Joelle Benharous

Titulaire d’un MASTER 2 de Lettres modernes (DEA), j’ai le plaisir d’enseigner le français au collège et au lycée depuis près de quinze ans. J’ai animé un « club de lecture »et rencontré des auteurs pendant des années.
Enfin, je suis la chanceuse maman de trois enfants qui grandissent dans l’amour de la lecture.

Les articles de Joelle Benharous

Livre Juif : Tsipora et le vengeur de sang de Rachel Hausfater

Tsipora et le vengeur de sang de Rachel Hausfater
Editions Magnard Jeunesse, 2019

Tsipora et le vengeur de sang de Rachel Hausfater

Editions Magnard Jeunesse, 2019

Afin de commencer comme il se doit cette nouvelle année, laissez-vous transporter à l'époque du Roi Salomon!

Rachel Hausfater nous raconte l'histoire de Tsipora, jeune fille rebelle et espiègle de douze ans, Tsipora.

Son destin va basculer lors d'une rencontre avec un jeune garçon, Ezra qui est en fuite.
Elle souhaite lui venir en aide mais Ezra a de sérieux ennuis, ce n'est pas sans danger. Qu'importe! Tsipora ne craint rien ni personne.

La famille de Tsipora lui offre l'hospitalité et la jeune fille fougueuse met toute son énergie à protéger son ami et à mener une enquête afin de découvrir la raison de cette "chasse à l'homme".
Outre l'aventure et le suspense, nous découvrons la sagesse du Roi Salomon et l'importance de l'écoute, de l'échange avec l'autre, qui fait souvent cruellement défaut à présent.

Rachel Hausfater nous avait déjà ravis avec Le saut de l'ange, que j'avais présenté: l'histoire d'une héroïne extraordinaire et tout aussi aventurière, Hannah Szenesh, l'une des fondatrices de l'état d'Israel.

Tsipora, qui signifie "l'oiseau", aime vagabonder, flâner, elle est prête à s'envoler vers de nouvelles aventures.

Cette nouvelle héroïne est attachante car elle est à la fois généreuse, active, féministe et très vive.

En ces temps où l'individualisme règnent bien souvent, il est bon de se pencher sur une époque où l'entraide et l'hospitalité étaient primordiales.

Nous découvrons cette période magnifique, ainsi que les traditions culinaires bien détaillées. De belles illustrations figurent à chaque nouveau chapitre.
Mais la réussite de cet ouvrage réside surtout dans le rythme parfaitement maîtrisé: on ne s'ennuie pas une seconde!
L'énergie de la jolie Tsipora transparaît à chaque page et elle est communicative.

Une belle lecture pour les fêtes à partir de 9 ans.

Rachel Hausfater écrit pour la jeunesse. Elle a exercé de nombreux métiers et s'est tournée vers l'enseignement: elle est professeur d'anglais dans un collège de Bobigny et vit à Paris. Elle a publié 21 livres et a reçu le Prix des Incorruptibles pour son livre "Yankov". Chana tova! Des livres et nous par Joelle Benharous

Rachel Hausfater "Yankov".

Rachel Hausfater écrit pour la jeunesse. Elle a exercé de nombreux métiers et s'est tournée vers l'enseignement: elle est professeur d'anglais dans un collège de Bobigny et vit à Paris.

Elle a publié 21 livres et a reçu le Prix des Incorruptibles pour son livre "Yankov".

Chana tova!
Des livres et nous par Joelle Benharous

 

Livre juif : Isaac de Léa Veinstein

Isaac de Léa Veinstein publié chez Grasset en février 2019.

Un vrai coup de coeur!

Léa Veinstein mène une enquête passionnante sur son arrière-grand-père, rabbin à la synagogue de Neuilly pendant toute l'occupation.

Cette quête d'identité, cette recherche autour de sa famille va donner lieu à une quête de soi.
Léa rencontre de nombreuses difficultés car cette période fait l'objet d'un tabou dans la famille.

