Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, âgé fraîchement 39ans, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Hatufim en projection au Musée d'histoire et du judaïsme

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Précisons que cet article ne possède aucun spoiler afin de respecter celles et ceux qui n'ont (toujours) pas pris connaissance de cette sublime série.


La série Hatufim est avant tout, et à contrario de son petit frère (plus ou moins) jumeau Homeland, une réflexion qui dépasse le cadre classique, pour devenir opératoire à plusieurs niveaux: humain d'abord, politique ensuite. 



S'inspirant (sans doute) de faits plus ou moins réels, la série, remarquablement écrite et mise en scène, se savoure grâce à ces nombreux rebondissements et son suspense à couper au couteau. Un peu à la manière de la série novatrice des années 2000, 24heures chrono, Hatufim se révèle délicieusement addictive. Une mise en abyme avec ces anciens prisonniers surveillés par plus haute autorité. 


Autant son homologue américain nous saisit par son côté thriller, Hatufim s'intéresse d'avantage lui aux réactions psychologiques des protagonistes masculins et surtout féminins! Gidéon Raff, créateur de la série, réalise une œuvre coup de poing et parfois polémique en proposant une vision intime de la société israélienne de l'intérieur. 



A la fois maitrisée et provocatrice, précise et ambiguë, Hatufim se conjugue aux espoirs et aux angoisses de chacun. Rappel des faits. Trois soldats de Tsahal ont été détenus pendant plus de quinze ans aux branches armées islamistes. Après moult négociations, seuls deux sont finalement libérés par leurs ravisseurs, le troisième ayant péri lors de sa captivité. Durant toutes ces années, que sont devenus leurs femmes, leurs enfants, leurs familles? Et surtout comment surmonter le traumatisme de la guerre ?


 


Après le succès du coffret de la saison 1 avec plus de 7500 exemplaires vendus, Arte Editions expérimente une édition spéciale Direct to DVD de la deuxième saison tant attendue pour certains! Aussi, deux coffrets DVD seront édités dès le 5 novembre 2014: le coffret de cette seconde saison, et pour les inconditionnels le coffret de l'intégrale saisons 1+2. 


Pour ceux qui veulent voir en grand cette grande série, notez pour les parisiens que des projections exceptionnelles – et en avant-première, s'il vous plait- des 4 premiers épisodes de la 2ème saison, le 5 novembre à partir de 20heures au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (71, rue du Temple, 75003 Paris) et au Nouveau Latina (20, rue du Temple, 75003 Paris). Le tout en entrée libre! Réservation indispensable au 01 55 00 70 85 ou par mail: hatufimresa@artefrance.fr   



Laurent Bartoleschi

Cinéma : Magic in the moonlight par Laurent Bartoleschi

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Tourné sur la Riviera, la Côte d'Azur, le dernier film de Woody Allen, Magic in the moonlight, avec le toujours élégant et oscarisé Colin Firth et la pétillante Emma Stone, brille de mille feux. D'ailleurs, fidèle à son habitude, et comme l'on peut s'en apercevoir durant les fameuses 90 minutes du film, le metteur en scène craque totalement pour son actrice. Nouvelle égérie? A suivre. En tout cas, il continue à nous balader à travers le monde; après Paris, Rome, Barcelone (à quand Tel Aviv et/ou Jérusalem), le réalisateur new-yorkais choisi une nouvelle fois la France, le Sud précisément et durant les années 1920. 


Paradis des plus grandes fortunes du monde entiers se mêlant aux escrocs en tout genre.  Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu'il s'agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l'avenir. 


Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d'Azur et se fait passer pour un homme d'affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère. Aussi, ne sera-t-il pas question du jeu alléchant du chat et de la souris? 


Notez qu'il est une nouvelle fois question du thème du spiritisme que Woody Allen affectionne particulièrement, souvenez-vous du Sortilège du scorpion de Jade, Alice ou encore Midnight in Paris. D'ailleurs, Colin Firth s'inspire directement des plus grands prestidigitateurs de l'époque, à savoir Houdini. Avec l'âge, Woody s'amuse de plus en plus avec ses comédiens et surtout ses fidèles spectateurs, comme en témoigne son 44ème long métrage Magic in the moonlight.


Laurent Bartoleschi

ADN peut tout ou presque : trouver l'amour, prouver sa judéité, et si vous êtes destiné au succès?

 

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Vous voulez savoir si vous avez le "gène guerrier", qui soi-disant prédispose au succès ? iGenea peut vous dire "si vous êtes porteur de la variante du gène MAOA-L". 

Vous voulez savoir si vous êtes juif ? iGenea prétend fournir une réponse par l'ADN, comme s'il existait un profil génétique d'une prétendue race juive... Une lubie dangereuse et historiquement fausse. Joëlle Apter soutient pourtant l'inverse. 

Véronique ne le savait pas : "Mes gènes sont ceux du peuple juif selon le labo, je me découvre donc une communauté d'adoption". L'air de rien, la révolution génétique dérape. Prête à rétablir sans scrupule une effrayante pureté des origines, simplement parce que cela rapporte.


Rencontré l'amour grâce à votre ADN ?

Un site de rencontre basé sur le génotypage 


Joëlle Apter n'est pas seulement la patronne d'iGenea, elle est aussi cofondatrice d'un site de rencontres, GenePartner, qui propose aux gens un génotypage dans le but de trouver ensuite le partenaire idéal. Aux Etats-Unis, des dizaines de sites et d'applications exploitent ce filon, où l'amour n'est plus laissé au secret du hasard. 


Il priait sans comprendre, "pour la première maman". A l'âge de 7 ans, c'est devenu clair, Dominique Vercoutere a dit à celle qui l'avait adopté : "Tu n'es pas ma mère". 



Né en 1953, il a passé sa vie à fouiller partout pour trouver le début d'une racine. Et n'a rien vu que des portes qui se fermaient à son nez, rien obtenu qu'une maigre fiche avec ce texte type : "mère en détresse, abandon d'enfant". "J'ai tellement été éconduit, raconte ce musicien retraité d'un orchestre symphonique, qu'il ne me restait que ça, sonder mon ADN".


75 euros pour un kit ADN livré à domicile 


Depuis que le séquençage d'un génome complet est passé d'une centaine de millions de dollars au début des années 2.000 à 1.000 dollars aujourd'hui, la génétique low cost est à la portée de tous. Comme Dominique, de nombreux particuliers s'en remettent au génotypage pas cher pour combler le doute, panser les angoisses ou se rassurer.


Il y a ceux qui espèrent trouver une filiation, toucher leur vérité. Ceux qui veulent tout savoir sur les maladies qui les guettent. Et ceux qui vérifient leur judéité, et même sa "proportion". Tous ces explorateurs de l'ADN alimentent le grand marché de ce qu'on appelle la "génétique récréative". Celle qui, proscrite en France, s'annonce comme le business du futur à l'étranger.


En Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, aux Etats-Unis, des dizaines de laboratoires proposent des "formules" avec des prix toujours plus bas. Pour 75 euros payés en ligne par carte Bleue, chacun reçoit son petit kit à la maison. On se gratte l'intérieur de la joue avec une petite brosse, on crache un peu de salive, on met le tout sous enveloppe, et c'est parti pour une lecture express - mais partielle - de son petit génome.


"Et là, j'apprends que je descends d'un prince russe !"


Dominique Vercoutere est le client type. En mai 2012, il est allé jusqu'au laboratoire iGenea, base locale du leader américain Family Tree DNA en Suisse. Pour 999 euros, il a demandé "la totale", "ce qui se faisait de plus complet". Deux mois plus tard, équipé de son login et de son mot de passe, Dominique s'est connecté au site du labo :


Et là, j'apprends que je descends d'un prince russe ! Oui, oui je suis lié à la dynastie de Rurik, qui n'est rien de moins que le fondateur de la Russie"


Après des décennies de recherches vaines, une existence privée d'origine, il a suffi de quelques clics pour que Dominique se trouve une famille génétique. Un horizon identitaire sans limites. iGenea lui a proposé une histoire, certes lointaine : "J'appartiens à la cour royale russe par ancestralité". Mais Dominique tient sa filiation, il a "697 cousins, dont 24 le sont au quatrième degré". Et il est content. "C'est une mine, qui vous entraîne à l'infini, raconte-t-il. Tous les jours, on y trouve des nouvelles de soi". Alors, Dominique a refait des tests.


Chaque fois qu'il "matche"(1) avec un inconnu, c'est, croit-il, un pas de plus vers lui-même :


"Là, je suis tombé sur une personne avec laquelle, sur une analyse de 67 allèles, tout matche. Sur Facebook je me rends compte que c'est quasiment le portrait de ma fille !"


"Il y a un côté grisant et addictif"


Dominique tirera le fil de son ADN jusqu'au bout du monde pour trouver sa mère. Et, connecté à ses racines, iGenea le suivra. Plus qu'un client, il est désormais membre à vie d'un immense réseau social, où, comme sur Facebook, on est amis, et on partage. Non pas son quotidien, mais ses données génomiques. Ainsi met-on le doigt dans la toile. "Il y a un côté grisant et addictif", raconte Nathalie(2), qui a demandé un test à un labo espagnol. Depuis toute petite, elle doutait d'être la fille de son père. "La peur qui m'a retenue des années est la même qui aujourd'hui m'excite". Car les laboratoires apportent des réponses sans fin. Lointaines, tirées par les cheveux, mais scientifiques.


Une banque de données mondiale avec plus de 700.000 profils


Le laboratoire iGenea, fondé en 2001 et dirigé par la généticienne Joëlle Apter, compare les résultats ADN de ses 150 000 clients, dont 30% sont français, à "une banque de données mondiale, qui contient plus de 700 000 profils, confrontés les uns aux autres en fonction des demandes". Les labos prospèrent sur ces petites failles existentielles et rassemblent les gens en communautés autour de leurs maux. Véronique a un peu plus de 50 ans. 


Pour 350 euros, la génétique vient de lui apporter une info sur son père, dont elle ignore tout. "Il est d'origine orientale, dit-elle. 


Maintenant, c'est moi qui ai les clés de ce que je suis, il n'y a plus qu'à dérouler le fil". Et ainsi croire reprendre la main sur soi. Même quand les nouvelles sont mauvaises, "on encaisse, c'est mieux que rien", confie Nathalie, qui a découvert la vérité. Son père lui est génétiquement étranger. Maintenant, elle aussi veut aller plus loin, "vers moi-même", dit-elle.


Avez-vous le "gène guerrier" ?


