Rencontre avec Paul-Loup Sulitzer

Paroles d'hommes - le - par .
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Rencontre avec Paul-Loup Sulitzer :

plou.jpg.jpgL'homme caméléon.

Il n'est jamais là où vous l'attendez, il n'est jamais celui que vous aviez rencontré. Très homme d'affaires et très écrivain, très français et très israélite, la tête à droite et le coeur à gauche ou, le coeur en l'air et la tête en Concorde, difficile de le saisir! Dans sa tour de contrôle, Sulitzer s'empli de l'air du temps. Créateur par excellence, il transforme à sa guise en affaire, en roman, en guide. Il se distribue joyeusement à travers les médias qui ne lassent pas de s'étonner du talent de cet homme... caméléon ouvert aux quatre vents.

A: Vous préférez votre image d'homme d'affaires ou bien celle d'écrivain?

P.L.S: Celle d'un homme qui est un créateur. Je n'ai pas envie d'être mis dans une petite case. J'ai toujours gagné ma vie, depuis l'âge de 16 ans, par des idées créatrices quelques soient mes activités.

A: Vos romans collent toujours à l'actualité, est-ce générateur de Best Seller?

P.L.S: Ce n'est pas toujours générateur de best seller, mais c'est ce que je fais le mieux. J'analyse bien les tendances et le monde dans lequel je vis. Avec Money, j'ai inventé dans les années 80, la littérature financière. Avec Le nouveau cartel, j'ai parlé du blanchiment de l'argent, de la drogue alors que personne n'en parlait. J'ai toujours anticipé sur les grands sujets de société.

A: Vous avez reçu 600 000frs d'acompte pour l'écriture d'un livre sur L'or des nazis. Vous pensez que cela va être le scandale ou l'affaire du siècle?

P.L.S: Non et je travaille sur plusieurs autres sujets. Je ne suis pas encore décidé. Mon contrat correspond à cette possibilité et aussi à celle d'interchanger les sujets par une idée que j'aurais, au moment ou je l'aurais.

A: C'est plutôt flatteur de recevoir 600 000frs sur une éventuelle idée non ?

P.L.S: Non, pas vraiment. J'ai reçu beaucoup plus, 5 millions de francs pour certains contrats. Mais soyez rassurée, on ne vous paie que ce que vous valez! Personne n'est philanthrope

A: L'affaire Papon pourrait être un Best Seller?

P.L.S: Non, avec la tête qu'il a! un cauchemar! Par contre, le procès de la collaboration serait intéressant. Papon est l'élément nauséabond et méprisable d'une situation plus générale tout aussi méprisable. Le procès de la collaboration n'a jamais été fait! C'est comme une nappe en putréfaction au-dessus d'une ville et que personne ne nettoierai. Dans notre histoire, cette nappe c'est la collaboration. La France a mis la chape de silence et de plomb sur une affaire douloureuse, si, comme les Américains pour la guerre du Vietnâm, elle assumait ses crimes, ils seraient soldés. Mais personne ne règle ce problème. Il vit avec nous comme un péché et colle à la peau. Il faut tout de même rendre hommage à Jacques Chirac d'avoir reconnu les crimes du gouvernement de Vichy. C'est un grand progrès pour un président de la République en fonction et je l'en remercie. Cela prouve que je ne me suis pas trompé sur ses qualités de coeur.

A: Parmi les romans que vous avez écrit, quels sont vos favoris?

P.L.S: Le roi vert et Hannah. Le premier, parce que je lui ai insufflé tous mes fantasmes, j'y ai mis mon coeur et beaucoup de situations vécues par mon père, des amis ou par moi même. Pour Hannah, parce que le personnage m'a séduit et je me suis amusé en le faisant. Ce sont mes deux livres préférés, avec bien sur, le premier Money, très autobiographique.

A: Appliquez- vous une technique particulière pour écrire?

P. L. S: Ma seule technique est de travailler 5 heures par jour, matin ou soir. Mais, je suis plutôt du matin.

A: Et si la première page reste blanche?

