Pourquoi maman est en haut ?La place des femmes dans les synagogues .

Non classé - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

torah.jpgL’Eglise catholique refuse toujours l’accession des femmes à la prêtrise, mais l’Eglise
vétéro-catholique italienne, un courant rattaché à l’Eglise Anglicane, vient de briser le tabou en ordonnant, en mai, la première femme prêtre dans une église située non loin du Vatican…Ces derniers mois, en France, la question polémique autour du port de la burqua, a amené un débat sur la place des femmes chez les fondamentalismes musulmans… La situation des religions par rapport à la femme est, toujours et encore, un sujet d’actualité.

Alors pointer du doigt, ce qui ne va pas chez les autres dans le domaine du respect des femmes, c’est facile... Reconnaître ses propres lacunes en ce domaine, c’est plus compliqué.

Pourtant, dans notre communauté, la place des femmes pose aussi question. À tel point que certaines, qui ont menées les combats égalitaires de ces dernières décennies, ou qui en ont bénéficié, se demandent pourquoi elles assistent à des offices où elles sont cloîtrées et séparées des hommes… « Pas besoin de machine à remonter le temps pour retourner dans le passé, il suffit de se rendre dans une synagogue… », nous a même confié une lectrice.

Contrairement aux idées reçues, cette séparation n’a pas toujours existé.

Alors pourquoi Maman est en haut, quand papa lui, est en bas, tout près de la Thora ?

Pour en savoir plus, nous avons interrogé trois rabbins plutôt ouverts sur la question.pauline_bebe.jpg
Et pour cause, deux d’entre « eux » sont des « elles »....
Les premières femmes rabbins de France et de Belgique, Pauline Bebe et Floriane Chinsky.

Pauline Bebe rabbin en France

Le troisième , Philippe Haddad, est le rabbin de la communauté les Ulis. Histoire de (re)lancer le débat et entrebâiller des portes encore trop closes...

floriane.jpgFloriane Chinsky rabbin en Belgique
« Nous sommes passés d’une séparation végétale ponctuelle et amovible à un élément fixe et constant à partir du Moyen Age »

Caroline.Taïeb.Bensimon :
Parlez-nous de l’origine de la « Méhitsa », la séparation entre les hommes et les femmes dans les lieux de cultes ?

Philippe Haddad :
La « Méhitsa » tient son origine à la période du second Temple. Les rabbins ont décidé soudainement de séparer les hommes et les femmes à l’occasion de Soukkot, une des fêtes les plus joyeuses de la tradition, mettant en cause des « débordements » quelque peu frivoles dues aux réjouissances. Mais cette séparation était censée être détruite à la fin des festivités, et reconstruite tous les ans à la philippe_haddad.jpgmême période.                 

Philippe Haddad rabbin en France et consistorial.          

Floriane Chinsky
: C’est intéressant de savoir qu’il y avait parfois des ambiances débridées au sein même du temple. Il faut dire que le judaïsme est une religion de joie. Et cette joie doit participer à la construction sociale…

Pauline Bebe :
Nos connaissances talmudiques et archéologiques ont prouvé l’existence dans le Temple, d’une « cour des femmes », qui leur été réservée, mais dans laquelle tout le monde pouvait circuler librement.
Comme je l’explique dans mon livre « Isha », on sait aussi que les femmes apportaient des sacrifices au Temple, preuve qu’elles participaient au culte public, et il n’y avait pas de séparation fixe dans les premières synagogues de notre ère.
On ne sait pas pour autant si les femmes venaient ou non prier au milieu des hommes. Mais c’est certain, nous sommes passés d’une séparation végétale, ponctuelle et amovible à un élément fixe et constant à partir du Moyen Age.

C.T.B  :
La construction des premières galeries de femmes, en étage, étant apparue au Moyen-Age (1), les communautés juives suivaient-elles les courants obscurantistes de l’époque ?