Comme si la génétique pouvait répondre à tout. Vous voulez savoir si vous avez le "gène guerrier", qui soi-disant prédispose au succès ? iGenea peut vous dire "si vous êtes porteur de la variante du gène MAOA-L". Vous voulez savoir si vous êtes juif ? iGenea prétend fournir une réponse par l'ADN, comme s'il existait un profil génétique d'une prétendue race juive... Une lubie dangereuse et historiquement fausse. Joëlle Apter soutient pourtant l'inverse : 


Les juifs ont développé une certaine homogénéité génétique visible par un test ADN. Ils représentent un gros marché, alors je ne vois rien de gênant là-dedans. Moi-même, je suis juive et je me suis soumise au test" 


Véronique ne le savait pas : "Mes gènes sont ceux du peuple juif selon le labo, je me découvre donc une communauté d'adoption". L'air de rien, la révolution génétique dérape. Prête à rétablir sans scrupule une effrayante pureté des origines, simplement parce que cela rapporte.


Un site de rencontre basé sur le génotypage 


Joëlle Apter n'est pas seulement la patronne d'iGenea, elle est aussi cofondatrice d'un site de rencontres, GenePartner, qui propose aux gens un génotypage dans le but de trouver ensuite le partenaire idéal. Aux Etats-Unis, des dizaines de sites et d'applications exploitent ce filon, où l'amour n'est plus laissé au secret du hasard. 


"C'est un marché grand public qui est apparu il y a cinq ans", explique Laurent Alexandre, énarque, médecin, fondateur du site Doctissimo et président de la société DNA-Vision, sise en Belgique. Mais la méthode utilisée par ces laboratoires est "fruste, puisqu'il s'agit de génotypage, qui est au séquençage ce que le Minitel est à internet". Si elle est suffisante pour offrir quelques réponses à ceux qui s'interrogent sur leurs origines ethniques ou filiales, elle confine au charlatanisme en matière de santé.


"Cette technique ne regarde qu'un millième du génome, contrairement au séquençage, qui, lui, est complet", précise Jean-François Deleuze, directeur général du Centre national de Génotypage (CNG). "Ce que les gens ignorent c'est qu'en fait, la prédictibilité est très faible". Pour 133,12 euros, la société 23andMe a calculé le "risque santé" de Dominique Vercoutere : 


"J'ai un risque élevé de faire du psoriasis, paraît-il. Et un autre d'infertilité !"


Il est pourtant père de trois enfants... Le laboratoire de Laurent Alexandre, équipé de cinq machines à 700.000 dollars l'une, fait du séquençage génétique. Mais n'accepte aucune demande émanant directement du consommateur :


Si je vous dis que votre probabilité d'avoir un cancer du pancréas est augmentée de 17%, qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Vous serez dans l'impossibilité d'interpréter ces données. On ne doit pas faire de révélation grave par mail à une personne de 35 ans dont on ne connaît rien d'autre que sa carte génétique"


L'énarque a lui-même fait séquencer son ADN. Il a découvert qu'il était porteur de deux mutations qui protègent de la calvitie. Au-delà de ces éléments, "j'ai trouvé bien difficile d'interpréter tant de datas, confie Laurent Alexandre. Nous ne sommes plus très loin du moment où les diagnostics seront mieux faits par des algorithmes que par des médecins". 


La Food and Drug Administration (FDA) a demandé à 23andMe de cesser ses diagnostics prédictifs à la fin de l'année 2013. Le séquençage, qui deviendra vite aussi banal qu'une prise de sang, n'est pas en cause. Mais les fins auxquelles on le destine. Jean-François Deleuze insiste :


Il y a un aspect intelligent et progressiste dans la génétique, si on imagine une nouvelle médecine égalitaire, préventive, et individualisée"


Mais l'imagination est ailleurs : le business de l'ADN pèse déjà 20 milliards de dollars.


Elsa Vigoureux - Le Nouvel Observateur

Cinéma : Gone Girl par Laurent Bartoleschi

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Adapté du best-seller de Gillian Flynn, sorti en 2012, sous le titre français Les Apparences, Gone Girl est le dixième film du grand, du très grand David Fincher (Seven, Zodiac, Panic Room,…).

 

Ce faux thriller trace l'histoire de Amy et Nick Dunne, couple parfait, comme dirait la plupart de leur entourage sans exception aucune. Jusqu'au jour (date de leur anniversaire) où, Amy disparaît mystérieusement sans laisser de traces. 

 

Alors que la police prend rapidement en charge l'enquête. Plus les jours avancent, plus les autorités, les parents de la jeune fille, et la ville se mettent à soupçonner Nick. Pourtant, ce dernier clame haut et fort son innocence! Aussi, ne décide-t-il pas, de son côté, de tout faire pour connaitre la vérité en découvrant qu'Amy dissimulait beaucoup (trop) de choses. 

 

Ce couple est interprété par Ben Affleck, l'acteur réalisateur beau gosse d'Hollywood (oscarisé pour son film Argo en 2013), et Rosamund Pike, vue aux côtés de Tom Cruise dans Jack Richer, endosse un rôle "oscarisable", tenez-vous le pour dit. D'avantage que l'histoire, la mise en scène, une fois encore, est à couper le souffle: un montage, conjuguant à la perfection les flashbacks, le présent, des situations parallèles, permet de montrer à quel point que David Fincher (peut-être, l'un des meilleurs metteurs en scène de sa génération) sait aussi bien manipuler la technique cinématographique que le spectateur! Gone Girl reste évidemment la grande sortie cinéma de la semaine.          

 

Laurent Bartoleschi

Bernard-Henri Lévy : Je pense que les amis des juifs restent plus forts que leurs ennemis.

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Bernard-Henri Lévy Hôtel Europe

Adapter le livre remarquable de Bernard-Henri Lévy, Hôtel Europe (aux éditions Grasset), n'était pas une mince affaire. Jacques Weber, mis en scène par Dino Mustafic, relève le défi et ne démérite jamais. Loin de là. Pendant presque deux heures le spectateur reste ébahi par cette puissance de mots. Le décor évoque cette chambre d'hôtel avec un lit, un bureau, un lavabo et même une baignoire. Au fil de ce monologue, des images  (quelques-unes venant du portfolio du metteur en scène bosniaque) interviennent en arrière-plan et donne une certaine épaisseur à la pièce. Bernard-Henri Lévy, l'auteur nous en parle de ce plaidoyer pour l'Europe, où "Être européen, c'est faire le choix de la raison contre son instinct".

 

Laurent Bartoleschi : Hôtel Europe est votre seconde pièce, après le Jugement Dernier en 1992, déjà au Théâtre de l'Atelier. Comment jugez-vous, que tel ou tel livre soit adéquat pour une pièce, voire un film?

Bernard-Henri Lévy: Je ne sais pas. Cela s'impose. On part d’un concept, d’une forme, d’un personnage… C’est indistinct, un peu confus… Et puis, petit à petit, ça se précise, ça cristallise et une forme s'impose… Pour American Vertigo par exemple, la forme s’imposait d’elle-même: ce ne pouvait être qu’un journal de voyage. 

 

L.B: Tout au long de la pièce, on se penche tantôt vers un coup de colère, tantôt pour une déclaration d'Amour à cette vieille Europe. Comment distinguez-vous ces deux passions?

 

B.H.L.: Elles vont de pair. La Colère est à la mesure de l'Amour, et l'Amour à la mesure de la Colère. Je suis d'autant plus amoureux de l'Europe, que je suis en colère de la voir piétiner. Je suis d'autant plus en colère que je l'aime. En fait, je ne serais pas si en en colère, si je ne l'aimais pas autant! Ces deux sentiments ne sont pas successifs, mais simultanés. C’est comme deux forces qui s'entrelacent. 

 

L.B: L'Europe est vieille donc, proche de la mort. A partir de quand, s'est-elle pris ce sacré coup de vieux?

 

B.H.L.: Justement. La question reste ouverte. Le personnage évoque plusieurs hypothèses. Le Génocide arménien, la Boucherie de 1914, la guerre de Bosnie et puis, bien sûr, la Shoah. Quatre évènements d'inégale importance, naturellement. Mais tous ont contribué à cette décomposition, cet affaissement.  

L.B: Croyez-vous en sa mort prochaine?

 

B.H.L.: Je la redoute. Mais j'écris, je parle, je donne cette pièce de théâtre,  pour la conjurer. 

 

L.B: A la fin de la pièce, lorsque Jacques Weber s'habille, il porte un costume noir accompagné d'une cravate noire. Un symbole?

 

B.H.L.: De quoi ? De deuil ? Non, il ne faut pas voir cela comme un deuil. Ou alors peut-être le deuil d'une certaine Europe et l'appel à la résurrection d'une autre. Le cinquième et dernier acte finit sur une note optimiste. Et il est basé sur l’idée de la résurrection des morts. Je crois qu'il y a des morts plus vivants que les vivants. D’hommes tels que Dante, Goethe, Moravia, Levinas, Franz Rosenzweig, le Maharal de Prague, d’autres,  continue d'émaner une énergie à laquelle personnellement je m'alimente. Nous devons nous nourrir de cela, si nous voulons sortir de ces temps sombres que décrit et dénonce la pièce.  

 

L.B: Vous parlez du Tikoun Olam, qui par définition n'est autre que la Réparation du Monde. Faut-il qu'il y ait Destruction en amont?

 

B.H.L.: C'est ce que le personnage, interprété par Jacques Weber, dit en se référant explicitement au Rabbi Haïm de Volozyn dans le cinquième acte de la pièce. Vous connaissez, n’est-ce pas, L'Âme de la vie, de Rabbi Haïm de Volozyn ? L’hypothèse est que le monde a été créé, mais qu’il a tendance, ensuite,  à "se décréer". C’est une idée vertigineuse, totalement effrayante, mais qui est très présente dans la pensée juive. Laquelle pensée juive oppose à cette perspective d’une « décréation » la « réparation » du monde par la prière et les mots. Je crois à cela. Pour moi, naturellement, ce sont les mots davantage que la prière.  Mais le fait est là : sans les prières et les mots des hommes, ces adjuvants de la création, ces empêcheurs de "décréer", le monde s'effondrerait.   

 

L.B: Vous dîtes dans votre livre que pour être juif, Benny Lévy, a dû rompre avec l'Europe! Vous paraissez plus optimiste, n'est-ce pas?

 

B.H.L.: Il y a deux tentations dans la pièce. La tentation de Benny Lévy. La tentation de Bernard-Henri Lévy. Toute la pièce tourne entre les deux. 

L.B. : Mais ce qui triomphe c’est votre  tentation, rester en Europe ? 

B.H.L. : Je crois surtout que nous n'avons pas le choix. L'Europe et Israël sont sœurs. Elle sont sœurs selon le texte biblique lui-même.  Cela ne veut pas dire que cette sororité ne soit pas fratricide. Toute fraternité, l'est d'ailleurs virtuellement. Et il est vrai qu’entre l’Europe (Edom) et Israel (Jacob) il y a une lutte à mort. Mais il n’empêche. Esaü et Jacob sont nés des mêmes entrailles. De la même matrice. Et cette fraternité originaire, profonde, permet d'œuvrer l'un pour l'autre. C'est ce que je crois. Et c’est pourquoi je crois que l’on peut être juif en Europe. Contrairement à Benny Lévy qui, lui, avait fini par choisir le chemin de Jérusalem.

