Norbert Cohen

norbert@alliancefr.com'

Sous le nom de Norbert Cohen se cache un journaliste et écrivain qui a publié plusieurs livres sur le judaïsme français et qui a exercé des responsabilités communautaires et médiatiques de premier plan.

Les articles de Norbert Cohen

Séance-émotion à Paris pour l’ouverture du Festival du cinéma israélien

Past life film d'ouverture du festival du cinéma israèlien hier à Paris

Séance-émotion à Paris pour l’ouverture du Festival du cinéma israélien

La grande salle du Majestic Passy, dans le 16ème arrondissement, était pleine à craquer pour la séance inaugurale du 17ème Festival du cinéma israélien de Paris, dans la soirée du 21 mars.

Le film projeté, « Past Life », a remporté un succès inhabituel dans l’Etat juif pour une production locale : 200 000 entrées. Il est vrai que le réalisateur, Avi Nesher (63 ans), est une valeur sûre. Son nouveau long-métrage, sorti en Israël et aux Etats-Unis en 2016, raconte l’histoire vraie de deux soeurs résidant à Jérusalem dans les années 70.

Des musiciennes dont les parents sont rescapés de la Shoah. Le père, brillant médecin, a vécu l’horreur en Pologne pendant la guerre. Il n’a pas été déporté mais a dû se cacher dans des conditions épouvantables.

A l’occasion d’un concert à Berlin-Ouest, la vie des deux femmes bascule. Une rencontre fortuite les conduit sur les traces d’un terrible secret de famille : leur père serait-il coupable d’un crime, aurait-il été amené au pire dans la tourmente de l’Occupation ?

Le film se présente comme une enquête à suspense sur ce passé énigmatique. Il brosse aussi le portrait de la « seconde génération », celle de ces Juifs qui n’ont pas connu le génocide mais en portent les stigmates à travers les névroses post-traumatiques et les silences de leurs parents. Les acteurs israéliens et polonais (c’est une coproduction entre les deux pays) sont criants de vérité.

Le spectateur est happé par l’intrigue et par la force psychologique des rapports humains mis en lumière par la caméra d’Avi Nesher. Mention spéciale au directeur français de la photographie, Michel Abramowicz, dont le travail accompli ici a été unanimement salué par la critique.

Michel  Abramowicz Past Life

Michel Abramowicz Past Life

Le public parisien, visiblement ému, a applaudi avant de deviser devant le buffet installé dans les salons du Majestic Passy.

Dans les minutes qui ont précédé la projection, la présidente du Festival, Hélène Schumann, a présenté la 17ème édition en compagnie des parrains de cette semaine (du 21 au 28 mars) où une vingtaine de films seront diffusés : les comédiens Aure Atika et Grégory Fitoussi.

Marc Attali, ministre plénipotentiaire, autrement dit numéro 2 de l’ambassade de l’Etat juif, a promis qu’au cours des manifestations prévues dans le cadre de la Saison culturelle croisée France-Israël, en 2018, le cinéma serait particulièrement mis en valeur.

Hélène Schumann explique que « Past Life » est l’une des plus belles œuvres israéliennes qu’elle ait vues. On peut lui faire confiance : c’est une experte, auteure d’un « Dictionnaire du cinéma israélien » paru en 2012 aux éditions Cosmopole.

Elle couvre l’actualité du 7ème art pour Judaïques FM à Paris et a un pied des deux côtés de la Méditerranée : elle participe aussi activement aux Festivals de Jérusalem et Haïfa. Un prix décerné dans la ville portuaire porte même le nom de son grand-père assassiné à Auschwitz, Tobias Stancer. « J’ai grandi dans l’ombre de lourds secrets de famille liés à la Shoah, confesse-t-elle, et j’avais à cœur de proposer « Past Life » en ouverture. Mais cela n’a pas été facile… » Elle regrette que les Israéliens privilégient plutôt les Festivals de Berlin ou Venise.

Trouver des partenaires prêts à s’engager en direction du marché hexagonal représente une gageure. Au demeurant, le long-métrage d’Avi Nesher ne sera pas projeté sur les écrans français dans les prochains mois, faute de distributeur. Même constat pour les autres films du programme, à 2 exceptions près. « Cela dit, ajoute la présidente, les metteurs en scène concernés finissent parfois par dénicher un distributeur grâce à la vitrine que nous leur offrons. Il faut donc espérer… »

Globalement, le cru 2017 du Festival, qui devrait attirer 4 000 curieux et cinéphiles, est d’autant plus remarquable qu’il évite les polémiques politiques. « C’est plutôt un cru romantique, indique Hélène Schumann, avec beaucoup d’histoires d’amour ».

Norbert Cohen

Le Comptoir d'Italie : le service unique d'une bijouterie hors norme

comptoir-italie Guy Beaziz

Le Comptoir d'Italie : le service unique d'une bijouterie hors norme

Dans le paysage en berne des bijouteries-horlogeries, Le Comptoir d'Italie présente un visage souriant. Une réussite exceptionnelle au moment où les enseignes ferment les unes après les autres.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la France comptait 14 600 magasins de ce type il y a 10 ans. Il en reste... 3 600. Les explications sont multiples. D'abord, les pierres précieuses, autrefois synonymes de sécurité dans un foyer, n'ont plus la même valeur symbolique qu'autrefois. Ensuite, la tradition imposait quasi-systématiquement l'achat de pièces en or ou en argent à l'occasion des grandes réjouissances familiales : fiançailles, mariage, baptême...

Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les montres, elles, pâtissent de la généralisation des horloges numériques, présentes partout, notamment sur les smartphones qui ne nous quittent jamais. Enfin, les vendeurs en ligne ont fait disparaître les boutiques, comme dans d'autres secteurs d’activité - d'autant que les normes de sécurité pour éviter les braquages sont de plus en plus drastiques et les polices d'assurance de plus en plus onéreuses. Sans oublier le poids économique que représente un stock de bijoux...

Dans ce contexte, Le Comptoir d'Italie se porte étonnamment bien. « Même si je travaille 2 fois plus que dans les années 90 pour le même résultat, lance son patron, Guy Beaziz, je ne me plains pas ! Car j'ai 40 ans de métier (je suis sertisseur de formation, autrement dit assembleur de pièces de joaillerie) et je crois avoir su m'adapter aux évolutions du marché ». Il est vrai que le service proposé ici est unique en région parisienne et sans doute à l'échelle de l'Hexagone.

Guy Beaziz, issu d'une lignée de bijoutiers - son père, originaire de Fès, travaillait pour le roi du Maroc -, a repris en 2002 Le Comptoir d'Italie, créé il y a 70 ans. Depuis, il a constamment innové. A présent, il offre à sa clientèle la seule boutique de proche banlieue (elle est installée au Kremlin-Bicêtre, à 50 mètres du 13ème arrondissement) disposant d’une quarantaine de marques de luxe. Qui possède un tel catalogue de montres Oméga en couronne parisienne ?

Personne, à l'exception du Comptoir d'Italie. En vérité, c'est le seul bijoutier-horloger de grande qualité qui n'est pas situé au centre de la capitale. Pratique pour ceux qui préfèrent éviter les encombrements...

Au demeurant, le service imaginé et mis en place par Guy Beaziz est meilleur encore, à certains égards, que chez les professionnels de la place Vendôme.

Sa force commerciale repose sur le suivi, autrement dit le facteur humain. Ici, on peut à la fois consulter le site Internet, réserver en ligne, interroger un expert de la boutique par téléphone et/ou se déplacer.

Vous trouverez un environnement agréable où vous pourrez commander un produit fini ou sur mesure, à l'aide d'un visuel révolutionnaire en 3D.
Vous aurez un accès virtuel à votre bijou ou à votre montre avant même que Le Comptoir d'Italie, qui est un intermédiaire pour de nombreuses marques mais aussi un fabricant, n'ait créé l'oeuvre de vos rêves dans son atelier.

Et ce n'est pas tout : les produits vendus par l'équipe de Guy Beaziz sont garantis gracieusement... pour tout et pour toujours ! Si un bijou est abîmé, longtemps après l'achat, la boutique vous le reprendra sans le moindre frais, la réparation aura lieu très vite et, si vous le souhaitez, on viendra le prendre chez vous et le coursier du magasin vous le rapportera pour vous éviter tout déplacement. L'opération, gratuite, est identique pour un simple nettoyage. Quant aux facilités de paiement, elles sont aussi exceptionnelles puisqu'il est possible de régler en 20 mensualités, sans supplément. Qui dit mieux ? Pour Le Comptoir d’Italie, le client est vraiment roi !

Et si vous avez envie d'investir dans une pierre précieuse ou une montre d’exception en série limitée dans le but de réaliser une future plus-value, la porte vous est ouverte. Le patron prendra le temps qu'il faut pour vous conseiller.

Mais ne lui reprochez pas d'avoir réussi et de gagner trop bien sa vie ! Il fut l'un des fondateurs de Lev Layeled, qui vient en aide aux enfants malades ou déshérités. Une association juive qu'il continue de soutenir financièrement. Car avant d'être un commerçant, Guy Beaziz est un artisan au meilleur sens du terme et un homme de coeur, ami de la communauté.

Norbert Cohen

Le Comptoir d'Italie

13, avenue de Fontainebleau - 94270 Le Kremlin-Bicêtre

01 46 58 81 55

www.comptoir-italie.com
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A ne pas manquer : Mike Brant revit sur scène !

Mike Brant remonte sur scène

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1- En quelle année est mort Mike Brant
2- Qui a lancé Mike Brant en France
Réponse avec vos cordonnées surtout 🙂 à info@alliancefr.com

A ne pas manquer : Mike Brant revit sur scène !

« Hit-parade » : c'est le nom d'une comédie musicale exceptionnelle que le public pourra applaudir au Palais des Congrès de Paris à partir du 12 janvier 2017 puis en province, en Suisse et en Belgique à dater du 6 avril. Pour la première fois, des chanteurs francophones disparus seront à l'honneur sous forme d'hologrammes, un procédé numérique révolutionnaire qui donne l'illusion de leur présence sur scène. Ces artistes mythiques des années 70 sont Claude François, Dalida, Sacha Distel et Mike Brant. La nièce de la star franco-israélienne, Yona Brand, a participé activement au projet. Interview.

Alliance : Avez-vous connu Mike personnellement ?

Yona Brand : Je vis en quelque sorte avec lui puisque je m'occupe de la préservation de sa mémoire, mais je suis née en 1976, un an après son décès. Mes sentiments sont aussi forts que si je l'avais côtoyé.

Alliance : Etes-vous israélienne comme lui ?

Yona Brand : Oui, et suisse. J'ai résidé à Haïfa étant jeune, puis à Genève et Paris.

Alliance : Votre oncle est-il toujours très populaire ?