La romancière se plonge dans le passé de sa grand-mère, non sans mal, mais elle se rapproche aussi, avec joie, de ses cousines et de sa soeur Paloma.

Elle est issue d'une famille de gauche, non pratiquante: elle sait juste que son arrière-grand-père était rabbin!

"J'ai toujours entendu dire que j'avais un arrière grand-père-rabbin. Ça me paraissait insensé, et très loin de moi. Je ne connaissais même pas son nom. Je n'avais jamais pensé à poser la question. Mais lorsqu'on me demandait si j'étais juive, je crois que c'est ce que je répondais -"mon arrière-grand-père était rabbin!"-en prenant soin d'ajouter que mes parents étaient "athées" et qu'il n'y avait jamais eu aucune forme de religion chez nous."

Léa étudie la philosophie, Lévinas et Benjamin.

"Sans même que je m'en aperçoive, la vie m'a peu à peu ramenée vers le judaïsme. C'est par la philosophie, que j'ai choisi d'étudier, que tout a commencé."

De nombreuses réflexions autour d'Israël, de la foi et de l'identité jalonnent le roman.

L'énigme est subtile et palpitante car des questions se posent: comment Isaac a-t-il pu être officier sans crainte pendant la guerre?

Est-il un héros? Pourquoi la religion a-t-elle été abandonnée dans la famille?

Nous comprenons que, pendant la guerre, la pratique de la religion, risquée, perdurait. Il s'agissait de prier au péril de sa vie car "pratiquer, c'était un moyen de résister."

Il est difficile de répondre à toutes ces questions mais un hommage sera rendu à Isaac, figure emblématique de la synagogue de Neuilly, moment très émouvant.

L'enquête se poursuit et devient quête car Léa interroge ses origines et son rapport au judaïsme.
Mariée à Solal, issu d'une famille très pratiquante, elle se pose la question se la conversion car sa mère n'est pas juive. Elle devient mère à la fin du roman et évoque en finesse l'importance de la transmission.

La réflexion autour de la mémoire, souvent biaisée et de ces zones d'ombre est profonde et pertinente.

Enfin, l'ouvrage tente de répondre à la fameuse question "c'est quoi, être juive?"et interroge le lecteur avec. une grande subtilité!

Cet élément a son importance car nous avons besoin, plus que jamais, de sens, de spiritualité.

 Née en 1986, Léa Veinstein travaille pour France Culture et Arte Radio. Elle a consacré une thèse à l'oeuvre de Kafka et sera, en 2020, commissaire d'une exposition que le Mémorial de la Shoah consacrera aux derniers survivants.


Née en 1986, Léa Veinstein travaille pour France Culture et Arte Radio. Elle a consacré une thèse à l'oeuvre de Kafka et sera, en 2020, commissaire d'une exposition que le Mémorial de la Shoah consacrera aux derniers survivants.

 

Film juif : Un havre de paix de Yona Rozenkier

un havre de paix de Yona  Rozenkier

Trois frères se retrouvent dans le kibboutz de leur enfance afin d’enterrer leur père.
Le plus jeune, Avishai, doit bientôt partir à l’armée.

Son frère Yoav cherche à l’empêcher de partir alors qu’Itai souhaite le préparer.

Ce conflit permet une réflexion sur une question fondamentale en Israël que peu de réalisateurs osent mettre en lumière. La guerre, le devoir patriotique, la peur sont autant de questions abordées sans jugement, avec une grande intelligence.

Ce kibboutz, hors du temps, permet d’appréhender ces questions de façon plus apaisée.

C’est un endroit magnifique, onirique.

Le spectateur ne se trouve pas au milieu des combats, de la tension ou de la politique du pays mais plutôt dans une réflexion sur l’humain: les soldats ont peur aussi, ils sont jeunes. Ce film, authentique, met en scène des personnages qui sont réellement frères dans la vie !

Yona Rozenkier, le réalisateur, est né au kibboutz Yehiam, dans le nord d’Israël.  Il y a été fermier, puis a étudié le cinéma à l’université de Tel Aviv.

