Judith Douillet

Niçoise d'origine, Judith Douillet vit à Jérusalem depuis 14 ans. Elle est traductrice hébreu-français, rédactrice et correctrice, et écrit pour Alliance depuis 3 ans. Sa passion? Les mots, tout simplement.

Les articles de Judith Douillet

Igal Razon combattant Golani : J'ai tué pour vous

Le plaidoyer émouvant du soldat ancien Golani

Le plaidoyer émouvant du soldat ancien Golani

Le plaidoyer émouvant du soldat ancien Golani

גל (עידו) רזון היה לוחם בחטיבת גולני, חייל שהיה מוכן לכל משימה, היה מוכן להקריב את חייו. כשהשתחרר מצה"ל, המראות והזיכרונות לא נתנו לו מנוח, אבל אף אחד לא רצה להקשיב. עד היום

Posté par ‎ארגון נכי צה"ל‎ sur mercredi 25 novembre 2015
Association des vétérans de Tsahal

Je voudrais vous transmettre des informations qui doivent être diffusées, de manière ouverte.

J’étais un combattant Golani du bataillon 51. Je m’appelle Gal Razon, j’ai changé mon nom après l’armée à cause des évènements qui s’y sont produits.

J’ai été blessé dans l’opération « Tsaloul Kayaiin », vous avez surement tous entendu parler de cette opération qui nous a valu deux décorations.

Nous sommes tombés dans une embuscade, nous étions quatre divisions de combattants RPG. 6 terroristes ont ouvert le feu et nous ont jeté des grenades, on nous a tiré dessus de loin avec du 0,5, les impacts de balles faisaient voler en éclats le plâtre du bâtiment.

C’était horrible, j’ai vu mes amis mourir estropiés devant moi, j’ai été blessé, je baignais dans mon sang. C’est par miracle que je m’en suis sorti.

Maintenant je m’adresse à l’équipe qui nous a envoyé au front. Après ce qui s’est passé, vous n’avez même pas rempli de rapport pour constater mon état.
Qui reconnait mes blessures ? Où est le comité, qui sont les personnes qui étaient censées m’affecter à l’unité qui s’occupe des victimes de guerre, pour que je puisse bénéficier de mes droits ? Vous m’avez abandonné, vous n’avez rien fait.

(Il s’adresse à un membre de l’assemblée) David Zini et Oren Altman ont parlé avec vous Moshe Etsi. Vous aussi, vous avez fait partie de la brigade Golani n’est-ce pas ?

Voix (réponse) : En effet, j’ai été golani.

Moi aussi j’ai été golani. Pourquoi personne ne s’occupe de moi ? J’ai tué pour vous, de mes propres mains. J’ai tué pour vous plus de 40 hommes, j’ai fait couler leur sang.

Et maintenant ? Cela fait neuf ans et je n’ai jamais reçu un centime. Ma mère doit tout payer pour moi, des dizaines de milliers de shekel, des centaines de milliers de shekel. Qu’est-ce que vous croyez ? Ça vous semble normal ? Ma mère a réglé les frais lorsque j’étais hospitalisé à Gaza. Vous avez engagé des poursuites contre ma mère et je n’ai toujours aucun dossier attestant de mes blessures de guerre. Qui peut témoigner de mon état ?
Je suis allé voir Mazi. Je lui ai raconté ce qui se passait. On m’a répondu : tu as été blessé en tant que Golani ? Retournes-y, qu’est-ce que tu veux, avance dans la vie, laisse-nous tranquille !

J’ai été affecté à une autre unité, puis une autre, on m’a déplacé de droite à gauche dans l’armée et personne n’a pris de responsabilité.
Personne ne s’occupe de moi ! Je souffre, je crie et je mouille mon lit la nuit à cause du stress post traumatique. Ils me viennent en rêve et me disent : « Pourquoi m’as-tu tué ? » Comment peut-on continuer à vivre après cela ? Comment peut-on manger ? Comment peut-on réussir dans la vie ?

Je faisais partie des meilleurs, j’avais la plus grande motivation que l’on peut trouver chez un golani ! Après mon service militaire, je suis parti suivre une formation spéciale pour donner le meilleur de moi-même. Toute notre famille a servi dans l’armée. Agrat Razon, qui a fait sortir les tanks par le canal du Suez est un Razon de ma famille, c’est le frère de mon grand-père, il a été appelé par « Ha’haloutz ». C’est grâce à nous que vous êtes ici !

Vous avez quelque chose à ajouter ? Toutes les données que vous avancez ici sont des absurdités ! Vous savez cela, vous tous ici le savez ! Tout le système a échoué. Comment se fait-il qu’un terroriste reçoive de l’argent et pas moi ? Comment se fait-il qu’un terroriste reçoive des soins et pas moi ?