Interviewexclusive de Françoise Fabian

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ffabian2.gifA l'occasion de son prochain rôle dans le dernier film d'Alexandre Arcady "Comme les 5 doigts de la main", la grande, talentueuse, et élégante Françoise Fabian a accepté de répondre à nos questions: elle nous parle de ses souvenirs en Algérie, ses belles rencontres et de ses rôles magiques au cinéma.
On lui a demandé quelle effet lui avait d'acquérir le rôle d'une mère et pas n'importe laquelle: La mère juive. Réponse en audio

L.B: Dans votre très beau livre Le temps et rien d'autre (Paru aux Editions Fayard, NDLR), vous faites le parcours de toute une vie truffée de si belles rencontres. L'itinéraire  d'une enfant gâtée en quelque sorte… Nostalgie quand tu nous tiens.

Françoise Fabian: Je suis faite des autres. Comme vous l'avez fort justement constaté je ne parle de moi qu'au travers de mes rencontres: ce sont elles qui ont fait la femme que je suis aujourd'hui. Je ne possède pas un égo surdimensionné comme certains. Ce que j'ai fait, je le sais et ça m'est complètement égal. Mais ce que les autres ont fait de leur vie (avec moi) me passionne.
Je reconnais que j'ai beaucoup de chance d'avoir eu une enfance très chaleureuse, grâce à une famille très aimante. J'étais très aimé de mon père et de ma mère, et c'était réciproque. J'ai eu une enfance privilégiée qui se passait en Algérie où il y avait une facilité de vie que l'on a plus eue après. Aujourd'hui, la nostalgie de cette enfance en Algérie est ancrée dans ma mémoire; je peux vous dire que je ne m'en guérirai jamais. C'est la mémoire involontaire. J'aime tout ce qui me rappelle la Méditerranée: dans mes goûts, dans ma culture, dans mes inspirations, je me sens profondément méditerranéenne. Je vais constamment dans le Sud: je vais au Maroc, en Egypte,...J'aime le désert...

L.B: Connaissez-vous Israël?

F.F:...Oui, j'aimerai y retourner, paraît-il que ça a beaucoup changé. J'y avais été pour un festival à Tel Aviv où l'on présentait Trafic (de Jacques Tati, 1971). C'était un souvenir mémorable pour nous contrairement aux organisateurs, puisque nous passions notre temps à visiter le pays plutôt que d'aller au cinéma (on survolait le Néguev en compagnie des avions de l'armée…!)

L.B: Vous avez tourné avec une belle partie des réalisateurs de la Nouvelle Vague (Louis Malle, Eric Rohmer, Claude Lelouch…). Qu'est ce qu'il y a changé selon vous plus de 50ans après? 

F.F: On en fait beaucoup plus de films d'il y a quelques années. La passion cependant reste la même. Mais on prend moins de temps. On a moins d'argent. Il y a quelques restrictions. Par exemple, je sais à quel point il est difficile de s'acquérir n'importe quel costume, des sujets, de bons acteurs; on calcule sans arrêt; on doit faire attention à la moindre dépense, etc. Je me souviens de Claude Lelouch qui enchainait films sur films avec brio. Il tournait des films en 25/28jours. C'est devenu quelque chose d'impensable aujourd'hui!

L.B: Vous avez un point commun avec Alexandre Arcady: l'Algérie et plus particulièrement Alger, votre ville natale à tous les deux. Y a-t-il eu un rapport de mère/fils?

F.F: C'est moi qui ai voulu me retrouver dans sa mère. Vous savez que lorsque l'on s'attaque à un scénario, bien écrit de surcroit, on a plus qu'à rajouter, nous comédiens, notre gestuelle, nos mouvements afin de retrouver le résultat demandé par notre metteur en scène. Et si c'est bien joué, c'est réussi.

L.B: On remarque que depuis un certains temps, vous interprétez régulièrement le rôle d'une mère mais une mère avec un ton particulier. Il y a comme de l'ironie dans vos personnages, voire du décalage (cf. 5 X2, L.O.L, RAPT…).

F.F: Cela peut paraitre en effet dramatique mais les personnages que je joue sont plutôt lucides par rapport à la vie. Ils ont un regard particulier sur cette dernière; mes personnages comme pour moi d'ailleurs. J'ai toujours vu les choses avec une certaine légèreté, un certain humour malgré mon caractère!  Maintenant, j'ai la chance de jouer des rôles totalement différents: de vraies partitions opposées les unes par rapport aux autres. C'est exactement comme si l'on me donnait plusieurs opéras à jouer où je le chanterai autrement mais toujours avec ma voix.

L.B: Pouvez-vous nous parler de votre prochain rôle au cinéma en compagnie du réalisateur Bruno Chiche?

F.F: C'est un réalisateur tres talentueux. Je tournerais aux côtés de Gérard Depardieu et de Nathalie Baye. Il s'agira d'un rôle complètement opposé à celui de la mère Arcadyenne. Ce sera plutôt une grande bourgeoise, richissime monstrueuse un peu à la manière d'une Bette Davis. Mais où il y aura toujours un peu d'humour; il ne faut jamais se prendre au sérieux!

Laurent Bartoleschi

Pour écoutez Françoise Fabian dans l'interview accordée à Alliance

cliquez en dessous.
Nous remercions particulièrement Laurent Bartoleschi



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