FC :
  Le judaïsme s’est toujours développé en relation avec la société globale. Au fil de ces influences, la place de la femme s’est parfois rétrécie. Il est trop simple d’accuser les religions. Notre société, encore aujourd’hui, a des progrès à faire en ce qui concerne la place de la femme, et ce dans l’intérêt de tous…

PH :
Objectivement, certains rabbins ont posé sur les femmes une image négative de tentatrice, qui remonte à Adam et Eve, et on peut dire qu’ils faisaient souvent preuve de machisme : «  Il ne faut pas trop parler avec sa femme, à plus forte raison avec la femme du voisin ».(« Pirké Avot », le chapitre des pères).  Alors ils ont institué des séparations pouvant aller d’un rideau ou un panneau d’un mètre de hauteur, à un étage.

PB : Mais ce qui est étonnant, c’est d’avoir aussi retrouvé, en Europe, la trace de synagogues de l’époque exclusivement féminines où les femmes dirigeaient les offices. Ou encore, en Italie, dans certaines synagogues avec séparation,  des couloirs partaient de la Méhitsa, donc du lieu où se trouvaient les femmes, pour arriver directement à la Teba (l’autel), non loin de l’endroit où les rouleaux de la Thora sont placés. Encore une preuve que les femmes avaient le droit de monter à la Thora, aux côtés des hommes. Ce qui n’a plus été le cas par la suite, et aujourd’hui encore dans la plupart des synagogues.

« La volonté était bien de ne pas prendre le risque de ridiculiser les hommes et de les placer en dessous du niveau de la femme »

C.T.B  : Ces fameuses interdictions d’étudier ou de participer au culte juif public pour les femmes, parfaitement illustrées dans le film Yenthl, qui perdurent aujourd’hui, sont-elles réellement inscrites dans les textes fondamentaux ?

FC : Lorsqu’on replace les choses dans leur contexte sociologique, on s’aperçoit surtout que le savoir des femmes n’était pas acceptable socialement. Il suffit de le constater au travers des œuvres de Molière comme «  Les précieuses ridicules », « les femmes savantes »…
Il y a des sources dans notre tradition qui sont opposées à ce que les femmes étudient mais d’autres qui encouragent à enseigner la Thora à sa fille parce que « cela lui sert de couronne ».  Aujourd’hui cet interdit est dépassé, y compris dans le monde orthodoxe.
À Jérusalem il existe des "Beht a Midrach", des maisons d’études, qui enseignent le talmud aux femmes orthodoxes. Mes propres études m’ont enseigné qu’aucun obstacle n’est insurmontable !

PH : Nous savons aussi qu’à l’époque du Temple, les femmes étaient aussi acceptées pour former le « minyane » (le quorum des prières les plus importantes).

Ce qui n’est plus le cas car seuls dix hommes peuvent l’assurer de nos jours. Mais si les femmes avaient aussi le droit de monter à la Thora, il est aussi dit à propos de « L’honneur de la communauté », de ne pas les faire monter.

Et quand on a posé la question de savoir « de quel  honneur  s’agissait-il ? », la réponse a été: « La femme va peut-être savoir lire dans la Thora, et un homme ne le saura peut-être pas… ». La volonté était bien de ne pas prendre le risque de ridiculiser les hommes, et de les placer ainsi en dessous du niveau de la femme. Il n’est pas non plus clairement fait mention dans la Thora qu’une femme mariée doit se couvrir la tête, comme il n’est pas non plus dit que la voix d’une femme est une nudité…La Halakha (la loi juive) est fondée sur le principe d’une supériorité de l’homme sur la femme. S’il y avait la parité, avec une vraie égalité, cela ne poserait pas de problème…Or  il n’y a pas d’égalité du savoir dans l’interprétation rabbinique ! Pourtant, il y eu incontestablement différents cas de femmes érudites, notamment au Moyen-Age, comme Béruria, la femme de rabbi Méir, ou les filles du célèbre Rachi, qui leur permettait d’étudier le Talmud et mettre les téfilines, mais en privé…Comme disait Montesquieu : « Il y a les lois, puis l’esprit des lois »…