Yona Brand : Plus que jamais ! Son fan-club, sur les réseaux sociaux, comprend 215 000 membres de diverses nationalités. Nous ne cessons d'organiser des événements festifs consacrés à son parcours et à son œuvre : soirées, voyages en Israël... Toutes les générations sont concernées, les enfants étant influencés par la passion de leurs parents. Le public assistant aux rétrospectives que nous proposons régulièrement, ou intéressé par nos objets et vêtements mémoriels, est composé de jeunes adultes comme de personnes âgées. Dans les salles de concerts, 4 décennies après sa disparition, Mike est adulé comme une star d'aujourd'hui.

Alliance : Les Israéliens sont-ils aussi fans de Mike que les Français ?

Yona Brand : Absolument, il reste largement apprécié et aimé dans son pays natal et pas seulement chez les francophones !

Alliance : Etes-vous satisfaite du travail des auteurs de « Hit-parade », Grégory Antoine et Bruno Gaccio (pour la note humoristique), et du producteur, David Michel ?

Yona Brand : Très satisfaite ! L'idée de David Michel - qui avait produit la tournée française de « Thriller », le fameux spectacle de Michael Jackson - est merveilleuse. On assistera sur scène à l'enregistrement d'une émission de télévision censée se dérouler en 1975 : c'est le fil conducteur du show. Le couplage entre les 3 musiciens, 4 comédiens, 11 danseurs réellement présents et les hologrammes est saisissant : il rendra la comédie musicale vraiment grandiose. Le public verra Claude François, plus vrai que nature, inviter ses amis chanteurs à interpréter leurs tubes : 14 titres au total. 3 succès mythiques de Mike seront à l'honneur : « Laisse-moi t'aimer », « Qui saura » et « Dis-lui ».

Alliance : Expliquez-nous précisément ce qu'est un hologramme.

Yona Brand : C'est une technique nouvelle : un acteur ressemblant à Mike est filmé et son image, sa voix sont entièrement reconfigurées de façon numérique. Au final, le spectateur aura la sensation qu'il est là, devant lui, alors qu'il s'agit d'une vidéo (ultra-sophistiquée). Mon oncle aurait adoré ce concept car il était mordu des technologies innovantes venues des Etats-Unis. Je vous rappelle tout de même que « Hit-Parade » est aussi un show complet, avec des artistes bien vivants, une chorégraphie et des arrangements à couper le souffle qui vous transporteront plus de 40 ans en arrière...

Propos recueillis par Norbert Cohen

Hit Parade Ils remontent sur scène à partir du 12 janvier

Ils remontent sur scène à partir du 12 janvier

 

La ligue des droits de l'homme sombre dans l'islamo-gauchisme

ligue des droits de l'homme antisémite

La Ligue des droits de l'homme est-elle antisémite ? Par Norbert Cohen

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a été fondée à Paris en 1898 pour défendre le capitaine Dreyfus. Elle a toujours soutenu le judaïsme français... jusqu'à ces dernières années. Depuis quelque temps, son engagement à gauche, ou plutôt à l'extrême gauche, la conduit vers des dérives de plus en plus inquiétantes.

BVNCA Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme

BVNCA Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme

L'une de ses têtes de Turc est le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), qu'elle accuse de sectarisme et de paranoïa.

Le 13 juin, elle a mis gravement en cause l'association communautaire, parce que celle-ci a porté plainte contre la municipalité de Stains (Seine-Saint-Denis).
Le maire communiste, Azzedine Taïbi, est un militant pro-palestinien radical. Comme d'autres élus du département, il a décidé d'apposer sur son Hôtel de Ville une banderole réclamant la libération d'un chef terroriste emprisonné pour meurtres en Israël, Marwan Barghouti.

Ce dernier a organisé des dizaines d'attaques sanglantes, y compris contre des civils - hommes, femmes et enfants - pendant la première puis la seconde Intifada.
C'est pourquoi le BNVCA a naturellement porté l'affaire devant la justice, afin de dénoncer cette incitation évidente à la haine et à la violence.

Mais la LDH ne l'entend pas de cette oreille. Elle estime que l'association juive se fait « le porte-parole du gouvernement israélien ». Ni plus, ni moins.

Et de préciser : « En assimilant toute critique du cabinet Netanyahou et tout soutien à ses opposants arabes comme une manifestation antijuive, cet organisme dévoie la lutte contre l’antisémitisme au profit du soutien à une politique qui est condamnée internationalement ».

La Ligue des droits de l'homme est encore plus explicite en déclarant dans un communiqué que les poursuites engagées contre le maire de Stains sont le produit d'une « imposture insupportable ».

De fait, la LDH sombre dans l'islamo-gauchisme. Elle est devenue la courroie de transmission des idées de Tariq Ramadan, vitrine intellectuelle des Frères musulmans en Europe, et de l'antisionisme obsessionnel qui gangrène une partie du camp prétendument « progressiste » sur la scène française.

Elle se garde de déplorer la libération de la parole antijuive et condamne les violences antisémites du bout des lèvres.

Sa seule préoccupation semble être l'amour aveugle et sans cesse renouvelé qu'elle porte aux citoyens d'origine maghrébine - sans distinction.

Cette organisation qui prétend lutter à la fois contre le nationalisme et le fondamentalisme fait exactement l'inverse s'agissant des musulmans : elle milite en faveur des ultra-nationalistes palestiniens, qui n'hésitent pas à tuer des innocents et réclament un Etat arabe en Terre Sainte vidé de toute population juive (autrement dit, un nettoyage ethnique) ; par ailleurs, elle est tombée sous le charme du Hamas et du Hezbollah, mouvements qui revendiquent l'application stricte de la charia au détriment des principes démocratiques et laïcs.

