Auteur juif : Lev Rubinstein les impertinences notoires

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Lev Rubinstein, « La Cartothèque », traduit du russe par Hélène Henry,

Lev Rubinstein : les impertinences notoires

Face à ceux qui ne savent pas répondre aux questions, l’auteur se transforme en chat.
Si bien que le poète est parmi nous - même s’il refuse ce titre. Il offre une percée vers la réalité sans la peur physique ou métaphysique d’un faux pas. Il préfère la pataphysique d’un genre particulier : la texte-fiche.

Toute la banalité du quotidien comme celle des sbires des textes officiels est neutralisée par ces pense pas bêtes exsangues d'exaltation surfaite ou de la moindre coquetterie. De telles sottises deviennent des soties. L’auteur s’en amuse et chaque objet de débat tourne à l’inanité comme à «l’absolument facultatif ».

Sans suite logique – même si l’œuvre rassemble ses fiches en ensemble plus ou moins approximatif – persiste une sensation nonsensique.

Elle permet enfin la "possibilité réelle de quelque chose d’autre" sans que l’auteur en dise beaucoup plus et jusqu’à ce que les questions qui ne sont pas vraiment formulées disparaissent d’elles-mêmes. Ce qui est une manière de noyer des poissons dans le Neva, la Volga ou la Baltique.

De telles fiches sont destinées à qui n’en a cure et c’est ce qui en fait leurs délices et orgues (mais pas de Staline). Le non-poète (puisqu’il refuse ce titre) ignore ce qu’il en sera de demain mais tente de rattraper le temps perdu par légèreté. Et ce avec envie d’être toujours en vie.

Chaque texte permet d’avancer au gré du temps en battant la campagne comme la Place Rouge. Parfois l’auteur a des doutes et est sur le point de laisser tomber ses recollections. Mais tendant l’oreille au passage d’un groupe il retrouve du grain à moudre.

Car même dans un pays où les badauds sont prévoyants il arrive que des phrases non seulement échappent au locuteur mais font le lit de propres mots de l’auteur. Et cette anthologie a le mérite de rassembler les vanités de ceux qui s’élancent vers les hauteurs mais aussi l’humilité de tous ceux qui tombent – innocents coupables et autres «échaudés qui craignent l’eau froide ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Lev Rubinstein,

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Lev Rubinstein, « La Cartothèque », traduit du russe par Hélène Henry, Editions Le Tripode, Paris, 2018, 288 p., 22 E..

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