Inde: la mythique université de Nalanda, détruite il y a 800 ans, va renaître

Culture - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

UNIVERINDE.jpgEspérée depuis des siècles par les intellectuels indiens, la reconstruction de la mythique université de Nalanda, détruite il y a 800 ans, a reçu l'approbation du gouvernement de New Delhi qui veut faire du nouveau campus un symbole de l'Inde moderne.

Créée au troisième siècle dans l'état du Bihar (est), l'université de Nandala accueillait 10.000 étudiants et professeurs venus de toute l'Asie, grâce à l'excellence de son enseignement, en science, philosophie, littérature et mathématiques, selon les historiens.

Sa réputation dépassait largement les frontières, jusqu'à ce qu'elle soit mise à sac par des envahisseurs venus d'Asie centrale et sa bibliothèque incendiée en 1193, alors qu'Oxford venait de naître.

Il ne reste que quelques ruines --des colonnes de briques rouges et des morceaux de marbre sculpté-- sur le site original, à 90 km de la capitale du Bihar, Patna.

"Nalanda a été l'un des hauts lieux de la recherche et de la réflexion dans l'histoire de l'humanité et nous sommes décidés à la faire revivre", a déclaré le Prix Nobel Amartya Sen, professeur d'économie et de philosophie, qui est l'un des moteurs de ce projet.

"L'Université comptait environ 2.000 professeurs qui enseignaient toute une série de matières dans la tradition boudhiste, comme Oxford allait enseigner dans la tradition chrétienne", a-t-il ajouté lors d'une présentation du projet à New Delhi.

Le parlement indien a alloué à la nouvelle Nalanda 200 hectares de terrain près de son site original, mais les personnalités qui luttent depuis des années pour la résurrection de cette faculté savent qu'il faudra aussi beaucoup d'argent.

"L'ancienne Nalanda vivait grâce aux revenus qu'elle tirait de terres en fermage auprès des villages, et de dons offerts par les rois. Maintenant il nous faut trouver de l'argent auprès des gouvernements, des personnes privées et des groupes religieux", a précisé le professeur Amartya Sen.

La résurrection de Nalanda met également en lumière le besoin pressant d'universités en Inde. Il faudrait 1.500 établissements d'enseignement supérieur au cours des prochaines décennies dans ce pays en plein boom économique et doté d'une population de 1,2 milliard de personnes, estime la Commission nationale de la connaissance. Il n'y en a que 350 aujourd'hui.

Beaucoup de familles indiennes aisées envoient leurs enfants dans des universités étrangères --aux Etats-Unis, en Australie ou en Grande-Bretagne-- mais peu reviennent ensuite s'installer en Inde.

Les promoteurs du projet de Nalanda espèrent que cette nouvelle université renversera la tendance et attirera même des étudiants étrangers.

"L'idée de reconstruire Nalanda est géniale mais il nous faut comprendre l'essence de Nalanda. Elle symbolisait l'universalité", déclare à l'AFP Phagun Pathak, professeur à Delhi. "Nalanda devrait être l'occasion d'ouvrir nos portes aux universités étrangères et à leurs étudiants", ajoute-t-il.

Les sommes requises sont estimées à 500 millions de dollars (390 millions d'euros) pour la reconstruction et 500 millions de dollars supplémentaires pour améliorer les infrastructures des alentours du site, qui se trouve dans l'un des Etats les plus pauvres de l'Inde.

La nouvelle Nalanda, si elle voit le jour, sera dotée d'un nom dont elle devra se montrer digne, soulignent les intellectuels. "Dans l'histoire des universités et du savoir, le nom de Nalanda est sacré et sa fin un tragique épisode", rappelle Ravikant Singh, professeur d'histoire dans un établissement privé du Bihar.

"Tout a brûlé mais son illustre héritage continue de nous accompagner", ajoute-t-il.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi