" J'en ris!" Alexandre Del Valle

Paroles d'hommes - le - par .
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                                                                    "J'en ris !"
                                      Alexandre Del Valle répond à ses détracteurs

Propos  recueillis par David Reinharc et Serge Lukasiewicz (1) pour le Jerusalem Post
Site Officiel d'Alexandre del Valle : http://www.alexandredelvalle.com
Car ceux qui connaissent réellement  l'extrême droite et mes perceptions savent que Le Pen me tient pour un agent  israélien et que le Front national, comme le GRECE, la nouvelle droite et la  quasi-totalité de l'extrême droite me détestent et combattent mes thèses

Alexandre Del Valle est un personnage controversé, en  particulier pour ses écrits sur l'islamisation de l'Occident. En plus d'être  géopolitologue, il est fondateur, avec Rachid Kaci (2), de la Droite libre,  cette branche de l'UMP dont le slogan est "une droite décomplexée pour une  France forte".

- Vous êtes un des géopolitologues les plus attaqués qui  soient. Qu'est-ce qui motive, selon vous, le harcèlement dont vous êtes l'objet  ?

- Je pense, sans orgueil aucun, que mes écrits, sérieux  et documentés, dérangent des milieux divers fort puissants, parfois  contradictoires. Or, comme je suis un chercheur engagé et libre à la fois, je  suis capable de chercher et de frapper dans plusieurs directions et de décevoir  tous les manichéens qui veulent ranger les gens dans les cases.

J'ai un nombre d'ennemis incroyable ! Ces ennemis, -  déclarés ou pas : pro-islamistes et/ou proarabes de gauche, d'extrême  gauche et d'extrême droite antisioniste, de milieux diplomatiques ou  politiquement corrects pro-islamistes -, ne peuvent pas prouver que j'ai tort  ou que je noircis le triste tableau de la vulnérabilité de l'Occident face à  l'offensive islamiste radicale et terroriste.

Alors ils n'ont d'autres solutions que de me faire passer  pour un dangereux manipulateur, extrémiste ou au passé sulfureux ou aux  prétendues amitiés troubles.

Mais l'important est que ma conscience est tranquille.  Mes écrits font foi :

aucune haine, aucune profession de foi contraire à  l'humanisme qui m'est cher, et aucune déformation des faits. On ne me pardonne  pas notamment d'être passé d'une famille politique de départ gaulliste,  antiaméricaine et souverainiste à un positionnement libéral proaméricain - mais  capable de critiquer les erreurs des Etats-Unis - et pro-israélien.

On refuse de croire qu'un chercheur puisse être à la fois  membre d'un parti politique - l'UMP de Nicolas Sarkozy - et indépendant. On me  reproche aussi d'avoir comme maîtres ou amis des gens inclassables et libres  comme Bat Yé'Or, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, ou Pierre-Marie Gallois, les  premiers qui, en Europe, ont tiré il y a vingt ans la sonnette d'alarme et  analysé la menace du totalitarisme islamiste à l'assaut de l'Occident.

On ne me pardonne pas de critiquer l'islamisme non pas  comme certains islamophobes en rejetant tout dans l'Islam, mais au contraire en  proposant une alternative libérale et progressiste pour le monde arabo-musulman  incarné par des musulmans anti-intégristes comme le grand intellectuel tunisien  Mezri Haddad, le franco-algérien Rachid Kaci avec qui j'ai créé la Droite libre  à l'UMP, l'ancien ministre du Chah Houchang Nahavandi, l'opposant iranien Kaveh  Mohsseini, et tant d'autres musulmans qui dénoncent comme Abdelwahhab Medeb,  Souheib Bencheikh ou Mohamed Charfi, "la maladie de l'Islam".

Enfin, on ne m'a pas pardonné d'avoir été un peu  "trop" médiatisé après les attentats du 11 septembre et d'avoir dans  Le Figaro et sur les écrans et radios dénoncé le nouveau Munich occidental et  européen face au fascisme islamiste, puis le phénomène de dhimmitude qui frappe  progressivement les pays déclinant d'Europe - psychologiquement et  démographiquement -, qui s'enfoncent toujours plus dans le syndrome que Bat  Yé'Or a nommé Eurabia.

- Ne vous êtes-vous pas compromis en prenant la parole  dans des causeries ou salons du livre dont les couloirs étaient arpentés par  des hommes d'extrême droite au rugissement haineux ?

- Non, en tout cas pas à mes yeux ni aux yeux des grands  résistants ou rescapés de la Shoah ou même des chasseurs de nazis qui m'ont  formé ou fait confiance et qui savent que par la présence et le dialogue, j'ai  appris plein de choses sur les mouvements totalitaires.

Concernant les gens "au rugissement haineux",  je ne les tiens pas pour amis, et je condamne dans mes écrits leurs idées  extrémistes. Si j'ai pu entamer une thèse de géopolitique fort documentée sur  les Rouges Bruns Verts (extrême gauche, fascismes divers et islamisme) puis  contribuer à mieux analyser les contours des nouvelles menaces pour l'Occident  judéo-chrétien, c'est bien parce que je suis allé sur le terrain, au Liban, en  Afrique, en Amérique latine et parce que j'ai recueilli, avec professionnalisme  et pragmatisme, témoignages, interviews, etc.