 

L.B: Il y a un thème fondamental dans Hôtel Europe: l'antisémitisme. Avec cette montée de la vague Bleue Marine, ces meetings Dieudonnistes, ces actes violents qu'ont connu la France, et d'autres pays européens cet été, vous restez de marbre en révoquant "ne pas avoir peur des antisémites!". Pourquoi?

 

B.H.L.: Tout simplement, parce que les Républicains sont les plus forts. Je ne parle pas de force physique, bien sûr. Mais de force intellectuelle et politique. Je pense que les amis des juifs restent, aujourd'hui encore, plus forts que leurs ennemis. 

 

L.B: Pourquoi dîtes-vous que les juifs sont forts?

 

B.H.L.: Ils sont forts parce qu'ils sont aguerris. Ils sont forts parce qu'ils ont appris les leçons du passé. Ils sont forts parce qu’ils ne se laisseront plus jamais faire. Aussi, je ne crois pas me tromper en soulignant que ce rapport de force leur est favorable. Il faut continuer à lutter pied à pied, en ne laissant rien passer. Pour l’heure, la grande différence avec les années 1930, c’est que les institutions républicaines tiennent bons, les meetings de Dieudonné sont désormais interdits, ses petits trafics financiers sont poursuivis, etc. 

 

L.B: Comprenez-vous cette Alyah massive?

 

B.H.L.: Il y a deux Alyah: l'Alyah de cœur que je comprends absolument : faire son Alyah pour l'amour d'Israël, c'est magnifique! En revanche, l'Alyah de défaitisme, de désespoir, j’adjure ceux qui sont tentés de la faire d'y réfléchir à deux fois. Ne serait-il pas un peu fort de café de laisser ce pays magnifique à ces salopards ? Les juifs ont contribué à construire la France. Tout comme l'Europe, qui est juive tout comme elle grecque et romaine. Dans sa définition la plus haute, ces trois fils sont très étroitement entrelacés. Ce qui me fait dire, par parenthèse, que la Shoah a été une catastrophe aussi pour l'Europe elle-même qui en est presque morte. L'Europe amputée de sa part juive, totalement amputée de sa part juive, n’aurait plus été l’Europe et  n'aurait jamais survécu. La Shoah était un crime. Mais c’était aussi, d’une certaine manière, un suicide. 

Laurent Bartoleschi

Yves Saint Laurent de Bertrand Bonello

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DU CINÉMA SUR MESURE AVEC SAINT LAURENT DE BERTRAND BONELLO

 

Il était l'un des films les plus attendus de l'après Cannes 2014, le « Saint-Laurent » de Bertrand Bonello sort enfin! Après le (trop) récent biopic réalisé par Jallil Lespert (disponible en DVD) et interprété par un exceptionnel Pierre Niney, le réalisateur de « l’Apollonide » porte un autre regard beaucoup plus sombre sur l’inventeur du prêt-à-porter. 

 

En choisissant de traiter qu’une décennie, de 1965 à 1976, et de s’y plonger (sans aucune bouée) dans un univers troublant, fait d’hallucinations, de névroses et de scènes de perversions, c’est bien d’un film totalement différent qu’il s’agit là. 

 

Tant le film de Lespert était lisse comme de la soie, celui de Bonello tisse un portrait de l’artiste démonté par les drogues, la gloire et la maladie. « Avec mon film sur Yves S. Laurent, se confie le réalisateur, je veux (…) assumer le fait qu’il s’agit d’un personnage hors normes, d’un monstre au bon sens du terme,…Plutôt que de montrer comment il devient Yves Saint Laurent, je m’attache à montrer ce qu’il lui en coûte, tous les jours de l’être ».

 

Il filme magnifiquement ses acteurs, en particulier Gaspard Ulliel dans le rôle-titre dont le regard troublant traduit toute l’ambiguïté de son personnage. Même s’il nous vient régulièrement à l’esprit d’établir une comparaison avec Pierre Niney, la composition de Ulliel, quant à elle, ne se contente pas seulement par sa transformation extérieure. Ce comédien, que l’on a pu voir entre autres dans « Hannibal, les Origines du Mal », est ici particulièrement convaincant, possédant un charisme étonnant proche du couturier dandy. 

 

Le « Saint-Laurent » de Bonello, possède tout ce que le « Yves Saint-Laurent » de Lespert n'avait pas: le premier "prenant son temps", 2H30, contre 1H40, les personnages détiennent d'avantage d'épaisseur, la mise en scène de Bonello est fluide et douce comme du velours. Enfin, il n'est pas un biopic classique, puisqu'il n'y respecte pas les codes: la chronologie étant complètement éclatée, et l'Histoire du couturier se mélangeant à l'univers du metteur en scène, font du film un beau chef d'œuvre! 

 

Aux côtés de Gaspard Ulliel, on retrouve Léa Seydoux qui incarne la créatrice de bijoux, Loulou de la Falaise, Jérémie Renier, succédant le rôle de Pierre Bergé à Guillaume Gallienne, et Louis Garrel, époustouflant d'intrigues dans la peau de Jacques de Bascher. Le film sort en salles demain.

 

Laurent Bartoleschi

Coup de projecteur sur Haganenet, l'Institutrice de Nadav Lapid, au cinéma cette semaine.

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Coup de cœur cinématographique de la semaine revient sans aucune hésitation à l’Institutrice, le second film de Nadav Lapid. Il avait réalisé, souvenez vous le génial le Policier en 2011. Première œuvre coup de poing, qui dénonce cette société israélienne, vue de l’intérieur, et qui ne va si bien que ça ! Mêlant politique et société, le Policier suit le quotidien de ce flic au sein de son unité, faisant rappeler sans conteste le Serpico de Sidney Lumet à la sauce israélienne.

 

Le film est disponible en DVD aux éditions Bodega. Pour son second opus, l’Institutrice, Haganenet, c’est désormais dans le regard d’une jeune femme que se dessine le portrait au vitriol. Cette peinture se dessine autour de Nira, une instit’ passionnée de poésie amenée à suivre un enfant de cinq ans, Yoav, lui aussi passionné par la prose. 

 

Doté d’un don, il est capable d’inventer des poésies de haut niveau ! Aussi, Nira ne va-t-elle pas le prendre sous son aile, envers et contre tous ? Ce n’est pas un hasard, si ce scénario, à couper au couteau, soit si bien écrit puisque Nadav Lapid, le metteur en scène donc, était lui-même un élève surdoué. Entre quatre ans et demi et sept ans, il a écrit pas moins d’une centaine de poèmes ! A qui les faisait-il lire ? A sa nounou ! 

 

Puis, tous ces textes se sont retrouvés au fond d’une armoire, confisqués par ses parents. Vingt cinq ans plus tard, il les retrouve et décide d’en faire la matrice d’un film, celui-ci. Côté mise en scène, pendant que certains trouveront les plans séquences trop longs, d’autres par contre, comprendront le malaise existant dans le film. 

 

Ainsi, cette dimension autobiographique possède, et c’est ici la puissance du film, de grands moments de légèreté et de tendresse. Pourtant, traiter un film sur la poésie chez l’enfant, n’était pas chose facile à réaliser. « Il est souvent difficile d’expliquer ce qu’est un poème, à quoi il sert et pourquoi il est si important qu’il existe.  

 

Le réalisateur rajoute même, à partir de quel moment un enfant peut-il se percevoir comme un poète ? » Cette belle fragilité, gage de qualité, arrive à nous faire tomber sous le charme de Yoav et… de son institutrice. Haganenet est dans une quinzaine de salles.

 

 

Laurent Bartoleschi

Cinéma le film : Sils Maria d'Olivier Assayas

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A 18 ans, Maria Enders a connu le succès en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui fascine et conduit au suicide une femme mûre, Helena. 


Vingt ans plus tard, à l'apogée de sa gloire, elle reçoit à Zurich un prix prestigieux au nom de Wilhelm Melchior, l'auteur et metteur en scène de la pièce qui, quelques heures avant la cérémonie décède brusquement.  


Aussi, Maria ne se voit-elle pas proposer au sein de cette pièce le rôle d'Helena? La voilà de l'autre côté du miroir. Sils Maria est le dernier film d'Olivier Assayas (DemonLover, L'heure d'été).


Il est même le dernier film à avoir été présenté en Sélection Officielle au festival de Cannes 2014. Par ce portrait de femmes, emmenées par un duo totalement inattendu – Juliette Binoche et Kristen Stewart (à des années lumières de Twilight), le cinéaste rend un hommage, voire une déclaration d'amour, aussi bien aux actrices de cinéma que de celles du théâtre. 


Pour l'interprétation de cette actrice, proche de la névrose et de la peur de se sentir dépassée par la nouvelle vague de comédiennes, le rôle de Juliette Binoche n'est-il pas le fruit du hasard? C'est un thème assez récurent au cinéma : on se souvient bien sûr du chef d'œuvre de John Cassavetes, Opening Night, où Gena Rowlands interprétait une actrice de théâtre qui se remettait en cause après la mort d’une groupie. 


Comme pour son habitude, le réalisateur dit beaucoup en racontant peu. Il traite avant tout les émotions humaines. Avec une écriture et une mise en scène audacieuses, Assayas révèle les failles de chacune, et donne cette envie d'évasion. Pour fuir justement, Sils Maria se situe dans les hauts rocheux suisses. Ce paysage (personnage à part entière), éblouissant et étourdissant mêlant sommets, brume glaciale, permet de rappeler la première passion du cinéaste de 58ans, la peinture.

Sils Maria d'Olivier Assayas, sort cette semaine dans les salles.

Laurent Bartoleschi

Le Pogrom mondial : l'Europe va mourir ici et survivre en Israël. Par Benjamin Kerstein

Le Pogrom mondial Par Benjamin Kerstein

 

Tout ce qui doit être dit a déjà été dit. Mais puisque personne n'écoutait, tout doit être dit de nouveau.

André Gide

Un Pogrom mondial est en cours.

Il s'agit d'une terrible vérité. Et les gens ont tendance à ignorer les vérités terribles.

 

Donc, nous allons le dire encore une fois: Il y a un pogrom a l’echelle mondiale en cours.

 

Et une autre terrible vérité doit être dite: Ce Pogrom mondial est en cours depuis plus d'une décennie.

 

Cela a couté des vies, a détruit des biens. a blessé, brutalisé et terrifié les juifs et les communautés juives dans de nombreux pays.

 

Et cela crée un exode silencieux, une expulsion de facto, un nettoyage ethnique au ralenti.

 

Pour le redire, car il faut le dire encore une fois, c'est quelque chose que presque personne ne veut admettre.


Une vérité dont presque personne, y compris de nombreux juifs, ne veut parler ou entendre.

 

Mais au cours du mois dernier, c’est devenu une vérité qui est impossible à ignorer.

