Réalisateur juif : Robert Siodmak écran noir pour nuit blanche

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Les tueurs de Robert Siodmak

ROBERT SIODMAK : ECRAN NOIR POUR NUIT BLANCHE

Robert Siodomak réalisateur juif d'hollywood

Robert Siodomak réalisateur juif d'hollywood

Les tueurs par Robert Siodmak, reprise en sale en 2017, et “ Deux versions des tueurs “ :  “Les tueurs” de Robert Diodmak et A bout portant par Don Siegel, 3DVD, Carlotta Films.

Après avoir été successivement archiviste, assistant monteur et directeur du département "inserts" de sa société hollywoodienne qui le recruta , Siodmak a poursuivi son apprentissage de metteur en scène en travaillant de manière fort singulière sur le montage de courtes séquences narratives destinées à des oeuvres clés de la Warner dont, entre autres,  Les Fantastiques années 20, GentlemanJim et Une femme dangereuse de Raoul Walsh. Par leur efficacité et leur rythme, eles séquences montées par Siegel donne déjà une idée précise de ce que sera sa manière.

Parallèlement à ce travail de montage, le futur grand maître de la "série B" est engagé comme réalisateur adjoint sur plus de quarante réalisations. Il se voit confier la responsabilité de scènes d'action dans Sergent York, Passage to Marseille et L’intrigante de Saratoga. Et c’est en 1946 avec un thriller Le Verdict qu'il aborde le long métrage. Parmi ses œuvres majeures il convient de signaler  Les Révoltés de la cellule 11, description quasi documentaire de l'univers carcéral,  mais aussi Ici Brigade criminelle, film noir dans la tradition du genre, L’Invasion des profanateurs sépulture, un classique du cinéma fantastique, L’Ennemi Public, portrait très particulier d'un gangster notoire :  Baby Face Nelson. Il faut encore rappeler des œuvres aussi majeures que  À bout portant, remake original des Tueurs, Les Proies et Le Dernier des géants.

 

Des Tueurs (1946) repris en 2017, chef-d’œuvre du film noir imprégné par le style expressionniste allemand, à À bout portant (1964), élégant polar nerveux annonçant le cinéma des seventies et son lot de violences urbaines,  toute l’évolution esthétique et économique d’Hollywood s’affirme.

Robert Siodmak et Don Siegel, chacun à leur manière, sont  parfaitement représentatifs de leurs Epoques.  Dans ces films Charlie et Lee, deux tueurs à gages, sont engagés par un commanditaire anonyme. Dans un institut spécialisé pour non voyants, ils retrouvent la trace de Johnny North et ils l’assassinent froidement. Surpris par l'attitude de leur victime qui n'a pas tenté de fuir ni de leur résister, les deux tueurs cherchent à en savoir davantage.

Le triple coffret édité par Carlotta est complété entre autres par une étude de l’adaptation de la nouvelle d’Hemingway au film noir de Siodmak, par Marguerite Chabrol.

On retrouve aussi un retour sur la genèse, les thèmes et l’esthétique des Tueurs par Hervé Dumont, Directeur de la Cinémathèque Suisse et auteur de l’essai Robert Siodmak, Le maître du film noir.

Est présentée aussi une analyse sur la place du personnage de Burt Lancaster au cœur de l’esthétique funèbre du film noir par Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien. Les DVD permettent aussi de découvrir  Les Tueurs d’Andreï Tarkovski (1956), premier court métrage d'Andreï Tarkovski adaptation fidèle de la nouvelle d’Hemingway ainsi que l’étude de Serge Chauvin À bout portant ou la dernière vie des Tueurs. L’auteur y analyse les différentes évolutions esthétiques et thématiques qui marquent la rupture entre film noir (Les Tueurs) et polar urbain (À bout portant).

En dépit de la vocation populaire du cinéma qu’il servit Siodmak rappelle une forme paradoxale de l’élitisme du film noir. Il aimait à rappeler (et Woody Allen aime à le citer) que “ C’est montrer quelque chose (pas n'importe quoi) à quelqu'un (pas n'importe qui) où moment où une société évolue par les types de meutres qui la marquent comme un fer marque une vache ”. Et pour Siegel come pour Siodmak le cinéma reste une “ prise de vue ” sur le réel.

Les deux – à travers le Noir et Blanc puis la couleur – on montré comment d’une même matrice naissent des réflexes et des comportements différents. A ce titre le monde des truands est bien révélateur d’un état du monde. Lancaster tel qu’il surgit en 1946, n’a plus de rôle à jouer ensuite sous peine de devenir un anachronisme ou un Ovni anticipant aucun avenir mais nous repliant sur le passé.

 

 

 

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