Son film « Un havre de paix » est son premier long métrage, primé aux festivals de Locarno et Jérusalem.

Cinéma juif : Lune de miel de Elise Otzenberger

Lune de miel film juif

A l’occasion de la commémoration du 75ème anniversaire de la destruction de la communauté juive du village de  leurs grands- parents, un jeune couple de parisiens est invité.
Ils partent alors à la recherche de leurs origines. Ils ne vivent pas ce «  périple » de la même façon et ne trouveront pas exactement ce qu’ils en attendaient.

LUNE DE MIEL - Rencontre avec Elise Otzenberger et Judith Chemla

Avec humour et pertinence, de nombreux sujets sont traités, comme la transmission, le regard que nous portons sur notre histoire, nos racines.

Tôt ou tard, nous nous trouvons face à ces questions et ne pouvons en faire l’économie. Ceci est d’autant plus fort lorsqu’il s’agit de transmettre notre parcours, notre passé à nos enfants.
Et de combler les vides, les zones d’ombre...

Les relations mère-fille sont présentées avec justesse. Les deux femmes ont une relation parfois conflictuelle mais elles échangent, communiquent. Et le spectateur comprend tout l’amour qu’elles se portent.  La complicité qui règne entre Judith Chemla et Arthur Igual est formidable.

C’est un film lumineux, poétique et surprenant !

A voir en salle à partir du 12 juin!

Elise Otzenberger, réalisatrice

Elle débute son parcours au théâtre puis au cinéma. En 2006, elle écrit et met en scène au Café de la Gare son spectacle seule en scène « Mon Hollywood... Cher Monsieur Spielberg ». Elle est scénariste et comédienne mais décide à présent de se consacrer pleinement à la réalisation.

A voir en salle à partir du 12 juin!

Elise Otzenberger réalisatrice lune de miel

Elise Otzenberger réalisatrice lune de miel

Elise Otzenberger, réalisatrice

Elle débute son parcours au théâtre puis au cinéma. En 2006, elle écrit et met en scène au Café de la Gare son spectacle seule en scène « Mon Hollywood... Cher Monsieur Spielberg ». Elle est scénariste et comédienne mais décide à présent de se consacrer pleinement à la réalisation.

Livre juif : La Boule de Eric Temim

Eric Temim | La boule

Des livres et nous

La boule, Eric Temim,

Editions du Cherche-Midi Mai  2019

La boule est le récit d'un papa qui partage avec nous ses émotions, sa douleur, ses espoirs: Liam, petit garçon de cinq ans est atteint d'un néphroblastome, c'est à dire un cancer du rein.

Le diagnostic est posé et nous entrons dans un combat, le combat contre cette "boule".

Nous nous associons aux joies et aux peines de cette famille mise à rude épreuve mais qui garde un lien indéfectible et retient son souffle jusqu'à la guérison de Liam.

Eric Temim a pris des notes entre avril et mai 2014 qui ont fait l'objet de ce récit poignant au plus près du quotidien de la famille.

On y découvre alors le rôle et les réactions de chaque membre de la famille mais aussi les amis, enseignants, camarades de classe...

Mais c'est surtout ce petit bonhomme qui nous impressionne! Sa force et son courage forcent le respect. Il nous fait sourire, nous guide, et l'humour prend souvent le dessus.

Ce récit, délicat et facile d'accès, donne à voir la maladie sous différents angles. C'est cette richesse et cette densité qui nous happe et ne nous "lâche" plus.

Que dire aux aînés quand le petit dernier doit prendre plus de place? Toute la place?

"Liam va guérir, c'est sûr! Mais pendant ce temps, nous sommes désolés, il va devenir le principal centre d'intérêt de cette maison. Notre devoir, maintenant, à tous, c'est qu'il soit heureux, qu'il se sente bien. Ca veut dire qu'on va sûrement lui passer beaucoup de choses. Mais je vous l'assure: on se vengera tous sur lui quand il sera guéri."