 

Et au vu de ce fait, beaucoup continuent à le nier, ou du moins de le minimiser.

 

Et beaucoup, on le regrette, ont choisi de rejeter la faute sur les Juifs eux-mêmes.

 

A peine sept décennies après l'Holocauste, le monde était censé avoir retenu la leçon

 

Ce n'est pas seulement monstrueux. Ce n'est pas seulement maléfique. C’est également une menace existentielle pour le monde civilisé.


Parce que le pogrom mondial présente au monde un dilemne Cornelien :

 

Le Pogrom mondial ou une civilisation qui ne peut pas ou ne veut pas dire non à la barbarie, n'est plus une civilisation du tout.


Le moment où, enfin, le pogrom mondial est devenu impossible a nier a eu lieu en France.


Ce n’est pas surprenant  vu que la France a été l'épicentre du phénomène du moment même où elle a commencé.

 

Mais cette fois, la violence était tellement sauvage, sa cible tellement publique et les auteurs tellement évidents , que seulement les défendeurs de cas indéfendables ne peuvent prétendre que cela ne s’est pas passé.

 

Le 13 Juillet 2014, alors que la guerre entre Israël et le Hamas s’est intensifiée, une manifestation ostensiblement pro-palestinienne à Paris a rapidement dégénéré en pogrom qui, peut-être était prédestinée…

 

Une foule de voyous est descendue sur la synagogue de la Roquette, a pris au piège la congrégation,à l'intérieur,et a essayé de péneétrer en brandissant des armes mortelles.

 

Un des personnes piégées était une femme qui, peut-être par crainte de représailles, a demandé à être identifiée seulement comme Aurélie. Son témoignage,décrit une scène horrible.

A l'extérieur de la synagogue, elle voit un des "manifestants"  criant:« Mort aux youpins! »Elle se rend vite compte de « l'ampleur de la situation ...

”Ils nous ont entourés ... On entend des cris partout ... Je vois des armes à feu... Je vois même un homme avec une hache”.


La police française soit en infériorité numérique, soit terrifiée ou simplement indifférente, la à peine conduite à l'intérieur pour sa sécurité.

 

Mais "ici nous ne pouvons plus sortir ... la pression monte à l'intérieur. Il y a des personnes âgées qui se sentent opprimés, il y a des femmes qui commencent à pleurer, à certains endroits, le volume augmente.

Ensuite, les premiers blessés ...des ambulanciers ... »Elle regarde au travers d’une fenêtre " j'ai vu ce  qui se passait  à l'extérieur comme si j’etais en prison.

 

Encore plus de cris! ! Ils sont toujours là ... Il y en a maintenant des centaines. "En un instant, elle réalise:" La synagogue est en état de siège!"


Les manifestants veulent rentrer, il n’y a pas de doute sur leurs intentions si ils arrivent a rentrer: nous devons nous préparer au pire.


L'attaque se poursuit, les minutes passent. La police semble incapable ou sans volonté réelle de disperser les assaillants.

 

Mais les policiers ne sont pas les seuls. En dehors de la synagogue  se trouve des membres d'organisations de protection de la communaute juive : la SPCJ, Organisme et mirrador de l’antisémitisme avec leur propre force de sécurité. Le groupe de jeunes du Beitar et la (LDJ), l'aile française de la Ligue de Défense Juive.

 

A la police Francaise éternellement génée, Aurelie “Nos protecteurs ont agi avec courage” bien au de la de l’application de la loi ,à juste titre car il y avait beaucoup plus d’hommes armés que de juifs sécurisant la synagogue [l’emphase est mienne].


"Les assaillants attaquent la synagogue une fois de plus, les projectiles se multiplient,et je prevoie des bléssés, le temps passe écrit elle , les enfants n’en peuvent plus… j’allume une bougie."

 

Après une longue attente, les voyous sont sous contrôle, chacun des fidèles sont escortés en petits groupes par les organisations de défense des juifs dont la LDJ.

 

Dans peut-être le plus sombre passage de ce conte deja très sombre, Aurélie, qui est d’origine séfarade, appelle son père, qui a grandi en Algérie. Elle lui demande en lui parlant de l’assaut de la synagogue si il n'avait jamais rien vu de pareil.

 

Il dit: «Oui ... En Algérie, avant de tout laisser derrière ... Mais nous étions en Algérie, ici nous sommes en France métropolitaine!"

 

“Hier” elle ajoute après un moment de reflexion “une partie de mon amour pour la France est partie” et elle a raison de se sentir de la sorte. La France se veut une nation civilisée. 

Mais ce dont elle a été temoin n’est en nulle facon une chose qu’une nation civilisée se permettrait.

 

Aurélie n'est pas seule dans son témoignage. Le journaliste Alain Azria témoin de l'incident, a déclaré simplement: «Les manifestants anti-israéliens avaient des projets meurtriers." Dans un autre témoignage sur la conduite honteuse des autorités, il a dit au sujet des groupes de défense juifs ", Dieu merci, ils étaient là. "


Un autre témoin a décrit comment la foule a jeté "des pierres et des briques sur l'édifice,« comme si c'était une intifada. »Un dirigeant juif a fait une déclaration horrible," Nous aurions pu avoir quelque chose ressemblant a la Nuit de Cristal. 


"Les assaillants, a-t-il dit," avaient des pierres, des morceaux de verres, des haches, des couteaux ... ils étaient armés et je me suis assuré que personne ne quitterait la synagogue, afin de protéger la vie de nos correligionnaires. "

 

Nous avons vu des choses comme ça avant. De nombreuses fois. Beaucoup trop de fois.

 

Il n'y a qu'un mot pour les attaques de voyous sur les Juifs, les tentatives visant à souiller et détruire les bâtiments de culte juifs; le saccage, sadique, bavant de désir de blesser et tuer des êtres humains sans défense parce qu'ils sont juifs et l'indifférence, l'incompétence ou la collaboration des autorités non-juives: Pogrom.

 

Si ce qui s'est passé à la synagogue de la Roquette n'est pas un pogrom, alors rien ne l’est.


 

Et les Juifs français eux-mêmes semblent adhèrer à cette idée que quelque chose a changé. 

 

Que le pays où ils vivent, et dont les principes de liberté, d'égalité, et de fraternité qu'ils ont embrassé comme le leur, ne croit plus à aucun de ces principes. Joel Mergui, un leader de la communauté juive française, annonce dans des termes clairs: «Dans l'esprit des gens», dit-il, "il y aura un avant et un après la Synagogue de la Roquette."


Le plus effroyable c’est que le pogrom de la Roquette a été accueillie avec une autre atrocité aussi ancienne: Le déni. Les groupes d'extrême-gauche soutenant la manifestation, y compris le site anti- américain Mondoweiss, a fait deux declarations qui ont toujours été faites au sujet de pogroms: d'abord, il ne s'est pas produit. Deuxièmement, peut-être qu'il aurait pu éventuellement s’être produit, mais c’était de la faute des Juifs.


 

Ils ont affirmé que le pogrom était, en fait, rien de plus qu'un combat de rue, et a été initié par la LDJ, ce qui a était  manifestement contredit par des témoins oculaires dans et en dehors de la synagogue, y compris Azria, qui a écrit que les pogromistes "se sont  détachés de la manifestation principale et ont fait route vers la synagogue. Les défenseurs juifs ont remarque cela car ils surveillaient la manifestation et de ce fait ont reussi à mettre en place une lutte défensive ".


 

Chaque pogrom de l'histoire a eu ses défenseurs. Des massacres comme celui de Kishinev ont été appelés simples jacqueries, les agressions sur les Juifs qui ont tiré parti économiquement d'autres, ou tenté de "se battre" contre les Juifs qui sont supposés diriger le monde ont ete justifiés. Il y a eu d'autres excuses innombrables. Et en effet, il y en a tout autant cette fois-ci.

 

Les Juifs français n’ont pas à subir cela, heureusement, le CRIF,(Conseil Representatif des Institutions Juives Francaises veille au grain.

 

Les fausses déclarations de l'incident par certains médias qui font passer ces attaques pour des affrontements intercommunautaires, alors qu'en réalité, ce sont des actions haineuses, violentes et unilatérales. des attaques antisémites par des mouvements pro-palestiniens et islamistes.”


Le président du CRIF a déclaré: «Je suis choqué quand j'entends des journalistes dire que si la synagogue de la Roquette a été attaquée, c'est à cause des Juifs. C'est de la propagande. "

 

 

Le Pogrom la Roquette était simplement le pire dans une série d'atrocités. Haaretz note qu'une autre synagogue a été incendiée à Paris le vendredi précédent.

 

En outre, un homme a aspergé de gaz lacrymogène une adolescente juive dans une rue de Paris, lui disant: «sale juive, vous allez mourir inchallah." La jeune fille en question voulait aussi garder l’anonymat. Dans une banlieue de Paris, des "jeunes"ont déclaré leur volonté de «massacrer les Juifs."

 

Le Pogrom n'est pas mort avec la défense fructueuse de la Roquette. Après l'attaque, les autorités françaises ont interdit les manifestations anti-israéliens. Les pogromistes, comme à leur habitude, ont défilé de toute façon.

 

 Et, comme il est de nouveau à leur habitude, ils se sont déchaînés, assaillant le quartier juif de Sarcelles, détruisant, pillant, saccagant, et agissant comme “une horde de sauvages”tel que les a appelle le maire François Pupponi.


"Nous n'avons jamais vu une telle haine et une telle violence, comme celle à laquelle nous avons assisté à Sarcelles", a déclaré le maire. "Ce matin, les gens sont effarés et la communauté juive est effrayée." 

 

Le Jerusalem Post a interviewé le grand rabbin, Laurent Berros:

"La veille, des tracts sont appparu encourageants les manifestants "à venir combattre les juifs" et de nombreuses personnes sont venues armées de haches et de gourdins. "Je suis allé à la synagogue avec les jeunes et la police tentait de protéger la communauté ... beaucoup de magasins juifs ont été brûlés; pharmacies, banques, tramways ... la ville a été vraiment dévastée. "

 

Le Huffington Post rapporte avoir recueilli des temoignages similaires d'autres résidents.

 

"Ils criaient:« Mort aux Juifs », et "Egorgez les Juifs", "David, un ingénieur du son juif dit au Times. "Cela nous ramenne à 1938" .

 

"Nous avons appelé notre ville" La Petite Jérusalem ", car nous nous sommes sentis à la maison ici," Laetitia, résidente de Sarcelles de longue date , a déclaré à France 24: «Nous étions en sécurité, il n'y avait jamais aucun problème. Et je ne m'attendais pas à quelque chose comme ça. Nous sommes très choqués, vraiment très choqués ".

 

Les horreurs n’ont pas cessé. Dans une autre manifestation illégale le 26 Juillet à Paris, les manifestants ont à la fois fait le salut nazi et sa variante pogromiste maintenant populaire: La soi-disant "Quenelle," popularisée par un comédien violemment raciste afin de contourner les lois de la France contre l'incitation a la haine raciale.


