Site
des fêtes juives
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Elloul
est le dernier mois de l'année.
C'est le mois
de l'état des lieux, celui où l'homme doit dresser un bilan véridique
de son comportement durant l'année qui se termine, se préparer avec appréhension
et frayeur aux jours de mise en examen qui arrivent.
C'est une époque
où l'on regrette et demande miséricorde, à l'occasion de cet examen intérieur
et on s'éveille au repentir réel sur tout ce que l'on a pu faire cette
année, car "il n'y a pas un Juste sur terre qui ait fait le bien
sans aucune faute".
On se doit de
tirer un trait définitif sur le passé et s'emplir de bonnes décisions
pour l'avenir, et c'est ainsi armé que l'on peut demander au Créateur
expiation et absolution.
C'est pour cela
que ce mois est un mois de recueillement, emprunt de sérieux et de gravité,
durant lequel on prend la mesure de la bassesse de sa situation, à partir
de laquelle on stimule la ferme envie de s'élever et dépasser la matérialité
dans laquelle on vit pour s'attacher à D.ieu.
Outre l'usage
séfarade de réciter des Seli'hot (supplications) durant tout ce mois,
il est un usage admis dans toutes les communautés et basé sur des sources
bibliques, de sonner du Choffar.
Tel est la nature
du son du Choffar, d'éveiller chez l'homme une crainte, comme attesté
par nos textes: "sonnerait-on du Choffar dans la ville sans que les
gens n'en soient inquiétés?".
Tel est le sens
de cette remarque du Ari Zal, à propos du verset "et elle pleurera
son père et sa mère durant un mois" (Devarim, 21, 13), où il note
une allusion au mois de Elloul qui est un mois de pleurs et d'amertume
qui découlent d'une aspiration à regretter le passé, à se repentir de
ce qui a été commis durant l'année passée.
Mais ceci ne
doit pas occulter un autre aspect du mois d'Elloul, en apparence à l'opposé
de ces sentiments.
C'est le mois
où D.ieu s'approche de chaque juif, quel qu'il soit, quelle que soit sa
situation, sans exception, et selon les mots de Rabbi Chnéour Zalman "tous
peuvent se rendre à sa rencontre, et Il agrée la venue de chacun et retourne
à chacun un visage souriant".
Il n'est plus
question de crainte et d'appréhension, mais au contraire d'une relation
entre celui qui aime et l'être aimé, un lien puissant d'amour.
C'est ce que
l'on trouve dans le verset du Chir Hachirim, Cantique des Cantiques, qui
fait allusion au mois d'Elloul: "Ani Ledodi Vedodi Li, Je suis à
mon bien aimé et mon bien aimé est à moi" où les initiales font apparaître
le mot E-l-u-l.
Tout le Chir
Hachirim exprime la profonde relation d'amour entre le Peuple Juif et
D.ieu, et ce verset en exprime l'essence même:
Je (l'homme
juif) suis à mon bien aimé (D.ieu)
et mon bien
aimé (D.ieu) est à moi (l'homme juif).
Il ressort que
l'essence de ce mois est la perception, la prise de conscience, la révélation
de ce que le line entre l'homme et D.ieu n'est pas (seulement) celle d'un
serviteur à son maître, ou celle du peuple à son roi, mais un lien entre
celui qui aime et l'être aimé, "Je suis à mon bien aimé et mon bien
aimé est à moi".
Au final, celui
qui prend la mesure de cette proximité exceptionnelle entre l'homme et
D.ieu sera porté par un sentiment solennel mais joyeux (selon le verset
"guilou bireada, réjouissez vous avec crainte") à faire tout
ce qui est possible pour s'élancer au devant du Roi pour l'accueillir.
Comme énoncé
par Rabbi Chnéour Zalman dans livre du Tanya: "si un grand Roi manifeste
des gestes d'affection envers un homme simple voire bas et descend de
son trône (…) et s'entretient avec lui en privé avec attention et affection
(…) il est certain que cela éveillera un sentiment d'amour intense chez
ce pauvre hère envers le Roi, venu du plus profond de son âme, intensément,
et que même le cœur le plus endurci fondra et laissera s'écouler un profond
amour pour le Roi".
Cette approche de la signification du mois d'Elloul nous emplit d'une
vitalité particulière et bien différente.
Et s'il est
vrai que ce mois reste celui d'un bilan rigoureux et approfondi, il faut
toutefois se concentrer sur la spécificité de ce mois: "Je suis à
mon bien aimé et mon bien aimé est à moi", l'amour intense de D.ieu
pour chaque juif, l'attachement d'amour de l'homme à D.ieu, à son enseignement,
à ses commandements.
Traduit
de "Hassidout Mevoueret", Moadim 1.