La jeunesse de Tel-Aviv oscille entre espoir et désespoir

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                        La jeunesse de Tel-Aviv oscille entre espoir et désespoir

Article paru dans "Le Monde", le 04/07/07

Eytan Fox continue à s'interroger sur la difficulté de vivre des jeunes en Israël dont l'existence se trouve perpétuellement menacée par le terrorisme.
 
The Bubble Comédie dramatique d'Eytan Fox, avec Ohad Knoller, Yousef « Joe » Sweid, Daniela Wircer, Alon Friedmann. Durée : 1 h 57.
 
PEINTRE de la société israélienne, Eytan Fox explore le thème de l'homosexualité dans l'armée (Time Off, Yossi et Jagger) ou met en scène un agent du Mossad métamorphosé en guide touristique pour piéger un ancien tortionnaire nazi (Tu marcheras sur l'eau). Cette fois, dans The Bubble, il s'interroge sur l'avenir de la jeunesse prise entre son amour du pays et la peur du terrorisme. Il s'intéresse ainsi à un groupe de copains qui tentent de vivre loin de l'actualité violente de la bande de Gaza et du climat d'hostilité quasi permanente régnant dans le pays.
 
Noam (Ohad Knoller) est disquaire, Lulu (Daniela Wircer), vendeuse dans une parfumerie, Yali (Alon Friedmann), gérant d'un café. Les trois amis partagent un vaste appartement dans le quartier branché de Tel-Aviv. Ils mènent une existence joyeuse, privilégiée, concentrée sur leurs aventures sexuelles. Mais, lorsque Noam tombe amoureux d'Ashraf (Yousef « Joe » Sweid), un Palestinien, ils se trouvent confrontés à la tragique réalité.
 
Une soupape de sécurité
 
« Tel-Aviv est surnommée la Bulle par les Israéliens, explique Eytan Fox. C'est leur Sodome et Gomorrhe. La ville du plaisir, du péché, de la liberté de moeurs, de la légèreté, par opposition à Jérusalem, plus religieuse, morale et intellectuelle. Tel-Aviv est pour les jeunes une soupape de sécurité. Un endroit de survie qui ressemble à New York, Paris, Londres, toutes les mégalopoles internationales. Une bonne raison pour eux de rester dans ce pays déchiré par la guerre et d'espérer. Aux alentours de la rue Shenkin, où j'habite, se concentrent les galeries d'art, les night-clubs, les restaurants à la mode. C'est le quartier des artistes, des journalistes, des écrivains. Le rendez-vous de la communauté homosexuelle du monde entier. Aujourd'hui, Israël est devenu très tolérant vis-à-vis de cette minorité du fait probablement de la guerre. Beaucoup de jeunes meurent. D'autres rentrent mutilés ou deviennent fous. Ils sont enfermés dans des hôpitaux psychiatriques. Ivi Lider, notre plus grande vedette de rock, qui a écrit la musique du film, clame ainsi son homosexualité haut et fort dans sa chanson L'homme que j'aime. Et personne ne proteste. »
 
Eytan Fox, fils d'immigrés new-yorkais, est arrivé en Israël à l'âge de 2 ans. Il a grandi à Jérusalem avant de s'installer à Tel-Aviv. « Mes grands-parents paternels étaient polonais, précise-t-il. Ils ont émigré à Chicago dans les années 1930. Mon père, rabbin et éducateur, ma mère urbaniste, de bons bourgeois de Manhattan, ont choisi de venir vivre en Israël par conviction idéologique. Jusqu'à sa mort, en 2005 ma mère, qui a construit des logements sociaux pour les Palestiniens, s'est battue pour la paix et la reconnaissance du droit des Palestiniens. Je lui dédie ce film, qui est un hymne à la tolérance et à la paix. Après le tournage, j'ai vécu huit mois en Provence. J'avais besoin d'une parenthèse, de décompresser. Comme les personnages du film, j'oscillais entre espoir et désespoir. Je ne savais plus si j'étais capable de continuer à vivre dans le chaos, la peur d'un attentat. Je ne supportais plus de voir ces jeunes obligés de s'engager dans une guerre sans fin. À présent, je rentre dans mon pays plein d'espoir en l'avenir. J'espère ne pas me tromper ! »
 

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