PB : Il n’y a pas d’interdictions, mais à chaque siècle il y a toujours eu des discussions pour savoir si on avait le droit d’enseigner ou non la Thora aux femmes ou si elles avaient le droit de participer au culte. Rachi explique, dans un texte plutôt égalitaire, que si les femmes, en plus de leurs occupations d’ordre familial, veulent accomplir, les commandements positifs (3) liés au Temple, alors qu’elles en sont exemptées, «  nul ne saurait les en empêcher »...En revanche, à la même époque, le savant Maïmonide avait , on peut le dire , une vision bien moins égalitaire : «  On ne saurait enseigner la Thora à une femme parce qu’elle risquerait de transformer ses paroles en vain bavardages par la pauvreté de son esprit »… Heureusement, sous l’influence des mouvements féministes ces dernières années, il y a eu de grandes avancées. Dans le milieu orthodoxe aux USA, il existe quelques femmes rabbins, ou Docteurs en Talmud. Et, en 2008, est aussi sorti le premier commentaire de la Thora écrit uniquement par des femmes issues de tous les mouvements, des laïcs aux orthodoxes.

C.T.B : Que penser de la «  faiblesse » des hommes, incapable de prier à proximité des femmes, qu’on invoque encore aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles considérées, comme un obstacle entre Dieu et les hommes ?

FC :
Il faudrait le demander aux hommes…Si je faisais un exercice de projection, je dirais que si j’excluais les hommes pour des raisons de « concentration » ce serait faire vraiment peu de cas de leur personne et de ma capacité à me dominer !

PH : Les textes halakhiques sont très paradoxaux. Les femmes y sont considérées à la fois comme des êtres faibles, des séductrices, mais on en parle aussi comme de bonnes conseillères. Le propre du judaïsme c’est la discussion mais la majorité l’a toujours emporté. Et cette majorité a empêché les femmes d’avoir du pouvoir au sein de la communauté… Il n’existe pas de femme prêtre, pas de femmes rois, pas de femmes rabbins dans le Talmud, et  aucune communauté traditionnelle dirigée par une femme. Il y a quelques années, quand des femmes ont voulu se présenter au Consistoire en France, cela a suscité des problèmes. 

Mais heureusement, grâce aux votes, certaines ont pu êtres nommées à de hautes fonctions, telles que présidente de commission. Le rabbinat et le Beth Din s’y étaient opposés en apportant des arguments basés sur un problème de séduction: « Si jamais une présidente s’isole avec un rabbin que va-t-il se passer ? »…

PB : La Bible est un texte patriarcal, écrit au masculin. Les textes égalitaires sont extrêmement minoritaires que ce soit dans la Bible et encore plus dans le Talmud. On cite toujours les femmes qui ont des rôles importants, comme Ruth ou Esther, mais elles n’étaient pas des héroïnes féministes. Très rares sont les femmes qui ont eu une véritable démarche féministe, égalitaire, et pour lesquelles le texte ne prend pas parti. On peut citer Rarhav, la prostituée qui sauve les explorateurs ou encore la prophétesse Déborah, chef militaire et juge.  On a aussi pensé que les synagogues  ne devaient pas être des lieux de rencontre. Or si l’on remonte à l’époque rabbinique, pour Kippour, le jour le plus solennel de l’année, les jeunes hommes et femmes devaient assister ensemble, l’après-midi, à une lecture traditionnelle du lévitique sur les interdits sexuels, comme ne pas se marier entre frères sœur etc…Et c’est ainsi qu’ils se rencontraient en vue de se marier plus tard. Enfin on a associé la femme à la sexualité, ce qui est une erreur puisque la sexualité est commune. Le judaïsme a notamment été influencé par la philosophie grecque qui a séparé le spirituel du matériel, en l’occurrence la femme. Et cette influence nous a fait oublier que dans le judaïsme le matériel n’est pas tabou, et même en son sein on peut trouver la spiritualité.

 « Certains répandent l’idéologie du « tout ou rien » qui favorise les extrêmes, alors que notre tradition n’est pas extrémiste. »

C.T.B : Comment expliquez-vous les différences d’évolution de la tradition entre les pays anglo-saxons et francophones ? Peux-t-on parler de retard français, voir de durcissement du Consistoire ces dernières années ?

