Himmelweg, « le chemin du ciel » réflexion sur un mensonge macabre.

Coup de théâtre - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

8522-way-to-heaven-himmelweg-_now-at-repertorio-espan-ol_em300_22.jpgHimmelweg, « le chemin du ciel ». Le nom qu'on donnait dans les camps de concentration au trajet parcouru par les déportés entre la descente du train et les chambres à gaz.

Himmelweg, c'est aussi le nom d'une pièce de Juan Mayorga interprétée par la compagnie la Strada, qui à partir d'un fait historique avéré, réfléchit sur le mensonge dans les sociétés modernes.

Mise en scène macabre
Originalité de la pièce : la présence sur scène de huit enfants et trois adultes vitryats. Certains appartiennent à l'atelier théâtre de La Salamandre, d'autres n'avaient encore jamais joué.

« C'est un plaisir. Certains ont un tout petit rôle mais jouent avec tant d'enthousiasme et de bonheur qu'ils sont un exemple pour nous », estime François Cancelli, directeur artistique.

C'est la visite d'un camp de concentration en 1944 par un délégué suisse de la Croix-Rouge qui a inspiré la trame de la pièce : Maurice Rossel fut accueilli par le spectacle d'un petit ghetto pauvre mais où les enfants jouaient dans les rues et les petits vieux lisaient paisiblement le journal.

Bien que troublé par certains détails, il ne put qu'en dresser un portrait positif. Une mise en scène macabre parfaitement orchestrée par les Nazis.

C'est l'envers du décor que l'on découvre, alors que se déroule la pièce. Himmelweg s'intéresse moins à la visite qu'aux coulisses de celle-ci, et revient sur cette mascarade soignée préparée par le commandant du camp (un homme « charmant » et très cultivé) avec le concours du « maire » juif qui essayait de sauver un maximum de vies.

Il fallait montrer aux enfants comment jouer à la poupée ou à la toupie, attribuer les rôles, mettre en scène des couples qui se promènent. Il fallait aussi désencombrer le camp en sélectionnant des acteurs pour la visite… et en contrepartie envoyer les autres aux chambres à gaz.

« Le spectateur peut facilement se faire prendre. Le commandant est sincère et donc sympathique, fier de ses préparatifs. La visite est bien orchestrée, souligne Jacques Boura, le directeur de La Salamandre. Mais les dossiers refusés au casting sont en fait des personnes qui vont être éliminées. »

L'écriture bien particulière de Juan Mayorga offre des passerelles constantes entre passé et présent, invite à réfléchir sur notre société actuelle : peut-on voir au-delà de ce qu'on nous dit et qu'on nous montre ? Ose-t-on, doit-on, est-on capable d'aller voir plus loin ?
Caroline BOZEC source cliquez-ici

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi