livre : de la perte et d'autres bonheurs de Jean Mattern

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recherche freudienne

de la perte et d'autres bonheurs de Jean Mattern

de la perte et d'autres bonheurs de Jean Mattern

Jean Mattern inaugure ce qui est une des perspectives de la collection : un écrivain dérive librement à partir d’une lecture de Freud, au fil de l’écriture.

Longtemps après une lecture faite à l’adolescence, il a donc relu Le délire et les rêves dans La Gradiva de W. Jensen.

Jensen est un écrivain allemand, le roman est paru en 1902. Freud écrit son essai à une époque – 1907 – où la psychanalyse avance d’un pas léger et souple, comme ici la figure de Gradiva.

Le livre de Freud fournira à J.-B. Pontalis la métaphore de la « jeune fille » : la jeune science prend dans l’amour (de transfert) son pouvoir de guérison, l’amour est médecin.

De quoi s’agit-il ? Un archéologue voit un bas-relief à Rome, dans un musée et est fasciné par la démarche gracieuse d’une jeune fille représentée un pied à la verticale, 1’autre posé à plat.

Il suffira d’un rêve pour qu’il voie celle qu’il appelle « Gradiva » (Mars Gradivus, celui qui avance en marchant) dans Pompéi sous les cendres fumantes – elle est vivante ! –, qu’il parte à sa recherche dans un complet délire, et qu’il retrouve en fait une amie d’enfance, amoureuse, qui l’a suivi jusqu’à Pompéi et dont l’amour le tire hors de sa folie.

Le happy end du roman est celui des psychanalyses au début du siècle et de la recherche freudienne, chaque avancée de la pensée ouvrant à une démarche nouvelle.

Jean Mattern entre-tisse librement plusieurs fils dans cet essai : celui de sa propre psychanalyse, de ses pertes et de ses deuils, d’une découverte vitale singulière ; le fil de l’éclairage que sa deuxième lecture de Le délire et les rêves… à trente ans de distance projette sur la première, et sur lui-même ; celui réciproque qu’il porte sur le texte de Freud.L’auteur s’expose et s’explique simplement, directement, au grand jour.

Mais l’énigme de son enquête rappelle que, dans Pompéi enseveli, le mythe grec veut que la lumière de midi accueille des fantômes.Éditeur et romancier, Jean Mattern est l’auteur de quatre romans : Les bains de Kiraly (2008), De lait et de miel (2010), Simon Weber (2012) et, aux Éditions Gallimard, Septembre (collection blanche, 2015).

Choix de Claude Layani

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