Tout a commencé au milieu des années 2000. En 2006, déjà, 2 membres éminents de la Ligue, Antoine Spire (journaliste et écrivain juif, pilier de France-Culture) et Cédric Porin (avocat spécialisé dans le droit du travail), ont démissionné avec fracas de la direction de l'association. Dans une tribune incendiaire publiée par Le Monde, ils ont affirmé que la LDH répondait au « racisme dont sont victimes les jeunes issus de l’immigration en faisant preuve de complaisance à l’égard des organisations religieuses qui prétendent les représenter ».

Ils ont noté que la Ligue avait interdit à des cinéastes israéliens (pourtant de gauche) de présenter leurs films lors d'un festival financé par l'association. Ces cinéastes ont été remplacés au pied levé et sans explication crédible par des artistes libanais et palestiniens. « C'est du racisme », ont-ils commenté, ajoutant : « On peut aussi se demander pourquoi le Proche-Orient sollicite un tel engagement de la LDH, qui ne dit presque rien à propos du Darfour ou de la Tchétchénie, ou se tait devant les discours négationnistes et antisémites du président iranien ! »

DSK sorti du pétrin judiciaire ? Pas du tout ! Par Norbert Cohen

Myriam L'Aouffir et DSK Rolland Garros

DSK sorti du pétrin judiciaire ? Pas du tout ! Par Norbert Cohen

Apparemment, tout va bien pour Dominique Strauss-Kahn.

Résidant dans sa magnifique propriété des environs de Marrakech avec sa compagne franco-marocaine, Myriam L'Aouffir, il devrait conseiller le gouvernement tunisien dès la rentrée de septembre.
L'objectif est de mettre sur les rails un vaste plan de développement économique pour la période 2017-2020, en liaison avec une banque d'affaires française, Arjil et associés.

DSK est d'ailleurs, à titre personnel, partenaire de cette banque. Un mélange des genres qui peut heurter sur le plan moral, mais courant en Afrique du Nord...

Entre-temps, l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) dirige Parnasse, une société d'aide juridique et de gestion immatriculée à Casablanca. Son chiffre d'affaires est inconnu, mais tout indique qu'il est florissant.

Il semble que Myriam L'Aouffir, jolie cinquantenaire, était déjà l'une de ses nombreuses maîtresses en 2007, lorsqu'il était marié à Anne Sinclair. Leur relation, présentée désormais comme « exclusive », a été officialisée beaucoup plus tard, en 2013. C'est alors qu'elle a abandonné son mari et ses 2 enfants.

Diplômée en sciences de l'information, Myriam L'Aouffir a travaillé à France-Télévisions, puis à l'ambassade du Maroc à Paris, avant de se lancer dans des causes humanitaires comme la lutte contre le sida. Par ailleurs, elle a monté sa propre agence de communication, Daenery's, en 2014. Considérée comme une « femme de réseaux », elle est notamment amie avec le cinéaste Elie Chouraqui ou l'ex-présentateur du journal de TF1 Patrick Poivre d'Arvor.

Blanchi dans les affaires du Sofitel de New York puis du Carlton de Lille, DSK est-il enfin débarrassé de ses ennuis judiciaires ?

Aux dernières nouvelles, pas du tout.

Les 3 juges parisiens qui enquêtent sur les gigantesques escroqueries commises par son ancien associé, Thierry Leyne - qui s'est suicidé en 2014 en se jetant d'une fenêtre de son luxueux appartement de Tel-Aviv -, seraient décidés à le mettre en examen. La bombe juridico-médiatique pourrait exploser cet été, selon des sources anonymes provenant de la brigade financière française.

Les 2 hommes ont mis sur pied différents projets, surtout en Afrique, puis ont créé ensemble LSK, un fonds d'investissement luxembourgeois destiné entre autres aux grands de ce monde.

Thierry Leyne avait mauvaise réputation dans l'univers de la finance, mais DSK proclame qu'il ignorait tout des soupçons pesant sur son partenaire. Les autorités de ce qui fut un paradis fiscal européen ont pourtant refusé d'accorder la licence indispensable à la poursuite des activités de LSK et Thierry Leyne a mis fin à ses jours dans les mois qui ont suivi.

On a appris récemment que le fonds était impliqué dans le scandale des « Panama Papers », puisqu'il a ouvert 31 sociétés offshore pour le compte de ses clients.

Mais il a accumulé avant tout et en un temps record 100 millions d'euros de dettes il y a 2 ans, jamais remboursées. Les détenteurs de ces sommes ont été bernés.

Thierry Leyne associé de DSK

Thierry Leyne associé de DSK

Certains ont été ruinés et beaucoup ont porté plainte, ce qui explique sans doute le suicide de Thierry Leyne, qui avait aussi subi le choc du suicide de son épouse, intervenu quelques années auparavant. Le couple a laissé 4 petits orphelins israéliens.

Or, les juges ont de plus en plus de mal à croire l'avocat de DSK, Jean Veil (fils de Simone Veil), quand il affirme que l'ex-ministre de l'Economie ne savait rien.

En effet, des témoignages et documents mis à jour cette année attestent de l'entrée au capital de LSK de 2 actionnaires - discrets - durant l'été 2014. L'un d'eux, Alain Urbach, est un retraité marseillais qui a perdu dans cette filouterie l'intégralité de son patrimoine : plus d'un million d'euros.

Son avocat, Yohann Attal, a raconté en détails aux enquêteurs de quelle manière Leyne et DSK, qui comptait « devenir plus gros que la banque Lazard », travaillaient main dans la main. Des contrats écrits renforcent cette hypothèse. Jean Veil prétend que la signature de son client aurait été imitée... mais il a omis de porter plainte pour faux.
Dès lors, la responsabilité pénale de Dominique Strauss-Kahn pourrait être formellement établie.

Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël

Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël

"Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël"

Richard Sitbon économiste

Richard Sitbon économiste

Richard Sitbon, économiste, vient de publier chez L'Harmattan "La France, peuple élu de l'Europe ?"Un livre sur la situation hexagonale vue d'Israël. Alliance y reviendra.
Mais ce francophone occupe aussi un posté clé au sein de la cellule chargée de la lutte contre le blanchiment à Jérusalem.Interview et révélations sur la manière dont l'Etat juif traque la délinquance économique et fiscale, notamment celle des binationaux.

Alliance : En matière de lutte contre la fraude, tout a changé en quelques années...

Richard Sitbon : C'est exact. Cela dit, Israël n'a jamais été sciemment un paradis pour l'argent sale, contrairement à la Suisse, le Luxembourg ou Panama. Mais depuis le milieu des années 2 000, nous sommes entrés dans l'OCDE, qui regroupe les pays les plus développés.

Du coup, nous nous sommes engagés à mener un combat sans merci contre le blanchiment de l'argent de la drogue, des jeux, de la prostitution, etc. Si bien que les sociétés roumaines qui avaient l'habitude, par exemple, de transférer à Tel-Aviv leurs gains provenant de jeux de hasard... ne peuvent plus le faire.

Alliance : La deuxième étape a été la lutte contre l'évasion fiscale.
Richard Sitbon : Absolument. Depuis environ 3 ans, on ne peut plus déposer de grosses sommes en liquide dans les banques israéliennes, les Français doivent donner leur numéro fiscal s'ils veulent ouvrir un compte...

Tous les mouvements suspects sont surveillés et signalés. Si vous êtes français, Paris saura forcément ce qui se passe sur votre compte israélien. Mais nous allons encore plus loin : en mars dernier, il y a eu un virage majeur. Jusqu'à présent, au nom de la protection de la vie privée, les services antiblanchiment et fiscaux étaient séparés. Désormais, nous travaillons en étroite collaboration.

Alliance : Conséquences ?
Richard Sitbon : Elles sont considérables ! Si le fisc français interroge son homologue israélien, il obtiendra des informations éventuelles concernant le blanchiment.

Alliance : Et alors ? Israël, dit-on, n'extrade pas les Juifs, encore moins les binationaux...
Richard Sitbon : De nos jours, c'est totalement faux. Les polices et les justices françaises et israéliennes collaborent de plus en plus étroitement.
Nous sommes signataires des accords internationaux en la matière. Les extraditions existent, y compris pour délits financiers. Il est évident que lorsque Paris va demander à Israël d'acheminer Gilbert Chikli sur son sol, lui qui a inauguré les fameuses "arnaques aux présidents" et empoché illégalement des millions d'euros... nous ne nous y opposerons pas.

Il a donc du souci à se faire. Ses activités douteuses sur le Forex (marché des changes) en Israël même sont d'ailleurs stoppées grâce à une traque administrative qui a porté ses fruits.

Alliance : Quelle est votre priorité aujourd'hui ?

Richard Sitbon : Certains escrocs israéliens vendent, via des call centers, de faux contrats d'assurance à des Français installés dans l'Hexagone. Nous allons nous occuper sérieusement de ce problème. Depuis mars, nous sommes habilités à organiser des "descentes" communes fisc/cellule antiblanchiment dans les entreprises fraudeuses. Nous avons commencé à le faire et ce genre d'opération musclée va prendre une tournure spectaculaire. L'Etat juif ne peut plus se permettre de perdre un seul shekel, du fait de nos besoins budgétaires publics. Le but, c'est la tolérance zéro.

Propos recueillis par Norbert Cohen

Lieberman : des idées honteuses contraires au judaïsme, par Norbert Cohen

Avidgor Lieberman extreme droite israélienne au pouvoir à nouveau

Lieberman : des idées honteuses contraires au judaïsme, par Norbert Cohen

Alliance a révélé les détails de l'accord de coalition qui vient de se traduire par la nomination du leader d'Israel Beitenou (parti d'extrême droite à majorité russophone), Avigdor Lieberman, au poste de ministre de la Défense.

Avigdor Lieberman

Avigdor Lieberman

On a tout entendu sur ce rebondissement, y compris des mises en garde sévères. Ainsi, l'éminent politologue francophone Denis Charbit, de l'Université de Tel-Aviv - et plutôt modéré habituellement -, a carrément parlé de « suicide » pour le pays.

C'est un commentaire exagéré, puisque le vrai patron reste Benjamin Netanyahou.

Mais l'affaire est honteuse pour Israël, au moins sur le plan des principes.
En effet, Avigdor Lieberman n'est pas un nationaliste ordinaire. On peut être israélien et patriote. C'est même recommandé ! Cependant, le nouveau ministre professe des idées délirantes qui sont à l'opposé de la tradition juive et de l'histoire du sionisme, dans sa version laïque comme dans sa version plus religieuse.

Ses thèses sont fascisantes. Les pionniers de l'Etat hébreu se retourneraient dans leurs tombes s'ils savaient qu'elles ont leur place au sein du cabinet au pouvoir.

Cet homme né en Moldavie en 1958 a réalisé son alya en 1978. Etudiant à l'Université hébraïque de Jérusalem, il s'est battu violemment, à plusieurs reprises, contre de jeunes Arabes. Dans sa jeunesse, il a exercé la profession de... videur de boîte de nuit.

