Interview exclusive de Lara Fabian

Femmes de paroles - le - par .
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LARA.jpgC'était à la terrasse d'un café parisien, aux différents sublimes rayons de soleil, que Lara Fabian nous attendait.

Entourée d'une somptueuse coupe de fruits rouges et d'une bouteille d'eau fraîche, elle a accepté, avec tout son charme, son élégance et sa simplicité, de répondre à nos questions pour son nouvel album Toutes Les Femmes en Moi qui sortira le 25 mai prochain.

Laurent Bartoleschi: Lara Fabian, merci d'accepter notre invitation pour parler de votre nouvel album Toutes Les Femmes en Moi (Polydor). Alors, ce titre est évidemment évocateur puisque votre douzième opus se compose de titres que le public connaît, en effet, il s'agit de douze chansons issues du Panthéon de la Chanson Française, de Edith Piaf à Barbara en passant par Dalida ou encore Maurane. Vous faites une déclaration d'amour à ces chanteuses, un véritable hommage plutôt qu'une compilation, non?

Lara Fabian: Oui, plutôt un autoportrait avec en fil rouge leurs chansons et leur contribution à la musique qui véritablement m'a construite. Vous parliez de Panthéon, je suis vraiment d'accord.  Elles ont fait qu'un jour j'ai voulu faire ce métier, de le continuer et aujourd'hui de mieux le comprendre et surtout de m'engager dans cette expérience comme on s'engage dans un véritable sacerdoce si je peux me permettre. Ces chansons, ces chanteuses m'ont vraiment faite, oui.

L.B: Comment est née cette envie de vous lancer dans cette aventure intime finalement ?

L.F: C'est vrai que l'on pourrait penser qu'un album où je reprends les chansons des autres n'est ttles.jpgpas un album personnel, or il est plus infiniment plus que les autres. C'est issu d'une question  que m'a posée ma meilleure amie, un soir (ça nous arrive d'élaborer des conversations existentielles)  et elle m'a demandé comment devient-on ce que l'on est, non pas ce l'on souhaiterait devenir, ou ce à quoi on aspire, juste ce que l'on est. Et je me souviens lui avoir dit que les femmes dans ma vie avaient été primordiales (elle entre autre), ma mère, et on a fait une digression des femmes plus célèbres: certaines comédiennes, certaines auteurs, compositeurs  et puis des chanteuses qui m'ont véritablement ému, touché.

L.B: A partir de quel moment pourrait-on dire que l'on devient une femme?

L.F: On naît Femme et l'on est toutes ces femmes: maman, la fille de, la sœur de, la maîtresse de, mais ce n'est pas parce que l'on devient tout d'un coup maman que l'on est plus Femme que ce que l'on a été de par sa naissance. Non je ne crois pas cela. On est une multitude de chose à la fois, et dans la maternité, il y a comme une éclosion extraordinaire, certes, une face au monde qui est différente, un alignement de priorité que l'on n'attendait pas, c'est vrai, mais je ne fais pas partie de celles qui tout d'un coup se sentent Femme, parce qu'elles ont mit un enfant au monde.

 L.B: Lorsque l'on écoute ces chansons et/ou (re)lit les paroles, il y a comme une amertume voire même de la solitude, chez ces femmes, vous confirmez?  

L.F: C'est vrai, elles parlent d'amour, comment on les quitte ou comment on le quitte et en même temps, ce qui les relie toutes, c'est qu'elles ont une force émotionnelle et psychique extraordinaire. Je trouve que ces femmes ont quelque chose en commun, leur côté "Mec". Elles ont toutes quelque chose de l'ordre de cette détermination, cette puissance que l'on prête aux hommes. C'est peut être aussi l'énergie qu'il fallait avoir pour exister au-delà de certains obstacles quand on était Femme dans une société des années 1940 aux années 1960.

L.B: Il y a beaucoup d'artistes comme Charles Aznavour, où lorsque l'on écoute ses chansons, on se dit "ça m'est déjà arrivé!". Y-en- a-t-il  dans votre sélection sélective?

L.F: Alors, il y a entre autre cela mais il y a surtout des mémoires, des moments où des souvenirs très forts et précis qui me sont arrivés. Pourquoi cette chanson m'a influencé, qu'a-t-elle pu générer en moi? Evidemment, il y a des chansons comme l'Hymne à l'Amour, qui porte bien son nom, qui est la quintessence de ce que l'Amour peut représenter, quand on est veritablement à l'intérieur de ce sentiment. De cette façon, on a tous vécu cela. Mais pour moi, ce n'est pas une collection de chanson qui me rappelle des émotions que j'ai vécu mais plutôt une collection qui me rappelle des carrefours traversés et des obstacles dépassés.

L.B: C'est votre douzième album. On a l'impression que chaque nouvelle album est comme une nouvelle vie, une nouvelle histoire, est ce le cas ici?

L.F: Il y a quelque chose de cet ordre qui commence et qui s'arrête et qui est unique. Je le vois comme cela parce que je suis une fille très "carpediemiste" qui vit dans le présent,  je sais que la vie n'est qu'une succession de moments présents, je crois énormément au pouvoir de l'éphémère, non pas au sens premier du terme mais plutôt au second, c'est-à-dire que dans l'instant qui passe, il y a forcement quelque chose qui ne se reproduira jamais plus, et ainsi qui est extrêmement précieux, aussi, j'entreprends chaque nouvel album avec cette réalité.   

L.B: Peut-on espérer une "saison II" avec cette fois-ci des chanteuses internationales, comme par exemples des chansons de Barbra Streisand qui est l'une de vos références?

L.F: Cet album "existe" forcément. De part ma culture et ma naissance, j'ai été influencée par des femmes italiennes, espagnoles, américaines, anglaises et toute cette partie s'appellerait EWIM(  Every Women In Me) et il sortira bientôt.

L.B: Quittons un bref instant cette univèrs purement féminin pour nous dire quels seraient les hommes de votre vie?

L.F: En musique, il y aurait Stevie Wonder, Phil Collins, Freddie Mercury, Franck Sinatra, Tony Benett et tout récemment Michael Bubblé, alors que les hommes de ma vie privée seraient mon père, l'homme que j'aime et puis quelques hommes emblématiques autour de moi qui ont une importance véritable dans le temps. Mais je suis beaucoup plus entourée de femmes et les quelques hommes qui sont autour de moi généralement sont un peu différents et ont une sensibilité très exacerbée.

L.B: Vous avez participé à un film mais il s'agissait d'un mini mini rôle. Actrice vous allez l'être très prochainement, mais au théâtre avec une représentation de la célèbre comédie musicale  Victor/Victoria.

L.F: C'était super! J'ai vécu une expérience avec Irwin Winkler (De-Lovely, NDLR) vraiment magnifique, alors oui on me voit une minute trente, mais en réalité, le tournage a duré plus d'une semaine! Ça, c'est un défi fabuleux! Etre seule sur scène, et contrairement au film de I. Winkler, je peux jouer, danser, chanter, me transformer en garçon, chose que je rêvais de faire d'ailleurs, ça va être très intéressant. Il y aura même un projet cinéma si vous voulez tout savoir, mais patience vous en serez informés, promis.

Laurent Bartoleschi

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