FC : Dans les pays francophones, contrairement aux pays anglo-saxons moins touchés, la Shoah a provoqué une énorme blessure dans l’identité juive et dans la relation à Dieu.
Nous faisons partie d’une génération qui n’a pas eu de maillons auxquels se raccrocher pour la construction de la chaîne de la tradition. Ainsi ceux qui renouent avec le judaïsme ne réussissent pas toujours à discerner l’authentique de la caricature, car les images d’Epinal sont toujours les plus marquantes…Certains répandent l’idéologie du « tout ou rien » qui favorise les extrêmes, alors que notre tradition n’est pas extrémiste. On pourrait toujours prétendre qu’il faudrait faire « plus » et dévaloriser ceux qui font « moins ». Lors de mon doctorat qui traitait des représentations sociales de la loi juive, j’ai rencontré un jeune homme qui avait mis une mezzouza sans parchemin à sa porte, car il  exprimait un désaccord avec le texte… J’ai un profond respect pour cette attitude. A mes yeux, chacun doit partir de ce qui lui parle dans le judaïsme et le cultiver,  sans se faire violence, avec douceur.

Le Consistoire d’après guerre a remis en cause, par exemple, la politique des conversions de ceux qui l’avaient précédé. Pourquoi demander à un couple qui a des enfants de se séparer pour autoriser le conjoint non juif de se convertir s’il le souhaite ? Il s’agit d’une conversion, pas de représailles, être dur n’apporte rien. C’est peut-être une des raisons pour laquelle les communautés plus libérales, comme le mouvement Massorti dont je fais partie, ne se sont pas beaucoup développées.  Ceux qui ont étudié, qui ont voyagé, savent qu’il y a plusieurs façons d’être un juif « sérieux ». Ceux qui aiment le peuple juif doivent encourager chaque acte, si petit soit-il, qui rapproche les juifs de leur belle tradition.

PH : Il s’agit en fait de deux judaïsme différents : la mentalité anglo-saxonne, notamment aux USA, est multiculturelle, tandis que la France est un pays plus normatif, avec l’héritage de la monarchie ou du système jacobin après la révolution. Il fut une époque où le Consistoire était beaucoup plus souple, alors que ces dernières années l’orthodoxie a repris le dessus. Il faut reconnaître cependant que le Consistoire actuel participe à l’évolution des mentalités, puisqu’il vient tout juste d’annoncer l’ouverture d’un « Beit Hamidrach », (maison d’études) pour permettre aux femmes d’accéder à l’étude des textes.

PB :  En France,  sur certain plans nous sommes en avance, sur d’autres en retard. Avant la guerre, le Consistoire était très en avance sur le statut de la femme, influencé par les mouvements libéraux de l’époque en Europe. Il a même intégré des changements, avant les libéraux, en instituant la Bat Mitsva pour les filles. Mais nous avons assisté à un repli constant et maintenant nous sommes en retard d’une cinquantaine d’années. On dénombre 900 femmes rabbins dans le monde, et nous ne sommes que trois en France, une en Belgique. On peut citer aussi la suppression des cœurs mixtes à la synagogue de la Victoire à Paris…Mais en plus de la place des femmes, il ne faut pas oublier le manque d’accueil et de tolérance envers les candidats à la conversion, ou envers les couples mixtes qui souhaitent élever leurs enfants dans le judaïsme…Aujourd’hui, on dénombre une quinzaine de communautés libérales en France, et trois communautés « conservatrices » égalitaires. Selon moi, le libéralisme, majoritaire dans le monde, devrait le devenir en France, avec à ses côtés tous les autres mouvements pour lutter contre l’assimilation. Que les juifs puissent choisir quelle forme de judaïsme ils veulent pratiquer, me paraît essentiel.

"Si on ne change pas le regard sur la femme, on risque de mettre en danger l’avenir du judaïsme, d'un peuple, d'un pays. C'est la place de la femme qui positionne un pays sur ses avancées et ce de toute époques "

C.T.B : On parle beaucoup de l’avenir incertain du judaïsme. Sa pérennité ne passe-t-elle pas par une plus grande ouverture des synagogues aux femmes ? Et notamment à celles qui pensent que la religion est une affaire d’homme ?