Il prône la séparation totale des Juifs et des Palestiniens. Il veut expulser les Arabes des villes à majorité juive, à l'intérieur comme à l'extérieur de la ligne verte. Tandis que les antisémites occidentaux glosent sur le prétendu « apartheid » israélien, notion insultante qui n'a aucun sens dans le contexte démocratique local, Avigdor Lieberman, lui, en rêve ! Il est favorable au nettoyage ethnique tel que le pratiquaient les Serbes de Bosnie pendant la guerre de l'ex-Yougoslavie et milite pour un Etat juif « racialement pur ».

Une thématique inconnue de nos jours sur le Vieux Continent, sauf chez les néo-nazis grecs d'Aube dorée. Il est authentiquement raciste, puisqu'il n'existe à ses yeux aucune distinction entre les Palestiniens de Jaffa, Nazareth, Hebron ou d'ailleurs.

Tous, individuellement, seraient par définition des ennemis à éloigner ou à abattre. En 2015, il a déclaré qu'il fallait « décapiter à la hache » les Arabes « qui sont contre nous » ou qui se contentent de critiquer la droite israélienne. Un discours peu imaginable en France, même au Front national.

Plusieurs fois ministre, car représentant incontournable de centaines de milliers d'électeurs, il a soutenu la guerre de Poutine en Tchétchénie et les atrocités commises par l'armée russe contre la population musulmane de ce petit pays devenu une dictature à la solde du Kremlin.

En 2002, lors de la seconde Intifada, il a émis l'idée saugrenue et inhumaine - évidemment jamais appliquée - de bombarder à l'aveugle les centres commerciaux des territoires palestiniens.

Avigdor Lieberman, comme Jean-Marie Le Pen, est aussi un fraudeur fiscal et économique que rien n'arrête. En 2009, il a été inculpé pour blanchiment d'argent, corruption, subornation de témoins et entrave à la justice dans le cadre d'une enquête sur le financement de ses campagnes électorales.

Il aurait notamment créé à Chypre des dizaines de sociétés-écrans. Il a dû abandonner temporairement ses mandats publics, mais a échappé à la prison (contrairement à l'ex-Premier ministre Ehud Olmert).

La procureure en charge de son dossier, outrée, a démissionné du parquet après avoir affirmé que « tout ce que nous cherchions disparaissait au fur et à mesure, un peu comme si Lieberman nous précédait partout.

D’ailleurs, nous savions qu’il disposait de taupes dans la police et l’administration. Un Israélien lambda poursuivi pour les mêmes faits aurait été condamné, mais pas lui ».

Depuis l'annonce de sa prise de fonction à la Défense, il a affirmé qu'il était partisan de la peine de mort. Elle existe certes dans la tradition talmudique, mais elle est rendue quasi-inapplicable par une série de conditions préalables complexes.

De fait, le peuple juif a presque totalement banni cette sanction il y a des millénaires, bien avant les Etats modernes. C'est son honneur et sa fierté. Lieberman n'en a cure.

De même, il ne s'embarrasse d'aucune précaution de langage, à l'instar des leaders fascisants européens. Il a même déclaré que Bibi, qui pourtant vient de lui accorder une promotion de taille, était « un menteur, un tricheur et une crapule ».

Le CRIF, puissant ? Archi-faux ! Par Norbert Cohen

Francis Kalifat nouveau président du CRIF

Le CRIF, puissant ? Archi-faux ! Par Norbert Cohen

L'immense majorité des Français, juifs ou non, sont persuadés que le CRIF est une sorte de « lobby » représentant bien le judaïsme de ce pays, fortuné et influent, puisqu'il réunit chaque hiver des membres éminents de l'exécutif - y compris le chef de l'Etat - comme de l'opposition, lors de son dîner annuel.

François Hollande au Crif

François Hollande au Crif

Les antisémites le considèrent comme une « cinquième colonne » dictant ses volontés au pouvoir politique. L'expert en relations internationales Pascal Boniface lui-même - viscéralement anti-israélien - écrivait récemment dans un hebdomadaire de référence, L'Obs, que le CRIF était un « acteur central » de la vie publique française.

Tout cela est archi-faux.

CRIF et son président Roger Cukierman

CRIF et son président Roger Cukierman

Le 29 mai, Francis Kalifat sera élu nouveau président de l'institution, succédant à Roger Cukierman. Exceptionnellement, il n'y a en effet... qu'un candidat en lice.

Et pour cause : ce poste très prenant nécessite désormais une protection policière contraignante, en raison de la menace islamiste, il est bien entendu bénévole, mais de plus il faut payer de sa poche pour l'occuper ! Le président doit participer à certains frais. Francis Kalifat, homme d'affaires avisé et relativement libre de son temps, est l'un des rares à pouvoir se le permettre.

Car le CRIF est pauvre comme Job ! Son dîner annuel est l'occasion d'engranger certains revenus, puisque participer à la soirée coûte quelques centaines d'euros... mais c'est une goutte d'eau dans la mer. Son principal contributeur est le Fonds social juif unifié (FSJU), dont les subsides proviennent de la collecte de l'Appel unifié juif de France (AUJF). Or, cette collecte est en chute vertigineuse.

Le noyau dur des donateurs s'est volatilisé : alya, crise économique, ponction ou plutôt persécution fiscale qui fait fuir les grandes fortunes à l'étranger... D'autre part, ceux qui accordent encore leur confiance à l'AUJF, souvent âgés, sont en nombre décroissant. Les Juifs français préfèrent donner leur argent aux synagogues et associations orthodoxes, plus proches du terrain et plus fiables à leurs yeux. Les collectes dites « parallèles » se multiplient.

