Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Israël: Olmert démissionne, Livni espère lui succéder

olmert-demissionne.jpgJERUSALEM ,le 22/09/08 - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, éclaboussé par des affaires de corruption, a démissionné dimanche et ouvert la voie à la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui espère pouvoir lui succéder le plus vite possible.

Si la nouvelle dirigeante du parti centriste Kadima de M. Olmert est la mieux placée pour former un nouveau gouvernement, elle n'a toutefois aucune assurance à ce stade d'obtenir l'appui indispensable d'une majorité de députés.

Ehud Olmert a lui remis sa démission dimanche soir au président Shimon Peres. Par cet acte, il a enclenché officiellement le processus de succession à la tête du gouvernement, qui devient automatiquement de transition.

Un tel gouvernement ne peut être renversé par la Knesset (Parlement) et aucun de ses ministres ne peut le quitter de par la loi.

Le Premier ministre est arrivé discrètement dans la soirée au bâtiment de la Présidence, à Jérusalem, et a remis une brève lettre à M. Peres annonçant que, "conformément à ses engagements, il remettait sa démission", a rapporté la présidence israélienne.

Peu après, le président Peres a lui-même annoncé à la presse la démission de M. Olmert, auquel il a rendu un vibrant hommage pour "son action en faveur du peuple et de l'Etat d'Israël".

Il a souligné qu'il allait consulter "tous les groupes parlementaires pour prendre au plus vite une décision" concernant la désignation d'un successeur possible à M. Olmert, qui doit rester en fonctions d'ici là.

Le président israélien a précisé que ces consultations "marathons" s'achèveraient avant son départ lundi soir pour New York, où il doit représenter Israël à la session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU.

M. Peres dispose de fait de sept jours pour consulter les différents partis représentés à la Knesset et désigner le député le mieux placé, selon lui, pour tenter de former un gouvernement.

Il a commencé dimanche soir par une rencontre avec les représentants du Kadima (29 députés sur 120) qui, sans surprise, ont proposé de confier à Mme Livni la charge de Premier ministre.

Il doit ensuite rencontrer ceux du parti travailliste (19 députés), profondément divisé et qui jusqu'à présent s'est refusé à soutenir la candidature de Tzipi Livni.

Puis le président israélien doit s'entretenir avec les représentants du Likoud (opposition de droite), qui sont contre la candidature Livni et proposent des élections anticipées, et ceux du parti Shass (12 députés).

Le parti ultra-orthodoxe, qui fait partie du gouvernement transitoire et pose des conditions à son soutien à une candidature Livni, réserve sa réponse.

Lundi, M. Peres doit rencontrer les autres formations, en particulier les listes représentatives de la population arabe (10 députés).

Tzipi Livni a succédé à Ehud Olmert à la tête du Kadima lors de primaires organisées mercredi dernier.

En tant que chef du parti au pouvoir, elle a toutes les chances d'être choisie par M. Peres. Dans ce cas, elle disposera de 42 jours pour présenter un gouvernement, faute de quoi des élections anticipées devraient être organisées dans les 90 jours.

La ministre des Affaires étrangères fait face à une possible alliance de deux anciens chefs de gouvernement, Ehud Barak (travailliste), actuel ministre de la Défense, et Benjamin Netanyahu (Likoud), qui se sont rencontrés samedi soir à Tel-Aviv.

Tous deux s'inquiètent de l'arrivée au pouvoir de Mme Livni, qui pourrait au gouvernement renforcer sa popularité, selon les médias.

Les deux hommes se sont déclarés favorables à un gouvernement "d'urgence nationale", a indiqué un communiqué du ministère de la Défense, en allusion à un cabinet qui regrouperait les travaillistes, le Likoud et Kadima.

Ehud Olmert, qui avait succédé à Ariel Sharon en janvier 2006, pourrait pour sa part être inculpé de corruption dans deux affaires ayant précipité sa démission.

Israël: Livni devrait former un cabinet

livni-devrait.jpgLe 22/09/08 - La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni devrait se voir confier lundi soir la tâche de former un nouveau gouvernement au lendemain de la démission du Premier ministre Ehud Olmert.

Au terme de consultations-marathon, le président Shimon Peres devrait charger Mme Livni d'obtenir la confiance de la Knesset (parlement) à un nouveau gouvernement qu'elle a 42 jours pour présenter.

