Yoav, l ' homme-orchestre

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                                                 Yoav, l’homme-orchestre

yoav.jpgArticle paru dans "Canoe",le 11/03/08  Philippe Rezzonico

Mercredi, Yoav était à Montréal pour le spectacle-lancement de son premier disque, Charmed & Strange, au Cabaret du Musée. Depuis deux semaines, le monsieur était aussi mobile qu’un pilote de ligne aérienne, quelque part entre San Francisco, Los Angeles, Denver et Detroit. L’Homme à la valise? Pas à peu près.

Montréal fut pratiquement l’un de ses ports d’attache ces dernières années, même si, selon ses dires, il ne s’y est pas «établi en permanence».

À l’écoute de Charmed & Strange, on réalise bien vite que Yoav a un talent indiscutable avec une six cordes. Et pourtant, s’il se sert de son instrument d’une façon courante, la résultante sonore n’est pas vraiment orthodoxe.

Tous ceux qui l’ont vu au festival Osheaga ou en première partie de Tori Amos à la Place des Arts l’an dernier peuvent en témoigner. Avec une guitare et ses bidules d’échantillonnages à ses pieds, Yoav devient un véritable homme-orchestre.

«J’ai grandi en écoutant du hip-hop, du trip-hop et du drum’n’bass», dit celui qui est né en Israël, qui a grandi en Afrique du Sud et qui vit maintenant à Londres.

«Je transpose des sons issus de tables tournantes en mode guitare. En transférant certains de ces éléments au sein de ma propre musique, ça m’a permis d’établir mon propre son.»

QUÊTE D’IDENTITÉ

Et on pourrait ajouter sa propre identité.

Car si Yoav a grandi dans un environnement musical (sa mère fut cantatrice), il admet que son père détestait – et déteste toujours – la musique pop et qu’il n’avait le droit d’écouter que de la musique classique à la maison quand il était petit.

«J’ai commencé à jouer du piano à trois ou quatre ans, mais on m’a orienté dans une certaine direction. Personnellement, je n’aime pas que l’on me force à faire quoi que ce soit.»

Les compositions de Charmed & Strange, qui parlent d’amour qui tourne mal, de copains qui ont vieilli trop vite, et qui comprennent un clin d’oeil à Bronski Beat et une reprise de Where is My Mind, des Pixies, n’ont rien de classique, ni dans la forme, ni dans le fond.

«Je ne crois pas que je révolutionne quoi que ce soit, mais ce disque me permet d’évoluer», note-t-il, comme chacune de ses chansons qui prennent de l’étoffe au fur et à mesure qu’elles s’allongent sur scène.

«Je vois ce disque comme le premier d’un cycle qui va m’amener ailleurs. Si les spectacles que j’offre en tournée sont similaires à ce que vous avez déjà vu, à savoir, moi et mon instrument seuls sur scène, je sais déjà que je vais aller ailleurs pour le prochain… auquel je pense déjà.»

À la fin des années 1960, une série britannique télévisée se nommait L’Homme à la valise. Cela définit fort bien Yoav, cet artiste basé à Londres qui a grandi en tant que citoyen du monde.

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