PH : Ishaiaou Leibovitch, un grand penseur et scientifique orthodoxe, a affirmé que si nous ne reprenions pas notre regard sur la femme nous risquions de mettre en danger l’avenir du judaïsme.  Mais c’est aussi compliqué quand ce sont les femmes, elles-mêmes, qui acceptent cet état de fait et se sont mis des œillères sur le plan religieux. Il faut leur permettre d’accéder facilement à l’étude et placer aussi à égalité Bat Mitsvah et Bar Mitsvah. Dans ma communauté, j’ai solutionné le problème, car je suis le capitaine de mon bateau et parce que je me considère comme un juif indépendant attaché au peuple juif. Les hommes et les femmes sont libres d’être séparés ou de rester ensemble. Je m’attache juste à gérer le quotidien afin d’éviter les problèmes et préserver le chalom (la paix)…

FC : C’est vraiment le rôle des leaders communautaires d’ouvrir les possibilités et d’intéresser les gens, et notamment les femmes, dont le ressentiment est légitime et compréhensible. L’exclusion éloigne les familles alors qu’aller ensemble à la synagogue est une grande expérience. C’est dommage de priver le judaïsme de l’apport des jeunes qui pourraient trouver de cette façon l’envie de s’impliquer. On ne gagne rien à cloisonner la tradition et faire semblant de construire une espèce d’authenticité univoque. Ce type de construction totalitaire finit toujours par exploser. Nous n’avons pas de temps à perdre, mais une génération à reconnecter avant que le fossé ne devienne trop grand. Depuis que j’officie, j’apprécie de partager avec les gens le sentiment qu’une femme rabbin « ça fait bizarre », c’est une étape nécessaire. Au sein de Chir Hadach, ma nouvelle communauté (4), notre défi est de conjuguer modernité et tradition. Je constate que la présence d’une femme suscite réellement un plus grand investissement de la part des autres femmes, mais également des hommes pour lesquels il est important que leur partenaire soit respectée et aimée comme eux-mêmes.

PB : Je crois en la pérennité du judaïsme ou sinon je ne ferai pas ce que je fais. On navigue juste entre préjugés et désinformation. D’une certaine manière l’absence d’ouverture et le refus du pluralisme entraîne la déperdition. Le judaïsme s’est toujours transformé et adapté de siècle en siècle, et c’est parce que les rabbins ont toujours su être dynamiques et répondre aux besoins du moment, qu’il existe encore aujourd’hui. De nombreux juifs sont découragés, mais plus il y aura de choix alternatifs, et plus ils penseront rejoindre ce qu’ils ont abandonné. Depuis que je dirige ma communauté, il y a toujours eu des réactions hostiles, mais aussi de nombreuses batailles gagnées. J’ai pu constater que le plus souvent les mentalités des gens évoluent après avoir assisté aux offices de femmes. Et c’est un véritable cadeau !

Caroline Taieb-Bensimon

Diverses sources et liens : - (1) Les femmes dans le Judaïsme : la synagogue par Michèle Bitton : http://www.afmeg.info/spip.php?article121#Les-fondements-de-la-mehitsah

- (2)La Méhitsah à la synagogue de Monique Susskind Goldberg http://www.massorti.com/IMG/pdf/A.et_E.1_Mehitsa.pdf

- (3) Il existe 613 commandements auquel chaque juifs essaient de s’astreindre. Il y a 365 commandement positifs (par exemple »respecter le Chabbat »), et 248 négatifs (par exemple, ne pas manger d’aliments interdits par la cacheroute)

- (4) http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-09/la-premiere-femme-rabbin-du-pays-evincee-763336.php

- Livre :  Isha, dictionnaire des femmes et du judaïsme de Pauline Bebe

- Livre : Le judaïsme au féminin de Janine Gdalia et Annie Goldmann

-  La communauté de Floriane Chinsky : http://chirhadach.wordpress.com/

- La communauté de Pauline Bebe : http://www.cjl-paris.org/

Remarques d'Aharon Altabé :

Contrairement aux idées reçues, cette séparation n’a pas toujours existé.
Cette remarque pose la question de l'apparition du judaïsme. Sommes nous tenant d'une religion adossée à un Livre, un seul, et rien que celui là, j'ai nommé la Bible, ou plutôt le TaNaKh, initié par la Torah révélée sur le Mont Sinaï il y a quelques 3320 ans, ou les héritiers d'une Loi révélée au Sinaï par écrit et accompagnée d'une tradition orale révélée également au Sinaï, comme l'attestent les Maximes des Pères, Pirkei Avoth, premier enseignement: Moché a reçu la Loi au Sinaï et l'a transmise à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, etc…

Nier que c'est par esprit saint que les Anciens, puis les Prophètes ont ajouté des barrières aux Commandements, ou penser que ces modifications ne sont pas partie intégrante de notre héritage du Judaïsme est la garantie d'une fausse route. Ainsi ont fait les Karaïtes, déniant toute authenticité à la Loi Orale du Talmud. Ainsi l'ont fait au fil des siècles divers mouvements dont les descendants peuplent aujourd'hui les églises européennes.

