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Chemitah, 5768.
L'année de Chemitah concerne d'une part le repos de la terre du Pays d’Israël et d'autre part l'abandon des dettes. Notre propos est d'aborder la Chemitah des sols. L'aspect agricole, le côté fourche, sera envisagé dans cet article, tandis que les retombées côté fourchette, consommateur, sont abordées dans l'article de Kountrass.
L'obligation du repos de la terre est prescrite par la Torah:
"Six années tu ensemenceras la terre, et
tu recueilleras son produit; et la septième, tu la laisseras
au repos et l'abandonneras, et pourront manger les indigents de ton
peuple; et ce qui en restera, les bêtes des champs le mangeront.
Ainsi feras-tu pour ta vigne et pour ton plant d'oliviers." (Exode,
23, 10).
"Parle aux enfants d'Israël et dis-leur :Quand vous serez entrés
dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un sabbat
à l'Eternel. six années tu ensemenceras ton champs, six
années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit;
mais, la septième année, un chômage absolu sera
accordé à la terre, un sabbat pour l'Eternel. tu n'ensemenceras
ton champs ni te tailleras ta vigne. Le produit spontané de ta
moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte,
tu ne les vendangeras pas: ce sera une année de chômage
pour le sol. le sol en repos sera à vous pour la consommation:
à toi, à ton esclave, à ta servante, au manœuvrier
et à l'étranger qui habitent avec toi; ton bétail
même ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront
se nourrir de tous ces produits". (Lévitique 25, 1).
Il ressort de ces textes deux ordres (Mitsvot positives),
et quatre interdictions (Mitsvot négatives): l'abandon des produits de
la terre et le repos de la terre, l'interdiction des activités liées
à la terre, liées aux arbres, l'interdiction de moissonner et
de pratiquer la cueillette des fruits dans les conditions habituelles.
Tout comme le Chabbat, septième jour de la semaine, dont le décompte
nous est parvenu semaine après semaine depuis le Sinaï, le décompte
des années de jachère nous est parvenu par la tradition qu'en
ont transmise les communautés de la Terre d’Israël et les communautés
de Babylonie depuis la destruction du Temple. Le premier décompte des
cycles de sept ans a commencé après que les Enfants d’Israël
sortis d'Egypte aient conquis la Terre que D.ieu leur avait promis depuis Avraham
et l'aient partagée entre les douze tribus. Nos Sages font toutefois
remarquer qu'en divisant l'année en cours (5761 par exemple) par sept,
un chiffre entier désigne une année de Chemitah, et s'il y a un
reste il désigne l'année où l'on se situe dans le cycle
de la Chemitah. Mais ce n'est qu'un moyen mnémotechnique...
Les règles de la Chemitah visent la Terre d’Israël,
mais ne concernent pas des champs du pays qui appartiennent à des non
juifs et sont exploités par des non juifs.
De façon quelque peu schématique, la Torah interdit tout travail
visant à l'amélioration du terroir, mais n'interdit pas ce qui
touche à la préservation du patrimoine. Ne sont pas interdits
les travaux dont l'abstention pourrait causer des dégats à long
terme sur la valeur des champs, ou mettre en péril les fruits de l'année
en cours. Si la récolte et la cueillette sont interdites selon les procédés
habituels, elles sont permises dans des conditions inhabituelles: par petites
quantités, exploités avec des outils qui ne soient pas ceux d'une
production de masse etc…
A vrai dire la complexité des problèmes soulevés
en milieu agricole par la Chemitah nécessite le recours à une
autorité rabbinique pour en observer la lettre comme l'esprit.