Le pogrom s'est également répandu dans le monde virtuel. Un groupe  de soi-disant «révolutionnaires» ont créé une page Facebook où figurent les noms, photos et adresses de 32 Juifs et ont appelé a des violences a leur encontre. Le journal juif Algemeiner a rapporté qu’ «Une foule violente de plus d'une douzaine d'hommes en France a agressé un Juif à son domicile dans la banlieue de Paris à Bobigny, après avoir confirmé que sa photographie" était sur ​​la page. La victime a été frappé à coups de barres de fer et sauvée uniquement par l'apparition fortuite d'un voisin, qui a causé la fuite des assaillants.

 

 

Les discours de haine et d'incitation à la violence contre les Juifs voyagent à la vitesse de la lumière sur Internet. Un récent article paru dans le Times d'Israël décrit les affres de ceux qui modèrent les commentaires sur les principaux sites français.

 

En ce qui concerne Israël et les Juifs, 90-95 pour cent de commentaires doivent être bloqués en raison de contenu à caractère violent et raciste. «Nous voyons des messages racistes ou antisémites", a déclaré un modérateur, "très violents, qui tendent également a viser les politiciens et les médias, parfois en donnant les coordonnées de journalistes." Un autre a froidement noté, "Les appels au meurtre font partie de notre vie quotidienne. C’est parfois difficile psychologiquement pour nos modérateurs ".

 

À leur crédit, depuis les pogroms la Roquette et Sarcelles, les politiciens et les fonctionnaires français ont été très francs dans leur condamnation au sujet des attentats. Bien que, compte tenu de la poursuite des violences, on doit se poser des questions quant à la sincérité de leurs paroles. Néanmoins, ils ont finalement commencé à reconnaître que le Pogrom existe, et quelque chose doit être fait à ce sujet.


Le Premier ministre Français Manuel Valls, par exemple, a déclaré sans équivoque: «l’attaque d’une synagogue ou épicerie casher est tout simplement antisémite et raciste." Le ministre de l'Intérieur français a visité Sarcelles, et dit: «Quand vous menacez des synagogues et lorsque vous brulez un épicerie parce qu'elle est tenue par des juifs alors vous commettez des actes antisémites. "Tout en affirmant la légitimité de manifester contre Israël, il a néanmoins reconnu," Rien ne peut justifier une telle violence. "

 

 

Bien que le Parti socialiste français ait toujours été ambivalent à l'égard d'Israël, son président est allé jusqu'à traiter les pogromistes de "hordes déchaînées." Et il a reconnu la vérité essentielle que «Personne ne participe ou soutient une attaque contre une entreprise juive sans faire partie d'un mouvement qui menace avant de mener la civilisation a la barbarie ".


En outre, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui n'est pas un ami particulier d'Israël, a déclaré publiquement que «les juifs en France ne devrait pas avoir peur, mais beaucoup d'entre eux sont effrayés." Son gouvernement, dit-il, «sera extrêmement ferme" dans le traitement du problème.

 

Mais ce n'est, comme le dit l'adage que, trop peu et beaucoup, beaucoup trop tard. 

 

C'est parce que les pogroms la Roquette et Sarcelles ne sont pas des incidents isolés. Ce sont des flambees dans un pogrom qui dure depuis 14 ans. Cette série d'atrocités racistes qui continue à tuer, à appauvrir, à exiler, et à terrifier beaucoup de gens, tandis que les autorités, pour la plupart, n'ont rien fait.

 

Il a commencé à la fin 2000, quand les Arabes palestiniens ont rejeté le traite de paix et se sont lancés dans une guerre terroriste contre Israël. En même temps, les musulmans et non-musulmans pro-palestiniens se levèent dans le monde entier pour soutenir la guerre de la terreur, et leurs tactiques ont rapidement tourné de la protestation non-violente au campagnes de pogroms, d'intimidation violente et de destruction.

 

Cela s'est produit dans toute l'Europe, mais la France est rapidement devenu l'épicentre. C'était peut-être inévitable, puisque la France est à la fois le pays comprenant les plus grandes communeautes musulmanes et juives en Europe.

 

 

Mais on compte 500 000 Juifs. Alors que personne n'est tout à fait certain de la population musulmane, qui se compte dans les millions.


A la fois face à la puissance électorale de sa minorité musulmane et la menace de troubles sociaux et la violence de cette communauté souvent agitée, les autorités françaises ont trouvé commode de réagir aux pogroms, simplement en les ignorant. Pourtant cela eu lieu et certaines dans les pires atrocités en France depuis des décennies.

 

Dans l'assaut Facebook mentionné ci-dessus, les assaillants ont apparemment dit à leur victime qu'ils feraient "la même chose qu’a Ilan Halimi" Il ya une raison pour cela.

 

Pour beaucoup de juifs français, l'enlèvement, la torture, et le meurtre du jeune Ilan Halimi en 2006 était un point de rupture.Les autorités françaises peuvent nier les pogroms en cours, mais pas ce crime antisémite.

 

Pris en otage par un gang à majorité musulmane qui porte bien son nom "Les Barbares” Halimi a été retenu prisonnier pendant des semaines et sauvagement torturé. Il a finalement été jeté sur une route par les tueurs, "nu et blessé d'au moins quatre coups de couteau à la gorge, les mains liées et du ruban adhésif couvrant sa bouche et ses yeux. Selon le rapport d'autopsie initiale, couvert de brûlures, apparemment a l'acides sur 60 pour cent de son corps. "Comme le New York Times a rapporté," Ses ravisseurs ont dit à sa famille que si elles n'avaient pas l'argent de la rançon, ils devraient aller l’obtenir de leur synagogue , et ont plus tard contacté un rabbin, en lui disant Nous avons un Juif. "

 

La police plus tard a vérifié qu’au moins 20 personnes ont participé à l’enlèvement et aux négociations d’amateurs pour obtenir une rançon." Aucun d'entre eux n'a rien fait pour sauver la vie d’Ilan Halimi. Pire encore, Pogromistes et négationnistes ont rapidement sauté sur l’argument des demandes de rançon, affirmant que l'atrocité a été liée à l'argent et non l'antisémitisme. Les autorités qui trouvaient cette excuse commode ont emboîté le pas.


Mais le gang avait apparemment traqué quatre autres juifs auparavant, et la police a trouvé de la littérature et des documents de nature islamiste soutennant des groupes d’aide aux Palestiniens dans la maison d'au moins une des personnes arrêtées. Quand le Times a demandé à un jeune homme franco-arabe ce qu'il pensait du chef de gang, l'homme a répondu: “Si la police le ramène ici, les gars dans le quartier vont le libérer."

 

On peut se demander si quelque chose pouvait être objectivement «pire» que ce qui était fait a Ilan Halimi. Mais si une telle chose existe, il s’agirait du massacre de Toulouse. Au début de 2012, un raciste dément du nom de Mohammed Merah a effectué une série de meurtres. Après la fusillade tuant plusieurs soldats français, il s’est attaqué a l'école Ozar HaTorah, où il a tué un rabbin et ses deux fils avant de pourchasser une enfant de 8 ans et de lui tirer une balle dans la tête. Un autre enfant a été grièvement blessée.

 

Après la mort de Merah durant son arrestation par la police française, les négationnistes sont allés dans les extrêmes, en essayant de mettre l'acte de Merah sur le compte de la précarité économique, la négligence des parents, l'aliénation sociale, tout sauf l'antisémitisme. 

 

Le célèbre Tariq Ramadan, peut-être l’intellectuel  négationniste le plus important d’'Europe a dit, "la pensée politique [de Merah] est celle d'un jeune homme à la dérive,mais n’est ni impregnée par les valeurs de l'Islam ni conduite par le racisme et l'antisémitisme."

 

Mais les propres mots de Merah et ceux de son frère prouvent le contraire. Peu de temps avant sa mort, Merah aurait dit à la police qu'il avait commis son atrocité pour “venger les enfants palestiniens." Et son frère, Abdelghani, a présenté la preuve la plus accablante, affirmant que l'islam radical et l'antisémitisme, issu de leurs parents, avait fait tuer Mohammed. “Mes parents t'ont élevé dans une atmosphère de racisme et de haine", a-t-il dit. "Ma mère a toujours dit:”Nous, les Arabes, nous sommes nés pour haïr les Juifs. Ce discours, je l'ai entendu tout au long de mon enfance."

 

Le massacre de Toulouse a eu un écho le 28 Juillet 2014, lorsque dans un acte odieux, un pogrommiste a lancé trois cocktails Molotov sur le centre de la communautaire juif de la ville. Encore une fois, l'attaque est issue d'une manifestation anti-Israël.

 

Jusqu'à ce que les pogroms la Roquette et Sarcelles aient eu lieu, l'atrocité Halimi et le massacre de Toulouse étaient simplement les pires actes de violence anti-juive au cours des dernières années.

 

Pour la plupart, cependant, cela a été un pogrom au ralenti, une accumulation de milliers de petites atrocités: Les incidents de violence, d'intimidation, le vandalisme, l’incivilite et la culture de la peur qui ont eu leur inévitable effet.

 

Comme un rapport de la BBC l’a indiqué plus tôt cette année, un grand nombre de Juifs français ont maintenant “peur d'être juif" en France en raison d’une augmentation des crimes haineux anti-Juifs dans le pays.Le rapport est un peu tardif mais il est révélateur.

 

Pour 2013, on note 423 incidents antisémites. Et on doit supposer que beaucoup d'autres ne sont pas signalés à la suite de l'intimidation qui a conduit les témoins mentionnés ci-dessus a dissimuler leurs noms.

 

Encore plus étonnant sont les statistiques :40 pour cent de toutes les violences racistes commises en France ont ciblé des Juifs. Dans les réseaux de communication comme la BBC on a  noté que les attaques antisémites en France sont présentés avec une certaine régularité. "

 

Les résultats, pour une nation ostensiblement civilisée du 21e siècle, sont épouvantables: les Juifs français craignent souvent avoir des signes exterieurs de judaisme. Une enquête de l'Union européenne publiée récemment suggéré que 40 pour cent des Juifs en France evitent de porter des vêtements qui les identifie comme étant juifs. En regardant les trois exemples d'incidents antisémites fournis, on comprend vite pourquoi.


En Mars, un enseignant juif de 59 ans a été roué de coups par un groupe de jeunes hommes qui l’ont insulte, lui ont cassé le nez et ont dessine une croix gammée sur sa poitrine avec un marqueur. 

 

Plus tôt ce mois-ci, une jeune femme juive a été agressée dans d'une laverie automatique dans la banlieue de Lyon par une mère et sa fille d'origine arabe qui ont crié, «Sale Juif, rentre à la maison dans votre pays, Israël." 


Lors d'un rassemblement à Paris en Janvier, un jour avant le Jour commémoratif de l'Holocauste, au moins 17.000 personnes ont défilé dans les rues en criant “les Juifs, hors de France."

