"Hanouka, l’épreuve du sens"

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                                            "Hanouka, l’épreuve du sens"

Article paru dans "Aroutz7", le 27/11/07

1ere-de-couv-maharal.jpgDans son livre sur ‘Hanouka, « Nèr Mitsva », le Maharal nous enseigne que le choc entre Athènes et Israël autour de la question de la nature du savoir a pour enjeu la sainteté même du Beit haMikdach. « Ainsi, dit-il, c’est parce que l’empire grec est lié à un savoir qui n’a affaire qu’à l’humaine raison, absolument étrangère à la hauteur de la pensée de l’impératif, à cette hauteur de la Loi énoncée par la Parole, qu’il s’éleva contre Israël, seul détenteur de la Torah et de ses commandements inaliénables. Et c’est pour cette même raison qu’il s’opposa de toute sa puissance au Temple, lieu où la sainte hauteur de l’injonction se dévoile ».
 
La « barbarie » de l’empire grec s’attaquant au Candélabre du Temple montre en effet que la pensée rationnelle dont il est le héraut se tient nécessairement « à l’extérieur » du régime de la Keddoucha propre au Temple. Envisageant que la compréhension du monde ne peut dépasser les limites que la raison a elle-même fixées à toute connaissance possible, Yavàn inaugure ainsi ce mode de penser qui, se saisissant du réel désormais soumis au sujet connaissant et maîtrisant la nature, refuse l’idée que le monde puisse participer à une hauteur qui le dépasse.
 
Et s’il est nécessaire de revivre chaque année le miracle de ‘Hanouka, c’est précisément parce que cette domination du monde inaugurée par l’empire de la raison (« ‘Hokhma baGoyim Taamin ») n’a pas encore pris fin, et qu’elle cherche toujours à faire disparaître, ‘Halila, toute possibilité d’un dévoilement métaphysique inscrit au cœur du monde dont le Temple est la matérialisation, et le peuple juif à la fois l’acteur et le dépositaire.
 
La fête de ‘Hanouka est donc le rappel que cette épreuve pour la Emounah nous engage dans un affrontement quant à la nature même de la sagesse dont l’issue n’est rien d’autre que le dévoilement de la transcendance au sein des limites de notre perception. Reconnaissance que l’origine du savoir nous vient d’ailleurs (comme nous le disons dans la bénédiction : « Ata ‘Honen leAdam Daat »), que le sens précède l’intelligence pensant le monde, et que la quête de la sagesse doit nécessairement s’accorder avec le monde et avec l’exigence de la Parole qui lui donne forme (Tikoun haMiddot), le miracle de ‘Hanouka nous invite ainsi à endosser la responsabilité de devenir le réceptacle authentique et fidèle de la vérité. Ouvrant les portes de la subjectivité aux plus profondes espérances de l’être présentes dans la matière même de la création, ces petites lumières que nous allumons à la tombée de la nuit font s’effondrer les limites « a priori » de toute connaissance possible. Et tel est le sens même de leur Keddoucha : révéler dans le monde d’ici-bas l’intention divine qui y préside.
 
‘Hanouka Saméa’h

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