PH: La « Méhitsa » tient son origine à la période du second Temple. Les rabbins ont décidé soudainement de séparer les hommes et les femmes à l’occasion de Soukkot.
Rien ne dit que cela remonte au Second Temple. Et ils n'ont pas "décidé soudainement" mais au fil des ans, avec l'observation d'évènements indésirables qui se produisaient à cette occasion.

FC: C’est intéressant de savoir qu’il y avait parfois des ambiances débridées au sein même du temple
Les textes, Talmud Souccot 52a compris, parlent de mauvais penchant, exacerbé par l'atmosphère joyeuse de la fête. Des auteurs contemporains auraient parlé de passion, d'envies peu convenables pour ces lieux et cette fête, de libération des pulsions etc. En bref, si le mauvais penchant pouvait prendre le dessus à cette époque et dans ces conditions de sainteté, alors qu'en est-il aujourd'hui…?

PB: Nos connaissances talmudiques et archéologiques ont prouvé l’existence dans le Temple, d’une « cour des femmes »...
Enchanté de savoir que des preuves archéologiques vous ont montré l'existence d'une Cour des Femmes. Je serai avide de connaître vos références.

PB une « cour des femmes », qui leur été réservée, mais dans laquelle tout le monde pouvait circuler librement.
La Cour des femmes, Ezrat Nachim, n'était en rien réservée aux femmes; La preuve c'est que tout le monde pouvait y circuler librement.

PB: … preuve qu’elles participaient au culte public, et il n’y avait pas de séparation fixe dans les premières synagogues de notre ère.
Les femmes apportaient effectivement des sacrifices, merci pour elles. Mais quel rapport, quelle preuve,  puisque les synagogues ne se développent qu'après la destruction du Temple?
PB … d’une séparation végétale
Merci pour la touche écolo, mais au lieu de laisser le lecteur imaginer quelques rhododendrons, dites leur qu'il s'agissait de lourdes poutres destinées à supporter quelques centaines ou milliers de femmes…

PB La construction des premières galeries de femmes, en étage, étant apparue au Moyen-Age
C'est encore à prouver, et votre référence ne le prouve pas. Le texte de Michele Bitton évoque  toutefois que jusque là ces galeries existaient en rez de chaussée, et votre seule question est "pourquoi l'étage". La réponse à la question "pourquoi  en étage" se trouve simplement dans la même réponse que "depuis quand sont apparus les bâtiments publics avec étage?" N'étant ni historiens, ni architectes, nous ne saurons trancher si vite. J'oserai vous rappeler que l'adjonction d'un étage permet d'augmenter le coefficient d'occupation des sols, donc la capacité d'accueil des fidèles.

PH: «  Il ne faut pas trop parler avec sa femme, à plus forte raison avec la femme du voisin ».(« Pirké Avot »,
Oui, Monsieur le Rabbin excellente citation de l'héritage de nos Sages, qu'un Rabbin ne saurait dénigrer, à moins de …
PB : Mais ce qui est étonnant, c’est d’avoir aussi retrouvé, en Europe, la trace de synagogues de l’époque exclusivement féminines où les femmes dirigeaient les offices.
N'étant ni historien, ni architecte, je suis personnellement fort intéressé à connaître vos sources.
PB: des couloirs partaient de la Méhitsa, donc du lieu où se trouvaient les femmes, pour arriver directement à la Teba
Une tradition fait remonter le mot "kwater" et "kwaterin", le couple qui est honoré d'introduire le bébé dans la synagogue pour le faire circoncire à une contraction des mots "kvod tur" l'honneur de la porte, le passage entre la salle des femmes et la salle d'office par lequel l'engant est introduit.
PB Encore une preuve que les femmes avaient le droit de monter à la Thora, aux côtés des hommes
Achetez la vite, c'est une preuve gratuite! Ce n'est pas l'archéologie qui fait la Halakha, Madame. Autant dire que les gens de l'époque n'allaient pas aux toilettes puisqu'on n'a pas retrouvé de traces archéologiques.

