Danse israélienne sous les frontières

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dansesi.jpgArticle paru dans "Le Nouvel Obs"

Au Théâtre de Chaillot, une manifestation intitulée "Sous les frontières" invite des artistes du Proche Orient. Parmi eux des Israéliens illustrant la diversité artistique de leur pays.
"Deca Dance" par la Compagnie Batsheva (DR)

Côté danse, ce sont donc les Israéliens qui fournissent le plus gros contingent d’artistes invités. Mais comment expliquer le foisonnement de chorégraphes et de danseurs dans un petit pays comme Israël ?

Sans doute par la diversité culturelle d’une population originaire des quatre coins du monde ; par ce goût traditionnellement affiché pour les arts dans une société d’un niveau culturel plus relevé que partout ailleurs dans cette région du monde et qui, en Europe, s’est souvent postée aux avant-gardes artistiques; par l’excellence d’une école de danse, celle liée à la compagnie la plus illustre du pays ; mais plus encore, probablement, par l’esprit démocratique qui règne en Israël, par la liberté sociale qui est de cours là-bas et que ne parviennent pas à étouffer les enragés des minorités religieuses orthodoxes.
Des conditions difficiles

Même si les conditions de travail des artistes sont fort difficiles dans un pays vivant sous la menace constante de la guerre, même si les pouvoirs publics, soumis sans doute à d’autres priorités, ne sont guère généreux avec les artistes (ce qui a poussé nombre d’entre eux, et parmi les plus brillants à quitter leur patrie pour s’installer souvent en Europe : Emanuel Gat ou Yuval Pick en France, Hofesh Shechter en Grande-Bretagne, Itzik Galili aux Pays-Bas par exemple), les compagnies de danse en Israël et plus encore les chorégraphes se sont multipliés de façon spectaculaire.
Exception régionale

Si le niveau des productions est extrêmement inégal, les influences extérieures multiples et brouillonnes, et même si les esthétiques pratiquées, d’un "expressionisme", d’une théâtralité si outrée parfois, nous apparaissent bien naïves, la danse israélienne est portée le plus souvent par des interprètes possédant une énergie, offrant un engagement et une puissance technique qu’on peut leur envier en France.

L’efflorescence des auteurs est autre chose de parfaitement extraordinaire. D’autant plus extraordinaire que dans l’ensemble des pays voisins, à l’exception du Liban peut-être, c’est quasiment le désert en matière de création chorégraphique. Les pays islamistes n’y sont guère propices, ils sont même plus enclin à menacer des pires châtiments ceux qui ont la faiblesse de s’y adonner.

Sous les frontières

Des trois compagnies israéliennes invitées au Théâtre de Chaillot dans le cadre d’un programme un peu bancal intitulé "Sous les frontières" et qui a donné à voir des artistes iraniens étouffés dans leur pays, mais aussi des productions affligeantes d’auteurs algériens et tunisiens, des trois compagnies israéliennes, la Batsheva est évidemment la plus illustre.

danse isréalienne
La Compagnie Batsheva dans "Deca Dance" (Gadi Dagon)
Ohad Naharin et la Batsheva

Fondée par une Française éperdue d’admiration pour l’œuvre de Martha Graham, Bethsabée de Rothschild, la compagnie Batsheva, ( "la Batsheva" comme on l’appelle), généralement composée de danseurs magnifiques, s’est depuis longtemps émancipée de sa fondatrice entretemps disparue. Elle est subventionnée par l’Etat d’Israël et dirigée par une forte personnalité, le chorégraphe Ohad Naharin.

Véhément souvent, théâtral, spectaculaire, parfois même racoleur, le travail d’Ohad Naharin peut heurter. Mais il est aussi celui d’un authentique chorégraphe qui possède un talent exceptionnel et qui se révèle un remarquable metteur en scène. On a vu de lui des pièces superbes, d’autres discutables. Naharin ne laisse pas indifférent. Il est aussi une grande figure parmi les artistes d’Israël et, à l’image la plupart d’entre eux, il faut toujours le souligner, il déplore la politique que mène son pays face aux Palestiniens.
Naomi Perlov et Arkadi Zaïdes

Noami Perlov est une autre figure connue de la danse israélienne. Elle a abandonné ici sa compagnie à trois danseurs qui sont auteurs des trois chorégraphies de "Silent Warriors" qu’on découvrira au Théâtre de Chaillot les 25 et 26 avril.

Vient enfin Arkadi Zaïdes, quasi inconnu en France, et dont l’apparition est d’autant plus intéressante qu’elle démontre combien la danse israélienne est diverse.

Compagnie Batsheva, deux spectacles : "Sadeh" du 24 au 26 avril et "Deca Dance" les 27 et 28 avril. Théâtre de Chaillot : 01 53 63 30 00 ou www.theatre-chaillot.fr

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