"Je suis convaincu que le président va confier dès ce soir à Mme Livni la tâche de former un gouvernement", a déclaré à la radio le secrétaire général du parti travailliste, Eytan Kabel.

Nouvelle dirigeante du parti centriste Kadima, la plus grande formation de la Knesset avec 29 sièges sur 120, Tzipi Livni est la seule personnalité à pouvoir briguer le poste de Premier ministre dans la présente législature. Mais elle n'a à ce stade aucune assurance d'obtenir une investiture de la chambre unique, compte tenu de la faiblesse de la coalition actuelle et de ses profondes dissensions.

Mme Livni a été élue mercredi lors de primaires à la tête du Kadima pour succéder au Premier ministre Ehud Olmert, soupçonné de corruption.

Le Premier ministre a remis sa démission dimanche au président Shimon Peres qui doit se rendre lundi soir à New York pour représenter Israël à l'assemblée générale annuelle de l'ONU. M. Olmert a ainsi enclenché officiellement le processus de sa succession tout en continuant à diriger un cabinet devenu automatiquement gouvernement de transition.

Dans la course au pouvoir, Mme Livni souffre au départ d'un premier handicap pour n'avoir remporté les primaires qu'à l'arraché, à l'issue d'un scrutin déjà contesté au sein de son parti. Il va lui falloir surmonter aussi les réticences du parti ultra-orthodoxe Shass (12 députés), dont l'appui est indispensable pour obtenir une majorité stable à la Knesset. Or ce parti, dont la base penche fortement à droite, pose des conditions pour continuer de faire partie de la coalition.

Il exige un engagement formel de Mme Livni de s'abstenir de toute négociation sur l'avenir de Jérusalem-est, une question majeure dans tout règlement de paix avec les Palestiniens. Il réclame en outre une hausse substantielle des allocations familiales, ce à quoi Mme Livni et le ministère des Finances sont opposés.

La ministre des Affaires étrangères se trouve par ailleurs confrontée à des manoeuvres compliquées du parti travailliste (19 sièges), principal partenaire du Kadima dans le gouvernement sortant. Le parti s'est abstenu dimanche de soutenir la candidature Livni à la direction du pays, avançant pour la forme celle de son leader Ehud Barak, actuel ministre de la Défense. La loi exige qu'un Premier ministre soit député pour être désigné par le Parlement, ce qui n'est pas le cas de M. Barak.

Mme Livni a rencontré dimanche soir M. Barak pour un entretien qualifié de "positif et sérieux" par les parties. M. Peres a de son côté rencontré dimanche soir les représentants du Kadima qui, sans surprise, ont proposé Mme Livni. Il s'est entretenu ensuite avec ceux du parti travailliste qu'il doit recevoir à nouveau lundi.

Le président Peres a reçu ensuite les représentants du Likoud, l'opposition de droite, qui sont contre la candidature Livni et ont proposé des élections anticipées. Puis il a reçu ceux du Shass qui ont réservé leur réponse à ce stade.

Lundi, M. Peres doit rencontrer les autres formations, en particulier les listes représentatives de la population arabe (10 députés). Si Mme Livni échouait à réunir une majorité, des élections anticipées doivent se tenir dans les 90 jours. Le Likoud dirigé par l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu est donné favori par les sondages.

En attendant un scrutin, M. Olmert continuerait à diriger le gouvernement.

Rwanda: , Pierre Péan accusé de négationnisme

PARIS,le 25/09/08  - L'écrivain-enquêteur français Pierre Péan, poursuivi en justice pour son livre sur le génocide rwandais, a fondu en larmes, mercredi, au deuxième jour de son procès, après qu'un des témoins l'eut comparé à un négationniste.

C'est l'intervention de l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Benjamin Abtan, qui a déstabilisé le prévenu qui depuis mardi répond devant le tribunal de Paris de diffamation et d'incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en novembre 2005 chez Fayard.

Evoquant des rescapés du génocide rwandais qu'il a rencontrés, M. Abtan a affirmé qu'ils "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah".

Condamné à de nombreuses reprises par la justice française, le négationniste Robert Faurisson conteste depuis plus de 30 ans la réalité de l'Holocauste.

Ayant tenté de remplacer le mot "tutsi" par "juif" dans l'ouvrage de Pierre Péan, l'ancien président de l'UEJF a avoué mercredi n'avoir pu s'empêcher de faire le lien avec Mein Kampf d'Hitler.

