Artiste juive : Ruth Orkin l'éternelle ingénue

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écrivait Ruth Orkin (1921-1985)

Ruth Orkin "l'éternelle ingénue".

« Être photographe vous fait voir les choses différemment ou peut-être que vous devenez photographe parce que vous voyez les choses différemment. » écrivait Ruth Orkin (1921-1985) photographe et réalisatrice américaine, née à Boston.

La seconde partie de son affirmation lui convenait parfaitement tant elle a su soulever le réel pour lui accorder une grâce altière. Fille de l'actrice du cinéma muet Mary Ruby et de Samuel Orkin créateur des jouets Orkin Craft, elle grandit à Hollywood.

Dès l'âge de 10 ans avec le "39 cent Univex" qu'on lui avait offert elle commence à photographier ses amis et enseignants. Plus tard, armée d'un "Kodak Baby Brownie" à peine plus cher elle poursuit ses shootings pour "dire" aux autres ce qu'ils devraient regarder.

A 17 elle entame un long périple à vélo de Los Angeles à New York pour se se rendre à l'exposition universelle de 1939 et en revient avec un reportage sur son périple.

Nommée première coursière aux studios MGN elle réalise la chronique de son travail en photographiant une de ses collègues dans ses activités journalières puis s'installe à New York, où elle travaille comme photographe dans un night club et en effectuant des photos de bébés et de portraits d'enfants qui resteront un de ses sujets de prédilection.

Débute très vite une collaboration avec les grands magazines de l’époque et elle rencontre grands les musiciens, Leonard Bernstein, Isaac Stern, Aaron Copland, Jascha Kheilfitz, Serge Koussevitzky. Pour "Life" en 1951 elle part pour un reportage en Israël sur l'orchestre philharmonique d'Israël.

Y découvrant la vie en Kibboutz elle y reste presque un an et revient via Rome, Florence, Venise, Lucerne, Paris et Londres sources de nombreuses prises. A Florence elle rencontre une étudiante en art, Nina Lee Graig, qui devient le sujet d'une de ses plus célèbres photographie « American Girl in Italy ». Et son statut de photographe est désormais établi.

De retour à New York elle produit avec son mari deux longs métrages, dont « Little Fugitive » mais surtout, depuis de son appartement sur Central Park,elle photographie défilés, concerts, etc. Elle en tire deux ouvrages à grand succès : Through My Window » ( Un monde à travers ma fenêtre ) et « More Pictures From My Window » ( Plus de photos depuis ma fenêtre ).

Elle sera reconnue comme une des dix meilleures photographes femmes et passant du noir et blanc à couleur elle devient l’une des toutes premières à accorder de l'importance dans de tels clichés. Elle reste par ailleurs l’une des premières photographes à montrer l’émancipation des femmes à travers la force narrative de ses prises qui font d'elle un conteuse drôle et poétesse du réel;

Elle est toujours capable de dévoiler des moments intimes au sein même de l'image publique. Il y a là une vision insouciante et primesautière qui fait tout la charme de photos drôles, justes et intuitives qui donnent à la femme qu'elle qu'en soit son statut un aspect - comme la créatrice elle-même d'"éternelle ingénue".

Jean-Paul Gavard-Perret

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