Mon seul but était d'étudier les nouvelles menaces  totalitaires anti-occidentales. Or je pense que personne ne doute que mon camp  est celui de l'Europe et de l'Occident ! Comme Nicolas Sarkozy face à Ramadan,  je pense que le meilleur moyen de combattre un ennemi est de débattre avec lui  pour le confondre et le connaître.

- Vos adversaires vous reprochent votre affinité  intellectuelle avec Alain Griotteray. Pouvez-vous nous parler de lui ?

- Rappelons les faits : récemment, les auteurs d'un  ouvrage-procès antisioniste dénonçant la soi-disant OPA sur les Juifs de France  m'ont notamment accusé d'avoir été jadis repéré et promu au Figaro Magazine et  au sein du RPR-UDF par Alain Griotteray, lequel avait osé publier un livre sur  la droite molle. Griotteray aurait un jour préconisé une alliance de toutes les  droites pour battre la gauche, ce qui permet à mes détracteurs de m'assimiler à  la droite radicale.

Or non seulement Griotteray n'a jamais fait alliance avec  le Front national de Le Pen, mais il a toujours été l'un des plus grands  défenseurs d'Israël en France et zélé combattant de l'antisémitisme.

Griotteray a été le créateur du premier grand réseau de  résistants en 1940 en France à une période où les communistes donneurs de  leçons de morale faisaient la propagande du Troisième Reïch au nom de  l'Alliance Hitler-Staline...

- Quel est le combat que vous menez ?

- Un combat de défense de notre modèle fragile de  société, car les sociétés ouvertes qui sont les nôtres ne survivent qu'autant  que nous les défendons, du point de vue territorial, humain et idéologique.  Karl Popper est l'une de mes références majeures, avec sa contribution  historique The Open society and its ennemies.

Or je pense que les ennemis du monde libre sont les mêmes  Rouge Brun et Verts, totalitaristes antioccidentaux, antidémocratiques,  antilibéraux, antichrétiens, maladivement antiaméricains et antijuifs. Donc  liés et convergeant par les mêmes haines.

- Pourquoi, du jour au lendemain, et alors que rien, à ma  connaissance, ne vous rattache à cette communauté, vous êtes-vous senti  concerné par la condition de l'homme juif ?

- Plus de choses que vous pourriez soupçonner me  rattachent à cette communauté ! Je ne l'ai jamais clamé sur les toits comme le  font les instrumentalisateurs professionnels et détourneurs de la mémoire  juive, mais je vais déroger aujourd'hui à cette pudeur qui permet aux  détracteurs de soupçonner n'importe quoi et de délivrer leur théorie du complot  d'infiltration des Juifs.

Premièrement, le fait d'avoir subi depuis mon jeune âge  l'antisémitisme en raison de mes origines pieds noirs et de mon patronyme réel  qui sonne très "Juif tune".

Deuxièmement, le fait d'avoir épousé en 1999 une Juive  argentine d'origine ashkénaze dont la famille a été marquée par les pogroms  ukrainiens et polonais et la Shoah.

J'ajoute que je fréquente plus les fêtes juives que les  fêtes chrétiennes depuis plusieurs années déjà, et que c'est une communauté que  j'ai épousée via cette nouvelle famille, communauté de surcroît la plus  directement et obsessionnellement touchée et visée par les totalitarismes rouge  brun vert que j'étudie et combats depuis des années.

Enfin, je constate que je n'ai jamais été autant attaqué  médiatiquement que depuis que je défends Israël et les Juifs de France victimes  de l'antisémitisme   rouge-brun-vert...  Je suis donc  une victime directe et indirecte de l'antisémitisme.

- A ceux qui vous accusent d'être un cheval de Troie  frontiste, que répondez-vous ?

- J'en ris ! car ceux qui connaissent réellement  l'extrême droite et mes perceptions savent que Le Pen me tient pour un agent  israélien et que le Front national, comme le GRECE, la nouvelle droite et la  quasi-totalité de l'extrême droite me détestent et combattent mes thèses, pas  uniquement "sionistes", mais également relatives à la nécessité  d'édifier un Islam de France républicain et de réussir l'intégration des  immigrés.

Ce à quoi je travaille avec Rachid Kaci, Mezri Haddad,  Kaveh Mohsseini, Jbil Kébir et tant d'autres musulmans français modérés que  l'extrême droite déteste autant que les islamistes car immigrés, alors que ces  musulmans non intégristes sont pour moi des frères et des compatriotes à part  entière comme tous les autres Français de toute origine du moment que, comme  l'a dit Nicolas Sarkozy, les lois de la République et le respect du drapeau  français sont observés.

- Que pensez-vous de la politique de retrait unilatéral  des derniers gouvernements israéliens ? Quel peut en être l'impact  géostratégique sur la région selon vous ?

- J'ai toujours pensé qu'Ariel Sharon qui en est à  l'origine est un génie stratégique et géopolitique. L'avenir dira s'il a eu  politiquement raison ou géopolitiquement tort...

(1) David Reinharc est directeur littéraire et  journaliste. Serge Lukasiewicz est enseignant à l'université Bar-Ilan.
(2) Voir Le Jerusalem Post édition française n° 771.

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