 

Une de mes propres amie a connu un tel incident. Elle était entourée et menacée par une bande de jeunes musulmans dans le métro de Paris, y échappant seulement de justesse. En fuyant ses assaillants, elle a supplié un propriétaire de magasin de la cacher et d’appeler la police. Il a refusé. Il ne voulait pas s'impliquer. 

 

Heureusement, elle s'en est sortie indemne, malgré son indifférence. C'était, me dit-elle, la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Quelques mois plus tard, elle a émigré en Israël.

 

Et tout ce grabugeest arrivé bien avant qu’une bande de voyous ait attaqué une synagogue et saccagé la “petite Jérusalem”. Les autorités françaises ont agi comme le propriétaire du magasin qui a abandonné mon amie à une bande de voyous. Ils ont dit peu et fait encore moins.

 

Comme toujours, ce n'est pas seulement que des gens méchants étaient prêts à faire le mal, mais que des gens étaient trop lâches ou trop indifférents pour lever le petit doigt afin de les arrêter.


Le désespoir croissant de juifs assiégés de France semble être illustré plus que toute autre chose par leur adoption croissante de groupes d'auto-défense, comme la LDJ. Un membre plus âgé de la communauté, Victor Sofer, semble incarner ce changement. Comme ill’ a dit au Jewish Telegraphic Agency:

 

"J'avais l'habitude de dire à mes petits enfants de se concentrer sur leurs études et rester hors des ennuis, mais maintenant je les ai envoyés rejoindre la LDJ et défendre nos synagogues contre la racaille. Les Arabes possèdent les rues maintenant. Nous devons leur faire perdre l’envie de jouer avec nous si nous voulons survivre. La LDJ est notre Dome de fer.

 

Un chef de communauté a simplement dit, "Les flics sont ici maintenant, mais ça va être juste nous et les Arabes demain." Dans ce vide, il semble que la la LDJ prend son sens.

 

Si le le pogrom mondial était propre à la France, il ne serait pas nécessaire de l'appeler "Global." Il serait tout simplement la «Pogrom français," ce qui serait deja assez épouvantable. Mais la France, en raison de ses grandes populations juives et musulmanes, ainsi que sa propension culturelle de longue date pour la violence populaire, est tout simplement le meilleur exemple. Au cours des 14 dernières années, il est devenu clair que ce pogrom est à l'échelle européenne.


Même avant la dernière explosion de violence et de haine anti-juive, les Juifs de toute l'Europe n'étaient ni a l’aise ni en sécurité.

 

 Un sondage effectué en 2013 a montré que la peur de la montée de l'antisémitisme en Europe a incité près d'un tiers des Juifs d'Europe à considérer l'émigration parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité dans leur pays d'origine. Pour éviter de fausser les données, le sondage est axé sur huit pays qui représentent plus de 90 pour cent de la population juive Europenne.

 

Les raisons de ces sentiments se sont largement manifestées la semaine dernière, une série de manifestations anti-israéliennes à travers toute l'Europe ont dégénéré et rapidement montré leur vrai visage, selon les points de vue en antisémitisme ouvert.

 

 

A Anvers,peut on lire sur  Haaretz, 500 personnes ont protesté contre la guerre entre Israël et Gaza en écoutant un qui chante au travers d’un haut parleur un appel en arabe appellee au massacre des Juifs., “souvenez-vous de Khaybar , l'armée de Mahomet est de retour ", faisant référence à un abattage au septième siècle des Juifs en Arabie Saoudite".

 

Une telle rhétorique génocidaire ne se limite pas à la Belgique. Il est également apparu dans, tous les lieux, en Allemagne. On aurait pu penser que, dans l'ère post-Shoah, l'Allemagne avait perdue le droit d'autoriser que de telles choses se produisent. Mais ce n'est pas le cas. Un rapport du Times d'Israël déclare: “Dans Dortmund et Francfort des manifestants anti-israéliens ont chanté, Hamas, Hamas, Juden ins gaz! “(“ Hamas, Hamas, les Juifs au gaz! “).Vendredi, une foule de 200 personnes à Essen renchérit: “Scheiss Juden!” (“Merde juive”) ".

 

A Berlin, dans un des siège du régime nazi, "Une foule en colère" à vomi un language qui aurait enchanté le Fuhrer. "Drapée dans des drapeaux palestiniens et montrant le poing de rage, ils ont scandé en allemand, Jude, Jude feiges Schwein! Komm und heraus Kämpf allein! »(« Juif, Juif, porc lâche, sors et se bats toi tout seul!).

 

Plus important encore, nous ne devons pas faire l'erreur de présumer que cette rhétorique pogromiste ne vient que des immigrants musulmans radicaux. Un pogrom mondial ne fait pas de discrimination. Les gens de toutes les races et de toutes croyances sont joyeusement invités. Les voyous qui se sont réunis pour cracher leur haine génocidaire à travers l'Allemagne étaient majoritairement jeunes et composes d’immigrés et d’Allemands de souche ....

 

Politiquement, ils couvrent toute la gamme, des néo-nazis allemands à marxistes anti-impérialistes, des nationalistes palestiniens laïques à des fondamentalistes islamiques ". 

 

Le rôle de l'islam ne peut pas être ignoré, cependant. Un imam a été récemment filmé à Berlin appellant à Dieu lui-même de commettre le génocide, lui demandant de ne pas épargner un seul Juifs. 

 

Comme en France, cette incitation constante à la violence et au génocide a eu son effet prévu. La légitimation de comportements pogromistes. Récemment, selon le Times d'Israël, un homme de confession juive a été attaqué à Berlin car il portait une étoile de David. Un épisode similaire est survenu en Avril quand six jeunes entouraient un Israélien et son épouse alors qu'ils quittaient leur immeuble et ont frappe l’israélien au visage .

 

Dans l'Autriche voisine, le pogrom envahi l'un des derniers endroits vraiment sacrés de l'Europe: Le football. Lors d'un match amical entre Lille et le Maccabi Haïfa, un groupe de voyous ont pris d'assaut le terrain et tenté d'attaquer Yossi Benayoun, le capitaine de l'équipe nationale, ainsi que d'autres membres de l'équipe. Un joueur s’est fait cracher dessus, tandis que l'entraîneur est entré sur le terrain pour protéger ses joueurs. "Samuel Scheimann, un autre membre de l'équipe", a declaré qu’au moins un des émeutiers était armé d'un couteau de poche. "

 

A Londres, ville qui abrite une grande minorité musulmane, une série de manifestations ont été, en partie, assez calme, mais la rhétorique est restée l'incitation incessante et la diffamation. Un sujet de discussion populaire est qu’Israël est coupable de génocide.

 

Un autre est "Hitler, vous aviez raison." Cette rhétorique est clairement destinée à causer le maximum de douleur et de tort aux Juifs. Une manifestation qui utilise cette rhétorique n'est pas une protestation. Il s'agit d'une attaque. Au moins un observateur a trouvé la scene assez répugnante à écrire: “Des milliers d'antisémites ont réussi aujourd'hui à mettre le centre de Londres en standby quasi total."

 

Cela semble être un euphémisme. La communauté juive britannique est maintenant en état de siège. Les menaces de mort et d’alertes a la bombe affluent par dizaines. Les crimes haineux montent en flèche. Un garçon juif a été la cible de pierre lancée par une femme musulmane. Un rabbin a été la cible d'une attaque d'un gang. Des "Heil Hitler" sont entendus dans les quartiers juifs. 


Etrangement, l'une des histoires les plus troublantes émergeantes d’Europe au sujet du pogrom mondial est aussi l'une des moins violentes. Lorsque la militante suédoise pro-israélienne Annika Hernroth-Rothstein, peut-être la plus importante activiste pro-israélienne de la Suède, est arrivée en Israël il y a une semaine pour exprimer sa solidarité, elle a constaté que sa valise avait étévandalisée, probablement en raison de l'horrible crime de porter une petite drapeau israélien. 

 

«J'ai ouvert mon sac», dit-elle dans une interview en ligne, "et quelqu'un avait répandu de la soude sur mes affaires, le sac etait évidemment ouvert avec une sorte d'un instrument tranchant, et le drapeau cousu à moitié disparu. Le pire de tout, pour moi, etait que mon siddour [le livre traditionnel de prière juif] etait humide et endommagé. Je l’avais gardé depuis que j'avais commencé à aller à [la synagogue], c’etaitun bon souvenir de mon retour à la vie reigieuse. Lorsque je l'ai trouvé, j'ai pleuré comme un bébé."

 

Cet incident colle a l'esprit pour une raison simple: si cette manifestation de haine est lâche et mesquineau point  de s'attaquer avec autant de violence à des objets inanimés, que serait-il arrivé si elle avait été capable d'être infligeé à un être humain? Malheureusement, nous connaissons déjà la réponse.

 

Ces derniers jours, il est devenu de plus en plus clair que le pogrom mondial ne s'arrête pas aux frontières de l'Europe. Il est facile pour les Juifs d'Amérique du Nord, longtemps habitué à des sociétés ne partageant pas la longue histoire de l'antisémitisme  Européen de prétendre qu'il n'existe pas ou que ca ne peut pas leur arriver. Que le Pogrom n'est pas ou ne peut les atteindre.


Ces derniers jours ont prouvé malheureusement le contraire. Le pogrom a atteint l'Amérique du Nord, comme les premiers symptômes d'une maladie terminale. Comme en Europe, le Pogrom est basé sur des manifestations de protestation et qui versaient dans la rhétorique raciste et diffamatoire, pour finalement déboucher sur la violence de foule ostensiblement anti-israélienne.

 

Le problème est devenu assez grave pour forcer l'Anti-Defamation League a émettre un avertissement de sécurité à des institutions juives à travers les États-Unis. Un porte-parole a déclaré au Times d'Israël :

 

"L'avertissement est en réponse à la violence et expressions antisémites que nous avons vu lors de certaines de ces manifestations. La teneur de certaines de ces manifestations a été extrême, avecdes manifestants scandant «Mort à Israël» et autres messages et slogans haineux."

 

On ne parle pas de pogroms européens. on parle de manifestations dans des endroits comme Boston, qui se targue d'être une ville qui incarne le libéralisme américain, la tolérance et le multiculturalisme.


J'ai grandi à Boston, et je sais par expérience personnelle que cette croyance a toujours étémarquée par une mesure d'hypocrisie. Et en effet, comme cela s'est produit souvent dans le passé, aucun de ces principes semblent désormais s'appliquer aux Juifs. Lors d'une manifestation à Boston, plusieurs étudiants pro-israéliens ont été encerclés par des militants pro-palestiniens scandant des ”tueurs de Jésus” et  “A mort !” avant d'être attaqués physiquement. a déclaré un témoin, "Certains téléphones ont été arrachés de nos mains, des drapeaux israéliens ont ete  arrachés, et on nous a crié tout un tas de choses dégoûtantes."