FC: Il suffit de le constater au travers des œuvres de Molière comme «  Les précieuses ridicules », « les femmes savantes »…
Voici des références qui valorisent vos études "rabbiniques" chère Madame. Vos maîtres vous en ont certainement communiqué des meilleures

PH: Nous savons aussi qu’à l’époque du Temple, les femmes étaient aussi acceptées pour former le « minyane »
Nous n'avons pas été formés dans la même Yéchivah. Quelles sont vos sources? Pour ma part, je sors de la Paracha Chela'h, où le complot de dix explorateurs m'apprend qu'il faut dix hommes pour constituer une assemblée. A moins qu'une cheffe de tribus se soit infiltrée parmi les explorateurs.

PH Il n’est pas non plus clairement fait mention dans la Thora qu’une femme mariée doit se couvrir la tête
Vrai.
D'ailleurs il n'est pas clairement mentionné ce que vous devez mettre dans les tefilin, comment il faut abattre les animaux avant de les consommer, ni même de ne pas manger ensemble le lait et la viande, ni de faire "une communion solennelle" à 13 ans, se marier devant un Rabbin, de faire des pétards à Pourim ou manger des beignets à 'Hannoucah. Mais heureusement, nous juifs rabbiniques avons une loi Orale, partie intégrante de la Torah révélée, partie intégrante de notre héritage millénaire, et ne sommes pas prêts à l'échanger contre deux barils de réforme.
Il est toutefois mentionné que la femme sota, suspecte d'infidélité pour s'être isolée avec un étranger contre l'avis de son mari, était amenée dans le Temple, qu'on lui arrachait sa coiffe et déchirait sa chemise, preuve qu'au moins elle avait une chemise … et une coiffe.

PH: La Halakha (la loi juive) est fondée sur le principe d’une supériorité de l’homme sur la femme.
Il faut bien le reconnaître. Vous le savez, puisque les textes de la Torah  parlent de "prendre femme", voir de prendre femmes, de répudier sa femme, de fils héritant. Cette "supériorité"ne confère pas à l'homme juif un statut de seigneur omnipotent, et s'accompagne de devoirs et obligations que vous expliquez à vos ouailles avant de procéder au mariage. Ces "conditions" de la Ketouba sont telles qu'un mari qui les enfreints peut être contraint à accorder le divorce à son épouse.
C'est aussi une somme d'obligations quant à l'accomplissement des Mitsvot, qui justifie que l'homme bénit D.ieu chaque matin "de ne pas m'avoir créé femme"

PB: si les femmes, en plus de leurs occupations d’ordre familial, veulent accomplir, les commandements positifs  liés au Temple, alors qu’elles en sont exemptées, «  nul ne saurait les en empêcher »...
J'ose penser que c'est une faute de frappe qui vous a fait glisser des Mitsvoth liées au temps … jusqu'aux commandements liés au Temple. Le contraire risquerait de nous entraîner jusqu'à la chute de votre démonstration "parce qu’elle risquerait de transformer ses paroles en vain bavardages".

Q: Que penser de la «  faiblesse » des hommes, incapable de prier à proximité des femmes, qu’on invoque encore aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles considérées, comme un obstacle entre Dieu et les hommes ?
La faiblesse de l'être humain devant son Yetser hara, son mauvais  penchant, ses passions etc… est une constante humaine. Ce n'est pas l'histoire des peuples qui va me contredire, ni les derniers scandales de l'église, ni d'ailleurs ce qui a pu se passer dans certaines institutions juives. Nos Sages ont énoncé, dans les Pirkei Avot "qui est le véritable héros? Celui qui contient son mauvais penchant". La Torah, les Sages, la prudence, recommandent d'éviter les situations à risque, qui pourraient faire craquer les limites de notre raison et capacité à nous dominer.

