Auteure Juive : Helène Cixous images de la misère, misère des images

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Helène Cixous : images de la misère, misère des images

La violence hante  le monde  tel qu’il est et tel que l’art le propose par effet de miroir. Adel Abdessemed. Revisitant ces corpus, y répond avec la même cruauté. Certains critiques affirment qu’une telle visualisation n’a rien de critique : Hélène Cixous prouve le contraire. La barque suspendue de ses migrants, les dessins d’animaux morts, les christ en fil de fer barbelé privilégient  le spectacle de la violence  mais pour réveiller les consciences.

Helène Cixous Les Sans Arche de ADEL ABDESSMED

Helène Cixous Les Sans Arche de ADEL ABDESSMED

L’artiste le propose de manière biaisée, drôle (si l’on peut dire…),astucieuse et irrécupérable: « Guernica » devient une stèle commémorative, « Who’s afraid of the big bad Wolf ? » se contente d’une référence à la version anglophone des Trois petits cochons et non à la célèbre pièce de théâtre et film que le titre reprend en partie.

Hélène Cixous montre que  l’engagement de l’artiste reste personnel, affectif et empathique. Il  tient à un « défi plastique ». Se situant résolument dans l’espace de « sacralisation » du  musée et la galerie le créateur y insèrent les traumas de l’histoire. Et ce déplacement est aussi subversif que les travaux eux-mêmes.  Cixous l’illustre superbement en montrant qu’un tel langage plastique n’est jamais univoque.

Entre  blasphème et  fascination  la vie est à l’envers et l’œuvre met à mal  le cynisme des clichés d’hier, d’aujourd’hui et la passion pour la catastrophe dont les médias se repaissent. L’artiste à l’inverse pense à celles et ceux qui subissent les affres de l’Histoire et de ses fomenteurs. Hélène Cixous insiste sur ce point névralgique. Car si l’artiste ne semble pas a priori combattre la violence il fait plus en exposant ses conséquences et ses états.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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