 

Une autre a déclaré: «Ils ont dit des choses désagréables, comme nous appelant tueurs de Jésus, en demandant combien de bébés nous avions assassiné, nous disant que nous allions brûler." 

 

Et comme en Europe, il semble y avoir une indifférence inquiétante de la part des autorités. Chloé Valdary, une activiste pro-israélienne de premier plan à l'Université de la Nouvelle-Orléans, a témoigné: «Il y avait plusieurs policiers qui littéralement n'ont rien fait." 


Peut-être la chose la plus inquiétante, cependant, était le témoignage de la militante californienne Bea Lieberman:

"Ce que j'ai vu aujourd'hui était en fait moins laid que ce que nous voyons en Californie. Il y avait beaucoup moins de djihadistes, ici, couvrant leurs visages et tenant des drapeaux du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, scandant "Il faut abattre les Juifs." En Californie d'où je suis originaire,  Il y aurait des barres de fer et la police sépareraient physiquement les manifestants, car il y a des djihadiste qui veulent littéralement nous tuer."

 

Si la norme de la décence à Boston a été réduite à la simple amabilité de s'abstenir de toute rhétorique de génocide pure et simple et d'intention meurtrières, alors on peut se demander jusqu'où l'une des plus ostensiblement villes libérales de l'Amérique peut aller. Elle sera peut-être tombee au niveau Berlin, ou Anvers, ou Paris. 

 

Ou peut-être que nous allons tomber aussi loin que Calgary, où une famille entière a été agressée par un groupe de fauteurs de pogroms anti-Israël, responsables de l’envoi de plusieurs d'entre eux à l'hôpital. 


Les victimes comme l’a ecrit le “Washington free beacon” rapportent qu'elles essayaient juste d'exprimer leur soutien à Israël, quand une foule en colère de manifestants pro-palestiniens les a encerclé, a commencé à crier des slogans antisémites, et à ensuite roué de coups la famille, qui comprenait une fille de 22 ans et une femme de 52 ans qui avait eu récemment une chirurgie de l'estomac.

 

Les “slogans antisémites” comprenaient “tueurs de bébés”, “tuer les Juifs” et “Hitler devrait vous achever” Qui ne sont, bien sûr, pas simplement des slogans, mais aussi des menaces de mort. L'une des victimes décrit les pogromistes qui attaquent son frère 19 ans. "Il avait une étoile de David sur sa chemise," a-t-elle a témoignée, "et ils ont déchiré ses vêtements, l’ont mordu ,griffé et piétiné” 

 

“Ils ont craché sur sa mère, qui était récemment sortie de chirurgie pour une hernie,l’ont renversée et a recu des coups de poing dans l'estomac "

 

Je criais et pleurais et un gars, a décidé qu'il voulait me frapper au visage. Je me suis aussi faite frapper dans le dos et à la tête par un homme. Ensuite, quelqu'un est venu derrière moi et m'a tiré les cheveux pour me renverser afin qu'ils puissent me piétiner.

 

Il semble que, non content de battre une femme, les pogromistes ont ensuite tenté d'assassiner son cousin: «Ils m'ont attrapé par mon drapeau israélien et l’ont accroche autour de mon cou et me tirant vers le sol ils ont continué à me frapper," at-il dit. "Puis ils m’ont même trainé  en bas de la rue." Les deux douzaines de pogromistes ont été chassé par la circulation des voitures sur la route.

 

 

Le fait qu’une famille de gens sans défense ait été attaquée par un groupe de voyous dix fois plus nombreuse qu’eux ne semble pas déranger la police de Calgary. Au lieu de cela, ils ont blâmé la famille car elle etait venue à la manifestation avec un drapeau israélien. Les médias locaux ont eu plus ou moins la même reaction. Si plusieurs d'entre eux avaient été tués, comme en France, comme à Berlin, comme à Anvers, comme en Autriche, comme en tout lieu le fait  qu’un pogrom se produisait n'avait pas d'importance non plus.

 

En effet, une autre victime du Pogrom, cette fois à Montréal, a évoqué un parallèle à la situation en France. La victime, un Juif orthodoxe français, a été attaqué dans la rue par ce qui a été décrit comme «un jeune homme arabe." L'homme qui est venu à son secours a dit:: C'est Paris tout va recommencer. Québec va être la nouvelle France. "

 

Même à New York, une ville d’un million de Juifs, cette «nouvelle France», la France du Pogrom mondial, menace. Une branche de la Israel Discount Bank a été attaquée et saccagée par pogromistes qui ont maquillée les vitrines et le trottoir avec du faux sang. Un témoin a déclaré: “Les employés se sont retranchés à l'intérieur et les portes étaient fermées. Aucune présence policière a l’horizon".


Un autre employé a décrit les gens "avec des drapeaux en criant que les banques servaient à financer les terroristes"

 

 

Ils ont peint une scène. C'était comme si quelqu'un avait été tué, il y avait de la peinture rouge sur la fenêtre qui a été lavé par la suite. Alors, évidemment, ce n'était pas un environnement sûr et nous n'étions pas autorisés à aller à l'extérieur et ensuite nous avons du quitter le travail a 03:30 parce qu'ils allaient revenir.

 

Pour autant qu'on puisse en juger, tout comme à Boston, Calgary, Montréal, et des endroits comme Los Angeles et Seattle où d'autres incidents ont été signalés, personne n'a été arrêté ou inculpé.

 

Et le Pogrom est toujours en expansion. Il s'est déjà propagé jusqu'en Australie, qui a ete longtemps appelé "le pays de la chance," en raison de son éloignement de la plupart des bouleversements du monde.

 

Grace au Pogrom mondial, ce n'est plus le cas. Les manifestations anti-Israël ont suscité l'activité pogromistes là aussi. The Times of Israël rapporte qu’un homme de Melbourne a été attaqué pour avoir porté un t-shirt avec le logo de Tsahal et des écritures hébraïques" deux hommes hurlaient en arabe"chien juif!" Et "Allahu Akbar", ainsi que "quelque chose sur Gaza en arabe ".

 

Et peu de temps après que l'opération terrestre à Gaza ait commencée, la diffamation de sanguinaire s'est trouvée ressuscitée dans le «pays de la chance." Un panneau d'affichage a été dresse montrant une caricature horrible du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ornée de crocs sanguignolants. Il était penché sur un enfant, et au-dessus les mots "On en aura jamais assez." L'ironie est palpable, comme semble l’être le Pogrom mondiale qui "n’aura jamais assez" du sang d'un autre peuple.

 

La haine, le racisme et la violence qui entraîne le Pogrom mondial ne sont nul part plus puissants que dans le monde musulman. Là, l'antisémitisme apparaît dans sa forme la plus vulgaire et avilie. Il embrasse publiquement de tels mythes comme la diffamation sanguinaire et les Protocoles des Sages de Sion, qui ne sont généralement que des murmures dans les milieux éduqués occidenteaux . Bien que, peut-être, plus pour longtemps, si les pogroms sont vaiqueurs.

 

 

Heureusement, mais aussi tragiquement, le monde musulman a quelques objectifs pour déverser sa haine en dehors d’Israël, ses propres communautés juives, en particulier dans les pays arabes, ont été victimes de nettoyages ethniques a la suite de la création d'Israël.

 

Un seul endroit dans le monde musulman voit une communauté juive importante survivre: la Turquie. Et ce sont eux mêmes qui sont devenus la cible privilégiée des Pogrom mondiaux dans le monde musulman lui-même.

 

Ils sont seulement au nombre de 17 300, mais c’est une communauté forte et ancienne. En fait, la présence juive en Anatolie précède celle de l'Islam d’au moins 1000 ans, sinon plus.Pourtant, le pogrom mondial les a frappé aussi, surtout après la montée du parti islamiste AKP au pouvoir, induisant le réveil de l'antisémitisme publiquement exprimé.

 

Leur éveil au Pogrom mondial est survenu assez tôt et brutalement. En 2003, deux synagogues à Istanbul fief de ce qui est de loin la plus grande communauté juive dans le pays ont été touchés par des camions piégés. 27 personnes ont été tuées.

 

 

La situation n'a fait qu'empirer. Et au cours des dernières semaines,elle a atteint son paroxysme avec l'AKP et son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan crachant une rhétorique antisémite contre Israël et, par conséquence, sa propre communauté juive.

 

 

Dans un discours particulièrement vicieux, Erdogan a evoqué la diffamation nazie, en disant que l'offensive israélienne contre le Hamas "a dépassé ce que Hitler a fait pour eux», ce qui signifie, bien sûr, à tous les Juifs. "Ceux qui condamnent jour et nuit Hitler,"hurlait- il-, "ont dépassé Hitler dans la barbarie." Israël, dit-il, “crache la mort et crache le sang," faisant allusion à nouveau a la diffamation sanguinaire comme quoi  les Juifs boivent le sang des gentils.

 

 

En parallèle, un journal décrit comme affilié à M. Erdogan et son parti cracha un discours antisémite à la communauté juive de Turquie. Un journaliste a écrit une "lettre ouverte" au grand rabbin du pays. Dans un passage hideux, il cria: “Vous avez vécu confortablement parmi nous depuis 500 ans et vous êtes enrichi à nos frais. Est-ce votre gratitude que de tuer des musulmans? Erdogan,demanda des excuses de la part du chef de la communauté!

"

En outre, le chef de l'IHH, une ONG associée à des terroristes, a ouvertement menacée la communauté juive, en disant “les juifs turcs paieront cher” et “Ce soir et demain, nous allons organiser une autre forme de protestation, nous n'avons plus de patience. "

 

Et, bien sûr, il y avait les mouvements de foule, cette fois dirigés contre le consulat israélien et la résidence de l'ambassadeur. Il y avait des jets de pierres comme d'habitude, des tentatives d'infiltration, et du racisme génocidaire. Un morceau de graffitis laissés par les pogromistes laissant lire "va mourir meurtrier Juif!" Et a exigé des Israéliens "de sortir de la Palestine", une référence fréquente au désir de l'extermination de l'Etat juif.

 

Il est une autre résultante escomptée de cette violence et de la rhétorique meurtrière: Les Juifs turcs quittent le pays. Je sais pour avoir parlé avec certains de ceux qui ont fait leur aliya en Israël que l'attitude générale est simple: La jeune génération ne se sent plus qu'elle a un avenir en Turquie. D’ici une génération, cette communauté ancienne n’existera probablement plus. 

 

En Turquie, en d'autres termes, le pogrom mondial est devenu un acte d'expulsion et de nettoyage ethnique.

 

Et la Turquie n'est pas la seule. Les restes d'une autre ancienne communauté sont également dans le collimateur des pogroms. Le Jerusalem Post a récemment rapporté qu’au Maroc, considéré comme l'un des pays les plus tolérants dans le monde arabe, un rabbin a été agressé et battu "au sujet de la bande de Gaza." Peu de Juifs restent en Afrique du Nord, et bientôt on imagine-le nettoyage sera complèt.

 

Mais à voir les conséquences réelles de ce nettoyage ethnique lent, nous devons à nouveau examiner l'épicentre du Pogrom global: La France. Sept decennies après, elle a remis la plupart de ses Juifs sur le chemin de l'extermination, Elle acquiesce quant à leur expulsion. 


Comme le Los Angeles Times l’a récemment rapporté :

 

Le mois dernier, l'Agence juive pour Israël, qui coordonne les migrations en Israël, a déclaré 1407 des quelque 500 000 Juifs de France sont partis pour Israël dans les trois premiers mois de l'année, quatre fois plus que pour la même période en 2013. 

 

En 2013, 3 288 Juifs français sont partis pour Israël, une augmentation de 72% par rapport à l'année précédente, et pour la première le nombre des émigrés Français depassent ceux des des États-Unis.

 

Les Juifs français sont tout à fait ouvert sur ​​les raisons de leur aliya.Un nouvel immigrant, en arrivant en pleine periode de guerre avec Gaza, le Huffington Post rappoorte ses propos : "Je suis venu a cause  de l'antisémitisme. On le voit dans les yeux des gens. Je le vois dans tout.”

 

L'un des hommes les plus impressionnants de ce monde, le légendaire dissident russe Natan Sharansky, l'actuel chef de l'Agence Juive a pesé sur les implications de cet acte de nettoyage ethnique. Dans une interview avec l'écrivain Liam Hoare publié il ya quelques jours, à la suite des pogroms français, a prononcé un terrible jugement sur ​​un continent qui semble avoir à la fois trahi ses Juifs une fois de plus et confisqué son droit d'être qualifié de civilisation.

 

Sharansky a déclaré "Je crois que nous voyons le début de la fin de l'histoire juive en Europe”.

 

 

Depuis plus de 12 ans, des rabbins et des enseignants dans les écoles françaises disent aux enfants juifs de ne pas sortir avec une kippa. C'est quelque chose que même les rabbins à Moscou et à Kiev ne disent pas aux enfants. Le fait est que cela a commencé en 2003 et 2004, au cours de la deuxième Intifada, les gens pensaient que ce serait temporaire. Mais cela n’a pas changé et ne chnagera pas.

 

Il a décrit "une situation impossible pour les Juifs," la création d'un “sentiment de non-appartenance et de désengagement." 

 

Sharansky a également reconnu ouvertement, peut-être est ce la première fois qu'un personnage public l’a fait ,ce que signifie vraiment l’expulsion et le nettoyage ethnique.L’Europe, en d'autres termes, est de retour au Moyen-Age, quand les Juifs ont été systématiquement expulsés d'une région à l'autre.

 

Il appelle cela un «exode» potentiel des Juifs d'Europe dans son ensemble. Et il a dit une terrible vérité: “Les dirigeants de l'Europe”, selon lui, "doivent penser comme si ils etaient arrivés au point où l'Europe était une fois prête à ceder des millions de ses citoyens -ses juifs-  Et maintenant, le restes de ces Juifs sont prêts abandonner l'Europe ». 

 

Et avec une terrible ironie, il fait une autre  remarque: Si et quand cela arrivera, "l'Europe va mourir ici et survivre en Israël."


 

Il y a un pogrom mondial en cours. Je dis cette vérité terrible une fois de plus, car il faut la redire. Il s'agit d'un pogrom entrepris par des musulmans, des chrétiens, des athés, et tous ceux entre les deux, partout dans le monde.

 

Il est aidé et encouragé par la collaboration, l'indifférence et le silence des autorités et du monde. Il opère en toute impunité. Il a tué, il a mutilé, il a détruit des vies et des biens, il a rendu la vie impossible aux juifs dans de nombreux pays, et il est maintenant en train de commettre un crime contre l'humanité: l’expulsion et le nettoyage ethnique.

 

Donc, la terrible vérité doit être dite: Les choses doivent être nomées ce sont des groupes et des individus qui commettent des violences contre les Juifs, meme si ils se veulent juste des activistes ou manifestants ce sont des pogromistes.. La mouvance qui les anime n'est pas pro-droits de l'homme, n'est pas anti-guerre, et n'est pas pro-palestinienne. Il s'agit d'un pogrom mondial. Les groupes qui nient ou se livrent à l'apologie de la violence sont des groupes haineux.


 

Donc, la terrible vérité doit être dite: Il n’y a pas de distinction entre la haine d'Israël, la haine du sionisme et la haine des Juifs. Il est possible qu’il en ait existe une . Mais ce n’est plus le cas, parce que les pogromistes eux meme ont détruit cette difference.

 

Donc, la terrible vérité doit être dite: les motivations des pogroms mondiaux sont évidentes intimider silencieusement les partisans d’Israël; participer au plaisir inhérent à la violence et la barbarie qui existe en chacun de nous; et le motif le plus simple et évident de tous, à brutaliser, tuer, et expulser des gens contre qui ils ont allumé un brasier de haine raciste.

 

Donc, la terrible vérité doit être dite: S'il n'est pas arrêté, le pogrom mondial va se répandre. Il va se répandre partout où il y a de grandes populations musulmanes qui adoptent une culture de la haine raciste génocidaire.

 

Il va se répandre partout où il y a des gens de gauche dont la haine d'Israël les a conduit à l'étreinte inéluctable de l'antisémitisme. Et il se répandra partout où le droit néo-nazi et néo-fasciste est une fois de plus au pouvoir surfant sur une vague de mécontentement. Et surtout, il se répandra partout où il y a des Juifs pour servir de cibles.

 

 

Donc, la terrible vérité doit être dite: Le Pogrom mondial est une menace existentielle pour les Juifs. Mais pas seulement pour les Juifs. Il est une menace existentielle pour la démocratie, pour la société civile, et pour la civilisation elle-même. Si l'Europe, le monde musulman, l’Amérique du Nord, et partout ailleurs où le mouvement s'est propagé, souhaite conserver leur statut de civilisations, ils doivent dire non à la barbarie qui est le pogrom mondial.

 

 

Parce que, comme l'a dit David Ben Gourion, ce n'est pas une question de Juifs et d’Arabes. Il s'agit des Juifs et du monde. La responsabilité du monde envers l'une de ses plus petites minorités est clair. Et assumer ses responsabilités est la marque d'une véritable civilisation. La question est maintenant de savoir si oui ou non il va choisir d'y renoncer complètement.

 

Pourtant, au milieu de toute cette horreur, et ce retour à une barbarie médiévale nous espérions pour une fois que l'humanité ait transcendée; cette prise de conscience que le monde n’a toujours pas, et peut-être n’aura jamais appris sa leçon; nous sommes autorisés à apprécier une ironie transcendante.

 

Malgré les horreurs prodigieuses,qu’il a déjà commis, le pogrom mondial s'est également avéré étonnamment auto-destructeur. Dans sa violence sauvage et haineuse, il a servi à confirmer le cas sioniste, a créer plus d’aliya en Israël, et conduire les Juifs de la diaspora une fois de plus a prendre les armes pour leur propre défense. Il a, en d'autres termes, renforcé le pays et les gens qu'il déteste avec une passion meurtrière.

 

Mais cette maigre consolation est encore petite. Et il n'y a pas de substitut pour la justice. Pour que le Pogrom mondial soit vaincu, la justice doit être exigée. La justice doit être exigée pour ses victimes et ses cibles. Et justice doit enfin être faite sur ses auteurs.

 

Donc au final, la plus terrible vérité doit être dite: Cette justice est un véritable test. Si le monde ne peut pas ou ne veut pas résister au Pogrom mondial, alors il ne peut pas rendre justice.

 

Et si il ne peut pas rendre la justice, il  renonce à son droit de s'appeler civilisation. Il a dit oui à la barbarie, et ainsi est devenu barbare lui-même. Parce que l'essence de la civilisation, une vraie justification de son existence, est de dire non à la barbarie.

 

Si les civilisations qui ont jusqu'ici dit oui au Pogrom global ne décident pas, enfin, de dire non; s'ils ne veulent pas décider, enfin, de devenir à nouveau des civilisations; alors nous devons dire la terrible vérité que Haïm Nahman Bialik a dite à la suite d'un différent, mais non moins terrible pogrom: «Que le trône soit précipité, pour toujours."

Benjamin Kerstein

Cet article a été publie à l'origine dans Tower Magazine

http://www.thetower.org/magazine/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Appel à Laurent Fabius :Nous sommes massacrés, au nom de l’humanité, je vous en supplie,

Paris, le 8 août 2014 COMMUNIQUE DE SIONA

SIONA   INTERPELLE   LAURENT FABIUS SUR LE CALVAIRE DES YAZIDIS KURDES D’IRAK ET DES CHRETIENS D’ORIENT

 

« Nous sommes massacrés, notre religion est en train d’être rayée de la surface de la terre. Au nom de l’humanité, je vous en supplie, nous interpelle Mme Vian Dakhil, Députée représentant la communauté Yazidi au Parlement irakien, rapportant la mort de 500 personnes dont une quarantaine d’enfants ».

Pour Juliette Touma de l’UNICEF « la situation est désespérée, ils manquent d’eau, de nourriture et d’abris. Il faudrait mettre en place un corridor humanitaire, mais les combats sont furieux… ».


Selon l’ONU 200.000 personnes ont fui leur fief de Sinjar.

 

Les djihadistes à leurs trousses ne leur laissent le choix qu’entre la conversion ou la mort.

 

Ce texte est extrait d’un article du Figaro du 7 août 2014, signé par Samuel Forey.

 

 

Mais où sont donc les pétitionnaires inlassables des causes dites humanitaires, la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, la Ligue des Droits de l’Homme, les Politiques français de tous bords, Besancenot, Mélanchon, De Villepin, Cherki et ses 30 colistiers, les Rouges, les Bruns et les Verts….

 

Monsieur Fabius qui se plaint de « massacres et de disproportion » à Gaza, ne souffle mot de ce terrible conflit !

 

Incroyable, mais aucune manifestation dans les rues de Paris et de France n’est prévue.

Alors que le monde arabo-musulman est à feu et à sang et sur le point d’imploser, curieusement la Communauté Internationale est inaudible.

 

Le long fleuve tranquille des mensonges quotidiens véhiculés par une certaine presse bien connue ne préoccupe ni la Droite ni la Gauche, qui ne sont disponibles que pour vilipender Israël. Un grand nombre de personnes de tous les milieux civils et politiques sont atteints d’une véritable névrose anti-israélienne et d’une compassion obsessionnelle pour les Palestiniens.

 

Comment interpréter cette haine des Juifs et cette sublimation des Palestiniens.

 

 

Monsieur Fabius, pensez aux chrétiens d’Orient et aux Yazidi kurdes d’Irak et soyez plus juste vis-à-vis d’Israël, en évitant un vocabulaire disproportionné qui ne correspond pas à la réalité.