PH Il n’existe pas de femme prêtre, pas de femmes rois, pas de femmes rabbins
Conformément aux textes bibliques. Ainsi Maimonide (qui ne l'a pas inventé mais repris du Talmud) énonce dans les Lois des Rois, chapitre 1.
On ne peut nommer une femme à la royauté, car il est dit "sur toi un roi" et non une reine. De la même façon, toute fonction publique sur le Peuple d'Israël ne peut être exercée que par un homme.
Ainsi la Torah  confie la prêtrise aux fils d'Aharon, et non aux filles.

PH Si jamais une présidente s’isole avec un rabbin que va-t-il se passer ?
La même question est valable pour une secrétaire, voire une fidèle qui s'entretiendrait avec un Rabbin dans un lieu ou une situation où personne ne peut les voir ou venir les déranger. J'ai parcouru un jour un livre sur les lois du "y'houd" qui régissent les conditions dans lesquelles un homme peut ou ne peut pas s'isoler avec une femme. En cherchant à me renseigner sur l'auteur, j'ai appris qu'il avait divorcé pour épouser sa secrétaire…

PB Or si l’on remonte à l’époque rabbinique, pour Kippour, le jour le plus solennel de l’année, les jeunes hommes et femmes devaient assister ensemble, l’après-midi, à une lecture traditionnelle du lévitique sur les interdits sexuels, comme ne pas se marier entre frères sœur etc…
Qu'est ce à dire? Sommes-nous à l'époque post rabbinique? Ce texte se lit encore, et concerne jeunes et vieux, célibataires ou non.
Et c’est ainsi qu’ils se rencontraient
Délire! Ou vous dirigez une curieuse assemblée.

PB: Le judaïsme a notamment été influencé par la philosophie grecque qui a séparé le spirituel du matériel
Influencé? Affirmation gratuite et non détaillée.
Et cette influence nous a fait oublier que dans le judaïsme le matériel n’est pas tabou, et même en son sein on peut trouver la spiritualité.
Niet, rien de rien, non je n'ai rien oublié. Au contraire, c'est la connaissance et la recherche de cette spiritualité dans le matériel qui donne de l'importance à chacun des détails du Choul'han Aroukh, sur lesquels tant de vos ouailles font l'impasse.

FC: une mezzouza sans parchemin à sa porte
Vous êtes vous demandé pourquoi VOUS avez vu cela? Est ce une rencontre fortuite, Hass vechalom. N'est ce pas un avertissement: Je me serai dit: TA mezouza est vide, TA Torah est vide, TON projet est éloigné de la tradition juive au point d'être une coquille vide. Secoue toi.

FC: Pourquoi demander à un couple qui a des enfants de se séparer pour autoriser le conjoint non juif de se convertir s’il le souhaite ?
Sorry, Madame. Ne vous a-t-on pas dit que c'est pour faire la différence entre un enfant enfanté dans la sainteté du mariage juif après conversion, d'un enfant né sans ces qualités? Enfantin Dr Watson.
Plus: peut-on enseigner les lois de la cacherouth à celui qui a la bouche pleine de mets non cacher et en redemande? Peut-on enseigner les lois sur le mariage juif à quelqu'un qui les viole en permanence?

Vos réactions

  1. lola_23@live.fr'liliane

    slt
    je tiens a vous dire que j’approuve ca et c bien de le pratiquer, tt simplement parceque la femme a une grande valeur et doit eviter tte tentation ou provocation pr l’homme etant tres faible devant une femme.donc c pr cela que la femme doit etre separée de l’homme ds le temple et pendant les prieres, on doit dire qu’elle a une tres grande valeur et on lui doit un tres grand respect.elle doit aider l’homme a eviter les péchés et a bien appliquer sa priere en se concentrant totalement et n’avoir qu’un seul rapport avec le bon dieu a ce moment là.chose qui se pratique aussi pr nous les musulmans.merci

    Répondre
  2. phidelmont@hotmaiL.com'delmont philippe

    je vous Croyant Catho libre .

    ABANDONNE ( huit ans ) par un goulag masculin . INSTITUTIONS RELIGIEUSE , LAÏQUE , pas affection , écoute , devenu ZOMBIE .

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi