L’association NOA Oser le dire

Femmes de paroles - le - par .
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A-Noa-20081.jpgL’association NOA Oser le dire a été créée en 2007 pour sensibiliser sur un des tabous de la communauté juive : la violence conjugale. Elle a mis en place une ligne d’écoute pour orienter et aider les victimes. Ce dimanche, elle organise un colloque en présence de nombreuses personnalités. Sarah Cohen, la présidente revient sur les actions menées.

Pouvez-vous rappeler la genèse de NOA Oser le dire…

La WIZO a initié une enquête nationale menée par Sonia Sarah Lypsic auprès des présidents de communautés et des rabbins pour savoir s’ils étaient contactés par des femmes victimes de violences. Le fait s’est confirmé. C’est ce qui a amené Evelyne Berdugo, présidente de la Coopération Féminine et Nathalie Cohen-Beizermann, présidente de la WIZO à créer NOA.

Y’a-t-il eu des réticences de la part de certaines institutions ?

Pas de la part de celles qui ont signé notre charte communautaire de lutte contre les violences*. Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim nous soutient également depuis le début. D’autres associations n’ont pas toujours vu d’un bon œil le travail que nous voulions entreprendre. Mais je crois que le déni de la violence conjugale est en train de s’estomper.

Qu’attendez-vous des autorités rabbiniques ?

Quand une femme décide de parler, elle s’en remet soit au commissariat, soit au rabbin. Or, les rabbins ne sont pas toujours formés pour soulager la douleur de ces femmes et les orienter. L’idée d’une formation est en projet pour apporter des méthodes et des réponses adéquates.

Justement, quel bilan faites-vous de votre ligne d’écoute ?

C’est encore en-deçà de nos attentes. Depuis la création de la ligne, les femmes ne parlent pas davantage. Je ne sais pas si on arrivera à faire tomber les barrières et si c’est notre rôle. Mais nous sommes contents de pouvoir écouter et aider des femmes. On existe et elles le savent.

Certaines de ces femmes vivent-elles depuis longtemps dans la détresse ?

Oui, beaucoup d’entre elles sauf lorsqu’ont jeunes. Elles ont leur indépendance financière, et ont appris que rien ne justifiait un coup. Ce qui nous préoccupe, c’est la tranche 50 ans et plus. Il y a même des femmes de 70 ans battues et humiliées. Quand elles ont réussi à régler leur quotidien sur le plan matériel, elles prennent la décision de briser le cycle de la violence.

Quel est l’ambition de votre colloque ?

C’est un laboratoire d’idées. Nous attendons des spécialistes présents (voir lien) de nouvelles pistes de réflexion. Nous proposons trois tables-rondes dont une sur «Les conséquences de la violence sur les enfants». Ce point nous tient particulièrement à cœur, car hélas les parents ne se donnent pas rendez-vous pour se disputer. Les enfants en subissent aussi les conséquences.

Propos recueillis par Paula Haddad

* Le Fonds Social Juif Unifié, l’OSE, le CASIP-COJASOR, le Consistoire de Paris et d’Ile de France et le Consistoire Central.

NOA Oser le dire : ligne d’écoute du lundi au jeudi de 10h à 16h : 01 47 07 39 55

Colloque Les violences conjugales «Brisons le silence » : Dimanche 11 janvier de 14 à 18 heures à l’Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris. Réservations : 01 47 07 39 55 / noa.osez@hotmail.fr Programme complet :

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