La religion occupe une place intéressante dans le récit. Elle est questionnée, les psaumes introduisent le texte de façon régulière et confèrent au récit davantage de force et d'émotion.

            "  En toi nos pères ont eu confiance, 

              ils ont eu confiance, et tu les as sauvés..."

               Psaume 22-5

De nombreux symboles et coutumes du judaïsme sont expliqués avec justesse. La prière est très présente et nous berce, comme une présence rassurante et pérenne.

Et le miracle se produit: enfin, la guérison!

Les parents de ce petit Liam nous obligent par leur force et leur amour. Nous partageons avec un moment de grande intensité, qui nous permet de revenir à l'essentiel.

Ils nous livrent une belle leçon de vie: aimons-nous les uns les autres, sincèrement et profitons de ce joyau qu'est la vie!

Un grand bravo au papa pour ce magnifique témoignage, à cette famille pour sa force et sa grandeur d'âme, à Liam pour son courage et sa pugnacité!

Un témoignage à ne pas manquer.

Eric Temim est journaliste. Ancien correspondant aux Etats-Unis pour la presse écrite, il est rédacteur en chef adjoint de magazines d'information.

Eric Temim est journaliste. Ancien correspondant aux Etats-Unis pour la presse écrite, il est rédacteur en chef adjoint de magazines d'information.

 

Livre juif : Le petit théâtre de Hannah Arendt

Le petit théâtre de Hannah Arendt,

Des livres et nous par Joelle Benharous
Le petit théâtre de Hannah Arendt,

Raconté par Marion Muller-Colard et illustré par Clémence Pollet. Edition Les petits Platons

Une belle découverte! La collection "Les petits Platons" initie en douceur et avec pertinence à la philosophie.

Entre fantaisie et philosophie, il répond aux questionnements de l'enfant. Et le pari est réussi!

A l'ère de la "pensée positive",  initions les plus jeunes à la réflexion, aiguisons leur esprit critique grâce à la lecture.

Le petit théâtre de Hannah Arendt explique, dans un langage simple, les idées de la célèbre penseuse. Les illustrations, très colorées, nous font voyager et partager les péripéties de ces deux héroïnes, les deux Hannah.

La petite Hannah demande à la grande Hannah (Arendt) de lui raconter l'histoire de sa vie, sa vision du monde. Elle l'entrainera au théâtre et elle jouera, "représentera" la vie sur scène.

Ce sont tous les symboles et les images (illustrations magnifiques) qui nous interpellent: comment le mal peut-il se nourrir de la banalité? Pourquoi faut-il des règles pour être libre?Pourquoi faut-il juger et non tuer les hommes qui fautent?

C'est un ouvrage à proposer aux enfants à partir de 10 ans tout en les accompagnant dans la lecture: ce sera alors un beau moment de partage. Pour Hannah Arendt, le théâtre c'est la réflexion mais surtout l'action. Le livre tend à démontrer que la philosophie doit avoir un impact sur la société, elle doit être "engagée".

Avec des mots simples et des expressions vraies et profondes, les deux Hannah nous guident:

"-Que va-t-il se passer? demande la fillette de plus en plus angoissée.

-L'humanité va partir en fumée. L'humanité de ceux qui vont être brûlés et l'humanité de ceux qui allument le feu."

C'est cela que la philosophe veut nous transmettre: lorsqu'on déshumanise, on se déshumanise aussi. Mais l'ouvrage est aussi une belle leçon d'espoir, d'énergie positive:

"Pense à l'infinie possibilité de nouveaux commencements..."

Clémence Pollet est diplômée de l'école Estienne à Paris . Son travail est régulièrement récompensé.

Clémence Pollet est diplômée de l'école Estienne à Paris . Son travail est régulièrement récompensé.

 

Marion Muller-Colard a étudié la théologie et le judaisme. Elle a été aumônier, chroniqueuse. Elle est l'auteur de nombreuses parutions dans des magazines jeunesse.

Marion Muller-Colard a étudié la théologie et le judaisme. Elle a été aumônier, chroniqueuse. Elle est l'auteur de nombreuses parutions dans des magazines jeunesse.

 

Livre juif : L'ours qui cache la forêt de Rachel Shalita

Rachel Shalita l'ours qui cache la forêt

Le roman de Rachel Shalita est une oeuvre atypique, avec des influences poétiques et des caracteristiques du conte.

L’ours qui cache la forêt de Rachel Shalita. Traduit de l’hebreu par Gilles Rozier Edition de L’Antilope, janvier 2019. A partir de 15 ans.

Le titre original est «Ours et forêt» et renvoie à l’expression hébraïque courante qui signifierait «  ni ours ni forêt », qui veut dire «  quelque chose qui n’a pas existé ». C’est une oeuvre de symboles, de questionnements.

Le récit se construit autour de six chapitres, tous consacrés à un personnage feminin: Nancy, Daffy, Ruth, Mili, Haya et Zoey.

Qu’ont-elles en commun? 

Probablement une quête d’identité, un besoin d’évasion, la question du retour aux origines ou même la necessité de l’exil.

Ces questions fondamentales sont traitées avec profondeur et pertinence.

Les destins de femmes, la complexité psychologique de ces personnages intenses sont très bien rendus.

On apprend, on s’inquiète... et on rit!

Nancy, la psychothérapeute, ne sait pas « gérer » les problemes comme le fait de refaire sa vie et la relation qu’elle entretient avec sa fille est souvent chaotique!

Ces femmes sont à la fois fortes et fragiles, très attachantes.

Rachel Shalita propose plusieurs chemins: les personnages vont se perdre dans une forêt, le symbole est là.

Les images de la diaspora et de l’exil apparaissent.

«  Trois chemins, se dit-elle, comme dans un conte. Un seul mène à la maison où l’attendent sa fille et les invités, un buffet garni et des condoléances. Le deuxième mène à l’aéroport, où elle pourra prendre un avion pour

Partir loin d’ici, vers une terre qui lui manque depuis tant d’années. Le troisième chemin continue tout droit, il la mènera dans la forêt profonde, vers un lieu qu’elle ne connaît pas, où elle n’est jamais allée. Il y a aussi le chemin qui retourne d’où elle vient. »

Ce questionnement, essentiel pour chacun de nous, se developpe dans ce magnifique roman. Les personnages parviennent à un croisement de leur vie. Il s’agit de faire des choix mais ce n’est pas simple: que desire-t-on réellement? Sommes nous à la recherche d’une illusion? Comment être sûr de ne pas faire d’erreur?

Nous sommes tous confrontés à ces questions mais n’avons pas toujours le temps et la possibilité de prendre du recul et d’analyser nos choix de vie.

De nombreux passages de ce roman, si profonds, présentent de multiples grilles de lecture, plusieurs interprétations. Nous pouvons aisément nous reconnaître dans l’une de ces femmes. Et en apprendre davantage sur nos attentes, nos choix.

A découvrir absolument!

Rachel Shalita est née en 1949 au kibboutz Tel- Yossef, un an après la création de l’Etat d’Israel. Elle vit aujourd’hui à Tel Aviv. Spécialiste d’éducation artistique et de communication visuelle, elle enseigne à l’école d’art Beith- Berl. Elle est l’auteur de nouvelles et de pieces de theatre. Francophone, Rachel Shalita est coauteur de la méthode d’apprentissage de l’hebreu

« Hebreu au présent ».

Journée des droits des femmes, femmes d'exception par Joëlle Benharous

ces femmes d'exception journée de la femme internationale

Des livres et nous  par Joelle Benharous

Femmes d'exception journée de la femme internationale

Femmes d'exception journée de la femme internationale

 

En cette journée des droits des femmes, un livre  qui met magnifiquement en lumière des destinées de femmes exceptionnelles!