Tout en dénonçant "un amalgame intolérable", Pierre Péan a alors fondu en larmes, tandis que le président Philippe Jean-Draeher a suspendu les débats.

Après la suspension de séance, le défilé des témoins a repris. Après l'ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, c'est l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine qui est venu soutenir Pierre Péan.

"Je ne vois pas ce que vous lui reprochez", a déclaré M. Védrine, stigmatisant "le mauvais procès" fait à l'écrivain. Ces propos sont peut-être "un peu simplistes", mais ne constituent pas "un scandale horrible".

La publication de cet ouvrage de Pierre Péan consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.

L'association et le ministère public reprochent à l'écrivain d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".

Le procès doit s'achever jeudi soir et la décision être mise en délibéré.

Israël: l'historien Zeev Sternhell blessé dans un attentat

JERUSALEM,le 26/09/08 - L'historien israélien Zeev Sternhell, connu pour ses positions contre la colonisation des territoires palestiniens, a été blessé dans la nuit de mercredi à jeudi dans un attentat à la bombe contre son domicile à Jérusalem, condamné par plusieurs hauts dirigeants israéliens.

Né en Pologne et rescapé de la Shoah, Zeev Sternhell, 73 ans, a été légèrement atteint à la jambe droite par des éclats lorsque l'engin piégé a explosé alors qu'il fermait la clôture de sa maison, a-t-on indiqué de sources policières. Il a été hospitalisé à Jérusalem.

"Nous avons retrouvé dans les rues voisines des tracts promettant une récompense de 1,1 million de shekels (320.000 dollars) aux auteurs d'attaques ou meurtres contre des membres de La Paix Maintenant", le mouvement israélien anti-colonisation auquel adhère l'historien, a déclaré le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

Selon la radio militaire, Zeev Sternhell, prix d'Israël 2008, la récompense civile la plus prestigieuse du pays, a déclaré jeudi soir: si l'attentat est le fait d'un certain courant politique il faut se mobiliser pour éviter que ne soient ébranlés les fondements de notre démocratie".

Le président Shimon Peres a appelé "l'ensemble des citoyens de droite et de gauche à faire front comme un seul homme pour dénoncer cet acte criminel", selon un communiqué de la Présidence.

Le Premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert a vivement condamné cet acte grave et demandé d'accélérer l'enquête afin que les responsables soient jugés rapidement, selon la radio militaire.

Dans un communiqué, la Paix Maintenant a condamné "une tentative d'attaque meurtrière" contre l'un de ses membres et dénoncé le laxisme des autorités envers les colons juifs extrémistes.

"Ceux qui n'apppliquent pas la loi aux colons extrémistes dans les territoires (occupés) seront en fin de compte confrontés à une organisation terroriste juive au coeur d'Israël", selon le groupe. "Ce sont les mêmes colons qui, hier, attaquaient les Palestiniens et les soldats israéliens servant en Cisjordanie, et qui, aujourd'hui, attaquent des citoyens israéliens en Israël".

Professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem et spécialiste du fascisme, M. Sternhell publie régulièrement des tribunes dans le journal israélien Haaretz.

Il a pris des positions contre le camp ultra-nationaliste et la colonisation et prône un compromis avec les Palestiniens. Récemment, il s'est prononcé contre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, jugeant cette mesure "immorale et inefficace".

Dans un article qui avait provoqué une vive polémique, il avait affirmé: "si les Palestiniens faisaient preuve de plus de clairvoyance, ils concentreraient leurs actions contre les colonies au lieu de s'en prendre à des femmes et des enfants" en territoire israélien.

Dans un communiqué, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, chargée de former le prochain gouvernement, a déclaré à la famille du professeur Sternhell: "Ce qui s'est passé aujourd'hui est inadmissible (...) Israël est un Etat régi par le Droit et des valeurs: le gouvernement doit condamner de tels faits et agir pour empêcher qu'ils ne se reproduisent".

Le chef de l'opposition de droite, Benjamin Netanyahu a lui aussi condamné jeudi cet acte commis, selon lui, par des "gens odieux qu'il faudrait mettre sous les verrous et au ban de la société", selon la radio publique.

Par ailleurs, une manifestation s'est tenue jeudi soir à Jérusalem pour dénoncer cet attentat, a rapporté la télévision israélienne.