P.L. S: Dans ce cas, je reste 5 heures devant la page blanche et j'ai mal à l'estomac.

A: Qu'attendez- vous encore de la vie. Vous semblez combler affectivement et financièrement, les riches sont-ils heureux?

P.L.S: On est toujours le riche de quelqu'un et j'aime tellement la vie que j'en attend plein de choses, tout! Je n'ai rien à prouver de plus ou de moins, ce qui m'intéresse c'est un beau paysage, un sourire, des contacts humains. Ce sont les moments de vie qui m'intéressent, les moments de joie simple avec les enfants ou autour d'un bon plat...

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A: En parlant de bon plat, depuis la sortie de votre livre Maigrir, vous avez repris quelques formes! Vous aviez maigri pour séduire votre femme, estimez- vous qu'aujourd'hui la séduction est au-delà des formes?

P.L.S: Non, mais suite à un coup de stress et beaucoup de travail, j'ai laissé mes principes de cotés et j'ai compenser avec la nourriture. Mais je suis encore pas mal non! Dans un autre genre...(sourire). La séduction ne passe pas forcement par la minceur, mais il faut rester convenable. Il suffit de s'y remettre!

A: Comment vivez vous votre judaïsme?

P.L.S: Je ne suis pas très religieux, mais je respecte les traditions et je participe à toutes les grandes fêtes. Je ne suis pas le juif le plus religieux de Paris, mais je suis pas anti- religieux. Je pense que chacun a le doit de vivre son judaïsme comme il l'entend. Ce qui compte pour moi, c'est de croire en D. ieu

A: Il y a quatre ans, à la question: "croyez vous en D. ?" Vous avez répondu: "Je doute, MAIS je crois .". Votre réponse aurait-elle changée?

P.L.S: Je doute toujours ET j'y crois.

A: Quel conseils donneriez- vous à " France 2000 " ?

P.L.S: Si la France veut évoluer, elle doit se moderniser dans son état d'esprit. Malheureusement, elle a pris un retard considérable dans beaucoup de domaine. Domaine des nouvelles technologies qui subissent la législation. Domaine financier, par rapport à la City de Londres, la place de Paris n'existe même pas. Domaine juridique et administratif où il y a trop d'états, trop de réglementations mal placés. Les pédophiles peuvent s'en donner à coeur-joie, mais si vous voulez faire une opération financière, vous avez 55 règlements qui vous en empêchent! Il faudrait moins d'états pour avoir un état plus fort pour le social et la justice. C'est ce qu'a fait Clinton et c'est ce que fera Tony Blair...

En France, les idéologies sont encore très fortes à droite comme à gauche, mais nous sommes embarrassés par un carcan administratif, on confond le social avec trop d'état. Nous avons besoin d'un pays qui rende la justice rapidement, qui défend les faibles contre les forts et protège ses citoyens. Nous n'avons pas besoin que l'état intervienne dans tous les problèmes de la vie quotidienne! Donc, réforme de l'état et réforme fiscale, sinon la France perdra ses marchés et son indépendance. On peut être performant et social. Ce n'est plus une question de gauche ou de droite, mais un question de moderne et d'ancien. La dualité des deux mondes persiste.

A: Pensez-vous faire de la politique un jour?

P.L.S: Il y a tellement de gens qui en font, que je leur laisse ce plaisir. La politique ce n'est pas mon domaine, mais je pense que nous devrions aller vers une société plus responsable, plus libérale et plus solidaire... On en n'est loin.

A: Qu'est-ce que vous diriez à ceux qui appréhende l'avenir?

P.L.S: La vie appartient aux hommes qui ont des idées, non pas aux homme qui ont de l'argent. Le XXI ème siècle sera un siècle féminin qui rendra sa valeur aux idées. Tant qu'il y aura des gens qui créeront le totalitarisme ne passera jamais.

Propos recueillis par Patricia-Ester Champion

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