Conséquence : le CRIF survit avec des bouts de ficelle. Le directeur exécutif lui-même est auto-entrepreneur. L'organisation n'a même pas les moyens de salarier sa principale cheville ouvrière. Il suffit d'ailleurs d'arpenter les bureaux du CRIF : ils sont minuscules et les employés, aux statuts plus ou moins précaires, se comptent sur les doigts de deux mains. C'est une maigre PME. Le bureau du président est tout en longueur, petit et incommode. De quel prétendu « lobby » parle-t-on ?

Par ailleurs, le CRIF est censé représenter le judaïsme français dans son ensemble. Nouvelle illusion.

Le Consistoire central et le Consistoire de Paris, dont on connaît l'importance en matière de culte et de statut personnel (circoncision, bar et bat mitzva, mariage, divorce, certificat de judaïcité permettant de réaliser son alya, décès), n'en sont pas membres !

Quant aux innombrables synagogues orthodoxes et à leurs institutions scolaires, forces vives de la communauté puisqu'elles éduquent des milliers d'enfants et d'adolescents, elles n'entretiennent aucun rapport avec le CRIF.

Beaucoup d'associations représentées au sein de l'institution n'ont que... quelques dizaines de militants. Ce sont les fantômes d'un passé révolu.

De temps à autre, le CRIF exerce un certain magistère moral. Quand son président proteste sur tel ou tel aspect de la politique ou de la diplomatie française, on l'écoute poliment au sommet de l'Etat. Mais son influence sur les positions pro-arabes du Quai d'Orsay est quasi-nulle.

Ni Soral, ni Dieudonné ne craignent quoi que ce soit de l'institution, impuissante face à leurs millions de fans, alors même que ces professionnels de la haine antisémite ne cessent de dénoncer la soi-disant « police de la pensée » du CRIF.

Et lorsque Manuel Valls, Claude Goasguen ou tel autre ami d'Israël dans la classe politique prononcent des paroles qui vont droit au coeur des Juifs de France, c'est en raison de leurs convictions personnelles.

De surcroît, les Juifs qui exercent une véritable influence dans l'espace public et médiatique ne sont nullement affiliés au CRIF : Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Jacques Attali, Alain Minc...

Il est donc évident que l'institution cristallise sur son nom le fantasme éculé - et, en l'occurrence, extravagant - de la « puissance juive », alors que sa faiblesse et sa représentativité en crise sont au contraire extrêmement préoccupantes.

Si le lobby juif américain est un éléphant, alors le CRIF ressemble à une souris.

Israël: Le scandale continue pour les olim diplômés ! par Norbert Cohen

les diplômes toujours pas reconnus en Israël

Pour les olim diplômés, le scandale continue ! Par Norbert Cohen

C'est la galère. Un scandale qui dure depuis trop longtemps. Les gouvernements israéliens successifs ne cessent de promettre des allégements dans les procédures permettant aux professionnels originaires de France de travailler après leur alya, par le biais d'un serpent de mer : la fameuse reconnaissance des diplômes.

Or, rien ne bouge, à quelques exceptions près.

Ainsi, il a fallu que Meyer Habib, député UDI (centre-droit) représentant au Palais-Bourbon les Français installés en Israël, tape du poing sur la table cet hiver pour que les dentistes puissent enfin exercer leur métier dans l'Etat juif sans freins ni conditions exorbitantes.

L'élu, pourtant proche de Benjamin Netanyahou, a exprimé sa colère en menaçant de recommander carrément... l'arrêt temporaire de l'alya.

Meyer Habib député UDI représentant des  Français qui vivent en Israël

Meyer Habib député UDI représentant des Français qui vivent en Israël

Un coup de gueule lié au lobbying de David Tibi, militant sioniste de toujours, qui a expliqué sur la Toile qu'en tant que dentiste et père de famille, il ne pouvait rester en Israël dans le contexte absurde qu'il subissait. Du coup, la Knesset a préparé à la hâte une loi facilitant l'intégration des membres de cette profession médicale.

Mais pour les autres... ?

Il faut être clair : c'est parfois l'enfer. Les témoignages d'olim qui renoncent à leur rêve et retournent dans l'Hexagone, le coeur meurtri et la bourse vide, sont légion. Raison invoquée : les obstacles administratifs insurmontables et ubuesques les empêchant de reprendre l'activité qu'ils exerçaient en France, après de longues études dans la plupart des cas.

Pour les olim diplômés, la première difficulté tient à la multiplicité des interlocuteurs (chaque ministère de tutelle, chaque université a sa propre politique) et la confusion législative.

La seconde est la paperasserie : pour la moindre formalité, il faut des dizaines de documents - avec traduction... notariée, donc tarifée, ou qui nécessitent une démarche physique sur le sol français, autrement dit un aller et retour contraignant.

La troisième est le nombre considérable de métiers qui imposent une équivalence, soit un parcours du combattant sans garantie de succès.

Voici quelques exemples : les psychologues, orthophonistes, diététiciens, assureurs, agents immobiliers, avocats... et même chauffeurs, opticiens ou électriciens (!) français sont réputés incompétents pour travailler en Israël sans une procédure rébarbative de mise à niveau.

Les médecins généralistes s'en sortent plutôt mieux qu'auparavant, mais de nombreux spécialistes se heurtent à des entraves qui ressemblent à de l'obstruction, dont l'origine n'est pas seulement bureaucratique : dans le secteur de la santé, le corporatisme est tel que les professionnels ayant étudié en Israël font tout pour sauvegarder leurs privilèges et un numerus clausus officieux mais réel.