A la rencontre de Femmes d'exception  vient de paraître aux éditions Balland.
Auteures: Astrid Chidaine, Léa Brasier de Thuy et Adèle Ducurtil.

A l'aube de leur vie professionnelle, Adèle, Astrid et Léa, toutes trois étudiantes à HEC, choisissent de partir plusieurs mois à travers le monde à la rencontre de femmes de tous horizons. C'est pour elles l'occasion de se mettre en quête d'un souffle nouveau, d'une source d'inspiration renouvelée pour leur génération.

Préfacé par Claudie Haigneré, cet ouvrage est une invitation au voyage. Il nous fait surtout découvrir à travers le monde des femmes exigeantes et généreuses qui se battent pour que le monde change.

Nous sommes touché(e)s par la grâce en ouvrant ce livre. Ces femmes d'exception nous donnent du courage, nous communiquent leur énergie.

Chacune possède une histoire bien particulière qui mérite d'être mise en lumière car elle constitue un enseignement, un message dans lequel nous nous retrouvons bien souvent.

Dans la galerie de portraits proposés, trois ont davantage retenus mon attention.

Je me suis d’abord penchée sur le chef d’orchestre Débora Waldman, qui dirige l’orchestre Idomeneo.

Débora Waldman, qui dirige l’orchestre Idomeneo.

Débora Waldman, qui dirige l’orchestre Idomeneo.

Apres avoir suivi des études de musique en Israel et en Argentine, elle est arrivée en 2002 à Paris. Elle s’est formée auprès des plus grands et a dirigé de nombreux orchestres assez prestigieux. Cette femme, d’une grande humilité, croit à la chance et au destin autant qu’au travail.

Delphine Horvilleur est aussi une femme d’exception: journaliste, philosophe, rabbin.

Delphine Horvilleur est aussi une femme d’exception: journaliste, philosophe, rabbin.
Elle explique, dans cet ouvrage, comment l’histoire de sa famille a façonné la femme qu’elle est devenue. Elle insiste sur l’importance de donner un sens à sa vie, à ne pas toujours se diriger vers sur ce qui est « attendu ».Son parcours est riche et atypique. Après l’obtention du baccalauréat, elle étudie pendant trois ans la médecine en Israel. Elle entre ensuite au Celsa, école de journalisme et sera journaliste à France 2 pendant trois ans. Elle partira enfin à New York pour le séminaire rabbinique à l’issue duquel elle recevra son ordination.

Dans ce magnifique livre, son témoignage est édifiant: elle nous rappelle avec sagesse l’importance du choix de vie, il ne faut pas craindre le regard des autres, ne pas se soucier de leur aprobation, et surtout, ne pas redouter le renouveau.

Raphaëlle Bacqué fait partie de ces femmes que j’ai souhaité mettre en lumière.

Raphaëlle Bacqué fait partie de ces femmes que j’ai souhaité mettre en lumière.

Grand reporter au Monde depuis dix ans, elle a travaillé à l’Agence France Presse et au Parisien.

Elle parle, ici, sans relâche, de détermination:« On a souvent tendance à se laisser aller à la paresse, à se placer en victime. Il faut beaucoup de courage et de travail pour maintenir son cap et ses convictions. » Une phrase magnifique, une injonction placée en conclusion de cet ouvrage me bouleverse: « Ne traversons pas la vie en dormant. »

Ces femmes d’exception nous montrent la voie pour vivre pleinement le monde.

 

Livre juif : Chante, Luna de Paule Bouchet

Chante Luna Paule du Bouchet

Chante, Luna    de Paule du Bouchet   A partir de 13 ans

Edition Gallimard jeunesse, 2004

L'histoire se déroule à Varsovie en 1939. Luna est alors une jeune juive d'origine polonaise. Elle ressemble à ses autres camarades car elle est blonde, tout le monde la croit polonaise... Mais elle a un signe particulier, un don! Sa voix est merveilleuse. Elle enchante tous ceux qui l'écoutent: la musique est sa vie.

