Interview de Vanessa Demouy : nos plus belles vacances. Laurent Bartoleschi pour Alliance

Femmes de paroles - le - par .
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vanessa.jpgEn 1976, le Concorde effectue son premier vol; en 1976, le loto lance ses premières boules.
Mais en 1976, c'est aussi la grande sècheresse, pas une goutte de pluie n'est tombée sur le pays de tout l'été alors que plus de la moitié des ouvriers, deux employés sur trois et huit cadres sur dix sont partis en vacances en 1976.

Parmi eux, on retrouve Claude, juif d'Algérie arrivé quinze ans plus tôt, accompagné de sa charmante femme Isabelle, de ses deux garçons Simon et Bibou et de sa belle mère.
Se joint à eux, deux couples d'amis Bernard et Bernadette, et, Jacky et Marie-Jeanne.
C'est dans un coin bien spécifique de la Bretagne qu'ils se sont donnés rendez-vous: au Rocher Abraham.

Ils seront accueillis dans un premier temps avec méfiance par les habitants de la région. Ces derniers se rendront rapidement compte qu'avant d'être des pieds-noirs et/ou des parisiens, provinciaux, ce sont des hommes. Quelque chose vont les lier.
 
Premier film du comédien Philippe Lellouche, et avec une belle brochette d'acteurs: nos_plus_belles.gif

de Gérard Darmon, Christian Vadim aux sublimes Julie Gayet et Julie Bernard,  Nos plus belles vacances  est tiré d'une histoire vraie, la sienne, celle de ses vacances qu'il passait enfant en plein milieu des années 70, entouré de sa famille au complet.

Mais aussi, c'est pour l'une de cette raison qu'il a décidé de réaliser cette comédie si fraîche avec un joli panel de son entourage de son frère Gilles en voix-off, son fils Solal et de sa femme Vanessa Demouy qui a accepté de répondre à nos questions.

Interview
 
 
L.B: Le film se déroule en 1976, vous, Vanessa, que faisiez-vous en ces temps-ci ?

Vanessa Demouy: J'étais toute petite, j'avais 3ans, et contrairement à mon mari qui lui partait en Bretagne comme nous le raconte le film, je me trouvais comme chaque année en Auvergne.
Et malgré les kilomètres qui séparent ces deux provinces, nous avons passés des vacances similaires: de grandes tablées, des souvenirs familiaux très marquants.

On était tous réunis autour de ma grand-mère où se joignaient les gens du cru.

Particuliers à prime abord, mais lorsque vous appreniez à les connaitre, ils étaient capables de vous ouvrir leur porte sans aucun problème.

Vous rencontriez des gens fidèles, chaleureux, entiers. J'ai vraiment de beaux souvenirs d'enfance, qui sont assez proches de ceux du film finalement, avec ce sentiment de liberté qui n'appartient qu'à l'enfance.

1976 pourrait se résumer à cela: des années que je garde au fond de mon cœur. Ces étés avec ma famille lorsqu'elle était encore au complet.

L.B: Votre fils Solal joue le rôle de Philippe enfant, vous, comment étiez vous petite ?

V.D: J'ai eu la chance enfant d'être considérée comme un enfant. Nous les enfants des années 1970 étions très protégés; les médias n'étaient pas encore ce qu'ils allaient être.
Les enfants pouvaient être naïfs. Nous n'étions pas impliqués dans les problèmes des grands.
Vivre notre enfance en paix, étant une enfant du divorce, je remercierai jamais assez mes parents de ne pas avoir grandit trop vite.

L.B: "Il y soufflait comme un parfum d'interdit…", nous glisse t-on dans le film. Quelle serait cet interdit?

V.D: Tout dépend de l'âge de la personne qui le dit. Chaque personnage a ses propres limites.
On fait les "choses" aussi bien avec ce que l'on est qu'avec ce que l'on a.
Pour les enfants, l'interdit serait d'organiser des boums sans que les parents le sachent; oser braver le regard des copains pour aller demander une jeune fille à danser au bal.
Pour ce qui est des adultes, cela peut être beaucoup plus compliqué puisque tout devient compliqué lorsque l'on grandit. Il y a autant de liberté, qu'il y a de personnes finalement.

L.B: Philippe vous a raconté ce que cela faisait d'être juif en 1976; vous-même qu'en saviez vous à l'époque?

V.D: Ce que je peux vous dire c'est qu'en 1976, je n'en savais rien de rien. Venant d'une famille auvergnate, catholique, de souche arménienne, très pratiquante, je pensais que tous les enfants étaient comme moi, comme mes ainés.
Je n'imaginais qu'il pouvait y avoir d'autres religions que la mienne!  Mais sinon, Philippe et moi n'avons pas attendu de faire le film pour parler de notre propre religion: nous sommes donc un couple mixte, nous la vivons très librement: je suis une catholique opportuniste: je fête toutes les fêtes chez moi et toutes les fêtes chez lui; aussi, notre toit reste très festif et surtout très ouvert(Rires).
Nos enfants pour le coup sont élevés dans la double religion ou la double culture et on n'oblige personne.

L.B: Dans ce film, on retrouve volontiers des ambiances de films tels qu'Un éléphant ça trompe énormément ou encore les films de Sautet…

V.D: …Exact! Philippe est imprégné de ces réalisateurs, de ces films, de cette époque. Ce sont des films qu'il passe en boucle à la maison, je peux vous le confirmer. Nostalgique de la place de l'homme de cette époque précise. Pour lui les hommes sont des hommes et les femmes sont des femmes. Il est peut être macho, mais en aucun cas misogyne. Je pense qu'il se sent un peu perdu dans notre société. Il aurait préféré avoir son âge dans ces fameuses années 70.

L.B:1976 est une période post M.L.F, on remarque bien que le vent de liberté souffle sur vos deux amies, vous par contre beaucoup moins. Pourquoi?

V.D: Elle a un personnage différente des autres; d'abord elle, n'est pas parisienne, son mari est avocat, surement l'avocat de la ville, elle a un rang à tenir; très maternant, et pourtant elle ne pouvait en avoir, elle est dans le devoir permanant. Rassurante, elle cajole, elle console, c'est comme ça que l'on a construit le personnage. Même si elle se "lâche" en vacances, elle reste dans cette réserve ou cette pudeur qu'avait les grandes bourgeoises de l'époque.
Moi-même, je refusai catégoriquement qu'elle se mette en maillot de bain; d'autant plus, je dois vous avouer que ça m'arrangeait puisque j'ai commencé le tournage un mois et trois semaines après mon accouchement et j'avais encore beaucoup de kilos de ma grossesse. Ce rôle tombait à pic!

L.B: Sinon le cinéma et vous?

V.D: Je n'ai pas encore eu la chance de recevoir de bons scénarios. Je suis nourri très artistiquement par le théâtre, peut être suis-je trop exigeante? Le cinéma étant tellement grandiose qu'il faut que je sois sous le charme total de mon personnage ou d'une rencontre avec un réalisateur

Laurent Bartoleschi pour Alliance

Nos plus belles vacances  de Philippe Lelouche
sortie prévue  dans les salles mercredi 7 mars.

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