Artiste juive de France Maternité de Valérie Mréjen

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Artiste juive de France Maternité de Valérie Mréjen

Artiste juive de France Maternité de Valérie Mréjen

Valérie Mréjen : « Troisième personne », roman, P.O.L editeur, Paris 2017, « Voilà c’est tout », exposition du 8 juin au 15 juillet, Spatiu Intact, Cluj, Roumanie

Valérie Mréjen devient la dupe consentante du non-dupe..
Ça a un nom.
C'est l'existence. Le plus improbable comme le plus attendu reste alors l’arrivée d’un enfant tout à fait annoncée, reste une surprise jusqu’au dernier moment. Contrairement à l’image assez répandue du petit rôti, il ne fait pas de doute qu’il s’agit déjà d’une personne. Après les premiers jours dans une chambre exiguë, il est temps de sortir pour retrouver le vaste monde ».

Mais cela mérite une écriture aussi convaincante que celle d'un tel livre  dépouillé et dont les éléments créent une sorte de spirale.. Il devient l'histoire de la vrai "folie" : celle de la sagesse qui contrarie le vide par celui qui fait bien plus que le combler. Celle d’un nouveau petit Moïse sauvé des eaux.

L’enfant imprime à la littérature une sorte de lucidité que peut-être seule une femme est capable d’exprimer et qui justifierait l’existence d’une littérature féminine. L’auteure y refuse l’anecdotique, elle le remplace par une succession d’images de l’indicible. L’enfant devient  la source de la résistance à toute instrumentalisation du logos. Valérie Mréjen sait qu’une telle présence crée une légitimité particulière à la littérature : celle de la  profondeur, et de l’ouverture.

Ce livre est donc une surprise au milieu des images de la créatrice, comme celle qu’elle pose sur l’enfant qui vient de naître et ce qu’il entraîne dans son univers et sa vision. Après « Forêt Noire » et ses  fantômes qui logent dans la mémoire et qui hantaient les promenades de l’auteur, succèdent d’autres déambulations. Aux revenants fait place le venant et l’espace qu’il impose. Tout est dit dans la simplicité aussi radicale et subtile. Se crée à la fois un sacerdoce maternel mais aussi une forme de liberté : celle que Beckett définissait sobrement lui aussi par un « ça vient ».

Valérie Merjen ne tombe jamais dans l’anecdote : elle préfère cet indicible que l’enfant offre tout en obligeant mère et père à craquer mais aussi à tenir droit dans leurs bottes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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