La population juive est enfermée dans le ghetto et la famille de Luna est dispersée.

Face à cette horreur, elle trouve sa force et son énergie dans le chant. Elle fera partie du réseau de résistants. Elle chantera à pleins poumons pour ceux qui ont tout perdu, pour ceux qui ne sont plus. Ce souffle musical parcourt le livre, diffuse une grande énergie.

L'écriture est sublime et le roman ne se complaît pas dans le malheur. Bien au contraire: par le biais de Luna, le lecteur rencontre des gens fabuleux, courageux, engagés, qui luttent sans discontinuer.

Le chant et la musique sont évoqués de façon très poétique. 

Le récit de cette jeune femme, si talentueuse, touche dès les premières pages. Le roman se dévore d'une traite tant le lecteur a envie de connaître le destin extraordinaire de Luna. Nous tremblons pour elle et suivons son évolution.

Ce roman, qui est bien entendu une fiction, montre l'organisation de la résistance dans le ghetto de Varsovie. car l'illusion romanesque se mêle à la vérité historique. Les péripéties, le rythme de la narration stimulent l'intérêt de cette lecture.

Le roman présente une jeunesse qui s'est battue jusqu'au bout, l'histoire de Luna est un magnifique hymne à la vie.

Chante Luna Paule du Bouchet

Chante Luna Paule du Bouchet


Paule du Bouchet est éditrice et auteure. Elle est pianiste, passionnée de musique et a enseigné la philosophie avant de s'orienter vers la littérature jeunesse et l'édition.
Elle rejoint Gallimard jeunesse en 1974 et y créé en 1998, le département Musique.

Livre juif : Rester debout , Simone Veil ou la naissance d'une légende

Resté debout Simone Veil

"Rester debout" raconte l'histoire de la femme la plus populaire de France, Simone Veil, qui se remémore, au crépuscule de sa vie, sa jeunesse. Le récit commence par la félicité et l'insouciance et basculera vers le drame.

Fabrice Colin a imaginé une narration particulière: le lecteur est prévenu dès le début, il s'agit d'une oeuvre de fiction.

Le récit, intuitif, met en scène Simone Veil qui se penche sur son enfance. Le lien merveilleux qui unit Simone à sa mère, Yvonne, est parfaitement rendu. C'est un amour absolu, d'une puissance sans pareille.

Le portrait de ses soeurs et de son frère sont précieux et nous présentent d'autres aspects de la personnalité de Simone Veil, de son rapport au monde.

Le récit progresse en tension au fur et à mesure que les années passent et s'acheminent vers la guerre.

Fabrice Colin décrit l'inhumain mais aussi l'extraordinaire volonté de vivre de Simone Veil, volonté qui force l'admiration.

Le lecteur suit la progression de cette grande dame et grandit avec elle car le récit alterne entre narration externe et les pensées attribuées à notre héroïne.

Simone Veil s'est éteinte le 30 juin 2017 mais elle reste et sera toujours un modèle de force, de bravoure et de résilience.

Fabrice Colin nous fait entendre sa voix à nouveau en cette période sombre.

Les boîtes aux lettres à l'effigie de Simone Veil ont été peintes de croix gammées le 11 février dernier.

"Rester debout" est un ouvrage à proposer sans réserve aux jeunes à partir de 13 ans. Il est plus que jamais d'actualité.

Ne nous privons pas du plaisir de se replonger à nouveau dans l'oeuvre autobiographique de Simone Veil, "Une Vie", publiée en 2007.

Fabrice Colin

Fabrice Colin

 

 

 


Fabrice Colin
écrit pour les adultes et pour la jeunesse.
On lui doit plusieurs scénarios de bande dessinée et des collaborations avec le Nouveau Magazine littéraire et le Canard enchaîné. Maintes fois primé, notamment pour le "Projet oxatan", publié en 2001, qui compte trois prix "Incorruptibles", en 2002, "prix de la ville de Valenciennes" et "prix Gayant Lecture".