Marceline Loridan-Ivens,

Coup de théâtre - le - par .
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Marceline Loridan-Ivens présente son film
"La petite prairie aux bouleaux"



Lettres témoignages et hommages

Les noms de ses deux maris sont associés à son prénom, "car lorsque l'on a aimé quelqu'un, on l'aime pour toujours "dit-elle lors du débat qui a suivit l'avant-première de son film entièrement assumé par elle-même :"La petite prairie aux bouleaux"

Le ton est donné; Marceline Lordian-Ivens est une amoureuse de la vie, des gens, il transpire d'elle une réelle générosité, cette capacité de regarder les gens en face et de répondre avec indulgence à toutes les questions, parfois brutales,certainement le résultat d'une vie qui a cherché à comprendre, qui n'a pas fait l'économie de sa souffrance, ni celle des autres.

Marceline est un personnage, plein de vie, d'humanité, lucide, sa façon de percevoir les choses et les gens est emprunt de sagesse, d'une philosophie de vie.

Elle me reçoit dans son appartement parisien, pour que nous parlions de son film, un film remarquable qui fera date, "la petite prairie aux bouleaux", film fiction précise-t-elle car joué par des acteurs,nécéssité aussi certainement de se distancer de sa propre histoire,celle d'une survivante qui revient sur les lieux de l'indicible enfer, quelques 45 ans après,

Un film pointilliste dont la multitude de détails,accolés les un aux autres avec tant de minutie, permet de saisir toute l'ampleur de cette catastrophe humaine, sans précédent, que fût la Shoah.

Marceline est cinéaste, c'est son moyen d'expression, son film est donc unique car c'est le premie, et certainement le dernier ,qui est réalisé par une survivante de ce massacre humain ,d'autres l'ont écrit, décrit, en sont morts...


Elle, a choisi de capturer sa mémoire par l'image, laissant la liberté à chacun de comprendre ou de saisir ce qui n'est plus utile de dire, les mots à force d'être dit perdent leur sens et leur force, Marceline c'est un concentré de force et de sens.

C'est l'aboutissement d'un long cheminement, il en était de sa responsabilité de faire ce film dit-elle, non pas de son devoir car Marceline évite tous les stéréotypes, aussi bien dans son langage si précis,que dans son film.

Ce ne fut pas une interview ordinaire - bien qu'il n'en existe jamais vraiment - mais un véritable échange, où l'esprit contradicteur n'est pas absent , un échange qui va bien au-délà du film seulement, et que je vous laisse découvrir.

Claudine Douillet


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qtal.gif Quick Time 6 pour PC et MAC

video[marc3.mov,marc4.mov,marc5.mov,marc6.mov,marc7.mov]video

Le 11 Novembre

 

Ma chère Marceline,

Je sors du cinéma l'Arlequin ce soir :
Bravo ! mille fois bravo!
Merci! Mille fois merci !

Ton film est admirable, on pourait en pendant des heures...il y a des détails extraordinaires de justesse d'observation, que l'on ne peut apprécier qu'entre déportés. En outre les images sont soignées, pour ne pas dire "léchèes", digne du cinema américain dans ce qu'il a de meilleur...et très loin de notre cinéma national (malheureusement!...).

Anouk Aimée est formidable, je ne comprends pas comment elel pu entrer à ce cpoint dans ton personnage...Les prises de vues sont orignales....(je parle en connaisseur d'Auschiwtiz où j'ai fait 3 pélerinages...) François est complétement de mon avis sur la beauté de ton film, il me charge de te le dire et se propose d'ailleurs, de retourner le voir en salle.

J'espère qu'il aura beaucoup de succés, bien que ce ne soit pas vraiment un sujet "commercial".
J'espère aussi beaucoup que tu obtiendras le prix "Mémoire de la Shoah", prix prestigieux qui s'adresse aux arts, aux lettres, et aux arts plastiques, (Simone Veil est membre du jury)

Jespère que nous pourrons bientôt parler de tout cela.
Encore bravo ! Encore Merci ! Je ferai de la publicité au sein de "l'union des amaicales d'Auschwitz".
Je t'embrasse de tout coeur.

P.S: Ton film me remonte le moral et m'aide à vivre....
Bravo aussi pour ton speech d'après la projection malhereusement la salle tétanisée, n'avait pas envie de parler...



Le 13 Nov 03

Madame,

J'ai assisté mardi 11 novembre à la projection de votre film "La petite prairie aux bouleaux". J'ai dans ma longue vie vu beaucoup de films, lu beaucoup de livres sur la shoa.
J'ai connu beaucoup de déportés qui m'ont fait part de leur récit. Jamais aucune évocation n'a été faite avec la sensibilité , la justesse de ton que vous mettez dans votre film.
Il faut dire qu'Anouk Aimé vous a comprise et a traduit cet indicible d'une manière remarquable.
Je voudrais, Madame, vous remercier de nous avoir fait vivre le maximum de ce qu'il est possible de ressentir quand a eu la chance de ne pas avoir connu cet enfer.
Croyez, Madame, à ma reconnaissance et à mes sentiments affectueux.



Chère Marceline,
Alain et moi, nous sommes allés voir ton film - film "magnifique", émouvant dans les paroles, dans les silences, dans les images, -Anouck Aimée te représente parfaitement bien - Elle semble empreinte de toi-même dans son allure, dans sa démarche, dans ses gestes, dans sa manière de parler, c'est vraiment toi; pour qui te connaît un peu....

De plus, ce qui est merveilleux, aussi parodoxal que cela puisse paraître, c'est un film qui est à certains moments, plein de vie.

Voilà en quelques mots mon impression.

D'autre part, j'ai d'autant plus apprécié le film que j'étais en Pologne an mars 2003 - et je suis allée à Auschwitz - C'est à toi que j'ai pensé lorsque j'étais sur les lieux, pleine d'émotion - Ceci je tenais à te le dire.
A bientôt Marceline.
Très affecteusement.

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Pour ma part, je n'y suis jamais allé - Je ne connais donc le lieu qu'au travers des images que j'en ai vues et je me suis rendu compte en regardant le film, que ma représentation en a toujours été en noir et blanc, expressionniste et fantomatique à la fois. La couleur lui confère quelque chose de concret , "actuel", d'une redoutable réalité.

L'émotion est d'autant plus intense que le film est pudique, le ton mesuré, Anouk Aimé remarquable. Pour moi un moment de renouvellement et parfois, le sentiment d'effleurer le mystère de ce que vous avez pu vivre.

Avec toute mon amitié.

 

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