Ygal Palmor

Paroles d'hommes - le - par .
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Interview de Monsieur Ygal Palmor réalisée par Nathalie Zylberman pour la radio Beth-El Vallée.

Nathalie: Monsieur Palmor, bonjour.


Nous rappelons pour nos auditeurs que vous êtes conseiller auprès de son Excellence l'Ambassadeur d'Israël en France, Monsieur Avi Pazner.
Avant de parler du Jubilé d'Israël, nous aimerions connaître votre parcours précedant votre nomination à Paris,afin de vous découvrir .

Ygal Palmor : Enchanté de faire votre connaissance, chers auditeurs. Je suis aux Ministères des affaires étrangères depuis bientôt 12 ans, donc diplomate de carrière. J'ai fait mes études à l'université hébraïque de Jérusalem, en linguistique générale et en relations internationales.

Ensuite j'ai été nommé porte-parole de l'Ambassade d'Israël à Madrid pendant quatre ans. J'ai participé à la conférence de Paix à Madrid, ainsi qu'à tous les événements et manifestations concernant le 5ème centenaire de l'expulsion des juifs d'Espagne. Ensuite, je suis retourné en Israël où j'ai exercé la fonction de porte-parole adjoint au ministère des affaires étrangères à Jérusalem de 1994 à 1997, et depuis septembre 1997, je suis en France comme conseiller à l'information.

Nathalie: Nous constatons que c'est un parcours de bons et loyaux services envers Israël dans un décor diplomatique. La fête du Trocadero s'est déroulé dans un esprit de convivialité, mais nous aimerions savoir comment se sont déroulés les préparatifs ici à l'Ambassade.

Y.P: Je peux qualifier cet état d'esprit d'effervescence, de grand effort, d'enthousiasme, de dévouement afin de réaliser et de produire cette représentation que vous avez pu découvrir à Paris le 30 avril . Il a fallu organiser la venue du grand public, mais aussi des personnalités.

Le Président de la République, le Premier Ministre, douze ministres du gouvernement actuel , des députes, des anciens ministres, les Présidents des assemblées, des maires, des maires d'arrondissement, des personnalités du monde de l'économie, des arts et du spectacle, etc.- et des différents acteurs qui ont fait la réussite de cette soirée. Toutes ces festivités ont pu être suivi sur les chaînes de télévision françaises, cela a demandé un effort considérable et exceptionnel, mais ce n'est pas tous les jours que l'on fête les 50 ans d'Israël et la prochaine fois se sera dans 50 ans, si Dieu le veut.

Pour le prochain Jubilé, j'espère que nous serons là en tant que spectateurs et que je pourrais enfin me reposer. Tous les moyens ont été réalisés afin de reussir cette fête, l'impact sur l'opinion public en France a été très convaincant et ce fut un grand jour pour tous les amis d'Israël juifs et non-juifs.

NZ: Pourquoi cette fête diplomatique a-t-elle eu cette ampleur? Tout en sachant que des fêtes ont eu lieu dans toute l'Europe, sans avoir de telles répercutions ?

Y.P: Je crois que l'amitié entre la France et Israël est une donnée de base qu'on ne peut pas nier. Il y a des divergences politiques et diplomatiques de temps en temps, des moments moins bons, nous ne pouvons le nier. Il y a une base de soutien solide et général à la société israélienne, et je crois que c'est ce que l'on a pu constater lors de cette soirée au Trocadéro de la part de la société française.

NZ : Une question que toute la communauté s'est posée, pourquoi ce désir de fête diplomatique à une fête plus populaire comme en Israël ?

Y.P: Pour être plus juste, je crois qu'il faut dire que cette fête comprenait tout. S'il avait une partie officielle, il y avait aussi une partie populaire. Nous aurions pu faire une grande soirée diplomatique, comme d'habitude avec plus d'officiels et plus grande, mais ça aurait concerné que les personnalités.

Nous aurions pu faire également une grande fête ou une kermesse, ça aurait plus à tous les nos amis de la communauté, mais ça n'aurait pas implique la classe politique et les médias. D'ailleurs les médias nationaux ne se seraient pas déplacés pour une version améliorée d'un &laqno;Yom Hatorah ou d'un Judéoscope», ce qui aurait pu plaire à un grand nombre dans la communauté. Nous voulions une fête pour tout le monde, pour toute la société française, tout l'arc-en-ciel politique, social et culturel de la France et c'est comme ça que l'on a dû choisir cette formule un peu mixte qui a donné un résultat qu'on ne peut que ratifier.


Finalement, nous avons réussi à réunir toutes les personnalités politiques et autres, mais nous avons également mobilisé 30 à 40 mille membres de la communauté et amis d'Israël dans les jardins, dans lequel nous avions prévu des stands, deux écrans géants et un orchestre à l'extérieur qui a joué des chansons israéliennes sur lequel on pouvait danser et chanter jusqu'à trois heures du matin. Je dois vous avouer également qu'il est rare de voir un Ambassadeur d'Israël chanter et danser sur une scène, ça ne se voit pas tous les jours.

CD : Il y a eu des problèmes afin d'accéder au Trocadéro. Nous avons pu constater que la plupart des gens sont venus à cet anniversaire, mais à des heures complètement décalées.

Y.P : Evidement, quand on veut faire une fête d'une telle envergure à Paris, on fait toujours face à ce genre de problèmes. La sécurité a été un point important dans l'organisation de cette soirée, autour des jardins, des entrées ou la police française a réalisé un travail extraordinaire et efficace afin que cette soirée se passe dans les meilleures conditions.

Nathalie : Le Trocadéro a eu sa fête, mais il faut rappeler qu'Israël a eu sa grande fête, et qu'autour de ces festivités , quelques problèmes ont surgit et surtout concernant le ballet dela Compagnie de danse " Bat-Sheva ".

Y.P : Je crois que vous voulez faire allusion à cette compagnie qui a renoncé à se produire dans le grand spectacle de &laqno;Yom Haatsmaout ». Ils ont décidé de ne pas se produire car ils avaient été sévèrement critiqué par les milieux ultra-orthodoxes. Je vous rappelle qu'ils ont le soutien inconditionnel du directeur général du cinquantenaire mais ils sentaient que la pression était trop forte, et ils ont préfèré se retirer.

C'est lamentable, mais sa reflète les tensions qui existent en Israël entre les religieux et le reste de la société israelienne. Il est regrettable que les choses se soient passées ainsi mais c'est un des aspects de la vie israélienne.

CD : Il semblerait que les danseurs devaient se dévêtir ?

 Y.P : Non, pas du tout. Il n'était pas question qu'ils dansent nus. Ils étaient sensés danser avec des sous-vêtements, mais qu'est-ce qu'un sous-vêtement ?
Quand on va à la plage, on voit des gens qui sont vêtus avec pratiquement rien sur eux, il y a dans le spectacle, un moment ou effectivement, ils enlèvent une première couche mais ils leurs restent leur juste-au-corps de danse.

D 'ailleurs, il n'a jamais été question que les corps soient dévoilés mais au contraire cachés. Cette fête devait être une fête pour toute la population israélienne et non pas réservée qu'à une seule catégorie de personnes. Il est vrai que cette compagnie mondialement connue avait fait parler d'elle auparavant pour des spectacles très provocants, par contre &laqno;Les carillons du Jubilé » est un spectacle à caractère tout public.

NZ : je sais que vous êtes très pris, je vais vous poser la dernière question : 50 ans, une étape dans la vie d'Israël et demain ; et &laqno;l'Hatikva » restera-t-elle un hymne ou deviendra-t-elle un message de paix ?

Y.P : L'Hatikva est et reste l'hymne national israélien, il porte en lui un message d'espoir qui consiste à être un peuple libre.


Et un peuple n'est jamais libre sauf s'il réussit à vivre en paix avec ses voisins, et c'est la meilleure des choses que nous pouvons souhaiter. La voix d'Israël est de faire la paix, une partie du chemin a déjà été effectué, mais la tache n'est pas terminée. Les premiers 50 ans de l'Etat d'Israël sont un succès et j'espère que les prochaines 50 années soient sur le front de la paix.

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