Dan et Aaron, Two Brothers

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brothers.jpg-  Durée : 1h56mn
-  Titre original : Two brothers

Site officiel du film - http://brothers-film.com/index.html
Réalisateur - Igaal Niddam
Avec - Orna Pitussi - Micha Celektar - Baruch Brener  ...Plus
Genre - Drame
Nationalité - Suisse
Date de sortie 21 avril 2010

Dan et Aaron représente une tendance actuelle politique, sociale et religieuse en Israël. En ouverture et quasiment en fermeture de ce long-métrage, le soleil se lève, illuminant d’une chaleur orangée la terre qui s’étend sur l’horizon. L’image aurait tout du cliché si elle n’était pas intégrée dans une narration aussi engagée : pour Igaal Niddam, le soleil se lève deux fois en Israël. L’espoir est permis. L’espoir est voulu.

 - La critique
          
Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après des années de silence.
Dan, qui a choisi le monde du travail et de la terre, vit dans un kibboutz au sud -d’Israël. Aharon, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive des Etats-Unis à Jérusalem pour défendre les droits des étudiants de la Torah. Le conflit qui oppose les deux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient, Israël est aujourd’hui au bord de la guerre civile. Ce film ouvre un débat nuancé et essentiel sur la question de la séparation de l’Etat et de la religion en Israël.

L’argument :
Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après des années de silence. Dan, qui a choisi le monde du travail et de la terre, vit dans un brothers_07.jpgkibboutz au sud -d’Israël. Aharon, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive des Etats-Unis à Jérusalem pour défendre les droits des étudiants de la Torah. Le conflit qui oppose les deux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient, Israël est aujourd’hui au bord de la guerre civile. Ce film ouvre un débat nuancé et essentiel sur la question de la séparation de l’Etat et de la religion en Israël.

Notre avis : Ce troisième long-métrage d’Igaal Niddam, après Le Troisième Cri et Nous sommes des juifs arabes en Israël, rend compte des retrouvailles de deux frères qui ne se sont pas vus pendant trente ans. La distance et le temps ont eu raison de leur proximité affective, de leurs points communs originels ; leurs modes de vie respectifs n’ont plus rien en commun. Aaron étudie assidument la Torah quand Daniel entretient une bergerie, dans un kibboutz. Deux visions d’Israël singulières et opposées. Comme le dit le second, l’un voit en ce pays la Terre Sainte quand l’autre y voit sa Patrie. Sous l’allure d’une phrase vite dite, emplie de lieux communs quelques peu simplificateurs, il se dégage néanmoins la non moins incontournable question de l’association de la religion et de l’Etat en Israël.

Dan et Aaron va donc au-delà d’une histoire mal réglée de famille. Ces frères que tout oppose, Caïn et Abel du XXIème siècle, sont à l’image des tensions antagonistes qui divisent l’ancienne terre de Canaan. En tant qu’avocat, Aaron se rend à Jérusalem pour défendre le rabbin d’une Yeshiva accusé d’empêcher ses étudiants d’honorer leur convocation militaire par Tsahal. Ce procès devient l’objet d’un vaste débat national qui attise les tensions entre populations orthodoxes (et ultra-orthodoxes) et les laïques modérés. Igaal Niddam pose la question de l’identité israélienne et retranscrit les conflits idéologiques en lieu et place : en tant qu’Etat-nation pour le peuple juif, Israël doit-il faire du judaïsme la religion d’état ? Cette question essentielle soulevée, le procès devient la scène de la mise en place d’un discours sur une démocratie où l’État et la Religion seraient séparés. En 1973, Ygal Yadin (chef d’état major de l’armée de 1948 à 1951), témoignant dans Pourquoi Israël de Claude Lanzmann, affirmait « Nous [le peuple d’Israël] sommes encore en devenir » parce que le pays devait organiser l’immigration des juifs du monde entier (et particulièrement de Russie) sur leur territoire. En 2010, l’attention se porte sur la gestion de la religion dans l’organisation étatique.

Entre Dan et Aaron, les différends semblent irrémédiables - le premier ne pouvant admettre la façon de vivre de son cadet. Le cinéaste se concentre plus précisément sur la personnalité de l’avocat religieux, sur son argumentation basée sur ses convictions plus que sur des considérations légales, sur sa découverte de cette nation qu’il ne découvre que tardivement, faisant valoir la Loi du Retour (droit de tous les juifs de venir vivre sur le territoire d’Israël). L’intérêt se porte sur l’appréhension de cet homme de ce pays qui, bien qu’étant la terre du peuple juif, revendique de plus en plus fort le principe de laïcité. Que l’on soit pratiquant, croyant, laïc ou athée, la question reste indéniablement délicate en Israël. Confronté au manque d’écoute, Aaron se ressource régulièrement et prie. Nous, spectateurs, entendons parfois ses méditations. Seulement lorsque la situation lui parait inextricable et qu’il ne trouve pas de solution à cette impasse. L’espace d’un instant, cet homme n’est plus seul : ses pensées sont partagées, écoutées, entendues. Avec un brin d’impertinence, il n’est d’ailleurs pas difficile de lui trouver, de profil, quelque ressemblance avec Robert Powell incarnant Jésus de Nazareth dans le film éponyme de Franco Zeffirelli...

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