De façon volontairement réductrice, nous retiendrons:
l'interdiction de déblayer les cailloux d'un
champ, de le labourer, de biner autour d'un arbre si ce n'est pour éviter
sa perte ou la perte des fruits qu'il porte,
d'épandre des engrais chimiques ou organiques, de semer, de planter,
greffer, arroser (si ce n'est …),
d'élaguer les pousses (si ce n 'est qu'on a besoin du bois; noter
qu'il est permis de tailler des haies ornementales),
ôter les mauvaises herbes,
de récolter et cueillir les fruits par grande quantité,
de les presser de façon industrielle.
de récolter les plantes usuellement semées mais ayant
poussé spontanément et de les manger.
Les fruits des arbres et de façon générale ce qui pousse spontanément sans avoir besoin d'être semé sont porteurs d'une "sainteté" liée à la septième année, qui implique:
L'abandon des fruits, c'est à dire la mise
à la disposition de tout public (au mépris des règles
de propriété), l'interdiction de les engranger pour les
stocker.
L'interdiction de commercer
L'interdiction de les jeter
L'obligation d'en terminer la consommation à la fin de la saison,
au risque de détruire ce qu'il en reste.
L'in terdiction des les exporter?
Le recours à la vente de la Terre d’Israël.
Après des siècles d'absence en Terre Sainte, ou d'interdiction
de posséder des terres, les premiers pionniers agricoles, à Petach
Tikvah, eurent à connaître les difficultés de l'année
de Chemiath.
En … 5649, 1889, dans des conditions économiques particulièrement
sévères, à une époque où la survie des pionniers
et du peuplement du pays passait par le maintien d'une activité agricole,
de grandes autorités rabbiniques ont accordé une autorisation
de vente des terres juives du pays au non juif à titre expressement exceptionnel.
Dans ces conditions il devenait possible de maintenir une activité agricole
suffisante pour éviter l'effondrement économique de la communauté
juive de la Terre d’Israël. Néanmoins dès cette année
de nombreuses autorités rabbiniques non moins compétentes se sont
opposées au principe de cette vente.
Sous la pression de divers facteurs, l'autorisation de vente a depuis été
reconduite d'année en année, non sans une opposition grandissante
dans les milieux religieux agricoles et auprès des consommateurs pointilleux.
Aujourd'hui où les conditions de la vie agricole sont fort différentes, et où l'économie du pays ne dépend plus de la production agricole, de nombreux rabbinats se sont carrément opposés à cette pratique, et proposent une solution dite "Otsar Beth Din". Durant l'année de Chemitah, les propriétaires terriens se dépossèdent de leurs biens au profit du Beth Din, le Tribunal Rabbinique, qui fait procéder à la récolte des fruits dans des conditions compatibles avec les règles de la Chemitah, les commercialise pour leur valeur réelle, et rémunère les ouvriers agricoles, les conditionneurs et transporteurs, qui sont de fait les exploitants usuels de ces terres.
Une autre approche consiste à cultiver
des plantes hors sol: les plants sont cultivés sous serre dans des bacs
qui ne sont pas troués de sorte que les racines soient totalement déconnectées
du sol. Une toile de bâche est posée sur toute la superficie du
sol de la serre de façon à ce que même le feuillage qui
déborde sur les cotés des bacs ne soit pas à proximité
de la terre d'Israël. Cette solution lourdeet couteuses peut être
intéressante pour des produits à forte valeur ajoutée,
mais ne saurait convenir pour des produits de consommation courante.
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En savoir plus sur la Chemitah: "La Chemitah" Fascicule rédigé par Rav H.Y. Schlamme et Rav G. Dayan, Edition Pnima, 5768, Israël. |
Côté fourchette:
Pour les dates de début et fin d'interdiction des fruits de la chemitah
5768, http://www1.alliancefr.com/~kacher/kount-chmt5768.htm.
et http://www1.alliancefr.com/~kacher/kount-chmt1.htm (article de 5761, 2001)
Vous trouverez un calendrier des fêtes et des horaires d'allumage des bougies de Chabbat sur le site consacré à la Brit Milah, www.milah.fr, et les dates des fêtes juives pour les années à venir.
Aharon,
votre Mohe