Ce corporatisme est presque aussi handicapant dans l'informatique, selon certaines sources. De surcroît, il existe des qualifications non reconnues du tout. Par exemple, un kinésithérapeute doit recommencer son cursus depuis le début ou changer de métier !

Pour quel motif ? Mystère. La quatrième difficulté est la barrière de la langue : les autorités vous obligent parfois à maîtriser parfaitement l'hébreu avant d'exercer, dans des domaines où cette perfection est absolument injustifiée.

Enfin, les systèmes universitaires israélien et français sont très dissemblables. L'Etat juif ne connaît ni la maîtrise, ni le BTS (ils n'ont ici aucune valeur), ni... les grandes écoles.

Etre diplômé d'HEC ne vous ouvrira pas les mêmes portes qu'à Paris ou Marseille. Les Israéliens, comme les Américains, privilégient l'expérience. C'est une vision positive et dynamique des choses, mais qui peut se révéler humiliante pour un jeune olé sorti de Polytechnique ne trouvant aucun emploi à sa mesure.

Pour Meyer Habib et les associations de défense des olim (il y a même, désormais, un embryon de « lobby français » à la Knesset), il est urgent de placer le gouvernement face à ses responsabilités : après des promesses à répétition, la nomination de commissions ad hoc et des rapports non suivis d'effets, le temps de l'action est venu.

Eurovision : vague de haine contre Amir Haddad, par Norbert Cohen

Amir-Haddad-France-Eurovision-2016

Eurovision : vague de haine contre Amir Haddad, par Norbert Cohen

Amir Haddad France Eurovision 2016

Amir Haddad France Eurovision 2016

Le chanteur franco-israélien Amir Haddad représentera l'Hexagone à l’Eurovision, qui se tiendra le 14 mai à Stockholm, en Suède. Il a répondu dernièrement aux attaques antisémites dont il est la cible.

« Ma participation à l’Eurovision, a-t-il commenté dans l'hebdomadaire VSD, c’est peut-être un pied-de-nez à l’antisémitisme mais certainement à une tendance maléfique qui s’abat sur le Vieux Continent et qu’on a envie de contrer, en démontrant qu’un concours de chants, où les peuples viennent s’aimer, célébrer une fête ensemble, où les gens ont le droit d’être qui ils veulent, de toutes les couleurs, de toutes les tendances sexuelles, c’est le vrai pied-de-nez ».

Les insultes répétitives émanant de l'extrême droite comme de la mouvance islamo-gauchiste ont été associées à plusieurs pétitions haineuses circulant sur les réseaux sociaux. La principale, qui a recueilli des milliers de signatures en à peine quelques jours avant d'être retirée de la Toile par crainte de poursuites judiciaires, était intitulée : « Je refuse qu’un soldat israélien représente la France au concours de l'Eurovision ». Elle exigeait son exclusion immédiate de la compétition.

Extraits : « Amir, tu es d'abord un soldat de Tsahal, l'armée la plus immorale (sic) et la plus raciste du monde, et il est difficile d'envisager sans émotion que tu chantes La Marseillaise entre deux assassinats d'enfants palestiniens (…). Connais-tu la France en dehors des quartiers chics parisiens ? Sache que ton ami Patrick Bruel a déjà grandement contribué à l'effondrement de ton art. Tu es son successeur désigné et il te donnera sûrement la recette cynique de son succès (…). Ici, la population bouffe quotidiennement du BHL, de l'Attali, sans oublier Fabius, Sarkozy, Kouchner, Lang, Cukierman, Cohn-Bendit, Zemmour, Elkrief, Finkielkraut, Klarsfeld, Glucksmann (fils désormais), Copé, Balkany (…). Le sionisme est l'un des cancers de la planète ».

Amir Haddad, 31 ans, qui avait participé à la célèbre émission télévisée « The Voice » en 2014 - il s'était classé 3ème -, prépare actuellement son premier album en français. A Stockholm, il prendra la relève de Lisa Angell, qui avait l'année précédente peu glorieusement offert à Paris la... 25ème place du palmarès, sur 27 pays représentés.

Originaire de Sarcelles (d'un père tunisien et d'une mère marocaine), l'artiste qui vit entre les rives de la Seine et Tel-Aviv depuis 20 ans, avait atteint en 2006 la finale de « Kokhav Nolad », version israélienne de « La Nouvelle Star ».

Il met souvent en avant ces jeunes années passées dans une banlieue multi-confessionnelle, qui lui a « inculqué le respect de toutes les cultures », pour éviter de répondre à l'insulte par l'insulte. « Je ne veux pas être catalogué comme l’Israélien de la télévision française, je ne veux pas parler de religion ni aborder des sujets politiques », a-t-il martelé sur la chaîne d'information francophone i24news, qui émet du port de Jaffa.

Il a également refusé de commenter le succès du propagandiste de la haine Dieudonné. « Je veux rassembler les gens autour de l’amour de la musique, a-t-il dit. Contrairement à ce que j'entends, je ne suis pas l'idole de la seule communauté juive. C’est une image tronquée : beaucoup de fans me soutiennent et je ne pense pas qu’ils soient majoritairement juifs ».

Il n'empêche que ce dentiste de formation, qui a appris son métier (jamais exercé jusqu'à ce jour) à l'Université hébraïque de Jérusalem après son service militaire, « portera toujours Israël dans son coeur ».

Le 7 juillet 2014, Amir Haddad s'est marié dans l'Etat juif avec sa compagne Lital, rencontrée 3 années auparavant.